RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS
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j PRÉFACE
^ Le temps n'est pa? loin, car il ne remonte guère plus haut que nos ^ souvenirs, où la grammaire de Lliomond formait à elle seule presque '^ tout le bagage, toute la bibliothèque de nos écoles primaires. A peine V^oupçonnait-on qu'un rôle pût y être rempli par l'histoire et la géo- '^ graphie; quant à la physique, à la chimie, à toutes les autres
connaissances du domaine scientifique, elles semblaient l'apanage exj clusif, et comme une sorte de majorât constitué au profit des élèves de ^ nos lycées. Le temps a commencé à faire justice de ces injurieuses
distinctions, et si les sciences, considérées dans leurs plus hautes spécu- \ lations, sont encore et resteront probablement toujours le patrimoine
de quelques écoles privilégiées, leurs principes, leurs éléments sont devenus la propriété de chacun. Ici, comme en tout le reste, le progrès a suivi sa marche envahissante ; brisant le cercle étroit dans lequel l'avait enfermé l'antique routine, le niveau de Tinstruction primaire s'est élevé graduellement, et continue chaque jour son mouvement ascensionnel ; le programme s'est agrandi, et il serait bien difficile aujourd'hui de tracer à l'esprit de progrès les hmites en deçà desquelles il devra s'arrêter, et de lui dire : Tu iC iras pas plus loin. Oui, à côté de l'alphabet, du catéchisme, de l'histoire sainte, de la grammaire et des quatre règles, on enseigne aujourd'hui dans nos écoles professionnelles — et toute école primaire doit être une école professionnelle — on enseigne l'histoire, la géographie, la géométrie, l'algèbre, la physique, la chimie, l'histoire naturelle, l'agriculture, etc. L'in-