L«e Jardin «le* Plante». —A l'origine, ce
fut exclusivement un jardin botanique . réservé
surtout à la culture des plantes médicinales. Il fut fondé, avec l'autorisation de Louis XIII. par Guy de la Brosse, médecin du roi, dans un terrain désert qu'on appelait le quartier Copeau1.
Inauguré en 1640 sous le nom de Jardin royal des herbes médicinales, on l'appelait plus simplement le Jardin du roi. Il prit chaque jour plus d'importance, grâce à Buffon, qui y installa les galeries zoologiques, origine du Muséum (/'histoire naturelle. àLacépède, à Daubenton et à Cuvier. Ce n'est qu'à la fin du dix-huitième siècle, en 1794. qu'on y annexa la ménagerie royale qui était alors au palais de Versailles.
1. Le monticule sur le flanc duquel on admire le cèdre fameux que Jussieu rapporta, dit-on, dans son chapeau, portait alors le nom de Butte Copeau. Probablement, cette éminence avait été formée vers le xn ie siècle par l'amoncellement des terres déplacées pour bâtir l'enceinte de la ville sous Philippe- Auguste. C'est là que se trouve actuellement le labyrinthe *.
103. t,*îio Saint-Loui*. — L'île Saint-Louis se composait primitivement dé deux ilôts distincts, appartenant l'un à l'archevêque de Paris, l'autre aux chanoines de sa cathédrale. Les bestiaux y paissaient, d'où le nom d'île aux Vaches que portait l'un de ces îlots; dans l'autre, le plus grand, appelé lie Notre-Dame, on faisait blanchir et sécher les toiles. Sous Henri IV, on y bâtit une chapelle ; mais ce fut seulement sous Louis XIII que l'on commença à y bâtir des maisons. La chapelle devint l'église paroissiale de Saint-Louis-en-1'Ile; un pont relia cette île à la rive droite, puis les deux îlots furent réunis.
Tout cela avait été conçu et réalisé par un architecte intelligent, appelé Marie, qui construisit la plupart des maisons et le pont qui porte son nom. Depuis le dix-septième siècle, la physionomie de l'île Saint-Louis n'a guère changé ; c'est le coin le plus paisible de Paris. Des hautes maisons que Marie avait bâties, la plus importante, Y hôtel Lambert et une arcade de Y hôtel de Bretonvilliers, existent encore, à l'extrémité est, vers le pont Sully. Presque tous les habitants de l'île étaient des magistrats, conseillers au Parlement ou à la Chambre des Comptes.
104. Les hoaiix esprits; Tliùtel de Rambouillet; théâtres. — Le règne de Louis XIII est l'époque des beaux esprits. A côté de la vraie littérature nationale représentée par les chefsd'œuvre de Corneille, naquit une littérature mondaine, pleine d'affectation, à l'usage des salons et des ruelles1, selon l'expression du temps. Le plus célèbre salon de l'époque fut celui de la marquise
1. Los grandes dames recevaient les visites au lit; les visiteurs so tenaient clans la ruelle, entre le lit et lo mur.
de Rambouillet et de sa tille Julie d'Angennes. Là venaient assidûment Racan, Malherbe, Voiture, Chapelain et plusieurs femmes auteurs, les Précieuses, dont la plus connue fut mademoiselle de Scudéry. Il ne reste plus rien de l'hôte] de Rambouillet, qui était situé tout près du Louvre, au milieu d'un dédale de petites rues et de maisons sordides, démolies en 1854, lors de la réunion du Louvre aux Tuileries et de l'ouverture de la place du Carrousel.
105. 1/ Académie française. — Au moment où l'hôtel de Rambouillet brillait de son plus vif éclat, vers 1629, quelques hommes de lettres avaient pris l'habitude de se réunir chez l'un d'eux, Conrart, pour y causer de littérature, se lire leurs ouvrages et discuter sur les questions qui passionnaient alors le public lettré. Ils gardaient le secret sur ces réunions, afin qu'elles ne fussent pas troublées par les importuns; mais Richelieu en fut informé. Il voulait mettre la main sur cette assemblée; il s'en fit le protecteur et lui donna un règlement que l'Académie Française , dont ce petit cénacle fut le berceau, observe encore. L'assemblée se composa de quarante membres. Le roi avait donné à l'Académie une des salles du palais du Louvre, où elle tenait ses séances tous les huit jours.
Sous Louis XIV et Louis XV, se créèrent d'autres académies, celle des Inscriptions, chargée de rédiger des devises et des inscriptions à graver sur les monuments publics et les médailles; celle des Sciences où l'on s'occupait des sciences physiques et mathématiques /enfin, celle des Sciences morales et politiques.
A la Révolution, les Académies disparurent pendant quelques années, puis elles furent reconstituées en 1795. Leur ensemble s'appela l'Institut.
L'Institut fut installé dans les bâtiments du eollège Mazarin ou des Quatre-Nations, fondé par Mazarin. 104. L,e i*:ii:ii*-ic»vsii. — Richelieu s'était fait construire en 1624, presque en face du Louvre, une résidence grandiose, le Palais-Cardinal, qui s'appelle aujourd'hui le Palais-Royal (fig. 39). Il y
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Fig. 39. — Le Palais-Royal fut construit en 1624 par Richelieu. Il
s'appela d'abord le Palais-Cardinal. A sa mort, Richelieu en lit don au roi, et l'édifice prit le nom Palais-Royal qu'il a conservé depuis.
fut déployé tout le luxe possible : magnifiques appartements, bibliothèque, chapelle, galeries de tableaux, salle de spectacle. Richelieu y mourut en 1642 et en fit don à Louis XIII.
QUESTIONNAIRE
1. Racontez les péripéties du Biège de Paris par Henri IV. — 2. Qu'appelle-l-on États de la Ligue ? — 3. Quelles 6pnl les principales fondations de Denri IV? — 4. Où fut construite la place des Vosges ? — 5. Qu'est-ce que l'hôtel Carnavalet? —
6. En quoi l'enceinte de Louis XIII est elle différente de l'enceinte de Charles V? —