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mente. — C'est à cette époque que l'administration municipale subit une modification importante. En l'an IV (1796), Paris fut divisé en douze arrondissements; cette division a duré jusqu'à l'annexion des communes suburbaines en 1860.
157. Création.*» «le la Convention* — La Convention, pendant les trois ans qu'elle gouverna, a créé un grand nombre d'institutions fécondes et utiles, dont beaucoup subsistent encore.
1° L'École Polytechnique, destinée à former des ingénieurs pour les grands travaux publics. Elle fut d'abord installée dans l'ancien hôtel de Lassay, aujourd'hui l'hôtel du président de la Chambre des Députés. Les élèves étaient externes, et, au lieu <\r payer une pension comme maintenant, ils recevaient une solde de l'État. Ce fut en 1804 seulement que l'école fut transférée sur la montagne Sainte- Geneviève, dans les bâtiments du vieux Collège de Navarre; elle fut dès lors soumise au régime militaire qu'elle a conservé depuis;
2° L'École normale supérieure, ayant pour mission de former des professeurs. Les plus grands savants de l'époque furent choisis pour y donner l'enseignement. Les cours furent ouverts d'abord à plusieurs centaines d'auditeurs externes; mais, l'école devint un internat où l'on ne reçut plus qu'un nombre limité d'élèves. Installée d'abord au collège du Plessis, près du lycée Louis-le-Grand, elle fut tranférée en 1845 rue d'Ulm ;
3° Le Conservatoire des Arts et Métiers fut installé dans les anciens bâtiments du Prieuré de
Saint-Martin-des-Champs, sur la proposition du conventionnel Grégoire, évêque de Blois. L'institution eut pour but, dès l'origine, l'étude des sciences appliquées aux arts industriels; elle s'est constamment développée depuis;
4° Le Musée du Louvre. On l'appela d'abord Muséum. La Convention avait ordonné d'y réunir toutes les œuvres d'art appartenant à la nation. Il s'accrut, en 1816, des richesses provenant du musée des Monuments français, fondé aussi par là Convention, et que dirigeait un homme de goût érudit, Alexandre Lenoir. Dans ce musée, situé dans l'ancien couvent des Petits- Augustins, sur le quai Malaquais, Lenoir avait eu l'heureuse idée de grouper les œuvres d'art, suivant l'époque à laquelle elles appartenaient, de manière à présenter un ensemble chronologique des divers styles de notre architecture et de nos productions artistiques. Louis XVIII supprima le musée des Monuments français, le réunit au musée du Louvre, et mit à sa place l'école des Beaux-Arts (1816) dans le bâtiment qu'elle occupe encore aujourd'hui ;
5° Le Muséum d'histoire naturelle. Dans l'ancien Jardin du Roi, créé par Louis XIII, et que nous appelons maintenant Jardin des Plantes, la Convention fonda, sur la proposition d'un de ses membres, l'illustre Lakanal, le muséum d'histoire naturelle, pour l'étude des sciences naturelles : zoologie, botanique, géologie, minéralogie, anatomie de l'homme.
Ajoutons à ces institutions le Bureau des Longitudes installé à l'Observatoire pour les études astronomiques, et le musée d'artillerie. Le gouvernement révolutionnaire s'occupa aussi d'organiser
nos bibliothèques publiques. C'est donc à la Convention que Paris doit ses principaux établissements scientifiques et artistiques.
158. Paris sons le Directoire» — A la Convention succéda le Directoire.
On imagina de faire revivre les coutumes et les modes de l'antiquité païenne: les femmes se vêtirent à la grecque et à la romaine, avec des robes flottantes et ouvertes. Ce fut le temps des muscadins et des incroyables*. Barras, l'un des Directeurs, donnait, au palais du Luxembourg, des fêtes qui étaient de véritables orgies.
Par toute la ville, ce n'étaient que jeux et danses effrénées : l'Elysée, devenu depuis le palais du chef de l'État, n'était alors qu'un vaste jardin avec
Fig. 50. — Après la Révolution, le costume ^e transforma entièrement.
des bosquets, OÙ des indus- Le Costume du Directoire se com-
pour les hommes d'un pantalon, d'un gilet et d'un habit. Les femmes, s*inspirant des mœurs antiques, adoptèrent une robe imitant la tunique grecque.
triels donnaient des fêtes
continuelles. Il en était de
même à Tivoli, à Frascati.
dont les noms, empruntés
à l'antiquité, servaient d'étiquette à une parodie ridicule
df-s mœurs romaines dans ce qu'elles avaient de plus
relâché.