Annexion des communes suburbaines
(1860). Depuis l'achèvement des fortifications, un certain nombre de communes se trouvaient comprises dans l'enceinte de Paris, mais en dehors des limites de l'octroi établies sur lés boulevards extérieurs. En vertu d'une loi du 16 juin 1859, onze communes furent annexées à la capitale et soumises à ses droits d'octroi à dater du 1er janvier 1860. Voici leurs noms en partant de l'ouest : Auteuil, Passy, Batignolles, Montmartre, La Chapelle, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Vaugirard, Grenelle. Treize autres communes furent en partie morcelées et eurent une fraction de leur territoire compris dans Paris: ce sont celles de Neuilly, Clichy, Saint-Ouen, Aubervilliers , Pantin, le Pré- Saint-Gervais, Saint-Mandé, Bagnolet. Ivry, Gentilly, Montrouge, Vanves et Issy.
Cette mesure eut pour effet d'élever de douze
à vingt le nombre des arrondissements de Paris.
Le gouvernement comprit la nécessité de donner aux habitants des communes annexées certaines compensations pour l'aggravation de charges qu'ils allaient avoir désormais à supporter (droits d'octroi et contributions). De larges rues furent percées dans la zone autrefois suburbaine. C'est alors que fut entrepris le joli parc des Buttes-Chaumont.
C'est aussi pour la population des faubourgs que le gouvernement impérial lit transformer le Bois de Vincennes en un vaste jardin anglais, en lui donnant toutes les élégances possibles, comme on l'avait fait pour le Bois de Boulogne, dés l'année 1854. De riches habitations furent construites dans une région jusqu'alors déserte, la plaine Monceau. Le parc Monceau subit une transformation complète, qui en a fait une des plus belles promenades de Paris.
Rappelons enfin la construction de nombreuses églises, celle des Halles, et l'ouverture des boulevards Malesherbes, Haussmann, Voltaire.
197. L<a population parisienne et l'empire» — La majorité de la population parisienne, principalement dans les quartiers ouvriers, fut toujours hostile à l'empire. Pendant longtemps, l'opposition, composée de cinq députés qu'on avait surnommés le groupe des Cinq, se recruta parmi les députés de Paris. Ce groupe se trouva sensiblement augmenté dans les dernières années de l'empire, notamment en 1869, année où eut lieu l'élection de M. Thiers.
Au mois de mai 1870, l'empereur, qui avait inauguré Yempire libéral avec le ministère Ollivier, crut qu'il fortifierait le principe impérial affaibli, en consultant une fois de plus la nation. Le plébiscite du mois de mai donna encore à l'empire 8 millions
de suffrages dans la France entière. Mais Paris, fidèle à ses traditions, répondit par 184 000 non contre 139 000 oui.
Le résultat du plébiscite ne rendit au gouvernement qu'une demi-confiance. Dès lors, la guerre contre la Prusse apparut comme le seul moyen de consolider la dynastie impériale1.
QUESTIONNAIKE
1. Quelle fut In nouvelle organisation municipale donnée par l'Empereur à la ville de Pans? — 2. Quels sont les embellissements de Paris à cette époque? — 3. lie quel préfet sont-ils l'oeuvre? — 4- A monuments élevés depuis 1870? quelle époque remonte la première Expo- I
sition universelle?— 5. Quelle transformation Paris subit-il en 1860?— 6. Quel était à Paris l'état des esprits vers la lin du règne ? — 7. Quels sont les nouveaux