Û PETITE HISTOIRE
rfrlande une autorité tyrannique^ mais fut battu par la coédition des roitelets ses rivaux, et se noya. Sa chute fut le signal dHnvctëioiu nouvelles qui durèrent plus d'un siècle, et que n'arrêta ni la grande victoire des indigènes à Téamor (980), ni la conversion des panois au christianisme au milieu du x» siècle.
Les côtes est et sud {Dublin, Waterford, Limertk) et Vile de Man formaient les royaumes danois ; la barbarie avait reconquis le sol ; le lien fédératif était sans force; les &Neal ou descendants de Leoghaire étaient réduits au petit royaume d'Ulsteri 1022) : on comptait ainsi vingt-une principautés ou plus encore, quand Henri II, las des pirateries des Irlandais qui enlevaient souvent des Anglais pour en faire des esclaves, résolut de conquérir leur île. Sa querelle avec Becket l'en empêcha longtemps.
Une bulle du pape Adrien IV, Anglais de naissance, l'y autorisa enfin (1170), mais déjà l'entreprise était commencée : les discordes intérieures de l'Irlande en avaient fourni le prétexte. Un prince ou roi de Meath , Dermdith, venait d'être dépouillé par le roi de Connaught^ Roderic (XConnor, lequel prétendait à la souveraineté sur l'île entière (1169). Un aventurier gallois, Richard StrongboWy comte de Fembroke, se mit avec la permission d'Henri à la tètç de ses vassaux, conquit le Leinster (1 170), rendit le trône de Meath à Dermaïth dont il épousa la fille Eve, et en 1171 lui succéda. Mais Henri survint avant que sa puissance allât plus loin, et reçut la soumission de Strongbow, auquel du reste il laissa le Leinster, sauf Dublipi. Roderic se reconnut son vassal par le traité de Windsor (1175). La conquête continua sojis ses successeurs, facilitée surtout par le concours de l'Eglise et la division préalable de l'Irlande en quatre sièges, Armaghy Dublin , Cashel , Towam ; et presque toute Vile fut ainsi soumise^ mais nominalement, aux rois anglais. On se bornait a les proclamer à Dublin et à les reconnaître pour suzerains; mais en réalité les Strongbow y les Lacy ^ les Fitz-Stephen^ véritables conquérants, avaient remplacé les anciens rois indigènes.
la fia du xia« siècle, dix grandes famiUes anglaises
DANGLETBRRË, D £GOSS£, ETC. 31
^égaaient ainsi sur toute l'île, donnaient des terres comme fiet's à leurs tenants anglais^ et peu à peu repoussaient les naturels dans les plus mauvaises parties du pays. Toutefois , les chefs irlandais ou chefs des septs gardaient et leur autorité sur les clans et leurs coutumes. Les lois anglaises^ il est vrai, avaient été introduites^ la Grande^Charte était reconnue; un parlement spécial siégeait à 2>u&^in au moins depuis 1295. Mais ces lois anglaises n'étaient d'usage qu entre Anglais ou dans les relations avec un Anglais. Il arriva même que les Anglais adoptèrent presque tous les usages^ le costume, la langue, le régime^ les vices des Irlandais, et de pairs duroyaume devinrent vrais chefs de clans. Ils méconnaissaient les ordres du roi, épousaient des Irlandaises malgré le statut de laoT, bravaient le lord-député ou justicier en chef commis au gouvernement, portaient 'des lois en parlement comme bon leur semblait, levaient des tributs à leur gré, se faisaient sans cesse la guerre entre eux et 'empêchaient les monarques d'Angleterre d'achever la conquête. Leurs efforts en ce sens et leurs excès suivis de révoltes C 1315-1350) rendirent le nord et une partie du sud aux indigènes: pendant la guerre civile des Deux Roses^ les Anglais reculèrent encore plus, et en 1485 ils n'avaient plus que quatre comtés [Dublin^ Meath, Louth^ Kildare) : ce qu'ils gardèrent ainsi se nomma Pale.
QOESTlOirs. Qu'est«ce que la dynaslie fergussienne ? — Sur qui et où régna-t-elie ? — Où et quand régna d'abord la. dynastie de Treumore? — Quand se reieva-t-elle de sa chute? — Par qui le christianisme fut-il introduit en Irlande, et quelles furent les suites de cette conversion? — L'Irlande a-t-elle été à Tabri des Danois?
— Cette ile formait-elle un seul royaume au neuvième siècle ? — Quel fut l'état de sa civilisation du neuvième au douzième siècle ?
— Gomment l'Irlande fut-elle soumise par l'Angleterre ? — Le futelle entièrement? — Quels furent les vrais conquérants et les vrais possesseurs de l'Irlande? — Qui facilita surtout la conquête? — Comment se conduisirent les Anglais en Irlande? — Restèrent - ils vraiment Anglais^ — Surent-ils toujours se maintenir dans leurs possessions ?
Oynastîe de iPador, 118 ans » 6 fouveraîns.
H85-150a. HïfïRi VII remit U9 droits des deux
3à PETITE HISTOIRE
Roset en épousant Elisabeth (1486)^ Cependant il eut ^ combattre des révoltes. Deux imposteurs {SimneL tVil* foré) prirent le nom éiEdowird FI, fils du duc de Clareace et neveu d'Edouard I Vv un autre (Perkin Warbeh) prit celui de Richard IF frère d'Edouard V. Siratiel , après avoir trouvé un fort parti en Iriaade, fut défait et pris à Sloie ( 1 487 ) : Henri en fit un marmiton. Perkin, reconnu par Marguerite de Bourgogne qui eût été sa tante, «t appuyé par l'Ecosse, tenta trois fois fortune en Angleterre et finit par être pris à Beiodley ( 1 498) ; s^étant évadé, il fut pendu (i 499). Wilford périt la même smnée, et avec lui fe véritalfle'Edouard FI, que jusque-là Henri avait gardé captif à la Tour. — Henri VU fit en 1492 la guerre à la France, mais po!sa bientôt les armes moyennant argent par la paias d'Etaples, dite paix marchande, -^ Se ramasser un trésor fut un des vœux de Henri Vil : conspirations, amendes, rachat des services féodaux , exigence de prestations féodales et d'arrérages surannés . tous les moyens lui furent bons. Bmpson et Dudley furent ses auxiliares dans ces opérations. — L'Angleterre lui doit de bonnet lois contre le rapt, l'usure , la négligence des juges de paix ; il défendit de poursuivre l'homme qui aurait soutenu le roi régnant de fait; il permit à la noblesse d'aliéner ses terres , loi qui eut pour résultat d'amener la noblesse k la cour, de lui ôter sa formidable clientelle et d'accroître le pouvoir royal déjà bien fort par la dispari-* tion de tant de grandes familles dans la çuerre des deux Roses. Aussi l'époque de Tudor est-elle celle àa despotisme le plus complet en Angleterre. Henri protégea le commerce , mais en exigea crénormes droits d'entrée. 11 fit du bien à l'Irlande par le célèbre statut de Poynings qui prohibait les guerres privées entre les lords , réglait les tributs et soumettait tout parlement d'IrUnde au roi. On a nommé Henri VU le Salomon de l'Angleterre. Arthur, son^ls aine, marié à Tinfante Catherine d^ Aragon (150O, était mort dès 1502: la jeune veuve, fut fiancée à son beau-frère depuis Henri VIII, mais ne l'épousa qu'en 1609. Henri YW laissait encore deux filles, Marguerite unie au roi d'Ecosse Jacques IF
D^ANGLSTERRÊ, D'ÉCOSSE, ETC. S3
MaHê qui, veuve de Louis XJf, épousa Suffolk et fut aïeule de Jeanne Gray,
1609-1546. HiN» VIII, son fils, fit Une guem insi^ ffnifiimte à Louis XII (1513 et 1514). Mais 9ous Franpria I*^, il joua un grand rAle en tenant la balance entre ce roi et Charles'Quint : en 1521, il s'unit au premier ; en 1525^ il se déclara pour François, et fut fidèle à ce système jusqu'en 1543. Le cardinal fFoîsey, son ministre, que €barles avait dupé en lui promettant la tiare, le dé-^ cida dans ces deux occasions. -— Épris d^Anne de Bo^ leyn , mais ne pouvant obtenir du pape Clément Fil Fannulation d'un -premier mariage , il quitta la commu"nion romaine, prit le titre de chef de l'église (ce qu'on nomma suprématie\^i faire des /tvr^f «ym^olt^tiet, persécuta quiconque improuvait son cbangement, entre au* très Fuher et More qui périrent sur l'échafaud, et exclut de la succession au trône sa fille du premier lit. Cranmer et Cromwell furent les agents de cette grande révolution. Henri garda pourtant les dogmes et les rites catholiques; il détestait le luthéranisme qui, né eni5i7, se répandait en Angleterre , et toute nuance religieuse autre que la sienne. Il écrivait contre elle; mais, vrai tyran, il envoyait au bourreau ceux que ne convainquaient pas ses arguments. — Vunion du pays de Galles à l'Jnçlelerre {iSZfi), Véreetion de ^Irlande en royaume (1 54 1 ) , appartiennent au rèeme de Henri VIII. En 1 542 , à la mort de Jacques F d'Ecosse, il réclama la régence, ej n'y renonça que sur un traité promettant à son fils Edouard la maindei^dn'e^^tiarf : en 1547, pourtant, la guerre éclata. 11 attaqua aussi la France, uni à Charles- Quint, ^ prit Boulogne. — Henri YIIl eut six femmes : CaU^erinê d'Aragon, Anne de Boleyn, Jeanne Sey^ fnour, Anne de Clèves, Catherine Howard, Cathe* rine Parr; deux furent quittées par divorce (la première, la quatrième) ; deux furent décapitées (la deuxième , la cinquième). Catherine Parr allait l'être, lorsqu'il mourut, le 29 décembre i54e, laissant unfîls et deux tilles. Peu de règnes ont vu plus d'exécutions. C'est sous lui que fut porté le premier bill é^attainder (par ce bill la chambre haute prononce sans procédure la condamnation d'""
aecusé), Gromwell, inventeur de ce naode d'iniquité , en fut frappé en 1540.
1 547-1553. Edouard YI, né de Jeanne Seyînour, avait neuf ans. Somerset^ déclaré protecteur, régna en son nom, fit exécuter Seymour, son frère ^ qui ]ui disputait le pouvoir, mais fut lui-même renversé, puis mis h mort par Warwick qui prit le titre de duc de Northumberland, Au calholicisrçe d'Henri VIII fut substitué le luthéranisme, dont Edouard s'engoua au point d'être persécuteur; il voulait faire décapiter sa soeur Marie, parce qu'elle restait catholique; il finit ^ à la persuasion de Northumberland , par exclure de sa succession ses deux sœurs, par un acte qui appelait au trône Jeanne Gray, petite-fille de Marie (la sœur cadette d'Henri VIII), et femme du quatrième fils de Northumberlapd.
1553. Jeanne, proclamée à la mort d'Edouard, ne reçut la couronne qu'avec effroi et ne la garda que neuf jours (du ]0 au 19 juillet). Il ne se livra pas même un combat pour elle, tant Northumberland était haï ou avait mal pris ses mesures.
1553-1558. Marie, fille de Catherine d'Aragon, après avoir puni de mort Northumberland , choisit pour ministres Gardiner et son frère le cardinal Pôle , et commença contre le protestantisme une réaction brutale et brusque qui froissa l'opinion. Son mariage (tvec Philippe Il afgrit encore les Anglais ; on s'insurgea pour l'empêcher. Wyatty chef des rebelles, entra dans Londres et eût pu s'y maintenir. Le père de Jeanne Gray eut part à cette révolte; sa mort, celle de Jeanne et de son mari en furent la suite. La sœur de Marie , Elisabeth, captive à la Tour, courut risque de la vie; Philippe obtint sa grâce» En 1556, commencèrent contre les protestants des persécutions fameuses ; Cfanmer fut brûlé. Cependant la foi nouvelle résistait à ces rigueurs. Marie mou-! rut au désespoir d'être sans enfants, de voir partir son mari, d'avoir perdu Calais (1558)^ et de ne pas réussir à extirper l'hérésie.
1558-1603. Elisabeth, fille d'Anne deBoleyn, était
^'^^pocrite , coquette , vaine , sans pitié , mais avait le ta-
de gouverner. Elle rétablit gradueilemeiit, «t avec
D'ANGLETERRE, D'ÉCOSSB, ETC. 35
d'adroites mesures, le protêst(mtisme , précisa la foi par le Livre des trente-neuf articles , se flt donner les annates et dîmes , mit hors d'atteinte sa suprématie. Le pape Pie y l'excommunia (1570); Mien créa un séminaire anglais catholique à Douai, à Reims;, les je- <utle5 cabalèrent^ conspirèrent en Angleterre ; la reine répondit par des lois tyranniques contre le catholicisme, et les exécuta sévèrement (1581-1585). Même rudesse pour les calvinistes ou presbytériens, qui exécraient l'épiscopat et la suprématie, bases du système religieux anglican. — Philippe II avait demandé la main d'Elisabeth; elle déclina l'offre, traversa sans éclat toutes ses entreprises, secourut Henri IV et les inswrgés des Pays-Bas (1585-1587), dont die voulut en vain que Leicester, son favori, devînt le chef, et y gagna trois villes qui lui furent engagées, entre autres Flessingue , lâcha les corsaires Bawkins, Drahe, Cofsendish, Carliste, qui pillèrent les comptoirs espagnols en Amérique (1572-1580). La flotte invincible armée contre elle par Philippe II , et qui devait aborder en An* gleterre et la détrôner, fut abîmée par la tempête et par Howard (1588); le même Howard brûla Cadix y en 1596. — La marine anglaise, nulle avant ce temps , se développait et préludait à sa grandeur future., -r Jalouse des charmes de Marie Stuart, qui> reine d'Ecosse, eut l'imprudence de prendre le titre dç reine d'Angleterre, elle fomenta les troubles causés en Ecosse par la réforme; et quand Marie détrônée eut été battue à Longside^ elle l'attira près d'elle, la tint captive dix-nenf ans, et lui fit trancher la tête à Fotheringay (1587), en la calom-j niant. Marie avajt été l'objet de trois ou quatre conspira- \ lions contre Elisabeth, celles de Northumberland et ff'estmàrelcmdiiSes), de Norfolk (1572), et de Babington (1586); mais celle-ci avait été, sinon ourdie^» dui moins encouragée par h police anglaise, aui cherchait un prétexte contre Marie. Elisabeth eut aussi aeux fois à Tépfimer r Irlande rebelle, sous Desmond{ïbi9), et sous Hugues 0*Neal (1598); la première révolte fut vaincue, mais non la seconde; d'Essex, qu'elle y envoya, signa un accord honteux f '—Le paiiemçnt fut tris dépendant d'ÉIis^*"**'^
36 l>ETITE HISTOIRE
l^algrë de nombreux monopoîes, la fermeté de son gou-* véroepent développa la prospérité pubUque. Les décote vertes 4e tàawkim, de Raîeigh, de Dràke , ouvrirent un champ nouveau à l'activité britannique. Cecil et FFcU^ êinghamt ses ministres , furent des hommes d'état hai)iles. Bn revanche, ses favoris, LeicetAer, Norfolk, d*É$$ex fl d'autres, étaient médiocres et vicieux; les deux premiers furent décapités. Elle ne voulut jamais ^e raarierc le duc d*Alençon, frère de Hewri III, fut pour» tant près d'obtenir sa main.
QUESTIOHS. Distingnei les trois imposteurs qui parorent sons Henri Vllî— Quelle fut l'occasion du schisme- d'Angleterre? — i^uelte l^e politique suivit Henri VI il? — Quelles léles illttsftes tombèrent sons son règne? — Qnilni succéda? ■>- F owçfuoi monrttl Jeanne Gray 7 — Quelle différence présentent Marie et Élisalieth? --> Que Rt celle-ci d'ntile et de glorieux? — Quelles taches souiUe^t «un régne ?
Béramé de l'hiitiâre d'feosM de 4^3 à 1603.
Réponses par les Saxons, les Scots et les Pietés se firent
la guerre. Vaincus et chassés en Irlande, vers 465 , sous
leur roi Ëocha, les premiers reparurent en Albion, avant
: SOO, sous Ferguss-Mobe, chef de la dynastie fergussienne;
! et sous K^NNETH II (Sâ4-854}, ils soumirent les Pietés,
^ dont k race royale s'était ét^^inte avec Kv/nq, et donnè-
rent à tout le pays le nom d'Ecosse (Scotland), en 838.*—
I GfitG-LE-GnANo (875-81^2) s'empara du Gallôpoay et de
i Mervoiak. ^ Malgolm ï^ (938-952) obtint d'Edmond I'**
Ile Curaberland comme fief. — * Indulf (952-961) vain-
Iquit les Danois à KiUlé». — Kxnnbth Ifl (970-994) battit
souv^ les Danois, notamment à Loncarthy, et donna
aux Ée^^ssais leur premier code. — Malcolm il, son fils,
Ine fut roi qu'en 1 004 , et régna trente ans ^ il fit déclarer la
JxMironne héréditaire ; mais il ne laissa ^e deux filles.
Donald VI ou Dungar , son petit-fils par BécHtrix '1034-1040), commença la d^iMJiiie dite de saint Da* nd. Donald fut tué par Macbetb, thane de Çrlamis et ]awdor,qai s^empara du trèae. — Secouru par Edouarde-Goofesseur , Malcolm ITI vint à bout de recouvrer ses :tats , à la bataille de Ihêufanan, où Macbeth périt. —
D'ANGtETEME, D'ÉCOSSE, ETC. |y
Ses quatre fils régnèrent après lui. lin d'eux, S. Davib, 1134-1158, eut par mariage les comtés de Norihum^ herland et d'Huntingdon, prit les armes pour Mathilde contre Etienne, et fut vaincu à North^Alterton,
GuiLLAUMK-LE'Li©», SOU pctît-fils 0165-1214), réclama en vain de Henri II le Korthumberland ; fut pris à la bataille ^Alnmck; n'obtint .la liberté qu'en se reconnaissant vassal pour toute l'Ecosse (iiT4). Richard le déUa duvasselage (\ i90), moyeaDamX la rétrocession du Çumberlandà V Angleterre.
Alexandre II, son liis (1214-1249), s*unît à Louis de France contre le to\ Jean. Son règne fut très agité par les grands. Allié de Louis VIII contre Jearkrsam'- Terre, il avait été forcé par un interdit du pape d'abandonner le parti français. -« Il laissa un fils mineur, Alexansve ni (1249-1285), sous qui les troubles s'accrurent, mais qui montra des talents, battit le roi de Norvège Haquàn F, acheta de Magnus Fil Man^ les Hébrides^ mafM sa fille à Eric II, et après la mort de son fils, en 1283, fit reconnaître héritière présomptive sa petite-fille, née de cette union.
Mabgusutb effectivement fut proclamée reine en 1285, et promise par les états d'Ecosse au fils d^Édouqrd /«'» union heureuse qui n'eût fait qu'un peuple des Ecossais et des Anglais; mais elle mourut à sept ans^ en revenant éfi Norvège (1289), et une ère de troubles commença.
Intervalle de 1 289 à 1 37 1 . De douze ou treize prétendants à la couronne, Jean SaHol et Robert Bruce étaient ks premiers. Tous les ambitieux s'en reroi rent pour un choix } à Edouard i«', qui, non comme txrbiire, mais comme suzerain (on souffrit ce mot), déclara roi Jkam Baliol (i 292). Las des exigences d'Edouard, Jean se révolta Inentôt : le prince anglais le déclare déchu de son fief, le bat et le prend à Dunbar, et fait de l'Ecosse une province anglaise ( 1 206). — Le h^ros populaire de l'Ecosse, Wallacb, se révolte et, vainqueur à Cambuskenneth, est nommé régent, lilais les grands, jaloux, le quittent ; et quand Edouard arrive avec 100,000 hommes, Wallaee est défait à Falkirk (i 298). Un autre régent, Gumtii, prend les armes (»303)r Edouard met deux ans à reconquérir l'Ecosse et à prendr
Wallace, qu'il fait pendre, puis il abolit la vieille coulume des Scots et des Pietés. £d 1306 pourtant 3<» révolte sous Robert Bruce, fils du prétendant de 1289^ et h^ expédition d'Edouard. Robert, en vain couronné, voit son parti anéanti , est traqué comme une bête fauve, et pourtant recommence l'insurrection. — Edouard I" meurt ( 1 307 ) ; Edouard II se fait battre à Bannockburn (1314), et signe une trêve en 1323; et Mortimer pour Edouard III la change en paix défînitive à For^( 1328) : l'Ecosse est indépendante. — 1329-71. David II fBruce), âgé de cinq ans, succède h son père; mais dès 1332, Edouard (Baliol), fils de Tex-roi Jean, attaque l'Ecosse, bat Mar sur r^arn,est vaincu à Annan, mais est ramené en triomphe par l'Anglais Edouard III^ qui a défait Bouglasklfalidown-Hill (1333), et qui, outre l'hommage de Baliol (1334), s'adjuge nombre de comtés et de places. L'Ecosse se soulève deux fois ; David, à la voix de Philippe de Valois, revient de France en Ecosse (i 341-1 346), il est défait et pris à Durham par la reine Philippine de Hainaut, femme d'Edouard, et enfermé à la Tour de Londres. L'Ecosse résiste toujours; Edouard, qu'occupe la guerre de France, ne peut achever sa conquête, même quand Edouard Baliol lui a cédé ses droits. Enfin (1355), il rend la liberté à David contre 100,000 marcs (1356), et signe une paix dite trêve. David, rétabli, régna quinze ans et mourut sans postérité; Robert Stuart, son neveu, lui succéda.
Dynastie des Stuarts jusqu'en 1603. C'est cette dynastie qui devait unir l'Ecosse à l'Angleterre. Aucune pourtant n'a été si constamment malheureuse. L'anarchie était au comble lorsqu'elle vint au trône ; les grands, en petit nombre, étaient maîtres absolus sur leurs vastes terres; les clans ne connaissaient que leurs chefs ; les rois étaient pauvres, et la nature du pays, coupé de montagnes^ facilitait la résistance à tout pouvoir central. Longtemps encore l'Anglais attaqua l'indépendance de l'Ecosse; puis vinrent les troubles religieux : et chaque règne presque commençait par une minorité.
1371-1390. BoBERT II ne put procurer à l'Ecosse une aix stable : Richard II la ravagea en 1385 avec
d'angleterke, d'Ecosse, etc. 39
60,000 hommes; en 1388 les Ecossais battirent ses troupes à Otterbum,
i 390-1 406. Robert III, tout en prenant part à la révolte û^Botspur contre Henri IV, laissa les guerres de clan à clan, les troubles civils s€^ multiplier. Henri IV, en 1401, envahit TÉcosse jusqu'à Edimbourg, mais se retira bi€;ntôt. De deux fils qu'ail avait, son frère le duc d'Aïbany^ qui gouvernait pour lui , fit périr Tainé , et eût fait périr le plus jeune, si Robert ne l'eût éloigné. Mais en se rendant en France le prince fut pris par les Anglais, et Robert en mourut de chagrin.
1406-1437. Jacques I ne fut libre qu'en 1423, et moyennant 40,000 marcs. Albany, régent, avait régné jusqu'en 1420, et transmit le pouvoir à l'indolent JlfurdocA, son fils. De retour, Jacques mit à mort Murdoch, ses fils et les complices de leurs violences, établit le tribunal des Lords de la semon, diminua l'anarchie, admit au parlement d'Ecosse des députés de comtés (1427}« ouvrit des écolesj appela des artistes de Flandre, rendit de sages lois, et tenta d'adoucir les mœurs sauvages de ses sujets. Le comte d'Athol, son oncle, le fît assassiner.
1427-1460. Jacques II son fils avait six ans, sa minorité fut troublée par des querelles pour la régence. Las de son favori Douglas qui se révolta, il le tua de sa main (i 452), réprima Tinsurrection de sa famille, réunit ses vastes domaines à la couronne, fit diverses lois très avantageuses à la prérogative royale, et eût peut-être fondé une monarchie véritable, si, en 1460, faisant la guerre à l'Angleterre, il n'eût été tué au siège de RoX" borough,
1460-1488. Jacques III régna vingt-sept ans. — Nouvelle minorité, nouveaux troubles. Marguerite de Not' vége lui porte en dot les Iles Orcades et Shetland. Livré à l'astrologie et à d'obscurs favoris, il persécuta les grands, fut fait prisonnier par son frère Mexandre, duc d'Albany (1482), et sembla sur le point de descendre du trône. Allié de Louis XI, il attaqua les Anglais en 1481, et, battu à Bannockburn (1488), il périt assassiné dans la déroute.
1^88-1513. Jacques IV son fils soutint Perkin nk^'^^
fP PJETITB HISTOIRE
pui 6 fit la paix avec Qenri VII (ue?)^ dont U épousa la lîlle Marguerite, n'en fut pas moins Tallié de la France, çt en ]ii3 pénétra en Angleterre, mais périt à la bataille de Flowden.
1SI3-1S42. Jacquis V avaitun an & la mort de son père. Sa mère, quelque temps régente, fut remplacée par Albaiiy, pui$ par Douglas. Majeur, le roi travailla, aidé du clergé, à ri)HQ)iiiatiôn de ses nobles; mais attaqué par He^ri VIÎI il réclama en vain leur concours, se vit battre à SQlwy-Moss et en conçut une mélancolie qui le tua.
1542-1567. IVIarie sa fille avait cinq jours. La reine-mère Marie de Guise olHint la paix de Henri VIII en lui promettant la main de sa fille pour Edouard VI (1544), mais en 1548 elle l'envoya en France où dix ans après elle épousa François II. La réforme s'était glissée en Ecosse 60US Jacques V, quoique durement réprimée par Beaton. Ce prélat fut tuéen 154<. La régente voulut jouer les protestants» «Ile les irrita ; John Knox de Oenéve prêcha avec succès le ealwnisme ou presbytérianisme, bien plus redoutable que le luthéranisme, par son principe républicain et parce qu'il refuse au roi le pouvoir eccfê« sia^ique. La guerre civile commença (1559), Elisabeth secouiHt les protestants et prit Leith, la régente mourut, et la paisi: d'Edimbourg, en transférant Vautorité au parlemenê, atoiena la prompte et formelle abolition du ta^olieisme (1560). Bientôt Marie Stuart revint en Ecosse (1561) : veuve de François II, elle épousa le vicieux DanUey son cousin (1565), qui voulut lui ravir
BamleV, jaloux du vieil Italien Hizzio, confident de Mam, le lait tuer (^ee); il meurt lui-même par une exj^o* siOn qu'ont arrangée Murray et Bothwell (1567), et peu après Bothwell s^impose à Marie pour époux. Dès-iors on la croit coupable du meurtre de Darnley, on se révolte, Botliweli s'enfuit pour devenir pirate sur les mers du ^'ord; Marie» captive à Lochleven, abdique (15S7), et n'échappe en 1568 que pour être baUue ^ /iOfi^fid^ et seuréfugier en Angleterre.
D'AfiGLETERRE^ D*£COSâE, ETC. 4l
1567«l60a. Sous Jacques VI, proclamé à ^n4Skr Mqr« ray, Lçdqox, Mar, Mortoa, se succédât comme régeals ; ËHsai)eth abreuve Marie (L'aiTronts, se porte juge entre eiki et ses sujets, la transfère de château en chàtea», a'ir-* rite à chaque plan d'évasion , à chaque marque d'intérêt des rois catholiques. Quand Jacques est majeur, quand, pris par JRulhve», il échappe (i&«S), ne pouvant le -faire prendre par ffotUm, son ambassadeur, elle réos^ à le brouiller avec sa mare, 1685, à en faire un allié; et lui donnant ainsi le change, elle saii^t enfin sa haine en faisant mourir Marie (1587). Jacqueç eut ua va^ue désir de venger sa mère; il eût falhipour cela de l'énergie, du eœur. U laissa PhUippe II seul armer là flotte invincible, et, à force de s'effacer, obtint qu'Ëtisa»^ b0th, après avoir tué la mère, ne fit point exclure le Gis du trône d'Angleterre auquel il avait droit comme arrière petit-fils d'une sœur de Henri Vlli.
QDSSTiOffs. Quels rois d'Écoss* ont précédé l^acbelh^ — Qu'eM* ce que la dynastie de S. David? -- Ottels grands rois a-t-eUe dbn«néi? — Que ie passâ'-t-il depuis la mort de Marguerite de Nor- -vége jus(|u'à l'aveuemeiit des Stuarts.7 — Qa'ést>ce qui caraetérîM la dynastie des Stuaris? ' — Combien y a-t-il eu de minoriiés* combien de morts violentes p'armi les rois Stnarts fusqn'à Jacques VI? —Quels furent les deux premiers rois de lu maison dta Muart? — Que firent Jacques 1, Jacques Il^Jjuiquee II I,< Jacques l¥> Jacquea V? — Gomment s'introduisit la reforme en Ecosse? — Racontes les malheurs de Marie Stuart. y
l^ynastîe des Stuarti en Anglëtene et eil £e(|0se,.|lj etn» , six ou sept fooTerains séparés en deux sénés par la SLépoblique.
1603-1625. JACQUMl«»(en Angleterre, VI en Ecosse) s'intitula roi de la Grande-Bretagne, mais ne jifut obtenir du parlement anglais l'union des deux royaumes cq un seul. Le complot pour sa parente Arabelle Stuart échpua et fut sans résultat ; le fameux complotées poudres daos)^ tramé par quelques catholiques, jouets du protestant Salis^ bury, amena des rigueurs contre le çalholicisme, et le cé^ lèbre serment ^allégeance qui dénie au pape le droit de déposer le roi d'Angleterre. Jacques voulut détruire le pre&- .
bytériaoisme et surtout la sawre sect« des Pwiioins
42 PBTITE HISTOIRE
n'y réussit pas, et s'aliéna les cœurs. Plein d'idées de
rUToir absolu, faible, prodigue, maladroit, pédant, livré deux indignes favoris (Carr^Somerset, niliers-Buekingham)^ il vit le parlement lui refuser de l'argent ou le maniement de l'argent, occasionna des débats alarmants sur la prérogative royale, rétrocéda aux Hollandais à vil prix Flessingue et les autres villes acquises par Elisabeth, vit avec tiédeur les plans de Henri iV contre la maison d'Autriche et ceux de Vélecteur palaiint mari de sa fille, le laissa dépouiller de ses états, et pour comble de honte demanda pour Charles !•' son fils la main d'une infante sans l'obtenir. Sa seule action louable fut d'encourager les colonies en Virginie (1606-1621). Il mourut méprisé au dedans et au dehors.
'1625-1649. Gharlss l'*' débuta par choquer l'opinion anglaise. Il épousa une catholique (Henriette de France)^ fit mal la guerre à la France et à l'Espagne, garda Buckingham, leva sans vote du parlement rimpôt de tonnage et pondage (1628). Mais bientôt le parlement le force à signer la Pétition des droits, deuxième base de la liberté anglaise, élève de menaçantes prétentions et accuse le favori, que tue Fe/ton (1629). Charles casse l'assemblée, et, aidé de Laud, Ortnond, Strafford et de l'iniqueé^Aotn» 5f e étailée, gouverne onze ans sans parlement, exiee des taxes illégales, s'applique le riche produit de l'Irlande, vexe les presbytériens, ruine, emprisonne oumet à mort quiconque résiste, et défend d'émigrer. Longtempis on tremble et on paie. Hampden&aûn refuse; puis, quand Laud impose à l'Ecosse Idiliturgie épiscopale (1637), l'Ecosse en armes jure le Covenant (ligue pour la défense de son Eglise), étMiilegouvemementdes Quatre-Tables et force Charles àlatrèvedeiïtppofi. Le parlement qu'il convoque (1640) , s'entend avec les Tables, déplace ses adhérents dits délinqwmts^ désorganise son gouvernement, prend la tète de Strafford, exclut de son sein les évèques, se fait déclarer perpétuel et menace la reine. Charles veut en arrêter cinq jnembres, il échoue, s^enfuit et appelle les Cavaliers aux armes contre les Têtes^rondes (i642). Le Nord et l'Ouest sont pour lui ; le pariement a Londres, l'Est, l'argent, J'armée, les flottes» les grande talents. L'Irlande, qui n'^t
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ni épiscopale, ni presbytérienne, et qui a massacré les An* glais en mas^ fl640, puis créé un gouvernement fédératif à Killienny n642J, flotte indécise, puis adhère au roi (1643). Le parlement perd d'abord les batailles d'^'dgehill, Chalgrave^ /?mjBc«, lutte péniblement à iVeti?bury (1643}; mais bientôt allié à FËeosse, mené par les Indépendants plus énergiquement que les Puritains, il l'emporte à Marstonmoor, à la seconde affaire de Newbury, à Nasehy (1645). Charles se remet aux Ecossais hNeiJf>ark (1646); ceux-ci le vendent au parlement, qui veut alors réduire l'armée : l'armée s'empare du roi et de Londres, guidée par CromwelL Cependant les royalistes se lèvent encore au sud-ouest et dans le nord^ les presbytériens arment en Ecosse pour Charles, le parlement négocie avec ce captif. Cromwell, rapide comme l'éclair, écrase le royaliste Lanadale et le presbytérien Hamilton aux deux combats de Preslon, revient sur Londres, décime le parlement, dit jusqu'alors Long Parlement et qui n'est plus nommé que Parlement Croupion^ et fait faire le procès au roi qui meurt sur l'échafaud, le 30 janvier 1649. — Sous Charles I«"^ s'élaient formées en Amérique (N.) les colonies de Massachussets^ Maine, New-Hampshire, Bhode-Islcmd, Conneclicut (1626-35;, dites Firginie septentrionale, et celles de Caroline, ûe Maryland, qui, avec la Firginie proprement dite, composaient la Firginie méridionale (i 627- 1632).
1649-1660. République. On proclame la république le > 17 mars : Cromwell soumet V Irlande qu'il iuonoe dé sang ; en Ecosse, l'héroïque Montrose succombe à Corbiesdale, Leith est battu a Dunbar par Cromwell, Cromwell défait à fTorcester le jeune Charles II, roi par b mort de son père, et peu s'en faut qu'il ne le prenue. Il fonde ensuite la puissance navale de l'Angleterre par le célèbre acte de navigation qui retire à la Hollande d'énormes profils de commerce, et surtout par la guerre souvent heureuse qu'il lui fait. En même temps il a déjoué ses ennemis de l'intérieur^ chassé le Croupion, puis le parlement Barebone qu'il y avait substitué , pris le titre de protecteur ti rétabli un calme profond en Angle-
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terre. Alité de la Franee, il attaque TEspagne (1 65S) ; Tâqgleterre gaene la Jtnnaîque et Dunkerque. Toutes les puissances le recbercbeot. Il aspire au aiadème (1657), mais reconnait qu'il ne peut le prencjire et en meurt (ie dépit à 5S ans (2 659). — Son fils Richard lui iuceède, mais se peut se maintenir et ei^dique : deux fois en i^euf mois Varmée domine, ranarchie règne, quand Monk^ des frontières de r£cosse, amteeà Londres 3M année et reW^il la monarchie sans coup férir.
1660-1685. Ghablss II met trop de zète è la restaur$t«lion de Tépiscopat et à s^ vengeances. ]La réaction causa de norabreuses^mt^oitoiw. Il vend Dunkerqtie à Ja France (1662), fait 9mx Provinces-Urnes (1664-67) une guerre impolitique , signe, pour obtenir de l'argent du parlement, la triple alliance contre Louis XIF; mais, aidé du fameux ministère de la Cabaie, il s'allie en secret à ce prince^ devient son pensionnaire, le seconde dans l'attaque contre la Hollande (1672), multiplie les mesures despotiques, rend Yacte d'indulgence pour le catholicisme que son frère le duc ^Yorh professe tout haut. Le parlement résiste et décrète le test (serment contraire au papisme). Le faux complot papiste dénoncé par Oate$ échauffe les tôtes. L'innocent Stafford périt sur l'échafaud. La chambre basse vote un bill qui aie Vhérédité au imc d'York. Le vieux Shaflesbwry,* évincé du ministère, est l'âme de toutes ces menées. Alors le roi gouverne sans parlement (16S 1-85); l'Ecosse, deux fois révoltée (1666 et T9), est remisé au duc d'York; le double complot de Ryehouse amène la mort deBussel et Sydne^f, le test est modifié. Livré aux maîtresses, Charles laisse dominer son frère et meurt sans enfants. Sous Charles ÏJL commencèrent les noms de U)kigs et tories mw désigi^r le parti libéral et le parti monarchique. En Amérioue, Penn, investi d'une vaste concession, fonda FhiladelphiSj centre de la Pensylvanie et de la Delaware (1683).
1685-1688. Jacques II, à peine roi et débarrassé dfi rebelle Montmouth, son frère naturel, qui fut défait à Sedgemore ^ décapité, introduisit le catholicisme si «lurement que le pape /nnofenfXT même l'en blâma, te
'oce Jefferies^ grand-juge, fut le principal agent d.e
b'ANGLOTËRRE, D'ÉCOSSE, ETC. 46
iafeqties. tes liaisons du foi avec Louis XIV étaient un autre grief. Le prince Guillaume ^O^anljè^ soti geiidrè, travaillait les esprits par l'ambassadeur Feitêyck.Lsi <ia«(sancê d'un prince de Galles fit éclater l'orace. On cria: « C'est uii fils supposé. » Guillaume feignit deWcroïre,et, sur une requête des protestants anglais, provoquée par lui-toêtoB , prit terre à Torbay ( 5 nov. 1688). Tout le faiondè abaûdolina Jacques, qui pçrdit laiête et prit la fuite. 1689-1701. Guillaume lit etÀfARtï, fille aînée de lac*= ques, cousine et femme de Guillaume (dont la mère Marie était fille de Charles I«')- Le parlement, après un acte eœcluant tout héritier catholique, et la célèbre démration des droits, résumé des libertés angfeises, proclama rois les deux époux. Jacques, que Louis XI r avait reçu à Saint^Germain, débarqua en Irlande, mais fut vaincu par Guillaume sur laBoynei^u^oyMaypttulaiion de Limerick soumit llrlande (i 691); la victoire navale de Zai^o^fi* par ^tis^eZ porta un coup irrémédiable Ma marine française (1692). Sur terre, Guillaume prit part aussi à la guerre contre la France ; il commanda l'armée alliée dans les Pays-Bas (169? et 1693); mais il fut battu à Steinherque et à Nervinde. Sa position à 1 intérieur n'était pas moins pénible. Sauf les Hollandais, 4ont on jalousait la faveur, il n'avait personne sur qui compter. iSttndcr/ofMi, Shrewshury, Godolphtn Jfussel, Marlhorough, tous les principaux whigs, tous les chefs de la révolution de 1 688 , traitaient avec Louis XI y et le cabinet de Saint-Germain. Il eut de la tone a faire échouer le fâcheux acte triennal, d après lequel îa chambre basse eût été renouvelée de trois en trois ans (1694;. Son projet d'armée permanente déplaisait et ne réussit point. On trouvait exorbitante la dette pttbhgueqiii montait à 10,876,000 livres sterling, en i «97, après huit ans de guerre. Guillaume alors gigna la paix de Kisvth, mais dès la mort de Charles II d'Espagne, il s occupa de liQue contre Louis XIF, et il mourut au miheu de plans de guerre. Marie l'avait précédé au tomb^u en t695, Jacques en 1701. En 170! aussi avait été jég^e jj; suc cession au trône : Anne, puis Sophie ^j^^'^f^^^^'""' fille de rélectrice palatine Elisabeth (fille elle-même
Jacques \«^ et sœur de Charles I«Of devaient régner aprâ Guiflaume.
1701-1714. Anne, seconde fille de Jacques II et veuve du prince George de Danemark, continua le système auti-français de Guillaume, et ilfar^doroti^A^ son général, rival de gloire d'Eugène, mit la France à deu^i doigts de sa perte à Blenheim ( 1 704), Ramillies (i im),Oudeiiœrde (1709)^ Malplaquet fi7io). Il fut pourtant disgracié eu 1712; et Anne signa la paix d*UtrechL qui à l'Angleterre donnait Gibraltar, Minorque, la baie d'Hudson, rJcadie , Terre-Neuve, St- Christophe , plus (par le traité de VAsiento ) le droit de fournir de nègres les colonies espagnoles , mais qui ne démembrait pas la France et laissait un fiourbon régner en Espagne. — ^Anne, qui d'abord avait été menée par les whigs, finit par être tory et même un peu jacobite (c'est-à-dire partisan des Stuarts chassés); elle eût voulu léguer le trône à son frère Jacques III, dit le Prétendant (né en 1688); mais elle ne put réaliser ce dessein et changer l'acte de 179 1. — Sous Anne eut lieu l'um'on de V Angleterre e^dcTiFcosie (1707): la G.- Bretagne n'eut plus qu'un parlement siégeant à Londres.
Questions- Quel fut le système politique de Jacques VI, tnnt à rinlérieur qu'à l'extérieur? -^ Qui jeta les germes cfe la révolution d'Angleterre? — Qu'était-ce que Buckingham? — Comment, débuta Charles I«r? — Qu'opposa-t-il aux|refu6 et aux requêtes du parlement? — • Où commença la révolte contre Charles I" ? — Quels furent les principaux événements de la guerre civile? — Que se passa-t-il entre l'emprisonnement et Texécution de Charles ler? — Comment gouverna Cromwell? — Quel rôle ioua Charles llsurio trône? — Pourquoi Jacques II fut-il détrôné? — Quelles lois, quelle guerre signalent le règne de Guillaume 111 ? — Que se passa* t-il sous Anne 7
Premièfe période de la maison d'Sanovre, prédécesseurs de George HZ I 46 ans (|7i4-i760).
1714-1727. George Ier,de l'antique maison des Welfs (ligne allemande des £ste), avait ^OMtmhv^Vélectrice de Hanovre Sophie, laquelle venait de mourir deux mois avant la reine Anne : arrière-petit-fîls de Jacques /*'^ il monlaitsur le Irône à l'exclusion du prétendant /(icgue^/// Je douze maisons catholiques^ privées de leur droit
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à la couronne par suite de Vacte de 1688, et dont les plus remarquables étaient celles de Savoie, de France, é^Fspaqne (issues di" Henriette, fille de Charles I^^)\ celles &Ôrléans, de Lorraine, d^ Autriche (issues de Sélectrice palatine Elisabeth^ fille de Jacques Z*"^ et sœur de Charles). George élait, depuis 1698, électeur d'Hanovre, et possédait, depuis 1705, toutes les terres de la maison de Brunswick' Lunebour g. Il avait cinquante-quatre ans. Laborieux, économe, aimant la paix quoique bon militaire, il réussit à diminuer un peu la fougue des partis en Angleterre. Au commencement de son règne, pourtant, il eut à Té[iTmQrunsoulèvementjacobi(e, suscité par le ministre d'Espagne Alberoni, et auquel souriaient les tories (1715- 1716), et à déjouer les intrigues de Gyllenborg, ambassadeur de Suéde, qui, par Tordre de Gcsrtz, travaillait les esprits en Angleterre et en Ecosse (1717). Aussi n'eut-il que des ministres whigs, {Townshend et Robert Walpôle (1714-1717), ^/flfnAopc (17 17-1 721), encore une fois Townshend, Walpole, etc. C 1721-1721), et fit-il avec le régent Philippe de France, la Hollande et V Autriche, la triple alliance de 1717, \^ quadruple alliance de 1718, dans le but de maintenir les stipulations du traité d'Utrecht, Il eut part à la courte guerre que« cette coalition fit contre V Espagne (i 7 1 8 et 1 7 1 9 . La paix de Madrid (1721 ) mit fin à cette lutte, en- confirmant à la Grande-Bretagne Gibraltar et les avantages du traité de VAsiento. Participant ensuite aux fréquentes variations de la politique du temps , George se rapprocha beaucoup do l'Espagne au congrès de Cambrai (1722-1725), puis revint au système français en concluant avec Louis XV et la Prusse la fameuse aZliance de Herrenhausen (1725), œuvre de Townshend, désapprouvée par Walpole. Dans l'intervalle, il avait pris part, comme électeur d'Hanovre, à la Guerre du Nord (contre Charles XII), et il y avait gagné les deux duchés de Brème et de Ferden; puis en 1722, protégeant de toutes ses forces le monopole de la marine anglaise, il s'était joint aux Provinces-Unies pour empêcher la Cornpagnie des Indes d*Ostende, A l'intérieur, il fit passer la loi de septennalité , pour ne renouveler la chambre basse
que de sepi en «ept aos <1717}, contrairement au bill triennal de 1694, et V amortissement, pour éteindre graduellement la dette publique (i 71 7),qui montait alors à près de 54 millions sterling. Un autre bUl, imprudemment pro^ posé par le ministère Stanhope, avait pour but de limiter le nombre des pairs et la prérogative qu'avait le roi d'en créer à volonté (1719) : la haute raison et l'éloquence de Walpole le firent échouer. Les trames secrètes contre George allèrent toujours s'affaiblissant depuis 1720, époque où la part qu'il prit à V agiotage de la Compagnie de la me^ du Sud donna l'envie à quelques grands de le faire abdiquer en faveur de son fils, et depuis la découverte du complot d^Jtterbury en 1729. Une grande crise commerciale avait eu lieu en 1720 par la chute des actions de la mer du Sud : Walpole, à force d'habileté , atténua la catastrophe et finit par relever la compagnie avec profit pour la nation. Au total, le commerce, la puissance isavale du ropume prirent sous George I«' un vaste essor , bien qu'on reprocnAt ^u roi ses trop fréquents voyages en Al- Uiif^agne, son ignorance de la langue anglaise et ^ Junte hanovrienne (ses favoris et ses maîtresses) : en effet, 1q ministre hanovrien Bemstorffei la princesse^ Eherstein (dite aussi duchesse de Kendal) avaient beaucoup trop d'influence sur les affaires* Quant à la réunion du Hor fiot^r^ àla Grande-Bretagne, en donnant à celle-ci un pied en empire y elle ajouta notablement à sa prépondérance. Mais décidément son caractère principal devenait la puissance maritime; ses colonies prenaient de plus en plus de développements, et leurs liens à la couronne se resserraient; les établissements de Virginie prenaient le titre de colonie royale. Depuis 1713, la Gambie était soumise à l'influence anglaise; les Bermudes et plusieurs Antilles, acquises de 1607 à 1660, donnaient de superbes espérances. 1727O1760. GioRGB II, fils et successeur de George I«% suivit longtemps, avec l'opiniâtreté qui caractérise les princes de la maison d'Hanovre, la politique de son père. Il garda Walpole au ministère jusqu'en 1742, malgré Bolinghroke^ Pulteney, Windham et Shippen (Ips uns \vhigs mécontents, les autres tories ou jacbbites), malgré l'audace des libelles séditieux, parmi lesquels sç
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dislÎDgva le Craftêmann , œuvre pénodique des deux premiers, eofin malgré TopposUion au prince ie Galleê^ qui finit par rompre en face avec son père (1737). Walpôle eut le tort daceroitre h vénalité parlèmeniaire^ et de donner l'exemple funeste de iowher trop tôt aux fonds de V amortissement qui acait réduit la dette de 64 à 47 millions sterl. (1733;; mais il encouragea le commerce, Ja marine, les colonies d'Amérique > fit d'importantes économies, tenta d'établir un impôt régulier et uniforme diiaceise générale, qui eût offert de grands avantages aux contribuables et au trésor, et n'y renonça que sur les cris frénétiques de ^opposition. Maître des relations extérieures depuis 1730 par la retraite de Townshendy il abandonna le système français, ne prit point part à la guerre de 1733 pour la succession de Pologne, et donna pour but constant à ,sa diplomatie le maintien de l'équilibre et de la paix. Forcé enfin à faire la guerre à r£spagne (1739), puis à prendre parti dans la guerre de la succession d'Autriche^ quand Marie-Thérèse, en vertu des traités, réclama les secours de la Grande-Bretagne, il s'y résigna (1740); ce qui, pourtant, ne put le préserver de tomber (1742). Divers ministères se succédèrent alors, et la marche des affaires fut plus d'une fois contrariée par ces fréquentes variations et par Vantipathie du roi pour quelques-uns des membres du cabinet. Une des administrations les plus remarquables de cette époque fut le ministère Bread-Bottom (ou large^base) dans lequel, pour la première fois depuis la chute des Stuarts, parurent des jacobites et des tories (1744-51), et qui était dominé par les Felham. Pendant ce jeu des partis^ la Grande- Bretagne, recommençant contre la puissance française une lutte qui, quoique coupée par quelques moments de paix, devait durer soixante-qmnze ans (17 hO-t Si h) et amener pour résultats sa toute-puissance sur les mers et sa prépondérance dans l'Occident^ avait choisi dans la guerre de la succession d'Autriche le parti de la reine autrichienne, tandis que la France se déclarait pour le rot de Prusse. Dans cette lutte qui eut lieu sur terre et sur mer, la guerre de mer était indifférente au roi qui, craipant toujours de perdre la couronne d' Angleterre^ tenait vor
finiment à son électorat d'Hanovre, la guerre de terre était très désagréable à la nation. George commanda pourtant en personne Varmée pragmatig^ie (ou armée des alliés de Marie-Thérèse), et battit le général français Noailles à Detiingen (1743); mais il ne profita point de cet avantage , et bientôt il vit son fils puiné, le duc de Cumherland, perdre la bataille de Fonienoi (1745), et Charles-Edouard, dit le chevalier de Saint- George , fils du prétendant Jacques III, risquer en Ecosse une expédition qui faillit renverser la maison d'Hanovre. Débarqué sur la côte de Lochaber, maître (TBdimbourg sans coup férir, vainqueur de Cope à Pre«ton-Pati«, Charles-Edouard prit Carlisle, entra en Angleterre et poussa jusqu'à i>erd^, à quarante-cinq lieues de Londres (1745) Gumberland revint alors, au moment où les indisciplinables montagnards quittaient l'armée, le contraignit à rétrograder et recouvra Garlisle. Cependant le prince prit Stirling, et vainquit encore à Falkirk, mais il fut défait à Culloden (1746), et n'échappa que par miracle. Cette tentative audacieuse avait été l'œuvre de la France. Sur mer et dans les colonies, les Abglaiseurentdécidémentl'avantag^ : Za ^ourdonnaya leur prit la riche Madras (1746); mais Matthews avàii battu les flottes française et espagnole près des îles d' Bières (1744); Warren nous avait pris Vile du cap Breton; enfin, Anson et Bawke ruinèrent notre marine auœ deux batailles du cap Finistère. Lai pàix d'Aix-la-Chapelle (1748), oui rendait aux Français 'ce qu'ils avaient perdu, ne fut qu une trêve. LaBourdonnayeeti>up2etâ?,aux Indes, où tout était en proie aux bouleversements depuis le déclin de Vempire mogol (i737),donnèrent trop d'ascendant à la France,( 1 745-56). VAcadie (1754), puis VInde (1756), puis r^2/ema^ne, où la guerre de sept ans (1756- 63) mettait aux prises l'Autriche et la Prusse, revirent la France et l'Angleterre en lutte : la première voulait réparer ses pertes sur mer, la deuxième empêcher celle renaissance. C'est l'Angleterre qui réussit. C'était à l'instant où Pitt (que plus souvent on nomme lord Chatam) arrivait au ministère (1756), avec son rival d'éloquence et d'ambition, Fox^ après avoir été tous deux ministres séparément. Cette lois c'est au roi de Prusse que V4n^
D^ANGLBTERRBy d'ÉCOSSE, ETC. 51
glêlerre s'allie, car ia France s'est mise du côté de l'Autriche. Sur terre, Cumberland est vaincu par d'^Estrëes à JBastenbecky et promet, par la convention de Klosterseveny d'évacuer le Hanovre. Mais, sur mer, la' France est très malheureuse. Si Richelieu enlève Minorque qui doit revenir à l'Espagne, nos flottes sont battues au cap de Galles (17&8), k Logos et à Quiberon (1759), nous perdons le Canada (1759), et presque toutes les colonies françaises. En Inde, il est vrai, le féroce Souraïa Daoula emporte et pille Calcutta et enferme les captifs anglais dans ^ Enfer noir (1756). Mais cet échec devient le potnt de départ de la puissance britannique aux Indes, Clive reprend Calcutta {xihi), chasse les Français de Chandernagor, renverse du trône Souraïa Daoula par sa victoire de Flassei, rend la compagnie anglaise des Indes maitresse de cinq districts du Bengale, et fonde Vempire anglo-indien. Malheureusement la dette pt^lique avait doublé (82 au lieu de 47,000.000 sterling). G est en ce moment qu'expire Georges II, laissant la Grande-Bretagne en pleine voie d& développement, et désormais à l'abri des guerres civiles. L'opposition avait perdu de ses fureurs. Son fils aîné, le prince de Galles, chef de la faction de Leicesterhouse^ était mort en I75i, mais 'père de quatre princes vivants. C'est en l'honneur de George II que la Georjfte, devenue colonie royale en 1732, avait reçu son nom actuel.
Questions. Qael droit ayait la maison d'Hanovre an trône, et qacls actes Ty appelèrent? — Quels ennemis eut-elle à vaincre? — A qui des wnigs ou des tories se confiait-elle d'abord , et jusqu'à quand dura ce système ^politique? — Quel était le caractère de George l«r ?-" Quelles furent ses relations avec la France, avec l'Espagne, avec la Suède? — Quels Curent ses principaux ministres? — Que lui reprochait-on ? — Qu'est-ce que la septcnnalité ?— Quel caractère a pris la puissance britannique sous les princes de la maison d' Hanovre?— Ces princes ont-ils été personnellement favorables an développement maritime du pays?— Quelles colonies po'ssédnit la Grande-Bretagne avant la mort de George !«>'? — Quels furent les chefs de l'opposition pendant la première partie du règne de George II? — Quel fut le système de Walpole?— Quelle part prit l'Angleterre ii la guerre de la succession d'Autriche ? — Que se passa-t-il sur mer? — Quelle tentative signala l'année 1743? ~~* Que gagna la Grande-Bretagne à la paix d'Aix*la-ChapeiIe7 — l'^ paix ftt^«eU«récU6 7 -« Qu'«tai^at«ce c^uo La Bourdonoaye «t qne
i^£TiT£ HISTOIRE
Ikeiâdème période de la maison d^Battortë» Oôoirgo Illy
60 ans.
1 740-1 820. Geobge III, Vaînédêê quatre fils du prince de Galles mort en i75i, avait vingt-deux ans lorsqu'il succéda sur le trône à son aïeul. Son règne est, aprè»s celui de Glissa, le plus long, il est aussi le plus glorieux et le plus riche en événements qu'offrent les annales d'Angleterre; Bien que souvent en proie à des cdiénafions mentales^ le roi eut une part réelle à ces grands résultats par VadmU rable instinct avec lequel il choisit presque continuellement ses ministres parmi les tories, déviant en cela de la politique habituelle de ses deux prédécesseurs et comprenant que, la dynastie d'Hanovre une fois assise solidement en Angleterre, le prince vî* avait pas besoin des vohxgs. Un heureux nasard voulut que le deuxième Pitt (le fils de lord Chatam) entrât ainsi dans ses conseils : ce grand ministre devint dès lors rame du cabinet (1784- 1806), et même après sa mort il gouverna par ses élèves Castlereagh et Z^verpoo/. Ce long espace de temps se divise en trois parties : la première, de 1760 à 1789, est antérieure à la révolution française' la seconde, de 1 789 à 1 81Ô, comprend la lutte contre la République et V Empire; la troisième, de 1815 à 1820, nous montre l'état de V Angleterre occupée à se remettre d'une commotion de vingt-six ans.
George III débuta par faire entrer au ministère lord Bute, jadis son gouverneur (1760) .Graduellement celui-ci vint à bout d^évincer Chatam (1761). Mais, en 1763, luimême fît place aux ministères Egremont et Bedjford. L'époque de Bute fut signalée par la continuation des succès de TAngleterre qui alors conquit encore la Havane et Mamlle sur TËspagne, et obtint, en 1763, par h paix de Paris, le Canada^ le cap Breton, la Grenade, Saint-
f^vncmtfTalfdgo,}^ Sinég^l, la Ftmij^x Biwtôt, tmsA
D'ANGLETERRE, D'ÉCOSSE, ETC. 5â
et défaisant à son gré les nababs du Bengale et Tictorieuse à Palna. à Bouxar^ à Calpi du nabab d'Aoude, la compagnie des Indes acquiert, grâce à Clive, par le traité de 1765, la devanie de Bengale, de Behar, ^Oriça, qui, huit ans après, forme une véritable souverafneté, et, pliant sous le faix de ses dettes^ admet le gour^ tellement cmpwrtage de son pouootr(i77i). — Mais une perte grave va compenser ces progrès. Dès 1764, le cooinet Gfaniville inquiète les colonies d'Amérique par le éroit du timbre^ en 1770, il impose le thé qui entre aux ports d'Amérique: révolte à Boston; lord North^ pÈ-emier ministre, tait fermer le port de Boston (1774); les colons arment à Lexington; Washington les commande; le congrès de Philadetphie les déclare indépendants ; la France les aide; l'Anglais Burgoyne capitule à Saratoga, et Comwallis à Yorkiown (I78i). lApaix de Versailles, en établissant l'indépendance des Etats-Unis, rend à la France le Sénégal, Gorée, Saint-Pierre et Miquelon.Pondichéri et ses possessions en Inde^ à l'Espagne la Floride, Minorque, mais laisse à la Grande-Bretagne Négapatnam, pris à la Hollande. Pendant ce temps, Catherine II tente par son système, dit neutralité armée, de balancer la puissance maritime de l'Angleterre. Les MahrateSy par une guerre acharnée (1774-1782), l'habile roideilf oîj^otir^ Haïder-Ali^ par diverses incursions( 1 789 et SI), la France^ avec ses flottes, ont mis les établissements anglais à deux doiets de leur perte. Mais l'amiral Hughes a glorieusement balancé les exploits de Suffren; ffastingsj qui n'a cessé d'accroître les forces britanniques et qui domme par son génie Allahabad, le Goudjerat, le Bérar^ enlace la moitié de l'Inde dans le féseau de ses négociations; sir Eyre Coote, vainqueur dans six batailles, dicte à Tipou-Saeb la paix de Mangalor (1784). La neutralité armée languit. La Grande-Bretagne en est quitte pour la perte de ses colonies de l'Amérique du IVord, et pour un surcroît de dette de tio millions sterling; et lejetme Pitt, qui prend les rênes de l'état à vingtquatre ans, commence à cicatriser les plaies de l'état par le fameux MU snr Vorganisation de Vlnde (1784), et par Mû nouveau plan d'amortissement (1786): unQ colQue
de nègres libres est établie sur la côte de Sierra-Leone
Tout à coup la révolution française éclate (1789); Louis Jfl^/ tombe (1792). Pitt, qui dans ces discordes intérieures ne voit qu'avantage pour l'Angleterre^ ne se
Î tresse point d'entrer dans la première coalition^ et anime es troubles en France. Mais quand l'esprit militaire prend l'essor dans cette contrée qu'il a crue anéantie, il arme les flottes britanniques, se fait livrer Toulon^ donne des secours à la Vendée^ menace la Corse^ et, repoussé sur tous ces points, réussit à prendre presque toutes les colonies françaises, s'empare de celles de la Hollande dès que ce pays est à la France, et, effrayé de V expédition de . Bonaparte en Egypte, parce qîie de l'Egypte la France peut donner la main à l'Inde où Tipou combat avec fureur, envoie Nelson qui ruine la flotte française à Abouhir, et des troupes de terre qui arrachent le pays à la France et s'emparent de Malte, tandis qu'il ourdit la seconde coalition et fait déchirer le traité de Campo- Formio (entre la France et l'Autriche). Il achève de rendre complètement le Portugal tributaire de l'industrie britannique et en fait comme une province anglaise. Non Dvoins heureux en Inde, de 1789 à 1794, il a, d'accord avec les Mahrates, battu Tipou, mçnacé Seringapatnam,ei arraché moitié du Mdiçour; de 1796 à 99, il a vu ce prince perdre dans une troisième guerre ses états et la vie, et partage ce qui reste du Maïçour avec ses alliés. Pitt ensuite vit avec la dernière douleur Bonaparte rétablir l'ordre, remporter la brillante victoire de Marengo (1801) et conclure, avec les états du continent, le traité de Lunéville, qui plaçait la France si haut : il céda la place au cabinet Addington (180O, lequel conclut avec le premier consul de France \à\paix d'Amiens (1802); mais cette paix ne dura qu'un an. Bonatparte, méditant un débarquement en Angleterre, équipa la flottille de Boulogne; et Pitt, de retour aux affaires (1804-1806), puis, après |e court passage du ministère Foa? et GrenvtWe(l 606-1 807), Castlereagh et Fortland, ses élèves, furent l'âme des quatre coalitions dirigées contre Napoléon (1805, isoe, 1 809, 1314), coalitions qui fmirent par sa chute. La défaite
des flottes espagnole et française à Trafalgar (1805), le barbare bombardement de Copenhague (i 808), l'expulsion par la convention de Cintra des Français enyabiisseurs du Portugal^ la funeste expédition de Walcheren (1809), les campagnes deWellington en Espagne contre les Français', sont les événements capitaux de cette période , pendant laquelle Napoléon prétendait, par son système continental, fermer tout pori européen aux navires anglais. Gastlereagh en personne s'était rendu en f8i4 au camp des alliés en France, afîn de surveiller les é\énements ; et sans lui, après la reprise de Reims et Chatons par Napoléon et Ney, l'armée alliée se fût retirée den ièru ^jéube, La sanglante et indécise bataille de Toulouse, entre Wellington et Soult, fut la dernière de celte guerre. Le
{)arti tory, qui presque toujours dirigea les affaires, montra a plus grande énergie dans cette lutte à mort; mais, poursub-' venir aux dépenses de la guerre et pour payer des subsides aux coalitions étrangères, il augmenta immensément la dette publique, qui monta au chiffre énorme de 800 millions sterling ou 20 milliards de francs, et jamais la Grande- Bretagne ne fut plus en péril. Le retour des Bourbons, en 1814, fut moins l'œuvre du cabinet anglais que celle du prince-régent (ou prince de Galles, qui , depuis 1 81 1 , avait reçu ce titre à cause du triste état mental de son père): mais l'un et l'autre virent avec dépit la Russie jouer le premier rôle en cette occasion, et trouvèrent qu'on n'a baissait pas assez la France. Ils s'affligèrent donc peu de Vévasion de Bonaparte en 1 8 1 5 ; et la victoire de Waterloo, parWellingtonMéôe Blucher, leur fournit l'beureuse occasion de nous dicter des lois plus dures, et de parler phis haut que la Russie. Hors d'Europe, PAngleterre avait conquis derechef nos colonies, tant a vaut qu'après la paix d'Amiens, s'était agrandie dans Plnde, dont elle possédait les sept huitièmes à titres divers, et avait eu guerre avec les Etats-Unis. La paix de Paris (tSiA) Jui laissa Malte, Tabago, l'Ile-de- France, etc. En 1815, elle ac()uit le protectorat dea Sept'Iles, et acheva la soumission deCeylan. Le royaume des Pays-Bas, créé à sa demande spéciale, fut donné au roi Guillaume d Orange, grand ami alors de l'Angle-
terre, et pourvu à nos dépens de plaeés fortes dont \Hns^ pection fut confiée à PTellington. Cette prospérité inouïe suivit son cours aux Indes. En 1817, les défaites des Mahrates et du PéchoiM, par Hastings , la victoire de Nagpour sur le radjah de Bérar, celle de la Siffra sur Hoîkar^ étendirent le territoire anglais du Sindh au Thibet. Cent vingt millions d'Hindous obéissent à quelques marchands, dont tôt pu tard l'état, déjà leur associé, prendra la place entière. Mais, comme état européen, la Grande- Bretagne commence à redouter la Kussie qui a vaincu Napoléon, qui convoite l'empire ottoman, et qui, limitrophe de l'Angleterre en Amérique, n'en est séparée en Asie que par te ^adou2. ^Au-dedans, les ouvriers sont sans pain et sans ouvrage- La paix a chassé des catnps et des flottes une foule de malheureux ; les machines ont fait baisser le prix de la main-d'œuvre, et les Luddistes les brisent; les taœes sont énormes, car il faut servir par an 800 millions d'intérêt aux créanciers de l'état. Ènfm, rirlande,de plus en plus populeuse et indigentè,et opprimée par les lois anglaises, s'était révoltée en 1780« puis deux ou trois fois de 1 795 à 99, sous J^P'olf Tone et Napper- Tanây. En 1810, elle fut unie à la Grande-Bretagne et privée de parlement spécial. Ce changement n'a point guéri ses maux. Les catholiques réclamèrent chaque année la tolérance et l'admission aux emplois. De nouveaux partis naquirent, les uns voulant la réforme parlementaire, les autres un remaniement radical de la constitution , c'est-à-dire l'abolition de la loi de septennaîité, la suppression des bourgs-pourris, et l'admission, sinon de tous les Anglais majeurs, du moins de tous les contribuable^, au droit d'élire. ^ — George III laissa six fils vivants, le prince-régent, qui lui succéda sous le nom de George //^, et les ducs d^York, de Clarence, de Cumberland, de Sussex, de Cambridge, Un autre Hls, le duc de Kent, était mort six jours avant lui. le 23 janvier 1820. La maison de Stuart venait aussi de s'éteindre à Rome en i807, avec Henri-Benoit, dit le cardinal d'^or/c, frère de Charles-Edouard, mort lui-même à Florence, en 1788, sous le nom de comte d'Albany.
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QtiBSTioflft^ Quelques mots inr ht aais8a««« et i« K«Arci «l'«ft|)rit de George Ul?— Qu'est-ce qui c«ractérise &on téi;ue? — \jMci changement «ùbit ftouk lui le ây«téaie boiitiaue de là mutson d'Hanovre? — Quel fut son ministre le plus cél4^bre> — Qnels aniuiBtéres précédèrent et suivirent celui du grand Pitt' — Qu'éiait-ce que Bute , et que fit-il? — Comment ûnit la guerre de sept ans? — Fut-elle périlleuse, fut-elle tuiieste pour l' Angleterre) -—Cuniuierit les Anglais acquirent-ils le Beugal«7 ^ Quelles causes fireiit éc^inr k guerre des colonies aDgIo-américaines? -^ Coinnittiit fiait cet t|B insurrection? — Que se passait-il en Inde pendant ce temps? — Qu'est-ce que la p^izdeManititlor? — QueÂt Pitt d« «7*4 ^ *7^9? — De quel œil vit-il la révolulion, Je consulat, IViupIre? -^QattU ris-
3ues faisait courir k l'AngleieiTe l'eipeditioa d'Égjpte? — CuoiJ»«oii e guerres Tiuou tit-il aux Anglais? — Qu'est-ce que la paix d*Âmiens? — Qu est-ee que la flottille de Boulogne'' — Qu'est-ce «)ue l« système continental 7 — Quelles etpédilioAs sigûAlêreni l«s arii»«s anglaises dans la lutte contre Napoléon? — Quelle part l'AugUtiTre eut-elle aux deux rehtaurations des Bourbons en ïrunce'^ — Quo gagna-t-eUe a ce triomphe? — Quel fut son état intérieur a In paix? — Quels non^eauk partis s'étaient formés ?— Qui gouvtma de i8if à i8so? — Quels eatauls laissa Oe«iige Ul?
Troûîènne période de la hmumiii d*Wmm9f9w; mceMfmirj
de Qeorge IZX,
1760-1820. GbosgkIY, né en 1762, avmi déjà régné de fait dix ant du vivaiil de son père, sous k titre de prince régent (i 8 11-1820), avant de monter sur le tréne. Son gouvernement, pendant dix autres années qu'il porta la couronne, fut la continuation de sa régence. ffhi§ déterminé pendant la presaière partie de sa vie, il s'était rallié aux Torieê un peu avant 1 8 lO, et sans cette conversion il n'eût point été nommé régent. Sous lui» pourtant, la politique anglaise , on fond toujours la même , en tant qu'il s'agit des iutérèts de l'Angteterre, $embia Viuier sur quelques points, surtout à l'époque de Canning, qui reo)plaça aux alfaires CaHlereagk périssant par un suicide (1821), et qui lui-même eut pour successeur presque immédiat hrd IVeUington (1827). Pendant ces six ans d'un ministère libéral, précédé et suivi de cabinets taries j la Grande-Brelagne , désertant les principes de la saùite alitance, sans toutefois armer jamais contre ëNe, liao«liU«n Europe le dév4*ioppement et les révoltes du libéralisme, et fa ?orii»a en Afnérique les inswrreclions des eolomes contre Içs métropoles dç la Grande-Bretagne. C'étaient autant ^'^
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moyens de balancer la prééminence de la Russie désormais son unique rivale, de prévenir la trop prompte renaissance de la France, d'affaiblir les métropoles et de tenir les colonies à sa merci. Lors donc cju'il s'agit de détruire le régime constitutionnel que venaient de,se donner \é Foriugal,rE8pagne^ Naples, le Piémont (1820-1 821), le ministère britannique, qui déjà au congrès de Troppau avait déclaré sa neutralité (1820), et qui au sein du parlement avait blâmé, par la bouche de Gastlereagh , rmtervention des puissances dans les affaires intérieures d'états indépendants , quand l'Autriche allait réduire les révolutions napolitaine et piémootaise (1821), mit tout en œuvre pour empêcher V expédition française en Espagne, expédition qui pourtant avait été décidée au Congrès de Férone (I82J), et qui, opérée en 1823, rendit à Ferdinand ^//l'autorité. Ce fut bien pis lorsque la France parla de mettre le pied en Portugal. Ganning alors notifia que Vy^ngleterre déîeDÔTdi'ïi ce royaume envers et contre tous. Aucune attaque n'eut lieu en effet. Cependant la constitution révolutionnaire de 1820 futrenversée(i 823). Mais, dès la fin de l'année, l'ambassadeur anglais Beresford en 6t adopter une autre qui fut signée par le roi Jean VI, et, ressaisissant toute l'influence dont l'Angleterre avait été en possession, fit exiler à Fienne le prince don Miguel, deuxième fils du roi, connu par ses complots réitérés contre le système' libéral (1 824). Bientôt les intrigues anglaises, en envenimant les différends entre le Portugal et le Brésil, amenèrent cette magnifique colonie à se détacher de la mère-patrie, et la médiation de Stuart fit consentir Jean VI à reconnaître par le traité de Bio-Janeiro Vindépenàance du Brésil, sous V empereur don Pedro, son fils aîné. Jean VI mourut en 1826. Les deux couronnes semblaient alors devoir se rejoindre. Mais don Pedro, lié d'avance par des accords secrets , ne garde que celle du Brésil et abdique celle du Portugal en faveur de sa fille dona Maria II, en donnant à ses sujets d'un moment une charte constitutionnelle.Yamemeni, tant que Ganning existe, Chaves et les adhérents de la monarchie absolue se révoltent contre le nouveau régime. A sa mort, et après le court ministère ^e Goderich, ils l'emportèrent, grâce à ffellington; et
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Iiientùt don Miguel, de retour ^ devient régent , usurpe (1828J sur sa Dièce qui ne garde que Terceira et qui fuit à Londres, et se voit reconnu comme roi de fait par l'Angleterre , parce qu'il ne s'oppose point à rinfluence anglaise.
La Grèce aussi s'était levée en armes contre l'oppression turque (1821), à la suite de la vaine tentative d'Fpsilanti en Yalachie. Mais cette insurrection était aussi utile à la Biussie qu'à la Grande-Bretagne. La diplomatie britannique indécise n'eut d'autre but d'abord que d'ajourner les événements pour se mettre en mesure, et empêcher les Russes de prendre en main la cause des Grecs , les Ottomans d'étouffer la révolte; ce qu'ils firent en proclamant pour cette querelle un système de neutralité Qu'admit l'Europe. Cependant les Grrecs trouvèrent en Angleterre des amis, de l'argent; et des Anglais, entre autres lord Byron, le plus illustre poëte de notre siècle , allèrent combattre et mourir pour l'indépendance grecqui^ (1824 et 1825). En 1826, à mesure que celle-ci menace ruine, la Grande-Bretagne élève plus haut sa voix en sa faveur, et sur les refus opiniâtres de la Porte, elle arrête avec la Russie la pacification de la Gréée. De là bientôt le traité de Londres entre l'Angleterre, la Russie et la France, traité q^ui ôte la Grèce aux Turcs, mais moyennant indemnité et tribut; puis, comme les Turcs refusent d'o< béir, la céïèbrebataillede Navarin où les flottes anglaise, française et russe anéantissent les marines égyptienne et turque (1827). L'année suivante, l'amiral fiodrington, aidé de 1 6,000 Français, force Ibrahim et ses Egyptiens à quitter la Morée^ et contrebalance par ces'services rinfluence moscovite déjà puissante en Grèce, où elle a placé comme chef du gouvernement le comte Capo d'Istria. Bien que Wellington soit défavorable aux Grecs comme aux Portugais libéraux, la continuation delà guerre entre la Russie et la Porte détermine ce ministre à menacer la première d'une intervention armée, qui n'a pas lieu pourtant à cause des troubles d Irlande, En 1829, ces trois puissances ouvrent la cçnférence de Londres pour fixer les limites de la Grèce. En 1830, la Grande-Bretagne fait accepter pour roi du nouvel état le prince Léopoldde Saoce-Coboura
aurira gendre da roi George IV. Cet arrangement eût consacré la prépondérance anglaise en Grèce ; il échoue par le refus ëe J^opold.
Hors d'Burope, les progrès de l'Angleterre étaient encore plus marqués. — En Afrique , ses marchands et ses soldats, partant de la côte de Guinée, pénétraient de plus en plus dans Tintérieur pour y établir des échanges réguliers; un résident anglais était souffert à la cour du puissant roi des Achantis sur la céte d^Or, Pourtant bientôt re peuple farouche attaqua et défit les troupes anglaises pi^s d'Aera, et mit en danger les établissements britanniques (i 827); mais celles-oi prirent leur revanche à la ba- Imlle éa cap Coeut la même année. La colonie du Gap recevait des accroissements considérables. Le christianisme i»rèché parmi les Bochimens et les Cafres devait aider à rinfluenee britannique. Prohibée par un bili, la traite des nègres, que les Anglais regardent comme nécessaire au maintien des colonies des autres nations, devenait très dangereuse par ractive surveillance des Anglais. — EnAsie^ ia Grande-Bretagne obtenait tous les établissements néerlandais du continent indien, en cédant à son tour toutes ses pos*» sessions de Sumatra au roi des Pays-Bas. Ils assaillaient VInde TYansgungétique en déclarant la ^uerr^ à V empire birman (t824). Cette guerre fut très heureuse. Campbell, après avoir trois fois battu les Birmans, leur prit leur ancienne capitale Pe§0Uy poussa encore plus loin en 1825^ et fit alfiance avec Siam; puis, tandis que le royaume d'A^ r(^a» devenait la conquête de Morrison, mêlant les combats aux négociations,- et remportant toujours de nouveaux avantages, ii fit signer à l'empereur birman l'onéreux traité du 24 février 1826, par lequel la compagnie anglaise des Indes acquérait Arakan, Merghi, Taval et Yé avec des indemnités pécuniaires, tandis qu'Assam devenait indépendant des Birmans, oue des radjahs tributaires de l'Angleterre étaient établis dans les provinces du Nord (Munnipour, Kadjar, Viahong), et que Kangoun déclaré port libre allait rivaliser de prospérité avec Sincapour. L'indo-Chioe doit commencer à craindre aussi pour son indépendance. — En Amérique, Franklin recherche, Parry découvre enfin au fond de la mer de Baffin le dëtnnt
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de Mrrdtb'èULancàsïre qui rtèhè à POcéàti iSlàciàl Arctique, et qui résout le difficile problème du passage NôrÂ- , Ouest tant cherché depuis deux siècles, le Canada Se peuple 6ans cesse de colons venus de la Grande-ltrétagne et surtout de l'Irlabde. La contpâgnie des peHeteriê's àe la baie d'Hud^où étend ^e^ courses et prépare la dominâtiôQ de fAngléterre sur toutes les vastes solitudes de l^est jusqu'à l'Océàïi occidental . thr untrkitéde c^ifnfeferceâVëc le MeùcMe\ là Cùlotnbie et Buenos-Ayrei , Vkts^hterre est fâ première à recotinaîire l'existence décès nouvelles républiques, échappées à TËSpà^e, cotnttië naiiô^ûls, et àissure ainsi ^^sîirontin nronopole exclusif, duiaïolùs une préférence décixtée à ses produits.
A nhiériéur^ le tableau ëiaît phis &ortjbre. lé âca(li(lkleux |)focès intètirê par h votoûte exj)resse delGeorgesïV à là reine Càrotine di^ StuiMwick, Sa fettime, aVâit cotiverl le trône de ridicule, feans toème qae te mhtiarqtlè eût le trîstc plaisir de voir la chïimbre haute, gai jugeait l'affaire, flétrir la reine par Une condaranaiion. tarôlîoe ex()ire l'atinée suit*<inte fi 82 ij, après avoir servi tle bannière âùx partis: la thuUiiùde, toujours aveugle, soupçonna gn empoisdniiemeTTt. Quatre ans aaparavaht ëtalt morte la nniiceHe Charlotte, fille unique de ces deux épouk, ^t femme de £^ojproîitf# Sôa:^-tJo^ourj(» 8ï7).'Lfes ràsseta- Memerits fkdffîaux âevenaieiit moitis fortnidables, grâce à la découverte et à la punition du complot de Thistlewoôd (1820); hïais leurs théories faisaient d(*s progrès, et baltaielit en brèche la vieille constitution. Ife ttiaiaiiie des ëû,- Vriers ne diminuait guère. La population et la misère crofssatent dans cette Irlande, celtique de race , cdiholique de religion, si maltraitée par le t)roteàtï4ntisme anglican ; et fes émigrations des Irlandais au Catfadfei h'étaienl qu'Un faillie remèdeaumal(i823).*En 1 826,1a disettetravailla la Grande- Bretagne même ; une épouvantable crise industrielle et commerciale s'ensuivit, traînant à sa suite la fermeture des ateliers, la mendicité, leà banqueroutes. En préseuce de taUt de fléaux, les Tories eùx-toêrnes faiblirent et reculèrent. En 1826, \e\)(mt^d'£àÉt-Iieaàford fui privé 'du droit électoral pour corruption, ^iVùcleàu Ust aboli. 'fin I^i9y Véthàndpatiàn ààiholique (deux fois repoussée
SOUS ce règne(i 82i-i 825),redemaDdéeavec fureur par Tlrlande^présentée derechef p/irWelliDgtOD lui-même} fut votée et convertie en loi de l'Etat. Enfin, O'Connell, premier membre catholique de la chambre basse anglaise, osait demander Vabolition de Vunion et la renaissance d*un parlement particulier pour V Irlande (tS29) , tandis que Huskisson réclamai^ avec vigueur la réforme parlementaire (1830). George IV mourut en ce moment, laissante demi brisé ce système politique, intolérant et conservateur, inique et ferme, auquel l'opiniâtre maison d'Hanovre avait dû son élévation à la couronne et sa grandeur. . 1 830-1 837 . Guillaume IV, troisième fils de George III et duc de Clarence, héritier présomptif du royaume depuis la mort du duc d'York (i827), fut le successeur de son frère George IV : il avait soixante-cinq ans. De 1779 à 1790 il avait été marin, et sa dernière campagne lui avait valu le grade de contre-amiral. C'était un whig modéré, et jusqu'en 1827 il ne prit presque aucune part aux affaires politiques. Son avènement fut très populaire. Il cougédia le ministère tory de Wellington, et fut le premier prince de l'Europe a reconnaître la royauté de Louis-Philippe en France et l'indépendance de la Belgique ; il est croyable même qu'il avait eu quelque part à la révolution de juillet et à la chute de Charles X, causes de ces événements. Il comptait que la France, par gratitude , céderait à l'Angleterre Alger ^ sa nouvelle conquête : il n'en fut rien. Quelque mécontentement que causât ce refus au cabinet britannique , le besoin de réprimer les envahissements de la Russie lui fit chercher Valliance française. De concert avec la France, Grey, successeur de Wellington , soutint partout les libéraux ( en Espagne • en Portugal , en Belgique ) ; ouvrit la deuxième conférence de Londres pour arranger les points eh litige entre la Hollande et la Belgique qui venaient de se séparer, et fit tomber la couronne de ce nouvel état sur la tête du prince Léopold de Saœe-Cobourg , qui devint en même temps gendre de Louis-Philippe; favorisa Yeœpédition de don Pedro , ex-empereur du Brésil , contre don Miguel, son frère, qui bientôt se vit chassé du trône et fit vlace à sa nièce dona Maria //, en 1 833 ; porta ensuite
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ses Tues sur TËspagne , pour en exclure les influences napolitaine, autrichienne et russe ; signa le traité de la quadruple alliance (avec la France, l'Espagne, le Portugal } , traité qui mit la jeune reine Isabelle II, et la régente sa mère , en état de faire face , avec l'appui des cortès, au représentant du système absolu, don Carlos (ou Charles F), frère de FerdinandWl, et prétendant au trône en vertu de la loi Salique. Là encore l'Angleterre avait un but accessoire : c'était de se nantir de quelques ports d'Espagne sur l'Atlantique, et de les garder comme Gibraltar. Ce plan n'a pas encore réussi. Dans l'est d,e l'Europe , la politique anglaise avait à vaincre encore plus de difficultés. Le czar Nicolas écrasait la Pologne révoltée, sans que l'Angleterre essayât de l'arrêter (1831). ËnTurquie, l'ambassadeur russe s'insinuait dans la confiance du Divan (i 831); et quand le fils de Méhémet- Ali, Ibrahim, vainqueur à Hems et à iTomVA, s'avançait vers Gonstantinople disposée à un soulèvement, c'est aux Moscovites que le sultan Mahmoud demandait des secours. Campbell et Roussin, l'un pour l'Angleterre, l'autre pour la France , ne parvinrent que par miracle à rétablir la paix entre Mahmoud et Méhémet , par le traité ^Alexandrie , qui conférait au dernier la Syrie et le district d'Adana, mais qui ne pouvait qu'ajourner la guerre. Si cette transaction empêchait pour l'instant l'empire turc de devenir la proie des Russes, il n'empêchait pas le czar et le sultan de s'unir par une alliance offensive et défensive, qui donnait au premier, comme protecteur, un ascendant immense et le droit de faire voler des flottes, des armées devant Gonstantinople , à la moindre apparence de péril. Pendant ce temps, la réforme parlementaire , si vivement demandée , s'effectuait. Trois fois le ministre Grey vint lire au parlement le bill relatif à ce grave sujet : la première, il échoua aux communes (1831); la seconde, il vit la loi admise à la chambre basse, rejetée à la chambre haute (1832), et de désespoir il donna sa démission, que l'impuissance de Wellington et des Tories à composer un nouveau ministère lui fit retirer ; la troisième, il triompha de tous les obstacles. Ce changement de la constitution britannique ne contenta point les
S4 Kntfi HlSTOiRB
tirdh^àMft âpii, W& ^Sfêt'0*€kfnnel, formàSeat la mdjoHté niîti^st^ttfenë ï ife demalJthïiènl le rétaWissement des par- ^eMs trlc^tia^x , il» Citniârent la réforme des lois critt^i^fëliies. \\^ m^^k\m. de toutes leurs forces le biil de rèfo^^me ëcfetésiastt^e yJe srr Johh Russvll ; mais cette toi iiV)éiVtt un ob'$;(a(!fte hiStirmoiitai))e chez les lords , et O^iflàurfte Mma \rà^x perdre de sa popularité que d'en trtofnphar «n crésfnt tie nouveaux pairs. 11 mourut avant dVdit* Cé4é, le 2t) juin 1 837.
iB8t. V'ic*r61»iA,«tfèce deGuHiaumelV et deGeorge IV, pieftlie^fitte de^i^if^gelll par sod quatrième fils {Bdouard- Jfti§*M*> tlttc de R<*m) , et cousine de la princesse Cbarlofte moTle en iStS, est née le 24 mai 1819. En héritai âe h couronne d'Angtererre à laquelle le^ femmes ont dnoita (|ui par teH^ a ^té portée à tant de maisons di^-er- §è^, là "feiwe Vj(il5rl& li'à poitft en partage le Hanovre, dwift 1^ ïoccessfftne^ ekiîlusivement mascaNne. Son oncle Frké^î'-J^Ugiê 'Atic de Cumberland en est devenu roi. Ainsi, a« bm\ 'dte tm. Vl»gt-trois ans (dont il faut défaltjiier ^ \tis d'dftcufWàUon'prassienne ou française), le Harfov^ sVst détaché de fAftgletcrre. A l'intérieur, la jeune relrte, où plutôt îfe tndiriet Grey, puis le cûhinet MetbôUfnè, Ont eu ^ lutter «oiitre les mouvements séditieux des VkOrtiÉttes , surtout à Newport , contre Virritaiion de Vïrlânâe^ txntAve une révolte (difficilement étouffée) au Oinadn, ti codtre une crige commercinh terrible; et les univivistes, tes r^diciaiux redoublent d'ardeur contre la constitution, df^jSi frappée dans deux de ses bases. D'atitre part, les ToriH ou vùntervaieun se sont montrés inflnirtient hostiles nodtre la reide.'Ëa revanche, les affaires exiérirtur^ présentent le plus beau spectacle : lord Au-ckland \mx Itldés étend sans cesse la prépondérance de l'Angleterre tant h l'est qu'à l'ouest ; les armes anglaises sous Fa conduite de John Keane, viennent de chasser du Kaboul Dost-Mohammed, protégé par la Russie et l'Iran, et d'y pirtcer soh compétiteur, Chah-Zéman, auquel on avait dottné un asile il y a plus de vingt ans, afin d'avoir en lui Un utile instrument, et d'entamer la Perse i la diplomtttte du cabinétdëSttiiit-tlaMet; se rapproche de celui du czar
\ MhÉm ifôs {Htosito commua m rwpirç oHomo»,
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méhâbePEgtpte; à la saite de là êUspemioti êU domlmte anglais en thine^ la guerre vient d'être déclarée à ctitle puissabce. La reine Victoria vient d^âdcol-lieh ^ DAitln (lO février i840) à soti coa^^^n Alhtft ûe Sàwê'Vùhour§ et Gotha, deuxième fila dvt diic ^pitità de te nom. L'hiâtoire d'Angleterre va finir Jiàr dû elfe à dWJh- Inencé, par tthe dynastie ëaxodtie. Gtir on pé^t reUfiar^r que, depnfiâ ia destructfota de la dtmiibatiOttrdttidiBè^rill)glaîs si fièh ti^a eu que des Maîtres étrangers du \[à^ dàAs sodorj^eil il à regardés comoffé tels, ÛH Saxonâ; des li:rt^, des Angles, dei Danois, des I^oltrtatfds , d^ AtageVihâ, des Gallois, des Ecossais, un Hollandais et dès HànOvri^i.
Qij)s«TiONs. Qu'avait fait George IV avant de monter. sur le trône? — Pourquoi renonça;t-il' au système de la »nintp ailiâncè? — Quels h^rent ses liiinistres ? — Qaell'e ligne jsuivit fAngletek-ré en Italie? — En Etpftgne? — En Portugal'' — En tur(}uîe el en Gréft ? — Pour l«s colonies américaines? — Quelle guerre fil-«lieen Asie et en Afrique? — Que se pnssa-t-il à riiilerieur du pays? — Qu'eSt-re que rén>aocîpation catboliqtie? — Quels éiAieiit les atltécédlshts f!À rbi Cuillautne IV ? — Quelles résistances eut a yàincre te bitl de réfmiA<j
Ï>Rrlen)entaire 7 — Çuelles autres reformes suivirent ? — ^uc vcmaient de plus certains partis? — Quelle atlitune prit l'Anglteterre à rext^rîeur? — Qu'trsf-ce que la quadruple alliance? — Qn'est-t-e que le tmité d'Aleicandrie ? — Qu'est- ce que 1» deutième confèf ente de Londres?, — Gomment la reine Victoria se trouve-t-elle bur )» trône? — '()uels ort éié ses ministres? — Quelles résistances a-tellA eue» à Vaincre? — • Quel est son màH 7 — A q^n ésrt&ujô'utd'fanà le Hanovre? — Quel e«t l'état intérieur dfi l'Abtifeterre 7 -- QU'tilit fait les Anglais au Kaboul ?
Tableau df la constîtntâtm lnRÎtotihi4|tw.
La coiistitiltioa anglaise a longtemps été t^gardée ctMhme te cbef-<i'œàvre de la sagesse humaine et comme établissant un parfait équilibre entre la monarchie, faristocratte et la démocratie. On a beaticoxip rabattu àe ces éloges aujourd'hui. Toutefois, il reste à cette consirtution la gtoh*e d*avoir été iè modèle de celles ^ régissent les tiïcmaFchks et les républiques représenlai;ive$ tant de rAmérifse tqfOe de TEûro^e^ nolammèift oeMe de la Fitâmde, «t td'itvnfr donné i ia Grtode-Brel^Bta force de vaitfcre ia FHnKe et de ddtriiire Nilpoléon.
f^ censtltatioii anglaise n'est pas coomie là ttfiire tofote
contenue dans une charte unique; elle est éparse dans une foule d'actes , dont les principaux ont été nommés plus haut et sont la grande charte de Jean-sans-Terre (1215) et , ses nombreuses confirmations, la charte dé Foresta ( 1 225), le statut du taillage d'£douard I«r (i 306), h pétition d^^ârotfs sous Charles l'^^Ci 628), Vacte d'habéas corpus de 1679 sous Charles II , le biU des droits sous Guillaume III (1688),' Vacte de succession de i70t, Vacte d'union des parlements d'Aneleterre et d'Ecosse (1707)^ Vacte d'union delà Grande-Bretagne et de l'Irlande (1801), auxquels on peut enjoindre encore une foule d'autres.
L'état unique formé par la jonction des trois royaumes se nomme en style officiel Royaume uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, Il comprend, outre les petites lies britanniques voisines des deux grandes ,'/«r««y et Guernesey, Gibraltar, Malte, presque toutes les petites Antilles, la Jamaigîue, la Guiane anglaise, le Canada, les terres arctiques, les sept huitièmes de VJnde en-deçà du Gange, et une partie de VInde au-delà de ce fleuve. C^s deux derniers pays, il est vrai, sont censés être à la Compagnie des Indes; mais le gouvernement, dont elle tient sa charte de concession, administre et règne avec elle. Le ^anot^re, qui de 1741 à 1837 a été aux mêmes princes
aue la Grande-Bretagne et l'Irlande, en a toujours été istinct.
La souveraineté est partagée entre le monarque, le parlement, l'aristocratie et une partie de la basse et moyenne population.
Le monarque, qui .peut être une reine, et qui doit être de la religion anglicane, sous peine de perdre ses droits au trône lui et sa postérité, est chef suprême du pouvoir exécutif et généralissime des armées de terre et de mer; convoque, dissout et proroge le parlement ; confère les titres, les dignités, la noblesse, les ordres de chevalerie; crée des pairs à volonté ; rejette ou approuve les bills votés en parlement, et qui deviennent lois par sa sanction ; ea
{présente par ses ministres; nomme à toutes les places de 'administration, de l'armée et de la flotte, et à beaucoup '*'' postes judiciaires ou ecclésiastiques; fait seul toutes
D ANGLETERRE, D BGOSSE, BTG. W
les levées, a seul droit de faire grâce, mais ne le peut pas dans tous les cas. Il est réputé propriétaire de tout le royaume, de sorte qu'en droit il n'existe plus un seul Bef en Angleterre, et que le free-hold est une propriété I;bre de sujétions féodales. Il est le chef suprême de l'Eglise, et il valide les canons, délibérés dans les chapitres ; mais il ne peut toucher ni au dogme, ni aux privilèges du ' clergé. Il fixe les poids et mesures et bat monnaie, mais ne peut en altérer le titre ; il fait la guerre, la paix, des alliances, et envoie des ambassadeurs. 11 est inviolable, et lui faire son procès^ comme à Charles P% est un crime , un acte révolutionnaire; ses ministres sont responsables. Il peut confier la régence à un tiers; et en cas de démence ou de minorité on peut lui nommer un régent, avec des pouvoirs plus ou moins restreints. Le roi reçoit du trésor une somme annuelle dite liste civile, et y joint les revenus et la jouissance du domaine de la couronne. Il ne peut quitter ses états qu'avec l'agrément du parlement. Tout prince du sang doit porter un titre, on a vu que l'aîné des fils du roi est dit prince de Galles.
Le parlement, d'abord conseil unique,, se divise en deux chambres, la haute (ou chambre des lords, chambre des pairs), la basse ou chambre des communes. La première se compose de lords spirituels (archevêques et évêques), et de lords temporels en nombre variable, les uns ayant droit à la pairie par leur naissance ou leurs titres héréditaires ou nouvellement reçus, les autres nommés par le roi en récompense de grands services ou pour modifier la majorité ; la deuxième comprend des députés , les uns de comtés, les autres de villes, bourgs ou universités, choisis par des électeurs. Celle-ci est censée représenter la démocratie ou classe moyenne, et celle-là l'aristocratie. On a vu que l'Ecosse et l'Irlande avaient jadis leurs parte^ ments spéciaux. Les communes depuis 1801 comp-^ taient 658 membre;?, 5i3 pour l'Angleterre et le pays d^ Galles, 45 pour l'Ecosse, et lOO pour Tlrlande; rppartî^^ tion vicieuse, car la proportion exigerait 86 pour FÉcosse et pour l'Irlande 250 ; il y avait, en 1828, 363 pairs et ^ pairesses; eq 18:^9, le chiffre fut porté à 400 par l'admi^^
•8 f>eTfrfi HISTOIRE
0k)a)M tkWÈ cflttléliqves, jâidis exclus. \jes deux rfftambrés èétîbèrént ^ép^thmu Les résolutions se iirennent à ta majortlé ^t» téilt : h^ discussious, les votes Ont treu le soir ël tb Ifitit; eh «Irott, persotioe n'y est admis, hormis 1^ tfteWbreS* «li pair peut d<vnner sa procurMif^n à tin de sel Collègues pour voter à sa place. Le ^arfëtnëtft |olllt da ^OtfVorr constituant et du pouvoir légiSfalif, e'^iït-li-dfre aû'W f^rte, abroge, modifie et interprète îes kHS dé tèute nature, y compris les bases Ynë&ii^ dé la ic^^itHlioti ; inail il faut tfue le roi approuve files dédsiè^. Le parleibetat a l'initiative des lois; en ^'èitftr^ tiefflnèd, x^l knelttbre peut proposeV une loi. Les billâ dé fitmnbé idvyivefit être d'abord présentés à la chambre bâf<fse, to'iit bill Sur la pairie doitprettdre.naistsaae Hktss la chAifhbre baute. Le parlement a juriditticm fiur <)irtton(]fiye hbsttlte du le maltraite, lui ou un de ses membf'eî , et rejette de son sein tes membres indignes ; la cbawM fa&ute ccftabâlt des crimes d?étal et de baute trâfilsoû, et loge tes mfmètres accusés par la cbàmbl*e basse. La durée u'u«e\cbà>mb'i^bâ$sé, annuelle d'abord, indétlnie èttsuilé, dy^Viut septentoÀle ett 1^17. Mais le roi peut la dfs.<!?d^dvlB avai^t H fin des srept ans. Le parlement ne siège pas $âns Mterm^ioii; ois nomme session la série de ses Èéfsfim^ tfàifr^ ttnre âttfiée. La session des lords commence m finft dV^ 'celfe et là chambre des communes.
L'aHslt)'c^atiies ou Imute noblesse, nofrt7t79, est imfAenst^metft Hcbe eki Atigteterre. Pen de pairs ont moms <fe !^40,90t) fr|Mcfi die revenu, et quinze d'entre eux ont chacun de 1,600 mille ^tacs à 4 millions de rente. Le dtN^ït d^tnessettainttetft ces fortunes colossales. Les cadets se t>lAceDl âvatttâgeû^ment dans l'armée, le clergé ou TavimMtltrali^. Le etergé anglican est le plus opulent de TËui^é, ff^r les tfifi^ et «lutres droits qu'il prélève sur les Y^opulàlÂôns q«if eut «iië awtre foi religieuse ; du reste, ces dirifes aufoutYt%m se paient en argent. Après la nohififp, Srieiil la jf^ffiftr^ ou noblesse moyeme, composée des ykiy'ht^ (ou btff^mfi), ^s httrùneUy dès es^ires, et à lâfqinettfe dn àdàbUift v^oalle^, par le titré de §entîemaH^ *<svX lidiâmel rafle et de ^ofession libérale ou de bon ton.
D*ANGLÇT]$9.H«, D ÉCÔ^P, ETC. 69
Le rosle de ^ n»km kkvmh k emmOM^mf ^ QAPUQUna^uté, où Toq 4istiag«M» te« lf^»Mn (9pi0$s$«ur$ dâ 4ii sbelliogs au imm 4e r^aj«i) çt te p«&pi^.
Le dc^Mt d'éUfe, di| 0:a»ckm é^l^i^torcA^y ^tM tvaol 1 $a2 sans pnœipes fix^, et vamii attivâi»t les ctolA^ données en temps diyers; depuis,et en général, ilrésiiUait d^i^ k% c<>tnté$ de kl posisessioa d'ua/r.66-AaM (o» fr^u^hâ tfHpiUPe éqiiivalantàfr49a-aUeu) dopnan^ 40s()eHings^43 îvdmA) <Je n^ vena, Qu de I9 jouissance dit b^j) ^ yî^ d^uA dpmaiiie. Ces 4o shellings,auteinp8deBlwri lIi,epreprésfiotmem 4aâ d'aujourd'hui (480 fr.\ En restant fidèle au tevie de ta loi, on en a donc mécoppu l'esprit. Pour le propriétaire de oop^fr holà (espèce d'arrière-tenu re au]( temps Modaux), e«l-il 1,000 livres sterling (ou 26,0ûô fr.)de rente, eu plus (te cinq cents fois le revenu du freeholder, il n'eût ^m\ é$é électeur. Qu^Pt auK hoprgs, les eaudâions éleoliirales variaient d'un lieu à l'autre; iei, Ttin ir'ayiait besoin que d'être domicilié; plus loin, 'i\ fallait êtr^ maître da^s une corporation ; ailleurs, l'<ui devait tevir des dopiaiaes r^d^ vapt des bourgs^ A cette première disparité sa liaient d'é- Dormes dispropoitipps. Fontsipoutb, mv\hM^ habitants^ n'avait que 100 électeurs; Bristol, sur 106,000, n'en comptait que 5o. Certain^ villes ncbes et populeuses (Manchester^ par exemple^ qui avait près de ^o>QOO ânœs) n'en avaient pas un ; et un misérable bfinaeau m ruines en avait autant que de ipasures, et comme siuiyent toutes ces masures étaient au mme possesseur, )iu^ n'y logeait que ceux qu'il voulait, cet bomn^e à lui S6ul en* vopit au parlement autant de voii: que Portsmoutb ou Bristol. Ces bourgs, qu'on vendait, qu'on léguait, qu'on donnait en dot, qu'on cotait dans les affiches des journaux, se nommaient ro^feti-{ipro^i0iA« ou howrgspowris.. Même bizarrerie dans les copités, tpus envoyaient deui^ représentants (le comté de Butland qui avait 16,000 âmes, et celui d'York qui en avait 1,173,000^ ou soixantecinq fois autant); et quelques-uas d'entre eux, Butland, par exemple, concentrés entre une dmi-douzaine de grands
Ï propriétaires, ne différaient pas des bourgs-pourris. L'éigiblQ dev4iit avoir 6û0 ou 300 livras sterlipg (14,000 ou