‹ Petite flore latineChapitre 103 sur 254 · LEÇON XX · texte numérisé non relu

LEÇON XX

HOPiRESCO REFEUENS.

(Je frémis eu le racontant.)

Exclamation doulomeuse d'Énée au moment où, dans son récit des malheurs de Troie, il arrive à la mort de Laocoon étouffé avec ses fils par deux serpents. Ces deux mots font un bel effet : ce qu'on raconte avec effroi produit plus sûrement l'effroi.

Dans Ipliigéiiie, Achille parle ainsi à Agamemnon :

On dit, et, satis horreia- je ne puis le redire, Qu'aujourd'hui, par votre ordre, Iphigénie expire.

Quand Cléry, valet de chambre de Louis XYl, rédigea le journal de la captivité de son maître à la tour du Temple, il prit ces mots pour épigraphe. Jamais Vhonesco refercns du poète n'avait trouvé une application plus vraie et plus saisissante.

Dans l'usage, ces mots, comme beaucoup d'autres empruntés à la muse antique, ne s'emploient guère que sur le ton de la plaisanterie.

UOSTES nOSTÏS.

(Tout étranger est un emiemi.)

Maxime politique qui n'est autre chose que l'exagération d'un patrie-

tisme aveugle et exclusif. Nous aimons beaucoup mieux ce langage de routeur de Télémaque : « Je préfère mes amis à moi-môme , mes parents à mes amis, ma patrie à mes parents, l'humanité à ma patrie. » Fénelon traduisait ainsi, avec un esprit éclairé par la charité chrétienne, Vhomo sum de Térence.

Comment ne pas se rappeler ici la plaisanterie qui se mêla, il n'y a pas encore beaucoup d'années , à de grands malheurs publics ? En France, on se console de tout par des chansons, et en 1815 on chansoima nos amis les ennemis.

Pour La Fontaine l'ennemi ce n'était pas V étranger, c'était le maitre, et il le disait en bon français.

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