La rue Gay-Lussac en traverse l'emplacement
7. Avènement de Julien. — En 361, c'est à Lutèce, — qui commence dès cette époque à s'appeler Paris 1 — , que les soldats romains proclamèrent César leur chef Julien 2, cousin de l'empereur Constance ; celui-ci l'avait envoyé dans les Gaules pour y surveiller les peuplades franques qui commençaient à envahir le nord et l'est de la province du côté du Rhin. C"est au palais des Thermes que se fit cette révolution.
Julien aimait sa chère Lutèce, faisait l'éloge de ses habitants et les traitait avec faveur3. On pense que c'est lui qui fit reconstruire les maisons de l'île, la Lutèce proprement dite, qu'habitaient les Gaulois avant le siège de Paris par Labiénus, et à laquelle on avait depuis préféré le faubourg de la rive gauche.
Il est au moins certain qu'un de ses successeurs, Maxime, fit élever à son avènement, en 383, un arc triomphal dont on a retrouvé des fragments près de la cathédrale, et que, vers la fin du quatrième siècle, l'île était entourée d'un rempart en pierre.
1. L'origine de ce nom est encore un mj'stère. C'est un de ces nombreux mots de langue celtique sur le sens desquels les savants ne se sont pas mis d'accord. Au moyen âge, on avait imaginé une légende qui faisait descendre les Français des Troyens. Francus, petit-fils de Priam. avait établi, disait-on, une colonie de Troyens dans notre pays auquel il avait donné son nom ; Paris n'aurait fait que rappeler le nom du célèbre Paris. Ilest inutile dédire que ces récits n'ontaucune vérité historique.
2. Dans l'armée romaine, où les généraux avaient toute la confiance de leurs soldats dont ils partageaient les fatigues et les dangers, il n'était pas rare de voir les troupes se révolter contre le pouvoir existant et nommer leur chef empereur.
3. « .l'étais, dit Julien dans une de ses lettres, en quartiers d'hiver dans ma chère Lutèce, laquelle est située au milieu d'un fleuve, dans une île de médiocre étendue, jointe au rivage par deux ponts.
•< L'hiver y est moins rigoureux qu'ailleurs, peut-être à cause des douces brises de la mer qui arrivent jusqu'à Lutèce, la distance de cette ville à la mer n'étant que de neuf cents stades (environ quarante-cinq lieues). Aussi ce pays possède-t-il d'excellents vignobles ; on y cultive beaucoup de figuiers, qu'on protège contre le froid de l'hiver par des couvertures de paille. Les Parisiens, dit-il encore, n'usent des dons de Bacchus dieu du vin) que parce qu'il est le père de la joie »
PARIS GALLO-ROMAIN. 11
Pendant longtemps encore, la rive droite reste inhabitée : les vastes forêts du nord et de l'ouest s'étendent jusqu'à la Seine et, même au huitième siècle, le quartier où sont maintenant les Halles est complètement couvert par des marais et par des bois1.
Kir,, s. — Paris gallo-romain. — 1. Temple île Mars (Montrai rtre . 2. Hauteurs de Ménilmontant alors entièrement boisées ; 3. Ilot réuni sous Henri IV à l'île de la Cité; 4. Ile do la Cité; 5. Ile Notre-Dame; G. Grand pont ; 7. Petit pont ; 8. Mons Lucotitius ; 9. Lucotèce ; 10. Arènes de la rue Monge.
8. Etablissement «In christianisme. — C'est de la domination romaine que date l'établissement du christianisme en Gaule.
A Paris, comme à Rome, les chrétiens furent persécutés. Saint Denis est le plus célèbre des martyrs parisiens ; on
I. On pense cependant que sur la montagne que nous appelons aujour d'hui Montmartre s'élevaient, à l'époque romaine, deux autels ou deux statues des divinité païennes, Mars et Mercure. Son nom actuel, qui signifie Mont des Martyrs ne lui aurait été donné que plus tard, lorsque l'on y construisit une église eu l'honneur des premiers martyrs, saint Denis et ses compagnons.
place la date de sa mort vers le milieu du troisième siècle. Les persécutions cessèrent cinquante ans plus tara, lorsque plusieurs empereurs romains embrassèrent la religion chrétienne.
Dèsle cinquième siècle, on commença à bâtir des églises: la cathédrale, à la place qu'elle a toujours conservée, sur l'emplacement où lesNautes avaient élevé un aule] à Jupiter. Plus anciennement peut-être que la cathédrale, avait été construit un oratoire élevé sur le tombeau de saint Marcel, évêque de Paiïs, mort vers 436. Cet oratoire fut depuis remplacé par une église qui a été supprimée par la Révolution, et dont le nom, resté au quartier Saint-Marcel, rappelle aujourd'hui le souvenir.
Sur la rive droite, s'élevaient deux églises, consacrées toutes deux à saint Martin, évêque de Tours et l'un des saints les plus populaires de notre ville : la première, modeste chapelle placée à l'extrémité du pont qui conduisait à la voie romaine1, à peu près à l'endroit où se trouve la tour Saint-Jacques actuelle ; l'autre, plus loin dans la campagne, que nous retrouverons sous le nom de prieuré de Saint-Martin-des-Champs , et qui est maintenant le Conservatoire des Arts et tylétiers.
Rappel des constructions de l'époque Gallo-Romaine. — Les Thermes et l'Aqueduc d'Arcueil, les Arènes de la rue Monge, l'Arc triomphal de Maxime, la première cathédrale de Paris.
QUESTIONNAIRE
I. Quelles sont les origines de Lutèee? — 2. Où était-elle située?— 3.
Quels étaient les voisins des Parisiens .' 4. Quel siège soutint Lutèeeen52av.J.-C.? — 5. Qu'étaient les Nautes parisiens? — 6. Quels vestiges ont-ils laissés? — 7. Où était située Lucotèce? — 8. Où était situé
le camp romain? — 9. Comment construisaient les Romains ? - 10. Nommez les monuments gallo-romains (le Paris?— 11. Quelle est l'origine du nom de Montmartre? — 12. A quelle époque remonte la construction des premiers édifiées du christianisme a Paris ?
1. On a longtemps cru que le pont romain qui mettait en rapport la Cité avec la rive droite était situé où nous voyons aujourd'hui le Pont au Change. C'est une erreur. Ce pont était dans l'alignement de la voie romaine représentée par les rues Saint-Jacques et Saint-Martin, et par suite, sou emplacement correspond à celui du pont Notre-Dame.