CHAPITRE IX
Sommaibe. — Hôpitaux. — Hospices. — Asiles d'aliénés. — Bureaux de bienfaisance. — Enfants trouvés. — Montde-Piété.
311. Hôpitaux. — La misère est de tous les temps et de tous les pays. Elle sévit, encore plus rude et plus constante, dans les grandes capitales où tant de causes la font naître et l'entretiennent. La maladie aussi règne surtout là où une population nombreuse est réunie; c'est le devoir des gouvernements et des administrations municipales de combattre de toutes leurs forces ces deux fléaux de la société, d'y porter remède dans la mesure du possible.
Le sentiment de ce devoir est, pour ainsi dire, aussi ancien que l'humanité : on le retrouve même aux époques de barbarie. Le Paris du moyen âge avait de nombreux hôpitaux et nous avons eu occasion d'en mentionner quelques-uns. Le principal était déjà YKôtel-hieu qui peut-être, i^monte au septième siècle et qui fut toujours voisin de la cathédrale. On n'y soignait pas seulement les malades, on y hébergeait aussi les indigents qui traversaient la ville. D'autres hôpitaux se fondèrent plus tard, à mesure que la ville s'agrandit; il y en avait plusieurs, rue Saint-Denis : Saint- Jacques-de-ï Hôpital, la Trinité, Vhôpital Sainte- Catherine ; dans le faubourg Saint-Denis, se trouvait l'important prieuré de Saint-Lazare, qui était, en réalité un hôpital ou pour mieux «lire une léproserie; à côté de l'Hôtel de Ville, était Vhôpital du Saint-Esprit: les enfants pauvres étaient recueillis a {'hôpital tir* Enfants-Rouges (du nom de leur costume), etc.
Toutes ces maisons hospitalières étaient administrées par le clergé qui sollicitait pour elles la
charité publique. Plusieurs avaient été fondées par les libéralités de personnes riches.
Aujourd'hui, tous les services relatifs aux hôpitaux parisiens sont placés sous une direction unique et l'ensemble de ces services s'appelle l'Assistance publique. Un directeur général l'administre sous le contrôle du conseil municipal, et les médecins les plus savants, les plus habiles, obtiennent, après un concours très difficile, le titre de médecin des hôpitaux. Le personnel de chaque hôpital se compose d'un directeur, d'un économe et des infirmiers et infirmières.
Les hôpitaux où les malades sont admis, quelle que soit la nature de leurs maux sont : l'Hôtel- Dieu, la Pitié, la Charité, Saint-Antoine, Beaujon, Cochin, Necker, Lariboisière, Tenon, Lat'-nnec, Bichat, Andral.
D'autres sont réservés au traitement de maladies spéciales : Saint-Louis, Lonrcine, la Maternité, le Midi.
Enfin la Maison municipale de Santé, appelée communément maison Dubois , dans le faubourg Saint-Denis, reçoit des malades payants.
Les enfants sont soignés dans les hôpitaux des Enfants-Malades et de Sainte-Eugénie. Pour eux encore, l'Assistance publique a acquis trois grands hôpitaux situés hors Paris : à Berck-sur-mer (dans le Pas-de-Calais1!, à la Roche-Guyon et à Forges, dans Seine-et-Oise.
Au total, l'Assistance publique compte 33000 lits mis chaque jour à la disposition des malades.
312. Hospice». — Il ne faut pas confondre ies hôpitaux avec les hospices. Les hospices sont consacrés à la vieillesse et aux incurables.
Les hospices gratuits sont : l'Hospice de la Vieillesse (femmes), dit de la Salpêtrière; l'Hospice de la Vieillesse (hommes), situé à Bicêtre, commune de Gentilly ; enfin l'Hospice d'Ivry.
Les hospices payants sont : la Maison de retraite des Ménages, àlssy ; l'Hospice de La Rochefoucauld, dans le XIVe arrondissement ; l'Institution Sainte- Périne et la Maison Chardon-Lagache, à Auteuil.
A tous ces établissements, ajoutons deux Asiles de convalescence situés, l'un à Vincennes pour les hommes, l'autre au Vésinet pour les femmes.
313. Asiles d'aliénés. — Les asiles d'aliénés font également partie de l'Assistance publique.
Jusqu'à la Révolution, la situation des aliénés fut des plus lamentables. Enfermés dans des cachots obscurs et malsains, chargés de chaînes comme des criminels, soumis à un traitement barbare, ils traînaient l'existence la plus misérable.
Un membre de la Constituante, Tenon, s'éleva avec indignation contre cet état de choses, et l'illustre Pinel démontra que les traitements dont on usait envers ces malheureux ne faisaient qu'aggraver leur état; mais malgré ce généreux effort, malgré les tentatives faites sous le premier Empire , l'organisation des hospices d'aliénés resta longtemps des plus défectueuses.
Ce n'est que de 1838 que datent les réformes qui inaugurèrent le système aujourd'hui en vigueur.
Les asiles pour les aliénés originaires de Paris ou du département, sont actuellement au nombre de sept : ce sont ceux de Sainte-Anne et de la Salpêtrière. à Paris ; de Vaucluse et de Ville-Evrard dans Seine-et-Oise ; de Charenton (Saint-Maurice), de Villejuif et de Bicêtre, dans la Seine.