VENI, VIDI, VICT
(Je suis venu, j'ai -vu, j'ai vaincu.)
César était maître du monde; la victoire de Pliarsale et la mort de Pompée lui assuraient le pouvoir sans partage. Un des fils de Mithridate, Pharnace, essaj'e de rallumer la guerre en Asie. César marche contre lui^ l'écrase en une seule bataille et annonce sa victoire par ces mots célèbres qui en peignent la promptitude et la facilité : Yeni, vidi, vici.
Dans Bérénice, Racine fait dire à Antioclius :
Titus, pour mon malheur, vint, vous vit et vous plut.
« Le tort de cet hémistiche, dit AL Géruzez, est de rappeler l'héroïque bulletin de César et d'en paraître la parodie. Il ne faut pas évoquer des souvenirs qui écrasent. »
Racine^ dans une autre circonstance, fut plus heureusement inspiré par le veni, xidi, vici. Le roi d'Angleterre, Guillaume III, avait été battu à Senef, à Steinkerque et à Nerwinde; l'auteur de Bérénice fit à son adresse l'épigramme suivante :
Si César viut, vit et vainquit, Guillaume vint et vit de même; C'est un vrai César en petit :
Des trois choses que César fit.
Il ne manque que la troisième.