DT! MELIORA PUS
{0 dienx! — donnez — une meilleure de. 'liiée aux hommes pienx.)
Le troisième livre des Gcorgiqucs se tenv.ine par un passage célèbre, la description de la peste, sujet qui a r uvent exercé la verve des poètes : Lucrèce^ Virgile, Ovide, chez les ;..;ciens; Boccace, La Fontaine, Lemontey, ont décrit les horreurs du lliiau qui désole les villes et les campagnes. A^rès avoir peint la mort du cheval qui, égaré par le délire, se déchire lui-même, le poète s'écrie : « 0 dieux ! détournez ces horribles maux de vos serviteurs! »
Plusieurs éditions de Virgile portent : Da meliora , piis. (( Donne une meilleure destinée aux hommes pieux. »
Chaque fois que le chevalier de Piis donnait un médiocre ouvrage, il recevait du parterre rappiication de cet hémistiche de Virgile : « Da meliora, Piis. » Donne-nous de meilleures choses, ô Tiis!
DÏSJECTI ME3ÎBRA TOET^.
(Les membres dispersés du poète.)
Il ne suffit pas, dit Horace, de mettre un vers sur ses pieds pour mériter le nom de poète. « Prenez les vers de mes satires, ou ceux du vieux Lucilius, déplacez les mots , ôtez le rhytlmie et la mesure , et vous trouverez de la prose toute pure, scrmo merus, et vous reconnaîtrez les membres dispersés du poète, disjecti iiumbra poclo:. »
M. Daru traduit ainsi le passage d'Horace :
Au contraire, entendez la muse d'Ermius : Quand, de son bras d'airain, si fatal ii la terre, La Discorde eut brisé les portes de la guerre, Détrviisez l'harmonie et renversez les mots, L'un poète toujours vous trouvez les lambeaux.