‹ Petite histoire de ParisChapitre 27 sur 131 · Assassinat tle Henri IV par Ravaillac · texte numérisé non relu

Assassinat tle Henri IV par Ravaillac

Le fanatisme religieux arma plusieurs fois la main de criminels contre Henri IV.

L'année même où il entra à Paris, il faillit être assassiné par Jean Chastel, à peine âgé de dixsept ans, et ancien élève des Jésuites. Le meurtrier, saisi aussitôt, fut condamné à périr au milieu d'horribles tortures, et le supplice eut lieu le même jour

1. On l'appelle souvent par erreur hôtel Saint-Paul; il occupe en effet une partie du terrain où s'élevait l'hôtel construit .par Charles V. mais c'est le seul rapport qu'il ait eu avec cet édifice complètement disparu dès François Ier.

i. Son nom lui vient d'un de ses possesseurs du seizième siècle. M. de Kernevenoy, dont le nom breton devint Carnavalet dans le langage populaire.

Fig. 37. — L'enceinte de Paris sous Henri IV est la même que celle do Charles V. Henri II et Henri III. en effet, avaient reconstruit une partie des murailles, mais n'avaient rien changé à l'ancien tracé. Paris, à cette époque, comptait 200 000 habitants.

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— 29 décembre 1594 — On compte encore six tentatives de meurtre entre celle de Chastel et celle de Ravaillac, où périt le roi.

Le 14 mai 1610, dans l'après-midi, Henri IV était sorti en carrosse découvert pour aller voir Sully à l'Arsenal. Rue Saint-Honoré,àlaCroix du Trahoir, près la rue de l'Arbre-Sec,un embarras de voitures obligea l'escorte du roi à se séparer de lui. Dans la rue de la Ferronnerie, conduisant aux Halles, un nouvel arrêt permît à l'assassin de sauter sur la roue du carrosse royal, et de frapper le roi mortellement. Ravaillac, immédiatement arrêté, avoua son crime, en s'en faisant gloire : il fut supplicié sur la place de Grève, le 27 mai 1610.

97. Paris sous Louis xiil.— Sous Louis XIII, Paris s'agrandit et s'embellit de maisons parti- ■ culières et d'édifices publics dont beaucoup sont encore sous nos yeux. Le centre de la ville se déplace, ou, pour mieux dire, il se forme deux quartiers aristocratiques, l'un à l'est, l'autre à l'ouest de la ville qui auparavant tenait tout entière entre le I Louvre et l'Hôtel de Ville, la porte Saint-Denis et la - Seine : ce sont le quartier du Marais, aux environs de la place Royale, qui est tout à fait à la mode sous Louis XIII, et le quartier Saint-Honoré, où viennent habiter les courtisans, de plus en plus nombreux et empressés auprès du roi, qui a définitivement fixé sa résidence au Louvre.

98. Nouvelle enceinte de Paris. — Louis XIII dut faire construire une enceinte pour renfermer les nouveaux quartiers de l'ouest; elle prenait naissance sur la rive droite de la Seine, à la place de la Concorde, faisant entrer ainsi dans l'intérieur de la ' Ville tout le jardin des Tuileries. Là était \a porte de là

Conférence. Puis, suivant la direction de la rue Saint- Florentin et traversant la rue Saint-Honoré, où l'on ouvrit laporte Neuve-Saint-flonoré, la muraille se dirigeait à angle droit vers Test et venait rejoindre l'ancienne fortification un peu avant la porte Saint-Denis. Elle coupait dans son tracé l'emplacement actuel des rues Duphot, Cambon, de laPaix,Louis-le-Grand, de laMichodière, de Richelieu, Saint-Fiacre, du Sentier, Poissonnière et se dirigeait ensuite à peu près dans le sens de la rue de la Lune. Ainsi furent compris dans la ville les quartiers du 1er et du 2me arrondissement qui portent les noms de quartiers du Palais- Royal, de la place Vendôme, Gaillon et Vivienne.

99. Paris, sièse «l'un archevêché. — C'est aussi de Louis XIII que date la création d'un archevêché à Paris. Depuis l'origine de l'église chrétienne, le siège de l'archevêché était à Sens, en Bourgogne. La mort de l'évêque de Paris et celle de l'archevêque de Sens, qui survinrent presque le même jour, en 1622, déterminèrent l'exécution d'un projet conçu depuis longtemps parla royauté. A partir de cette date, Paris devint le siège d'un archevêché, dont les évêchés de Chartres, de Meaux et d'Orléans relevèrent, furent suffraganls1. Sens n'en conserva pas moins son archevêque.

100. Couvents. — Les principaux couvents fondés sous ce règne furent : au Marais , le couvent des Minimes dont une rue rappelle le nom et qui est en partie occupé par une caserne; les Annonciades Célestes2, tout près de la place Royale, dans la rue

1. En 1790, l'archevêché rie Paris a été en partie démembré au profit d'un évêché nouveau, dont le siège est Versailles.

2. La célèbre marquise de Sévigné aimait beaucoup ces religieuses ses voisines, qu'elle appelle dans ses lettres « les bonnes petites filles bleues » (à cause de la couleur de leur costume).

de la Culture-Sainte-Catherine, aujourd'hui rue de Sévigné. Le quartier qu'on appelait alors faubourg Saint- Jacques (car il était hors des murs), entre la rue Soufflot et le boulevard de Port-Royal, vit s'élever aussi plusieurs monastères : les Ursulincs,

les Feuillantines1 , qui ont laissé leurs noms à des rues voisines de leur emplacement; deux abbayes de femmes, qui, jusque-là, étaient restées aux environs de Paris, furent alors transférées dans ce quartier; \' abbaye du Val- Profond, située à Bièvre, devint l'abbaye du Val-de- Grâce, (pie la reine Anne d'Autriche dota d'une

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donne, son nom. Son emplacement est occupé aujourd'hui par l'hospice de la Maternité.

t. Ce couvent des Feuillantines fut, comme ions les autres, supprimé par la Révolution. Il en restait, dans les \ ingl premières années de aotre iècli ;! i qui bâtiments habités par des particuliers. La mère do Victor Hugo j '!■ meura quelque temps: le poète a décrit avec enthousiasme le beau jardin des Feuillantines où s'écoula une partie de son enfance. ! Porl Royal-de -Champs, abandonné alors, devint la résidence do philo ophesquij vécurent en solitaires, y professant les doctrines religion appelle jansénistes. Parmi les plus célèbres on compte Aniaul.i, Pascal el Rgcùtf, qui y lit ses études.

101. É»-ii«e« et Palais*.— Paris conserve encore plusieurs monuments qui datent de ce règne : Saint- Roch.Saint-Gervais (pour le portail , Saint-Eustache en partie, Notre - Dame - des -Victoires , d'abord église d'un couvent d'Augustins, fondée en 1629 par Louis XIII et ainsi nommée en souvenir de la victoire du roi à La Rochelle: la chapelle du vieux collège de la Sorbonne, reconstruite par Richelieu, et OÙ se trouve son tombeau; un beau palais, celui du Luxembourg. C'était, auparavant le vieil hôtel des ducs de Luxembourg, presque une ruine; Marie de Médias, mère du roi, conçut le projet d'y faire (-(instruire une magnifique résidence. Elle en confia le soin à un architecte célèbre, Salomon de Brosse, qui éleva le monument où siège actuellement le Sénat.

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