QuELQDE e&i adjectif ou adverbe
300. Quelque est adjectif quand il est suivi d'un nom ou d'un adjectif accouipiigné d'un nom. Ex. :
Ayez QUhi.QUEs amis, quelques vrais amis.
301. Quelque esl adverbe quand il modifie smt un adjectif, soit un adverbe :
QuKLoiK habiles que vous soyez... Quelque adroitement que vous vous y preniez...
302. Quelque s'écrit en deux mots [quel que] quand il est placé devant un veibe. Alors quel est adjectif indéfini, el s'accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe ;
Qui i.s Qi E soient vos talents... Quelles que soient votre jiaissance et votre fortune...
Devoir sur le mot quelque.
Un éi ve étourdi s'attire toujours quelques réprimandes. Il ne sufTit pas pour réussir d'avoir quelques bonnes qualités, il faut y joindre quelque savoir-fiiie Quelque pures que soient les intenlions, l'envie les incrimine toujours. Quels que soient vos talents naturels, le travail seul peut les féconder. Quelles que soient nos illusions, le temps les détruit. Quels que fussent leur sang-froid el leur feruteté, quelques tyrans avaient peur îles astrologues. Si vous prêchez la vertu, donnez-en çué;/ques exemples. Quelque malheureux que soient les accidents qui nous arrivent, il n'eu est aucun dont nous ne puissions tirer quelque profit.
REMARQUES PARTICULIERES. Hl
Quelle que soit la violence He nos pcnclmnls, de quelques séductions que nous soyons entoures, 7«e/(/«e fié'juentcs même que soient nos fautes et nos redmtcs, nous tnuiiipherons du mal si nous avons quelque persévérance.
303. Chaque, adjectif imléfini, doit toujours être suivi du nom auquel il se ra(i|)o:le. iNe dites donc pis: Ces livres coûtent deux francs CHAQOE ; mais diics : Ces livres coulent deux francs cuacun.
Pronoms personnels»
304. Les pronoms le, la les, prennent le genre et le nombre des noms qu'ils rcprôsentcnl. Ex. :
'Madame, êtra-vous la malade? — Je la suis.
Messieurs, éies-rous les siéde. ivs? — iN'o«s les sommes.
Mais le [irononi le rcsie invari:il)le s'il rappelle l'idée d'un adjectif ou d'un nom pris adjc livei'ieiit. Ex :
Madame, éles-vous malade? — Je le suis.
^Messieurs, êles-vous ukoeciss ? — Nous le sommes- Dans le livre de l'élève, les mots le, la, les, sont remplacés par un tiret.
Ceux qui sont amis de tout le monde ne /e sont de personne Madame, êles-vous nrcrc? — Je le suis. Etcs-vous la mère de cet enfanl? — Je ne la suis pas. Vos friT<'S sonl-ils décorés? — Ils nele soni pas Ccife jeune lille dési'C se liiiie reli^iieusi' ; on ne. veut pas qu elle le soit. Plusieurs villes cul clé capitales, et ne le sont plus .'injourd'liui. Les 'Jyriens étaient maicliand>, les (.'arlhasfinois /'ont été comme eux. Eles-vous la porlière de celle maison? — Je la suis. On disait les travaux terminés; il paraît qu'ils ne le sont pas encore.
305 Quand on parle des choses, au lieu des pronoms lui, elle, eux, elles, préo'dcs d'une |]réposition, il faut se servir des pronoms en, y. Ne dites donc pas, en parlant d'un devoir ; Je Suis content de llt; je ne Lti trouve plus de fautes.
Dites : /en suis coulent ; je n\ trouve plus de fautes.
Devoir sur l'emploi de lui, elle, edx, elles, es, r.
Mon devoir est Lien fiit. j*?/ ai consacré tous mes soins. Quand un élève a des disposilinns heureuses, le maître lui consicre tousses soins. La force est brulale. l'Iioniine ne doii pis en abuser. Plus j'éludicles sciences, plus j'y découvre de diffienlics. L'éloquence est un don de k nature, mais l'art y ajoute de la perfection.
306. Lorsqu'un vciLc à l'impériilif a deux pronoms pour complément=, l'un dirci t, l'anire indirect, le pronom complément direct s'énonce toujours le prenner :
Monlrez-LE-aoi, donne z-ik-:(Qvs, et non monfrez-iioi-iE, donnez-
NOtJS-LA.
Devoir sur la place des pronoms compléments.
Quand vous sortirez, diles-/e-mof. Le travail est la source du bon-
heur ; livrcz-î^OMS-?/ avec ardeur. Cette fable est fort jolie; récitez-Zanous. Or çà, lui dit le sire, que sens-tu ? dis-Ze-fflOè.
307. En parlant des personnes, on ne doit faire usage du pronom soi que lorsqu'il se rapporte à l'un des pronoms indélinis aucun, cfmcun, nul, on, personne, quiconque •
Nul n'esl -j^ro-yhète. chez soi.
Chacun pour soi est une maxime égoïste.
Quiconque n' aime que soi 71' est aimé de personne.
Dans tous les autres cas, on emploie lui, eux, au lieu de soi.
Dans le livre de l'élève les pronoms en italique sont remplacés par un tiret.
Quiconque rapporte tout à soi n'a pas beaucoup d'amis. Quiconque liait le travail n'a assez ni de soi ni des autres. Les occasions font connaître un homme aux autres et encore plus à /«z-même. Dans une ruche d'abeilles aucune ne travaille pour soi. Personne n'est mécontent de soi ni satisfait des autres. L'Anglais emporte partout sa patrie avec lui.
308. Remarque. Le pronom personnel leur, placé immédiatement avant ou après un verbe, ne prend jamais s : Nous leur avons parlé; parlez-iEVR.
Pronoms démonstratifs.
309. Les pronoms celui-ci, celui-là ne doivent pas s'employer indifféremment. De deux noms énoncés précédemment, celui-ci désigne le plus proche, et celui-là le plus éloigné. Ex. :
La rose et la tulipe sont deux fleurs charmantes; mais celle-ci est sans odeur, et celle-la exhale un parfum délicieux.
Devoir sur V emploi des pronoms démonstratifs celh-ci, celci-la.
Le peintre et le poète ont beaucoup de rapport ensemble : celui-ci peint pour les oreilles, celui-là peint pour hs yeux. C'est surtout à l'état de domesticité que le chien et le chat montrent la différence de leur caractère : celui-là s'attache à son maître, celui-ci ne s'attache qu'à la maison. Rien ne ressemble plus à un perroquet qu'un élève inattenlif : celui-là parle, celui-ci récite sans comprendre.
Pronoms relatifs,
310. A qxa, et ses équivalents auquel, à laquelle, etc., se disent des pjrsonnes; mais, en parlant des choses, il ne faut faire usage que des pronoms auquel, à lo.quelle, etc. Ex. :
La rose est la fleur à laquelle les poêles donnent la 'préférence. A gui serait une faute.
311. Ne dites pas : C'est à vous A qui je parie, c'est de vous dont il s'agit, c'est là ou je vais.
Le rapport étant suffisamment indiqué par les compléments à vous, devons, là, il faut dire : C'est à vous que je parle, c'est de vous qu'il s'agit, c'est là que je vais.
312. Avec les verbes sortir, descendre et leurs équivalents, on
emploie dont pour exprimer l'idée à'élre issu, d'être H^;et d'wV pour exprimer l'action physique de sortir. Ex. .
Im famille dont je sors est honorable.
L'arbre d'oo je descends est lisse.
Devoir sur l'emploi des pronoms relatifs.
510. C'est Racine qui a introduit dans notre langue poétique cette richesse et cette élégance de style auxquelles elle doit tout son lustre. Les moutons, à la dépouille desquels nous devons nos vêtements, servent encore à notre nourriture. Les divines promesses dans lesquelles j'ai toujours eu foi, m'ont consolé de bien des misères.
olî. Ce n'e.^t point de vous çh'/Z s'agit ; c'est de votre famille que ]& veux vous cntrclenir; c'est à elle que je consacrerai ma lettre entière. La gloire était l'unique but de Charles XII : c'est là que tendaient tous ses efforts. Ce n'est point dans la richesse que réside le vrai bonheur : c'est à la vertu seule que l'on doit une tranquillité inaltérable.
312. Quand un homme se distingue par son génie, on s'inquiète peu de la famille dont il descend. Les fameux délilrs d'oii Tarniée romaine ne put s'échrqiper s'ap|iclaient Fourches Caudines. La source d'oit s'échappent les plus grands fleuves est à peine remarquée. Après la mort, l'âme retourne à Dieu dont elle est descendue, i^e pauvre exilé regrette toujours la patrie d'oii il a été banni. La plupart des carrières d'oii l'on tire le marbre blanc sont situées en Italie.
Pronoms indéfinis.
313. Le pronom on est en général du masculin singulier ; mais il peut représenter le féminin et le pluriel, ce qui a lieu quand le sens de la phrase indique clairement que l'on parle d'une femme ou de plusieurs personnes :
Mademoiselle, es(-oy plus obéissante aujourd'hui? Après la mort on est ég.^ox.
314. L'un et l'autre, les uns et les autres expriment une idée de pluralité ; l'un l'autre, les uns les autres une idée de réciprocité. On dira donc : Ils partiront l'un et l'autre. Us s'aiment l'dx l'autre. Les hommes doivent s'aider les uns les auïues.
Il faut dire :
Ils se sont nui l'un a l'autre.
Je les ai connus ennemis l'u.n de l'autre.
Et non :
lisse sont ni l'u.n l'autre.
Je les ai connus ennemis l'un l'autre.
La préposition à employer est toujours indiquée par lo sens.
Tous les mots en italique sont au masculin singulier dans le livre di l'élève.
313. Quand on est gracieuse comme vous l'êtes, madame, on est toujours jolie. Il n'y a rien de si rare qu'une amitié constante ; aujourd'hui on est associés et amis, demain on est rivaux et ennemis. Fille d'un grand artiste, on aime les arts, il est vrai, mais on n'est pas pour cela peintre ou musicienne.
314. Nous étions nu collège cinq élèves qui nous nimions beaucoup les uns les autres. Omuid 'Icux lionimes (lisjjnlenlsur des riens, on peutles tenir ponr b.itUis l'un et ratilre. Voilà de vrais :imis qui se smil toujours souicnus iun l autre, l'tqui sr sont toujours rendu Vun à Vautre les plus L'ninds services II arrive souvent (|ue deux ennemis s'esliment Vun Vautre en dépii de l'iniinilié qui les aniuie /mk contre Vautre. En se l'réqiieiiiant assidûment, ces deux jeunes ^eus se sont nui Vun à Vautre. Mes enr.mts, MJniez-vous les uns les autres; rendez-vous service les uns aux autres; ne parlez jamais mal les uns des autres.
Accord du verbe.
315. Le Terbe s'accorde en nombre et en personne avec son sujet. Quand un vcrlie a plusieurs sujets singuliers, il se met au pluriel. Si les sujets sont de dinéix'ulcs personnes, le verbe s'accorde avec celle qui a la priorité (V. § lUO et suivants).
EXCEPTIOSS.
316. Lorsqu'un verbe a plusieurs sujets, il s'accorde avec le dernier :
1° Lorsque les sujets sont synonymes :
Son courage, son intrépidité étosn.ut les plus braves.
1° Lorsque les sujets sont unis par la conjonction ou :
Mon père ou ma mère viendra.
S* Lorsque les sujets expriment une gradation :
Un seul mol, un soupir, un coup-d'œil nous tkaiut.
317. PnEsiiÈBE nFMAnoi'E Quand les sujcis sont liés par l'une des expressions conjonctives comme, ainsi que, de même que, aussi bien que, le verbe s'accorde avec le premier sujet :
L'enfant, comme la vigne, a besoin de support. Loi , ainsi que les liqueurs fortes, acghe.nte la soif.
318. Deuxième uemauque. Lorsque le verbe a deux sujets joints par la cononcliou ni, il se met au pluriel si les deux sujets peuvent l'aire l'action marquée par le verbe :
A7 Vor ni la grandeur ne nous rendent heureux. Il se met au singulier si l'action ou l'état exprimé par le verbe ne convient qu'à un seul des sujels :
Ni Vune ni Vautre n'Esr ma mère.
Devoir sur V accord du verbe avec le sujet.
L'bomme n'est qu'un roseau, le plu> faible de la nature ; une goutte d'eau, une va;ienr suffit pour le tuer. La corruption, l'infection attire les vauiours au lieu de les repousser. 1/ennui, le cltagrin, un travail trop assidu abrègent la vie. La vertu, ainsi que le savoir, a du prix Votre ml'Tèr, votre gloire, votre bonneur l'ext^e. l^i la douceur ni la force n'ébranlent un sot entêté. L'élé|)bant, comme le castor, aime la société de ses semblables. Le chagrin ou la misère peut pousser à une
REMAIIQUES PARTICULIÈRES. tî5
fatale réisoliilion. T.a force do l'âme, comme celle du corps, est. le fruit de la lempcrnnce. Ni Pniil ni .lulien ne remplissent de rôle duns celle pièce. M P:iui ni Julien ne remplit le rôle principal dans celle pièce, La lête, ainsi que le cou de l'auliuciie, est garnie de duvel. La succession des jours el des nuits, le cliangenient des saisons, prouvent ({\XQ c'est le so!eil ou la lerre qui tourne.
Accord du verbe précédé d'un collectsf.
319 Le verbe qui a pour sujet un nom collectif suivi d'un complément s'accorde lanlôl avec le collcclif, tantôt avec le complément.
320. Le verbe s'accorde avec le collectif si le collectif est général : Le NOMcnE des malheureux est immense.
Nota. Le coHeciif général exprime une collection déterir.mée d'individus, el est ordiiiauciuenl précédé d'un des arlicles simples le, la, les.
321 . Le verbe s'accorde avec le complément du collectif si ce collectif est partitif :
Un nombre immense de malheurecx demandent des secours. Nota. Le collectif pffr/W/" représente une collection vague, indéterminée, el est, en général, précédé des adjectifs un, une.
322. Remap.ql'e. Après les adverbes de quantité bien des, beaucoup de. peu de, assez- de, el les mots la plupart des, une infinité de, un grand nombre de clc , le veibe s'accorde toujours avec le complément exprimé ou sous-entendu.
Devoir sur l'accord du verbe précédé d'un collectif
Le nombre ))rndi;^ieux de vé'rréianx que Dieu a fait naître nous présente lin sprctiiio Idrl airréiblc. Aux jours de fête, la foule dos cliiélieus se presse dar.s les lomples. Le jour de l'Assomption, une foule de jeunes Mlles vêtues de \i\ii\k- suivent la bannière de la Vierge. Une troupe [collection déterminée] île jiunes laons sorlil tout à coup de la forùt. As>cz de gens méprisent les richesses, mais peu savent y renoncer. Peu d'Iiommcs ont île l'é'-prit sans le savoir; bcaucoi'p en font qu:mil ils n'en ont pas ; la plupart sont jaloux de celui des autres. En élé, une rpianlité d iiisi cirs dévorent ims moissons. Peu d'bnmmes résistent à la corruption; le grain! nomlue av«7 le torrent. Une iafmilé de familles entre les iropi jues se nourrissent des fruits du bananier; un grand nombre ne vivent que de poisson crû.
Emploi de c'eST , CE SONT.
323. On emploie c'est et non pas ce son/ dans les cas suivants : c'est nous, c'est vous, c'est votre paresse et voire étourderie qui vous font punir.
Mais on se sert de ce sont devant une Iroisirme personne du pluriel exprin;ée par un nom ou un pronom ; Ce sont les vices qui dégradent Vhomme; ce sont eux qui le rendent malheureux.
Devoir sur l'emploi de c'est, ce sont.
C'est l'intempérance et l'oisiveté qui perdent les lionimes, Nous
croyons que tout change quand c'est nous qui changeons. Ce sont les ingrats qui font les égoïstes. Ce que l'on admire surtout chez !e savant, c'est sa modestie et sa vertu.
Compléments du verbe.
324. Il ne faut pas donner à un verhe d'autre complément que celui qui. lui convient. Par exemple, on ne dit p is :
Le livre que je me sers. Je me rappelle le cet événement. Je m'^y rappelle.
Le verbe servir exigeant un complément indirect, et se rappeler un complément direct, on dira :
Le livre dont je me sers. Je me rappelle cet événement. Je me le rappelle.
323. Quand deux verbes vculeiit, l'un un complément direct, l'autre un complément indirect, il faut donner à chacun d'eux le complément qui lui convient, et non un complément commun. Ainsi on dira bien ;
Ce général assiégea et ritii la ville, parce que assiéger et prendre veulent l'un et l'autre un complément direct; mais on ne dira pas :
Ce général assiégea et s'empara de la ville, parce que assiéger veut un complément direct, et s'emparer un complément indirect. Il faut dire :
Ce général xss\éczK la ville et s'en empara.
326. On ne dira pas non pins : // est entré et sorti du port plus de cinquante vaisseaux; mais on dira : Il est entré dans le ror.i et il es est sorti plus de cinquante vaisseaux.