CHAPITRE HUITIEME
Devoir traduit au pluriel.
Les Écureuils.
Les écureuils sont de jolis petits animaux qui ne sont qu'à demi sauvages, et qui, par leur gentillesse, par leur docilité, par l'innocence même de leurs mœurs, mériteraient d'être épargnés. Ils ne sont ni carnassiers ni nuisibles, quoiqu'ils saisissent quelquefois les oiseaux. Ils sont propres, lestes, très-alertes, très-éveillés, très-industrieux; ils ont les yeux pleins de teu; leur physionomie est fine, leur corps nerveux, leurs membres très-dispos. Ils se tiennent ordinairement assis presque debout, et se servent de leurs pieds de devant, comme d'une main, pour porter à leur bouche. Au lieu de se cacher sous terre, ils sont toujours en l'air ; ils approchent des oiseaux par leur légèreté ; ils demeurent comme eux sur la cime des arbres, parcourent les forêts en sautant de l'un à l'autre, y font leur nid, cueillent les graines, boivent la rosée, et ne redescendent à terre que quand les arbres sont agités par la violence des vents. Ils craignent l'eau plus encore que la terre, et l'on assure que, lorsqu'ils veulent la passer, ils se servent d'une écorce pour vaisseau, et de leur queue pour voile et pour gouvernail. Us ne s'engourdissent pas pendant l'hiver; ils sont en tout temps trèséveillés, et pour peu que l'on touche au pied de l'arbre sur lequel ils reposent, ils sortent de leur petite bauge, fuient sur un autre arbre, ou se cachent à l'abri d'une branche. Ils ramassent des noisettes pendant l'été, ils en remplissent les troncs, les fentes des vieux arbres, et ont recours en hiver à leur provision. Leur voix est éclatante ; ils ont en outre un petit murmure qu'ils font entendre toutes les fois qu'on les irrite. Us sont trop légers pour marcher : ils vont ordinairement par petits sauts, et quelquefois par bonds ; ils ont les ongles si pointus et les mouvements si prompts, qu'ils grimpent en un instant sur un hêtre, dont l'écorce est fort lisse.
Devoir traduit au singulier.
Le chat est un domestique infidèle ; on ne le garde que par nécessité. Quoique cet animal, surtout quand il est jeune, ait de la gentillesse, il a en même temps une malice innée; son caractère est faux, son naturel pervers. Ses défauts, que l'éducalion ne fait que masquer, augmentent encore par l'âge. De voleur déterminé, il devient seulement, lorsqu'il est bien élevé, souple et llatleur comme le fripon ; il a la même adresse, la même subtilité; comme lui, il couvre sa marche, dissimule sondessein, épie les occasions, attend, choisit, saisit l'instant de faire son coup, se dérobe ensuite au chàliment, fuit et demeure éloigné jusqu'à te qu'on le rappelle, ou qu'il juge que son maître n'est plus irrité comtre
lui. H n'a que IVipparence de l'attacliemcnt ; on le voit à ses mouvements obliques, à ses yeux équivoques; il ne regarde jamais en face la personne aimée ; il se défie, il prend des détours pour en approcher, tt en obtenir des caresses auxquelles il n'est sensible que pour le plaisir qu'elles lui font. Bien diltérent de cet animal fidèle dont tous les sentmients se rapportent à la personne de son maître, le chat ne sent que pour lui et u'aime que sous condition.
Fable traduite au pluriel.
Les deux Grillons et les deux Papillons.
Deux pauvres petits grillons, cachés dans l'herbe fleurie, regardaient deux papillons voltigeant dans la prairie. Les insectes ail's brillaient des plus vives couleurs ; l'azur, la pourpre et l'or éclataient sur leurs ailes ; jeunes, beaux, petits- maîtres, ils courent de fleurs en fleurs, prenant et quittant les plus belles. Ahl disaient les grillons, que leur sort et le nôtre sont dillérents! Dame nature pour eux lit tout et pour nous rien : nous n'avons point de talents, encore moins de figure ; nul ne prend garde à nous, l'on nous ignore iti-bas. Autant vaudrait n'exister pas. Comme ils parlaient, dans la prairie arrive une troupe d'enfants. Aussitôt les voilà courant après ces papillons dont ils ont tous envie. Chapeaux, mouclioiis, bonnets, servent à les attraper. Les insectes cherchent vainement à leur échapper; ils deviennent bientôt leur conquête. L'un les saisit par l'aile, un autre par le corps; un troisième survient et les prend par la tête. Il ne fallait pas tant d'ellorts pour déchirer les pauvres bêtes. Oh! ohl disent les grillons, nous ne sommes plus fâchés ; il en coûte trop cher pour briller dans le monde. Combien nous allons aimer notre retraite profonde 1 Pour vivre heureux, vivons cachés.
Sujet tradint au singulier.
Le Renard.
Le renard est fameux par ses ruses, et mérite en partie sa réputation. Ce que le loup ne l'ait que par la force, il le fait par adresse, et réu.-sit plus souvent ; ses ressources semblent être en lui-même. Fin autant que circonspect, ingénieux et prudent, môme jusqu'à la patience, il varie sa conduite; il a des moyens de réserve qu'il sait n'employer qu'à propos ; il veille de près à sa conservation; il ne se fie pas entièrement à la vitesse de sa course; il sait se mettre en sijreté en se pratiquant un asile où il se retire dans les dangers pressants, où il s'établit, où il élève ses petits. Ce n'est point un animal vagabond, mais un animal domicilié. Le renard tourne tout à son prolit; il se loge à portée des hameaux; il écoute le chant des coqs et les savoure de loin; il prend habilement son temps, cache son dessein et sa marche, se glisse, se traîne, arrive, et fait rarement des tentatives inutiles. S'il peut franchir les clôtures ou passer par-dessous, il ne perd pas un instant, il ravage la basse-cour, y met tout à mort, et se retire ensuite lestement en emportant sa proie à son terrier. 11 chasse les jeunes levrauts en plaine, .saisit quelquefois les lièvres au gîte, ne les manque jamais lorsqu'ils sont blessés, découvre les nids de perdrix, prend la mère sur les œafs, et détruit une quantité prodigieuse de gibier.
Fable traduite au pbinel.