HODIE MIHI, CRAS TIBI
(Aujomd'luii moi, domain toi.)
Locution proverbiale; une des mille formes sous lesquelles se présente cette idée si comnmne des vicissitudes liumaines, de la mort.
HOMO HOMIÎVI LUPUS.
(L'homme est un loup pour Tliomme.)
Pensée de Plante, dont la justesse n'est que trop évidente.
H03IO SUM, ET HU3IAM MlilL A 3IE ALlE.\'Ux>I PUTO.
(Je suis liomme, et rien de ce qui touche un homme ne m esi étranger.)
Vers célèbre de Térence.
La page suivante d'un moraliste est comme l'historique de ce beau vers :
« Il faut descendre jus(iue vers le temps où parut Jésus pour trouver chez les anciens quelques accents d'humanité analogues à son Évangile. Hormis un vers de Térence, quelques mots de Cicérou, quelques phrases de Sénècpie, l'antiquité tout entière n'a rien d'où l'on puisse conclure , je ne dis pas la solidarité réciproque du genre humain et l'unité de l'espèce humaine, mais la fraternité des hommes, dans l'acception la plus A^ulgaire. La première fois que le sentiment de l'humanité collective s'exprima à Rome, ce fut un affranchi, un enfant de Carthage, enlevé à sa famille et nourri parles Romains comme esclave, f|ui le formula, et cette formule était si nouvelle qu'elle frappa d'étonnement tout le monde. « La preiidère fois, dit saint Augustin, qu'on » entendit prononcer à Rome ce beau vers de Térence :
Homo sum, et hamani nihil a me alienum puto,
» il s'éleva dans l'amphithéâtre un applaudissement universel ; il ne » se trouva pas un seul homme dans une assemblée si nombreuse, corn-
» posée (le Romains et des envoyés de toutes les nations déjà soumises » ou alliées à leur empire, qui ne parût sensible à ce cri de la nature.» Ce cri était nouveau, en effet, et il est remarquable, je le répète, que ce soit un affranchi qui ait fait entendre aux Romains ce cri précurseur de l'Évangile. »
Le vers suivant de Méro^^e peut être rapproché de celui de Térence.
C'est un infortuné que le ciel me présente :
7/ suffit qu'il soit homnie et qu'il soit malheureux.
H ors OS ALiT ART ES.
(L'honneur nourrit les arts.)
Un souverain n'est véritablement grand qu'à la condition de faire tri lier sous son règne les lettres ei les arts.
APPLICATION
Dans les phrases suivantes, Vélève remf lacera chaque tiret par l'une dei locutions latines expliquées ci-dessus.
Les Romains, qui n'avaient qu'un seul et même mot, hûstis, pour dire étranger et ennemi^ ces Romains, qui ri;»ent au Cirque, pleuraient pourtant, cUt-on, comme pouvaient pleurer de pareils hommes, en entendant au théâtre l'acteur s'écrier : — .
Égaler, surpasser Corneille, tel fut le désir constant de Racine, telle fut l'ambition de toute sa vie : — .
— , c'est ce que le cercle de Popilius faisait entendre à Antiochus d'une manière aussi énergique qu'originale.
L'écrivain qui ferait un recueil des erteurs de ses confrères en littérature pourrait prendre pour épigraphe l'inscription qui se lit sur la porte des cimetières : — .
Il en est de certains pays comme de certains livres, qui, jetés dans le monde avec toutes les conditions possibles de succès, restent oubliés et méconnus jusqu'à ce qu'un heureux hasard les arrache à leur obscurité : — .
Si Louis XIV a vu naître sous son règne tant de génies divers, c'est que jamais priuce n'a su plus noblement les encourager : — .
C'est sur un champ de bataille couvert de morts et de mourants, de membres sanglants et dispersés, que l'un se sent porlé à répéter : — !
La certitude d'une résurrection future diminue considérablement aux yeux d'un chrétien i'horreur naturelle qu'inspire cette inscription fatale qui nous attend tous ; — .
Faire un livre est chose assez facile ; mais faire un bon livre , voilà le — .
Rencontre-t-on dans un livre une belle pensée rendue avec naturel , pas un lecteur qui ne di-e : « Cela est beau , j'en aurais fait autant. » Cette présomption prouve bien que la pensée est naturelle, mais non qu'elle serait venue à Tesprit de toute espèce d'écrivain. Ce n'est pas assez qu'une belle pensée soit dims un sujet, il faut l'y voir et l'en tirer, et voilà le diflicile : — .
L'homme n'a pas plus tôt atteint ce qu'il désirait qu'il dé.-ire autre chose ; c'est pour cela que si peu d'hommes peuvent délinir d'une manière précise leur — .
Le débiteur redouterait moins la visite de son créancier s'il ne voyait suspendus sur sa tèt':^., comme une épée de Damoclès, ces mots terribles : Il faut me payer — .
— ; cette belle maxime a été comme un éclair précurseur du christianisme; car les anciens n'avaient jamais prononcé de parole aussi large et qui s'appliquât comme celle-là à l'humanité entière.
Raphaël, le Titien, Léonard de Vinci ont dû à la faveur de puissants princes une grande partie de leur gloire et de leurs succès :
N'insultons jamais au malheur, de peur que celui qui en est victime ne nous réponde : — .
Ces deux mots^ — , disent plus éloquemment que tous les discours le néant et la vanité des choses de ce monde.
L'art de régner par le discours eit tout entier dans l'art de remuer les passions. C'est donc à toucher les cœurs que l'orateiu' doit surtout s'appliquer : — •
Les ballons s'élèvent majestueusement dans les airs; poussés par le vent, ils franchissent avec rapidité les distances et ne sont arrêtés par aucune barrière ; mais il faudrait pouvoir les diriger vers le but qu'on veut atteindre : voilà le — , et voilà peut-être ce qui rendra toujours la découverte des frères Montgolfier plus curieuse qu'utile.
Si nous considérons le monde , nous y voyons tout en guerre : les espèces se dévorent, les éléments luttent ensemble; la société humaine est à bien des égards une lutte continuelle. Combien de philosophes ont trouvé que le plus cruel ennemi de l'homme était l'homme : — î
Au Muséum d'histoire naturelle à Paris, le masque de Cartouche se trouve placé entre ceux de Voltaire et de Rousseau : — .