‹ Petite histoire de ParisChapitre 11 sur 131 · PAEIS SOUS PHILIPPE LE BEL · texte numérisé non relu

PAEIS SOUS PHILIPPE LE BEL

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Il obtint, non sans peine, du pape Clément V. l'autorisation de les poursuivre. Le prétexte qu'il invoqua était la corruption des mœurs de l'ordre, les pratiques bizarres et même païennes auxquelles les religieux se livraient. Le procès commença en 1307: les juges firent, au moyen de la torture *, avouer aux T empliers tout ce que le roi voulut, et, en 1309, l'ordre était aboli et ses

Fig. 19. — Le gibet de Montfaucon ' . construit vers l'année 1273. sé'Jressait sur la hutte de Montfaucon, à l'extrémité du faubourg Saint-Martin. Il fut démoli à l'époque de la Révolution, en 1790.

biens confisqués au profit de la couronne.

Le grand maître des Templiers. Jacques Molay, et deux autres grands dignitaires de l'ordre furent

1. Montfaucon était en haut du faubourg Saint-Martin, vers l'endroit où les docks de la Villette forment façade sur le boulevard extérieur. Les fourches patibulaires se composaient de seize piliers de pierre, hauts de trente-deux pieds, et reliés entre eux par des poutres de bois entrecroisées. A. ces poutres étaient fixées des chaînes de fer auxquelles on suspendait les condamnés.

brûlés1 quatre ans après, dans une petite île de la Seine, réunie depuis à la pointe de la Cité.

Après la mort de Philippe le Bel, une réaction se produisit, et l'un des favoris du roi, Enguerrand de Marigny, qui avait géré les finances du royaume, fut condamné à être pendu.

Le 30 avril 1315 , l'ancien surintendant des finances fut conduit au gibet de Montfaucon (fig. 19). Après l'exécution, son corps resta longtemps exposé à côté des cadavres qui se balançaient au gibet.

38. Collèg-es. — Au moyen âge, les collèges étaient nombreux; des personnages riches, en les fondant, leur assuraient des revenus pour l'entretien d'un certain nombre d'étudiants qui s'occupaient de théologie , de sciences mathématiques, de médecine, de littérature.

Les élèves étaient, non seulement logés et instruits gratuitement, mais souvent ils recevaient une petite somme qui servait à leurs menues dépenses ; on appelait ces pensions des bourses et les élèves des boursiers.

Presque toujours, les fondateurs des collèges de Paris étaient des personnages ecclésiastiques, cardinaux ou évèques, et ils stipulaient que les boursiers du collège fondé par eux seraient natifs du diocèse dont ils étaient évèques. De là, beaucoup de noms de diocèses donnés à ces établissements : collège de Lisieux, de Tonnerre, de Gornouailles, de Beauvais, de Reims, etc.

La montagne Sainte -Geneviève — le quartier latin, comme on dit encore — fut le centre où se groupèrent presque tous les collèges. Il y en eut de fort célèbres qui subsistèrent jusqu'à la Révolution : tel, par 'exemple, le Collège de Navarre, fondé en 1304 par la reine Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel; dans ses bâtiments,

1. Une tradition rapporte qu'au moment de périr, Jacques Molay aurait ajourné ses bourreaux à comparaître devant le tribunal de Dieu : le pape dans quarante jours, le roi dans une année. Philippe le Bel mourut en effet dans launéu niéme, 1314.

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