SUAVE MARI MAGNO
(Il est doux, quand la mer est agitée...)
Dél)ut du second livre du poème de la Nature, par Lucrèce.
Quand l'Océan s'irrite, agité par l'orage, Il est doux, sans péril, d'observer du rivage Les efforts douloureux des tremblants matelots ^uttant contre la mort siix le gouffre des flots ; Et quoique à la pitié leur destin nous invite. On jouit en secret des malheurs qu'on évite.
Traduction de M. de Pongerville.
Ce déliut donne lieu d'observer combien le poète sait fouiller au fond du cœur humain. Rien n'est pins naturel, môme chez l'être le plus sensible, que de contempler avec avidité les grandes catastrophes; non pas, comme ajoute judicieusement Lucrèce, que les douiems d'autrui fassent éprouver de la satisfaction, mais parce que On jouit en secret des malheurs qu'on évite.
Pendant les tristes journées de juin 1848, quand Paris retentissait du bruit de la fusillade et ressemblait à une \ille prise d'assaut, un des hommes politiques d'alors était allé se placer à l'une des fenêtres les plus élevées qui dominent la rue et le faubourg Saint-Antoine : « Je voulais, dit-Ù depuis, jouir de la sublime horreur de la canoniiade. »
APPLICATION
dans les phrases suivantes, l'élève remplacera chaque tiret par Vune des locutions latines expliquées ci-dessus.
Les peuples asiatiques, et surtout les Chinois, ont horreur du changement et poussent aussi loin que possible l'amour du — .
Tu auras soin de m'avertir, quand je commencerai à faiblir, dit l'arciievêque de Grenade à son secrétaire. On sait ce qui advint au pauvre Gil Blas quand il hasarda le fatal — ...
De ses forêts d'orangers, l'île de Cuba a vu, sans en être ébranlée, la tempête éclater près d'elle, à Saint-Domingue, à la Nouvelle- Grenade, au Mexique, etc. Et elle a pu, dans sa riante placidité, au milieu de l'agitation universelle, chanter avec joie le — .
Il n'est pas rare de voir des acteurs qui, avec une voix^ magnifique, ne nous émeuvent pas, parce qu'ils chantent eux-mêmes sans s'émouvoir les scènes les plus attendrissantes ; — .
Il ne faut pas crier sur les toits les choses qui doivent à peine être dites — .
Corneille dit lui-même dans sa préface de Pulchéiie : «La mauvaise réception que le public a faite à cet ouvrage m'avertit qu'il est temps que je songe à !a retraite, et que, des préceptes de mon Horace, je ne songe plus à pratiquer que celui-ci : — ... »
Le vieux proverbe, — , était bon chez les anciens, où la force décidait tout; il n'est plus chez les modernes l'expression de la vérité : de grands préparatifs de guerre mènent toujours à la guerre.
Le temps n'épargne pas ce que l'on fait sans lui, aussi l'oubli est-il réservé à toutes les œuvres littéraires que l'écrivain produit à grande vitesse , — ,
Éloigné des affaires et vivant dans une paisible retraite, l'homme d'État continue à suivre avec intérêt tous les mouvements politiques; il contemple du rivage les flots agités : — ...
On n'écrit pas, il est vrai, pour les sots, mais on a tort; il faut avoir égard aux sots en ce monde, car étant très-nombreux, — , ils sont très-puissants.
Quand deux hommes supérieurs se rencontrent dans une réunion, ils se mettent à l'écart pour causer, mais leur conversation, quoique faite — , est bientôt écoutée dans un rehgieux silence.
Deux grammairiens, après avoir longtemps discuté sur un point de syntaxe , ont fini par s'accorder : — i
L'esprit humain recule dès qu'il n'avance pas : dans les arts, dans les sciences, dans la littérature, l'état de stagnation, le — est le commencement de la décadence.
La concurrence est bonne de soi; elle est l'âme du commerce; et eût-elle des inconvénients, qu'elle aurait encore sa raison d'être en vertu de cet axiome vieux comme Salomon : — .
Ces inconsolables faiseurs d'élégies, qui vivent au milieu des plaisirs, ces poètes abîmés de douleur après un bon repas au coin d'un bon feu, ne causent d'émotions à personne : — ...
Patru a été quatre ans à traduire la première période du Discours de Cicéron pour le poète Archias. Aujourd'hui un traducteur est beaucoup plus expéditif, et il vous traduira un gros volume en quinze jours, — .
Le Seigneur a dit : « Bienheureux les pauvres d'esprit! » mais il faut entendre par ces mots les hommes simples et humbles de cœur, et non pas les hommes dépourvus d'intelligence; car il y aurait alors beaucoup d'appelés et beaucoup d'élus, puisque — .
La maxime romaine — peut être entendue dans un sens raisonnable, mais elle devient très-mensongère et produit en somme Beaucoup plus de mal que de bien, par la mauvaise application qu'en font journellement des hommes intéressés à la guerre ou incapables de mesurer la porlée réelle des paroles.
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