‹ Petite flore latineChapitre 53 sur 254 · CAVE NE CADAS · texte numérisé non relu

CAVE NE CADAS

(Prends garde de tomber.)

Le triomphe était une des plus grandes solennités de l'ancienne Rome, et la plus brillante récompense qu'elle accordât à ses généraux vain-

qaeurs. Le tiiomphateur (imyerator), vêtu d'une tuniqiic de pourpre, couronne de lauriers, et tenant en main un sceptre d'ivoire surmonté d'une aigle, s'avançait sur un char doré, au milieu d'un long cortège de citoyens qui le saluaient de leurs cris d'allégresse. Immédiatement derrière le triomphateur, pour rabattre son orgueil, un esclave, portant une couronne d'or, mêlait sa voix aux acclamations et faisait entendre des chants moqueurs et des paroles satiriques : Cave ne cadas, criait-il, l}rends garde de tomber!

CEDXIST AR3IA TOG^.

(Que les armes le cèdent à la toge.)

C'est un veis que Cicéron lit à sa propre louange, en mémoire de son consulat.

Cédant arma togœ, concédât îaurea lingiiae !

« Que les armes le cèdent à la toge, les lauriers à l'éloquence ! » C'est-à-dire : Que le pouvoir militaire, représenté par l'épée, fasse

place au pouvoir civil, représenté par la toge. Ce vêtement était à Rome

ce que nous appelons chez nous l'habit bourgeois.

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