‹ Petite flore latineChapitre 69 sur 254 · DEUS, ECCE DEUS · texte numérisé non relu

DEUS, ECCE DEUS

(Le Dieu, voici le Dieu!)

A peine arrivé sur le rivage de l'Italie, de ce royaume qui lui est promis, Énée vient consulter la sibylle de Cumes. La prétresse d'Apollon lutte d'abord contre l'influence du dieu qui va parler par sa bouche, mais elle se laisse enfin entraîner par l'inspiration prophétique. — Elle

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s'écrit' : « Le Dieu vieut^ voici le Dieul » Et tandis quelle parle devant le sanctuaire, soudain ce ne sont plus sur son visage les mêmes traits, ce n'est plus dans son teint la même couleur; ses cheveux en désordre se hérissent, son sein haletant se soulève, la fureur transporte ses farouches esprits, sa taille semhle grandir, et, quand le dieu l'anime enfin de son souffle puissant, elle n'a plus rien de mortel dans la voix. C'est ainsi que l'esprit propihétique anime Joad, quand il s'écrie :

C'est lui-même; il m'échanffe, il parle : mes yens s'ouvrent, Et les siècles obscurs devant moi se découvrent.

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