‹ Petite flore latineChapitre 130 sur 254 · ME, ME ADSU3Ï QUI FECI · texte numérisé non relu

ME, ME ADSU3Ï QUI FECI

(C'est moi, moi qui l'ai fait!)

Hémistiche de Virgile. C'est un passage du célèbre épisode de Nisus et Euryale, chef-d'œuvre de pathétique, où tous les genres de beautés poétiques sont réunis. L'intrépide Nisus, et Euryale, le plus beau de l'armée troyeuue, unis par l'amitié la plus tendre, compagnons de périls et de gloire, veulent tenter ensemble quelque chose d'héroïque; ils pénètrent pendant la nuit dans le camp des Rutules, massacrent un grand nombre de guerriers ensevelis dans le sommeil de l'ivresse, et s'apprêtent à revenir sur leurs pas. Mais le jour paraît, et un chef rutule ,■ Volcens , à la tête de trois cents cavaliers, surprend Euryale. Nisus, caché dans l'ombre, lance deux flèches qui vont donner la mort à deux guerriers rutules; mais, à la vue de Volcens levant son épée sur Euryale, il s'élance de sa retraite en criant : « Me voilà, c'est moi qui ai tout fait : Me, me adsiim qui feci; tournez vos armes contre moi!... » Déjà le fer a tranché les jours d'Euryale; Nisus se précipite au milieu des ennemis; il ne cherche que Volcens, le tue, et, percé lui-même de mille traits, va tomber et mourir sur le corps de son ami.

Ii8 FLORE LATINE.

MEaiENTO QUIA PULVÏS ES.

(Souviens-toi que tu es poussière.)

Paroles que xjrononce le prêtre, le mercredi des Gendres. « Homme, souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » Cette pensée, inspirée par l'imunlité chrétienne, se retrouve souvent dans les livres des anciens. Horace :i "lit : « Nous ne sommes qu'ombre et poussière. »

APPLICATION

Bans les jjlirases suivantes, Vélhe remplacera chaque tiret ]^ar Vune des lûculioiis latines ex pli qnées ci-dessus.

Si la science primilivc apparaît dans le lointain des âges sous ^e colossales pruporiions, on no doit pas, trompé par cette illusion d'optique, lui attribuer sur la science plus vaste, plus exacte, plus variée des siècles postérieurs une supériorité qu'elle n'a jamais ni eue, ni pu avoir : — .

Pour les oiseaux, les mannequins habillés sont les gardiens des ciianips et des vergers; la genl ailée ne sait pas que — .

Il est riu'c cp.ie nous ne trouvions pas dans l'histoire du passé des époques qui nous servent de termes de con^paraison, et nous disons avec regret : Léo iionnncs d'alors vivaient dans des temps plus heureux, — .

L'écolier n'aime pas à avouer ses fautes, c'est là son moindre défaut: quand le maître cherche à connaître mi coupable, il est rare d'entendre une voix s'écrier : — !

Les Cimbres et les Teutons furent écrasés par Marius; la première invasion des barbares était repoussée. L, heure du — , n'avait pas encore sonné pour le monde romain.

Pour juger sainement les génies du passé, nous devons précautionner notre imagination contre les effets du lointain : — .

Les partitions de Meyerbeer sont des chefs-d'œuvre d'intelligence, de réflexion, et surtout de patience. Or peut leur appliquer justement le vers du poète latin ; — ; la forme l'emporte sur le fond, le style sur la pensée.

Si nous Toiilions être de bonne foi, au lieu de rejeter sur la fatalité les malheurs qui nous arrivent, nous nous contenterions de dire : — .

On voit aujourd'hui des hommes répéter après mille autres que la richesse et la vertu sont brouillées; mais sans doute aussi, après mille autres-, ils ont répété l'antique, Tuniversel, rinlaillible adage : — . De manière que nous voilà obligés de croire que les richesses fuient également le vice et la vtrtu.

Au lieu de ce mensonge cruel du fabricant qui n'a pas fabrique, de l'inventeur qui n'a pas inventé, comme on serait heureux de rencontrer derrière les riches productions de l'industrie l'ouvrier intelligent qui les a faites : — !

Aux jours de la Terreur, un régiment de hussards, appelé les hussards de la mort, avait ajouté à la devise de la République un mot qui la rendait plus terrible que le — : ils criaient, le sabre en main : u Liberté , égalité , fraternité ou la mort ! »

Les tombeaux magnifiques, les mausolées de marbre, les pyramides disent aussi bien que l'humble croix de bois plantée dans le gazon : — .

D'où vient que certains enfants nous étonnent en paraissant instruits de choses qu'ils ne devraient pas savoir? C'est que, devant eux, on a trop souvent oublié la maxime : — .

Quelqu'un a dit : Il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre. L'explicatiun de ce fait si vrai se ti'ouve dans le mot de Tacite : — .

Benvenuto Cellini passait un long temps à retoucher ses vases, aies ciseler sur toutes les faces; et ses contemporains eux-mêmes, saisis d'admiration, reconnaissaient que dans ces créations — .

Sans doute il fut un temps où les hommes pratiquaient toutes les vertus et vivaient entre eux comme des frères bien unis; mais cela se passait dans l'âge d'or, — .

Une vérité qui paraît inattaquable^ c'est que l'argent mol acquis ne profite point : — .

Homme d'esprit parfois excentrique^ M. Gaiinal envoyait au jour de Tan jusqu'à cent mille cartes de visite, où se trouvait mentionnée sa qualité d'embaumeur. Sa politesse allait surtout chercher les personnes riches et âgées, auxquelles il semblait dire :

Combien de gens, soit eu morale, soit en politique, se mettent tous les jours, par des actes irréfléchis, dans la nécessité de dire leur — .

L'usurier est bien diiïérent des idoles dont parle le Psalmiste. et ce n'est pas de ces manieurs d'argent que l'on peut dire : — .

LEÇON XXYI.

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