Journées «les 38, 29 et 30 Juillet
— En 1830, le roi, malgré la Chambre, constitua un
ministère dont le chef, Polignac, était l'adversaire déclaré de toutes les idées libérales. La Chambre, nouvellement élue, était, pour la grande majorité, composée de députés libéraux en opposition avec le ministère. Le roi ne craignit pas d'entrer en lutte ouverte avec le pays; il publia les fameuses Ordonnances par lesquelles la liberté de la presse était supprimée et la nouvelle
Fig. 53. — Le costume de
1810 est presque le même pour
les hoir) toire
.mes que celui duDirec- Chambre des députés dis-
. Seulement l'usage des hautes bottes a fait place a ïem- SOUte. Quand la nouvelle ploi des bottines. Les femmes . fut répan(JUe dans
ont renonce a la tunique grecque r
du Directoire pour adopter une Paris, Une foule nOIll-
modo plu9Sévi '•' ■"• breuse se porta devant les
bureaux dos journaux libéraux que l'on venait de supprimer, le National, le Courrier, où les journalistes venaient de signer une protestation contre les Ordonnances.
Le 28 juillet, Paris se réveilla en état de siège ; une forte garnison, commandée, par Marmont, l'ancien
maréchal de l'Empire, se tenait prête à réprimer toute tentative de révolte de la part des Parisiens. Aussitôt les barricades s'élevèrent et le peuple parisien se montra résolu à la résistance. Le drapeau blanc, emblème de la royauté, fut renverse, cl remplacé sur plusieurs points, à l'Hôtel de Ville, et jusqu'au sommet des tours de Notre-Dame, par le drapeau tricolore.
Le peuple concentra surtout ses forces dans les quartiers du centre, de la Cité, de Saint-Merry, rue Montmartre et autour des Halles, où le dédale des rues étroites et enchevêtrées permettait plus aisément de soutenir la lutte. Pendant les trois journées du 28. du 29 et du 30 Juillet, on se battit dans les rues de Paris. Trois colonnes de régiments que Marmont avait lancées contre le peuple durent battre en retraite en présence d'une résistance acharnée ; presque toute la population y avait pris part, offrant partout asile aux insurgés, et massacrant les soldats.
Dès la soirée du 28, l'insurrection était triomphante: le lendemain, elle marchait à l'assaut du Louvre et des Tuileries. Après un combat sanglant, la foule s'empara du palais, qu'elle envahit, et où elle brûla le trône. L'école polytechnique , qui s'était montrée si vaillante lors du siège de Paris en 1814, se distingua de nouveau en combattant pour la liberté. Plusieurs élèves furent blessés à l'attaque du Louvre, et l'un d'eux, Vaneau1, périt frappé d'une balle devant la caserne de la rue de Babylone. Charles X s'était enfui précipitamment à
1. On a consacré sa mémoire en donnant son nom a l'une des rues voisines de l'endroit on il mourut.
Rambouillet; sa déchéance fut prononcée aussitôt, et le duc d'Orléans, qui promettait au peuple toutes les libertés possibles, fut proclamé roi sous le nom de Louis-Philippe.
Ainsi se termina la Révolution de 1830; c'est Paris qui l'avait faite, mais la France l'avait ratifiée d'avance. La victoire coûta cher aux Parisiens; plus de 5 000 combattants périrent pendant les journées de Juillet, auxquelles on a donné le nom des trois glorieuses. C'est en l'honneur de ces combattants que s'élèvera plus tard la colonne de Juillet, sur la place de la Rastille.
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