‹ Petite histoire de ParisChapitre 18 sur 131 · Guerre civile. Les Cahocliiens* — La · texte numérisé non relu

Guerre civile. Les Cahocliiens* — La

guerre civile éclata à Paris, et clans la France entière, entre les Armagnacs, partisans de Charles, duc d'Orléans, fds de la victime de la rue Barbette, et les Bourguignons, fidèles au duc de Bourgogne. La populace se rallia à ces derniers. Elle avait à sa tête la corporation très puissante des bouchers de la ville, dont le principal s'appelait Simon Caboche. D'où le nom de Cabochiens donné à la faction qui, pendant ces tristes années, fut maîtresse de Paris. Ce fut en 1418 que la trahison de Perrinet Leclerc enleva Paris aux Armagnacs, qui en étaient les maîtres, pour le donner aux Bourguignons.

Perrinet Leclerc était le fds d'un marchand de fer établi sur le Petit-Pont et qui avait la garde de la porte de Baci.

Il s'entendit avec les Bourguignons, et ayant, pendant la nuit du 29 mai, dérobé à son père les clefs de la ville, il introduisit les partisans de Jean sans Peur. Il y eut alors un massacre épouvantable des Armagnacs aux cris de : « Vive le Roy ! Vive le duc de Bourgogne ! »

Tanneguy du Châtel, prévôt de Paris , put sauver la vie du jeune dauphin. Il l'emporta d'abord à la Bastille, puis à Melun. Ce dauphin devait être par la suite le roi Charles VIL

65. Épidémie à Paris. — Vers la fin de cette même année 1418, une épidémie terrible éclata à Paris.

Voici ce qu'en raconte un témoin oculaire, qui, sans grande émotion, note les faits au jour le jour:

« Item, tout le mois d'octobre et de novembre fut la mort (mortalité) aussi cruelle : et quand on vit qu'elle devenait plus fréquente et qu'on ne savait où enterrer les cada-

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vres, on fit de grandes fosses, cinq aux Saints-Innocents', quatre à la Trinité2, et dans chacune on mettait six cents personnes ou environ. Et les cordouanniers de Paris comp- Eèrent, le jour de leur confrérie Saint-Crespin et Saint- Crespinien, les morts de leur métier et comptèrent qu'ils

Fio. 28. — Construit en 1397, le charnier des Innocents se ci

sait du charnier proprement dit. longue galerie voûtée (I) qui faisait le tour du cimetière et oii on entassait les ossements des morts. Au milieu se trouvait la Croix Gastine (2), et le tombeau île Nicolas Flamel (3).

étoient trépassés bien dix-huit cents, tant maîtres que varlets en ces deux mois. Et ceulx de l'Hostel-Dieu, ceulx qui faisoient les fosses es cymetières de Paris, affirmoient

1. Le cimetière des Innocents au moyen âge, était le plus important de Paris. Il existait déjà au douzième siècle et fut clos de murs sous Philippe- Auguste. En 1786, il fut supprimé, ainsi que l'église des Innocents à laquelle il touchait. Sur son emplacement, entre la rue Saint-Denis et les Halles, s'est créé tout un quartier qui a pour centre le square appelé encore aujourd'hui square des Innocents.

2. Le cimetière de la Trinité était situé également rue Saint-Denis, mais plus haut vers le boulevard. Il dépendait de l'hôpital de la Trinité, datant du treizième siècle. C'est le premier cimetière parisien où l'on voit l'administration municipale avoir un droit de perception sur les sépultures (dès le xive siècle). Le passage de la Trinité, entre les rues Saint-Denis et Palestro, occupe son emplacement.

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que entre la Nativité Notre-Dame et la Conception (du 8 septembre au 8 décembre) ils avoient enterré plus de cent mille personnes; et sur quatre ou cinq cents n'en mouroit même pas douze anciens ; mais tous étoient enfants et jeunes gens '-. »

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