‹ Petite flore latineChapitre 52 sur 254 · CAVEANT CONSULES · texte numérisé non relu

CAVEANT CONSULES

(Que les consuls preuneut garde.)

Formule par laquelle le sénat romain, dans les moments de crise sociale, investissait les consuls d'un pouvoir dictatorial. La formule était : Caveant consules ne quid deVrimenti rcspublica capiat. « Que les consuls prennent garde que la république n'éprouve aucun dommage. »

Les deux plus solennelles conjonctures où le caveant consules ait été prononcé, c'est sous le tribunat des Gracques, au comn:encement des discordes civiles, et sous le consulat de Cicéron, après la conjuration de Catilina. En vertu de la doucereuse formule du sénatus-consulte, Catilina et les Gracques furent mis purement et simplement hors la loi, sans que la responsabilité des consuls courût aucun risque.

L'origine du caveant consules n'a point de date dans l'histoire romaine; il est né de la force des choses, du principe supérieur aux lois positives sur lequel repose tout État: So.lus jjopuh' sui^rema lex esto (que le salut pubUc soit la loi suprême.)

La formule du sénatus-consulte romain a son analogue dans cette lugubre exclamation qui se faisait entendre quelquefois à la tribune de la Convention : Citoyens, la -patrie est en danger!

Maintenant le terrible caveant consuJes , appliqué plaisamment à des riens, est devenu une locution proverbiale, Caveant consules ! c'està-dire prenez garde, veillez au grain, il y a péril en la demeure, à propos d'une bagatelle. C'est le contraste d'un mot de formidable mémoire appliqué à une chose frivole, qui en fait le piquant.

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