‹ Petite faune entomologique du Canada (volume 2)Chapitre 9 sur 483 · LA LÈVRE · texte numérisé non relu

LA LÈVRE

La lèvre fig. 2 a, est la pièce qui ferme la bouche en dessous, en opposition avec le labre. Si la lèvre et le labre remplacent à peu près les 2 lèvres des an.imaux supérieurs et sont destinées à peu près aux mêmes usages, ces organes ne peuvent cependant pas, comme elles, se fermer de manière à couvrir les instruments de la niastication. Le labre s'applique sur les mandibules et la lèvre sur les mâchoires, de manière cependant à laisser toujous les unes et les autres à découvert.

ENTOMOLOGIE ELEMEXT.A IRE.

Le lèvre se compose de deux parties ; la languette et le menton.

Fig. 5.

Le menton fig. 2, e, est une pièce cornée, de grandeur et de forme variable, qui s'articule postérieurement par une suture linéaire, avec la pièce prébasilaire. Le menton est souvent petit, en trapèze ou carré, mais souvent aussi d'une étendue assez considérable. Dans les Nécrophores. et les Prioniens, de même que dans la plupart des Orthoptères, le menton est de consistance membraneuse ; Cjuoique dans la plupart des autres c is sa dureté puisse égaler celle delà pièce prébasilaire. Sa partie antérieure est le plus souvent échancrée, et cette échancrure est parfois si considérable, qu'elle enlève plus de la moitié de sa surface, comme dans les Carabiques et les autres familles voisines, fig. 2, e, fig. 6, 3. Le fond de cette échancrure est ordinairement muni d'une dent, et cette dent est souvent elle-même bifide. Dans les . c irabées et les familles de Coléoptères à antennes en massue, le menton est terminé en pointe mousse, tellement allongée, qu'elle couvre presque entièrement la languette.

Fig. 5. — 1, mâchoire de Cyclire ; 2, une tête de Carabe j 3, une mâchoire de Carabe; 4, mentcn d'un Omus.

La languette, fig. 2, a, qui quelquefois, quoique rarement, est cachée par le menton, forme la partie la plus avancée de la lèvre. C'est une lame cartilagineuse, qui adhère si intimement au menton par sa face inférieure, qu'elle semble n'être qu'une continuation de celui-ci. Elle prend quelquefois, comme dans les insectes carnas.^iers, la dureté des autres téguments; mais en général, et surtout dans les Orthoptères, elle est de consistance molle et se rapproche assez de la langue des autres animaux. Dans beaucoup d'espèces, et surtout parmi les Carabiques, la languette porte près de sa base deux petits appendices membraneux, en forme d'oreillettes- ou de petits pinceaux, qu'on appelle paraglosses, fig. 2, h, fig. 6, 2. Ces appendices qui manquent dans beaucoup d'espèces, semblent destinés à rendre la lang lette plus propre à la dégluti.ion.

Fig. 6.

A la racine de la languette, au dedans de la bouche, et un peu plus bas que l'origine des mandibules, se trouve le pharynx, qui est l'ouverture par où les aliments passent de la bouche dans l'œsophage.

Fig. 6. — 1, Menton du Pterostlclius lucuhlandus, laissant voir sa dent émarginée, avec la languette et les paraglosses. — 2, Menton denté du Bradycellus rupestrîs, avec sa languette étroite et se? larges paraglosses.— 3, Menton del'Ani/sodacti/lua harrisii, écliancré, sans dent: la languette est dilatée au sommet j on voit à droite quelques articles d'un palpe labial.

Le menton et la languette iburni.s^ent dans la classification des caractères iniportunts pour la formation des groupes secondaires ou la subdivision des genres trop nombreux en espèces.

Un peu au dessus de la suture de la languette avec le menton, se trouvent les supports des palpes labiaux, qui ont beaucoup d'anologie avec ceux des mrsclioires.

Les palpes Ichiaux, fig. 2, c, fi<2:. 4, 3, fig. 5, 4, sont deux filaments articulés, mobiles, que porte la languette à sa base, l'un de chaque cjté. Ils ont ordiniirement 3 articles, et quelquefois 2 -seulenient. Leur dernier article qui varie con?i;]érablement de forme dans chaque espèce, est le plus souvent de consistance à demi membraneuse. La forme de ce dernier article fait appliquer aux palpes différentes dénominations, à peu près semblables à celles ([u'on applique aux antennes, et qui sont d'un grand secours dans la nomenclature. On les dit de plus :

Sécuriforrnes, lorsque le dernier article est triangulaire et que son extrémité est coupée canéiiient^ eomnie le fer d'une hache: Carabe.

Aciculés, quand le dernier article e.-t couronné par une pointe courte et aigiie : Notiophile.

Turbines, si le dernier article semblable aune toupie, est renflé à la base et subitement terminé en puinte aigiie : ]3iiiibi<iium.

Les palpes, tant labiaux que maxillaires, semblent :ivuir pour fonction de retenir et de présenter les aliments au jeu des mâchoires et des mandibules, pendant la mastication. Leurs mouvements d'ailleurs sembleraient les rattacher particulièrement à cette fonction, car quoique en ap})a-

renco articulés à l;i m-inièro des antennes, ils ne peuvent cependant se mouvoir qu'horizontalement, dans le sens des mandibules et des mâchoires. La membrane pipilleuse qui d'ailleurs tapisse la partie interne du dernier article, seuib e les rendre éminMninent propres au sens du toucher, à palper, comme l'indique leur nom.

Telles sont hs parties dont se compose la bouche des insectes broyeurs. Nous allons maintenant examiner les modificitions plus ou moins considérables qu'ont subies différentes parties dans les autres ordres qui se composent des suceurs. Nous commencerons d'abord par les Hyménoptères, qui se rapprochent le plus des broyeurs pour finir par les Diptères, qui s'en écartent davantao;9. La bouche, dans ces différents ordres, prond un nom distinct, en rapport avec les modifications générales f|u'elle a subies.

Les Hyménoptères, avons nous dit, sont ceux qui par leurs modifications se rapprochent le plus des insectes broyeurs. Et, en effet, nous retrouvons chez eux les mandibules, souvent fortes et très développées, le labre, et le menton, Celiai-ci, toujours extrêmement réduit, se borne d'ordinaire à un simple rebord qui termine la bouche dans sa partie inférieure. Ce n'est donc que sur la languette et les mâchoires que se sont opérés les chan2;ements. Ces parties se sont excessivement allon^-ées • les mâchoires ayant pris une forme tubulaire, engaînent la languette par ses côtés, et forment, réunies, une espèce de trompe par où passent les aliments, toujours mous et liquides, pour se rendre au pharynx ; leur marche étant opérée par la pression qu'exercent sur eux les mâchoires qui forment les parois de ce tube ou trompe. Celle-ci est

ENTOMOLOGIE Kl.EMEXTAlRE.

mobile à sa base et flexible dans le reste de son étendue ; sa longueur égale souvent, comme dans les Bourdons, et même dépasse quelquefois celle du corps. La languette, d

h G cb

FiG. 7.

comme celle des insectes broyeurs, est toujours en forme de pinceau, et ciliée sur ses bords, ou munie de paraglosses. Les mâchoires portent des palpes de 2 articles; fig. 7, 6.

Y\a-, 7. — 1, tête de la Guêpe orientale (^Ves2}a oritntulis), vue de f;,ce.— o o, mandibules.— 6, épistome.— c c, yeux échancrés au côté interce. — d, stemmates.

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