L.'Égoïs(e
L'égoïste ne vit que pour lui, et tous les hommes ensemble sont, à son égard, comme s'ils n'étaient pas Esl-il à table, il s'emp^ire de la première place : il oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie; il se rend inailie des plats el ne s'^rrcle à aucun des mets qu'il n'ait achevé d'essayer de tous; il voudrait pouvoir les savourer tous à la lois : il ne se sert à table que de se> mains; il manie les viandes, les remanie, démembri', dérhire, et en u^e de manière qu'il tant que les conviés, s ils veu.ent manger, niangent ses restes: il ne leur épargne aucune de ces malfiropretés dégoûtantes, capables d'ôter l'aiipélil aux
Elus atfimés ; le jus et les sauies lui dégouttent du menton et de la arbe. Quand il vent se servir, il pique dans le plat avec sa l'ourchelle, et répand en chemin le jus sur la nappe : on le suit à la trace. Il mange haut et avec grand bruit; il roub- les yeux en mangeant; il n'attend pus qu'il soil hors île table pour écurcr ses dents; il se sert de son cnve-di'nts au milieu du repas, puis il continue à manger. En quelque endroit qu'il se trouve, il s'établit commodénient et prend ses aises. Il n'y a dans un carrasse que la place du l'ond qui lui convienne ; dans toutcaiitre, si on veut l'en croire, il pâlit et tombe en faiblesse. En un ni>)t, partout où il se trouve, il emb.irrisse tout le moniie, ne se contraint po'ir personne, ne plaint personne, nu ccmnail de maux que les siens, iii' p'eure point la mort des autres, n'appréhende que la sienne, qu'il racbettcrait volontiers de l'extinction du genre Imniain.
Fable traduite au pluriel.
Los deux Enlants et les deux Serins.
Deux enhinls qui, toujours volages, malgré les soins constants d'un jnaître habile el sage, en deux ans n'avaient rien appris, entendaient
deux serins qui, perchés dans leur cage, sifflaient parfaitement un air des plus jolis. Surpris, é:iici veillés de ce charmant runi:ige : — Nous savions, dirent les enfants, que des serins chulaienl liieu ; mais nous ignorions qu'ils pussent êlrr musiciens Comment, ajouiirent-ils, avez-vous donc fait pour l'rtre? — Comment nous avons tait? répondireiil les serins : nnus avons prolilé des leçons de notre maître; et lorsqu'il nous silllait, le soir el le matin, nous oubliions tout le reste et nous étions tout oreille. C'est à force de l'écouler que nous avons, dans quelque mois, appris à ^iuli^er; et c'est pourquoi l'on dii que nous sifflons à merveille. Mais il ne dépend que île vous d'être à voire tour habiles: il ne laut qu'être, comme nous, à ce que l'on vous enseigne, attentifs et dociies.
Devoir mis au pluriel.
lits Oiseaux-SIoiicbcs.
De tous les êtres animés, voici les plus élégants pour la forme et les plus biillanls pour b-s couleurs : les pierres et les métaux polispar notre art ne sont pas compar.dilcs à ces bijoux de la nature. Elle les a comblés de tous les dons qu'elle n'a fait que parlayrcr aux autres oiseaux. Légèreté, rapidité, |iieslcssr. giàce et riche parure, tout appartient à ces petits favoris, l/^ iiiri-i.i'le, le rubis, la topaze, brillent sui- leurs habits ; ils ne les souillei.l j.un.iis do la poussici e de la terre, et ilaiis leur vie tout aérienne, on les voii à peine luucbei- le gazon par instants . ils sont tdnjiiurs en l'air volant de (Icuis en lleuis; ils ont leur IVaîcheur connue ils cm leurécl.it; ils vivent de leui iieMar ei iriiabilcut que les climat^ où sans cesse elles se ren(ii,\ rl'.n! . l'irii u'r.Mle la vivacité de ces petits oiseaux, si ce u'esl li .n • , i |i!;i i")i leur audace : on les vuit pouisnivie avec lui ie il. ■! qu'eux; ils s'atladient à leur coips, se lais.-^nL . el le. bccqiiellent à coups lelonblés, jusqu'à ce <| petite colère, L'iMipatieiire pu ail être leur âme; s fleur el qu'ils la trouvent lanée, ils lui arrache; précipilalion qui marque leur dépit. Ils n'oiU point petit cri rréqnenl el répélé ; ils le l'ont entendre dans les boi- dès l'aurore, jusqu'à ce qu'aux premiers rayons du soleil, ils prennent l'essor dans les campagnes.