‹ Petite flore latineChapitre 134 sur 254 · MORITURI TE SALUTANT · texte numérisé non relu

MORITURI TE SALUTANT

(Ceux qui vont mourir te saluent.)

« Au , Cœsar, morUxiri te saJutant ! César, ceux qui vont mourir te saluent ! » Telles étaient les paroles que prononçaient, en s'inclinant devant la loge impériale, les gladiateurs qui défilaient dans le cirque, avant le combat où presque tous, en efiet, devaient trouver la mort. Cette salutation suprême, empreinte d'uDe somltre résignation, rap-

pelait l'origine de ces luttes sanp-lantes : les comhats de gladiateurs procèdent sans aucun doute des sacrifices humains offerts aux dieux du paganismo, et surtout de cet usage, général dans l'antiquité, d'immoler des esclaves aux funérailles des riches et des puissants. Les Étrusques et les Campaniens, au lieu d'égorger silencieusement les victimes, trouvèrent les premiers un sanglant plaisir à donner des armes à leurs prisonniers de guerre, qui, forcés de s'eutr'égorger, pouvaient du moins faire éclater une dernière fois leur comage sous les yeux de leurs vainqueurs. Tel était le sentiment qui animait dune mâle fierté le Germain, le Gaulois, le Numide, lorsque, vaincus sur les champs de bataille par les légions romaines, ils venaient dans le cirque chercher la mort des guerriers ; cétait avec orgueil qu'ils donnaient ou recevaient cet'e mort, aux applaudissements frénétitpies du peuple roi ; c'était avec une sombre joie (]u'ils s'offjaient, avant le combat, aux regards des patriciens , des chevaliers, des veslales toujours placées au premier rang de l'amphithéâtre ; c'était d'une voix lerme qu'ils jetaient à l'empereur leur dernier cri : César, ceux qui vont mourir te saluent !

APPLICATIO:!î.

Dans les phrases snivo/ntes, relève remplacera chaque tiret par Vune des Iccuiions latines expliquées ci-dessus.-

Ce que tous les efforts réunis de la volonté ne sauraient produire, c'est la sensibilité innée, le coloris naturel, la flamme intérieure, — . Or, combien, s'itititulant poètes, ne sont, parTabsence de cette naïveté essentielle et faute d'une nature vraiment aimante, que des versificateurs spirituels.

Après la paix du cœur et la foi religieuse, est-il quelque chose de plus précieux que la santé ? Que les forces physiques viennent à manquer, et le travail, qui est un élément de moralité, devient impossible ; car le corps aussi sert la pensée : — . '■

Le vénérable Harpagon se décida, — , à prêter cent écus à son ami, sans garanties!! Évidemment il avait une arrière-pensée.

Les écrivains médiocres ont beau vieillir, ils restent toujours jeunes, en ce sens qu'ils sont, comme les jeunes gens, rebelles à la critique, — •

12i FLORE LATINE.

Napoléon était là, à clieval, l'œil ardent et comme éternel, avec cette figure calme, antique, impériale, et passant en revue, insoucieux du destin, les gardes qui défilaient devant lui. Il les envoyait alors en Russie, et. les vieux grenadiers fixaient sur lui leurs regards aTec une gravité prophétique, avec un dévoûment sombre et terrible, fiers d'aller au-devant de la mort ! — !

— est la devise de quelques hommes politiques , qui , servant tour à tour tous les gouvernements, montent d'un échelon après chaque révolution.

Une providence très-sage a combiné entre eux les éléments pour les besoins des végétaux et des animaux. Elle échappe à nos sens corporels, mais elle s'y manifeste par ses bienfaits : — , Tesprit modifie la matière.

Forcé de choisir entre la perte de sa fortune et celle de son honneur, l'honnête homme n'hésite pas ; il sacrifie l'argent : — .

L'expérience seule donne la sagesse; en vairi vous cherchez à détourn T le jeune homme d'une sottise ou d'une fausse démarche; gardez vos conseils, il ne les écoute pas, — .

L'éléphant, ce quadrupède aux formes lourdes et massives, est cependant, suivant les naturalistes, le plus intelligent des animaux :

Quand les maux sont iné^^tables, la prudence ne peut que choisir le moindre : — est sa devise.

Robespierre règne, Marat triomphe, les massacres commencent; la France est en proie à la terreur, et les gladiateurs romains n'ont plus qu'à dire à ces Césars sanglants : « — !»

Un paysan, parfois un peu poltron de son naturel et « craignant naturellement les coups » comme Panurge, devient, — , un bon et brave soldat quand il a endossé l'uniforme.

Cette grâce , ce — , qui rend si attrayante la lecture de certains poètes, n'est pas le fruit de l'étude et du travail , c'est un don de la nature.

Quel abîme entre Marc-Aurèle et Commode! Là, grandeur d'âme , douce philosophie , bonté naturelle ; ici , — !

Les païens eux-mcrnes trouvaient que l'homme n'est un beau spectacle que quand la beauté et la force de l'âme sont en harmonie avec la beauté et la force du corps : — .

C'est la langue et la littérature de Rome qui ont formé notre langue et notre lilti-rature. Ce rare bon sens, ce — qu'exhalent les écrits de nos grands écrivains, cette justesse, cette précision, cette netteté qu'on admire dans leur style, ne sont-ce point là des attributs qu'ils tiennent des Romains ?

Le temps dévore tout, les grandeurs, les fautes, les crimes et les malheurs des hommes, avec une insatiable avidité; la société dure au miUeu de cette mobilité qui la trouble, sans l'aflaiblir, et qui semble au contraire l'ag'uerrir et la tremper encore : — .

La critique est, pour les auteurs qui ont à s'en plaindre, semblable à Polyphème : un monstre aveugle, — .

Joseph de Maistre manque essentiellement d'une qualité qui fait le charme principal des écrits de son frère Xavier, une certaine naïveté gracieuse et négligente, le — .

L'existence et la marche des gouvernements ne peuvent s'expliquer par dés moyens humains, pas plus que le mouvement des corps par des moyens mécaniques : — .

LEÇON XXYII.

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