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CHAPITRE III

Sommaire. — Apparition du style ogival. — Caractères de l'architecture ogivale. — Notre-Dame de Paris. — La Sainte-Chapelle. — Autres églises ogivales. — Maisons du treizième siècle. — Monuments du quatorzième siècle. —

Châteaux forts du quatorzième siècle; la Bastille, le Louvre. — Palais de la Cité. — Lu maison aux Piliers. — Le Châtelet. — Maisons du quatorzième siècle. — L'architecture du quatorzième au seizième siècle. — Éylises du quinzième siècle. — Édifices civils. — Tour de Jean-sans- Peur. — Hôtel de Sens. — Hôtel de Cluny.

217. Apparition tlu «tyle ogrival. — C'est au douzième siècle que d'habiles et hardis constructeurs — car le mot architecte n'apparait que plus tard —

accomplirent cette grande révol u t i o n clans l'art de bâtir qui fit succéder aux lourds monuments romans les merveilleuses constructions dites ogivales par suite de lasubstitutionde l'ogive (fig. 66) au plein cintre roman.

Les premières églises gothiques furent bâties dans Y Ile-de-France, la province dont Paris était la capitale, et notam-

Pig. 66. — Au douzième siècle, les constructeurs d'églises abandonnèrent le plein cintre pour l'ogive dont la forme était plus élancée, plus gracieuse et en même temps offrait plus de résistance à la poussée des voûtes.

ment dans la région du nord. Ce sont, entre autres, ia cathédrale de Noyon, celle de Béarnais, Saint-

Evremond-de-Crei du département datent de la première moitié du douzième siècle (1120 à 1140); le style ogival est donc né dans l'Ile-de- France.

2 18. Caractères <le l'architecture ogivale. — L'architecture du treizième siècle est surtout religieuse; les constructvtn* consacrent tout leur art aux églises. Les vaisseaux s'allongent et augmentent de hauteur. Les fenêtres, dites à lancettes , sont longues et étroites; les voûtes sont supportées par de nouveaux

, Saint-Germer, de lOise ; ces

toutes églises constructions

Fig. 67. — Aux lourd* contreforts romans, les constructeurs du treizième siècle substituèrent les arcs-boutants1. élégantes constructions qui, s'appuyant sur des piliers 2 solides, résistaient à l'extérieur a la poussée des voûtes. Ils sont surmontés de pinacles 3 et servent d'échappement aux eaux pluviales qui s'écoulent par de gracieuses gargouilles *.

arcs en croix qu'on appelait jadis ogifs et qui ont donné leur nom à cette architecture. Tout, dans le monument, devient motif à décoration (fig. 67) : les contreforts massifs de l'extérieur se transforment en nrrs-boittnnts élancés que

surmontent des pinacles; le sommet de l'édifice reçoit, une balustrade en pierre ; au-dessus des portails principaux de l'église sont de grandes ouvertures appelées rosaces, composées de nombreuses colonnettes se réunissant au centre ; des dais sont sculptés au-dessus des niches des statues. Les tours et les flèches atteignent des hauteurs prodigieuses. La décoration est entièrement fournil1 par la More française :

feuilles de chênes , de rosiers, de saules, de trèfles, etc.; les crochets qui décorent les chapiteaux, les arêtes des flèches , sont enroulés et peu ouverts, comme des bourgeons ; les ligures sculptées sont encore empreintes d'une

certaine naïveté char- ■Fia. 68. -Dans les églises- gothiques, ^ .

les clochers et les tours étaient relies

entre eux par des galeries composées peints , hauts en COUd'une série d'arcs gothiques agrémentés Ignp Ac> tons vi"OUreuX de sculptures plus ou moins compli- . '

quees. C'est ce qu'on appelle des ba- maiS harmonieux, 01"lustrades. nent les fenêtres et les

rosaces.

C'est sous le règne de Louis IX que l'architecture ogivale arrive à son apogée.

219. Notre-Dame «le PanV. — La plus belle des églises gothiques de Paris est Notre-Dame.

Sur l'emplacement du monument des Nantes, on avait déjà construit une église à la fin du quatrième siècle. Nous ignorons quel en fut le sort; mais il est certain qu'au douzième siècle, lorsque Maurice de Sully, soixante-douzième évêque de

Paris, entreprit de construire la cathédrale, il

Fio. 69. —Au-dessus du portail des églises de style ogival, se trouvait une rosace composée de colonnettes partant de la circonférence pour se réunir toutes au centre. D'abord très simple, cette rosace devint de plus en plus compliquée dans le gothique rayonnant et le gothique flamboyant.

Fjg. 70. — Les sculpteurs de l'époque ogivale imitèrent la nature, et les chapiteaux de cette époque furent ornés de feuilles et de fleurs empruntées à la flore française et merveilleusement sculpl

existait à cet endroit deux églises : Saint-Etienne et Sainte-Marie.

A la mort de Maurice de Sully, l'abside était terminée, la nef très avancée. La grande façade

ne fut commencée que sous Philippe- Aug uste; sous Louis IX, Jean de Chelles, le seul architecte de Notre- Dame dont le nom soit parvenu jusqu'à nous, construisit, en 1257, la façade qui regarde le midi et les premières chapelles du chœur, de ce même côté.

Jusqu'au dix-huitième siècle, la cathédrale ne paraît pas avoir subi de grands changements; mais à partir de Louis XIV, en 1699, l'exécution du vœu de Louis XIII et plus tard, les restaurations maladroites faites sous Louis XV, Louis XVI et le premier Empire altérèrent profondément sa physionomie : enfin , en 1845, l'État confia à Lassus et à Viollet-le-Duc la restauration entière du monument, qu'ils sauvèrent de la ruine.

Aujourd'hui, l'antique église a repris sa splendeur primitive : la flèche est rétablie; le portail principal est restauré, avec la belle figure du

Fig. 71. — 1. Petit ornement emprunté au règne végétal et appelé fleuron ;

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