‹ Petite histoire de ParisChapitre 66 sur 131 · Sorte de cblonnotte appelée pinacle · texte numérisé non relu

Sorte de cblonnotte appelée pinacle

surmontant les contreforts gothiques;

3. Petit ornement appelé crochet et s'appliquant aux chapiteaux, clochetons, etc.

AECHITECTUEE OGIVALE. 195

Christ sur la colonne qui la divise en deux, et la représentation du Jugement dernier; les statues des rois et des saints sont replacées dans leurs niches : toutes les parties de l'édifice ont été l'objet de restaurations habiles ; la lourde sacristie de Soufflot a fait place à l'élégante sacristie actuelle.

La façade de Notre-Dame a un développement de 40 mètres ; l'église a 130 mètres de longueur intérieure sur 48 de largeur aux transepts ; son élévation est de 35 mètres; les tours ont 68 mètres de hauteur.

La cathédrale était autrefois entourée, au nord, d'un groupe d'habitations qu'on appelait le cloître; c'était la résidence des chanoines, qui entraient directement dans leur église par la porte rouge. A la nuit, chaque rue était fermée à son extrémité'.

Au sud, s'élevait l'archevêché, autrefois simple évêché, construit en 1161 par Maurice de Sully : il avait l'aspect d'un château fort avec sa tour et ses murailles crénelées. Tout ce qui restait de ces constructions anciennes disparut au commencement de ce siècle, et les bâtiments nouveaux furent à leur tour démolis pendant l'émeute de février 1831. Leur emplacement est occupé aujourd'hui par la nouvelle sacristie et le square qui s'étend derrière l'église.

La place du Parvis, a, elle aussi, bien changé, d'aspect : à gauche de Notre-Dame, se trouvait dans l'ancien parvis (fi g. 73), l'église Saint-Jean-le-Rond, qui servit longtemps de baptistère à la cathédrale et sur les marches de laquelle fut trouvé en 1717

1. On peut voir encore quelques débris de ces vieilles maisons, rue du Cloître-Notre-Dame, rue Chanoinesse, rue des Chantres.

l'enfant qui devait s'appeler plus tard Jean-le-Rond d'Alembert; cette église fut démolie en 1748; à droite se trouvait l'entrée de l'archevêché ; en avant du même côté, les anciens bâtiments de l'Hotel-Dieu.

Le parvis proprement dit, entouré d'une petite

Fig. 72. — L'Évêché avait été d'abord élevé par Maurice de Sully lors de la reconstruction de Notre-Dame. Devenu archevêché, il fut entièrement rebâti à la fin du dix- septième siècle par le cardinal de Noailles, qui ne conserva que la tour de l'ancien. Tous ces bâtiments ont été été détruits en 1831.

muraille, date de la fondation de l'église : parvis, en vieux français, veut dire paradis. Là, on amenait les condamnés, une torche à la main, faire amende honorable et entendre la lecture de leur arrêt de mort.

220. L,a Sainte-Chapelle. — Notre-Dame n'est pas la seule église du treizième siècle que possède Paris. Non loin d'elle, s'en voient deux autres: la Sainte-Chapelle et Saint-Julien-le-Pauvre.

La Sainte-Chapelle , le plus parfait des monuments du gothique pur en Europe, fut bâtie par Louis IX en 1245.

Cet édifice se compose de deux étages ; la chapelle basse destinée aux gens de l'enceinte du palais, la chapelle haute, réservée au roi et à sa famille. Pour donner à son monument plus d'élégance et de clarté, l'architecte Pierre de Montereau rejeta sur des contreforts extérieurs toute la portée

Fig. 73. — Le parvis Notre-Dame était autrefois orné d'une fontaine et d'une statue qui furent détruites en 1749. A droite se trouvaient les bâtiments de l'ancien Hôtel-Dieu ; au pied de la tour septentrionale était l'église Saint-Jean-le-Rond. La place actuelle date de vingt ans à peine.

de ses voûtes; les murs de clôture se réduisirent à l'épaisseur de simples piliers et des verrières immenses de la plus grande magnificence comme composition et comme couleur, firent de la chapelle une véritable merveille.

A l'époque de la Révolution, la chapelle de Louis IX devint un magasin de farine ; sous le Consulat, elle servit de dépôt aux archives judi-

198 MONUMENTS DE PAKIS.

ciaires. En 1837, la restauration de ce monument fut décidée : les architectes Duban, Viollet-le-Duc, Bœswillwald rendirent à l'édifice de Pierre de Montereau son ancienne splendeur; la flèche fut rétablie d'après le modèle de celle qui avait été déjà reconstruite au quinzième siècle ; les verrières furent restaurées et l'intérieur reprit son riche manteau de décorations.

221. Autres églises ogivales. — L'origine de Saint-Julien-le-Pauvre, remonte aux premiers siècles de l'ère chrétienne : les maisons dépendant de cette basilique servaient d*hospice ou de logis

Fig. T4. — Construite vers la fin du xne siècle, l'église Saint- Julien-le-Pauvre est d'un aspect très simple, mais c'est un précieux monument du style gothique pur, et elle renferme à l'intérieur de riches sculptures.

aux pèlerins, aux voyageurs pauvres, dont saint Julien était le patron.

« Saint Julien qui héberges les chrestiens. »

Vers la fin du douzième siècle, l'église actuelle

fut reconstruite ; très simple extérieurement, elle offre à l'intérieur un précieux spécime*i de l'architecture gothique : les détails de sculptures, principalement les chapiteaux, sont d'une variété et d'un goût exquis.

Réunie au dix-septième siècle aux bâtiments annexes de l'Hôtel-Dieu, cette église en devint la chapelle; mais depuis longtemps, on n'y célèbre plus aucun office.

Le prieuré de Saint-Martin-des-Champs, avait été fondé en 1060, par le roi Henri Ier, et depuis il ne cessa de s'agrandir et de prospérer.

L'église du prieuré, construite du milieu du douzième siècle au milieu du treizième siècle, est la plus ancienne église ogivale de Paris. Le réfectoire est un chef-d'œuvre de l'architecture du treizième siècle, attribué à Pierre de Montereau.

Le conservatoire des Arts-ei-Métievs, remplace depuis 1798 le prieuré, dont on retrouve encore facilement aujourd'hui presque toutes les parties principales.

Parmi les églises construites à cette époque, nous citerons encore Saint- Jacques -la -Boucherie et Saint-Paul.

L'Eglise Saint- Jacques-la-Boucherie, en grande partie construite au treizième siècle, ne fut pourtant terminée qu'au seizième. Elle fut démolie en 1797, et un marché de friperie en occupa l'emplacement. En 183o, l'État acquit la belle tour construite sous Louis XII, et que nous voyons aujourd'hui au centre du square qui porte son nom (voir p. 216).

De l'Église Saint-Paul, il ne reste rien; elle devint la paroisse des rois de France, lorsqu'ils habitèrent

l'hotel Saint-Paul et fut très agrandie au quatorzième siècle.

On peut enfin citer l'église Saint-Pierre- de-Montmartre qui, bien que remaniée depuis le treizième siècle, est encore fort intéressante à visiter.

222. Maisons du treizième siècle»— Beaucoup de villes de province ont encore des maisons datant du treizième siècle; il n'y en a plus une seule à Paris ; mais, par analogie, on peut se figurer leur aspect. C'étaient, pour la plupart, des maisons en pierre, de deux ou trois étages, au toit pointu et dont les angles étaient souvent ornés d'une tourelle. A la hauteur du premier étage, un large auvent avançait au-dessus de la rue et servait d'abri aux passants lorsqu'il pleuvait l.

Les boutiques ne ressemblaient guère non plus à nos magasins d'aujourd'hui : elles offraient une large ouverture cintrée qui, la nuit venue, se fermait par un volet. Les marchandises à vendre étaient ainsi exposées comme en un étalage derrière lequel se tenait le marchand, et, pour pénétrer dans la boutique, chose rarement nécessaire, il fallait entrer par l'allée de la maison2.

223. Hlonu iim-uI - du i| m a < onzième siècle* — Le quatorzième siècle et toute la première moitié du quinzième (1300-1450) sont une période de guerres avec l'étranger et de guerres civiles presque continuelles. Paris en fut toujours le théâtre ou en reçut le contre-coup, si bien que, pendant ces cent cinquante années, on songea moins à y construire des

1. Il n'y a guère plus de cent ans qu'on se sert communément de parapluies.

2. Cette disposition se retrouve encore dans les vieilles maisons de quelques villes <Jo province.

églises que des remparts ou des châteaux forts. Comme église, nous ne voyons guère à citer pour cette période que celle de Saint-Leu l, construite en 1320, dont le portail est rue Saint-Denis et dont le chevet est en façade sur le boulevard Sébastopol. Ce chevet est beaucoup plus moderne, car il fut achevé vers 1612, mais toute la nef et le portail datent du quatorzième siècle*.

La petite rue des Billettes, voisine de l'Hôtel de Ville, rappelle le nom du couvent des Carmes Billettes, fondé sons le règne de Philippe le Bel et par son autorisation 3.

11 nous en reste un fort joli cloître construit au quinzième siècle.

1. Non loin île Saint-Leu avait été fondé, également au quatorzième siècle, un couvent très important ou pour mieux dire une sorti: d'hôpital consacré à saint Jacques et destiné à héberger les nombreux pèlerins qui traversaient alors la France pour aller faire leurs dévotions à Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne. Ce couvent fut supprimé en 1790 et ses bâtiments disparurent peu de temps après; il y :i quarante ans environ, en construisant une maison sur son emplacement on trouva dans le sol divers débris de l'antique hôpital et le souvenir s'en était perpétué dans l'enseigne d'un magasin de nouveautés qui occupait la maison élevée à cet endroit : Aux statues de Saint-Jacques.

2. On voit, à Saint-Leu, un tableau représentant la légende du soldat suisse qui frappa de son épée une statue de la Vierge au coin de la rue aux Ours et en fit jaillir du sang. Le soldat fut arrêté et pendu sur le lieu de son crime et la statue miraculeuse gardée en grande vénération à Saint-Martin-des-Champs. Jusqu'à la Révolution, l'usage subsista de promener tous les ans dans les rues de Paris un mannequin habillé en suisse, qu'on brillait le soir au coin de la rue aux. Ours, où plusieurs cierges étaient allumés.

3. L'histoire de cette fondation mérite d'être racontée, car elle montre jusqu'où allaient, à cette époque, la superstition et le fanatisme. Un Juif, nommé Jonathas, avait prête de l'argent à une pauvre femme ; il s'engagea à lui faire remise de sa créance si elle lui apportait une hostie consacrée. Celle-ci le promit, accomplit sa promesse, et le Juif entreprit de transpercer l'hostie, puis de la faire bouillir, mais à chaque fois, dit la légende, des flots de sang jaillissaient sur lui. Epouvanté, le Juif appela à l'aide : il fut forcé de révéler l'opération sacrilège- qu'il avait tentée. Saisi aussitôt, il fut condamne à d'affreux supplices ; sa maison fut démolie et, en signe d'expiation, on décida d'élever sur l'emplacement qu'elle occupait un établissement religieux.

2'2i. Châteaux forts du quatorzième siècle. — L,a Bastille. — L.e Louvre. — La Bastille fut le

principal des châteaux forts de cette époque. À

Fig. "o. — Construit au quatorzième siècle, lecouvent des Billettes s'élevait non loin de la place de Grève ; il en est resté un joli cloître au-dessus duquel est installée une école protestante.

l'origine, c'était une porte fortifiée de l'enceinte de la ville. Cent ans après c'était déjà une prison, et elle resta debout jusqu'au jour où le peuple s'en empara, le 14 juillet 1789.

Elle était flanquée de huit tours dont quatre du côté de la ville et quatre du côté du faubourg Saint- Antoine. L'entrée était en face de la rue Saint- Antoine, puis il fallait franchir deux ponts-levis et passer devant un nombre infini de sentinelles avant de se trouver en présence du dernier pont-levis1 qui

1. Les étrangers n'étaient jamais admis dans cette dernière enceinte

et bien des malheureux détenus qui y gémissaient, pour une faute souvent

insignifiante, n'en franchirent plus le seuil. Il fallut à LatuJeunc. habileté

merveilleuse, un véritable génie pour s'évader de ce lieu terrible; il y

it cependant par deux fois, en se fabriquant des échelles de corde

celui-là ne s'abaissait que pour recevoir les prisonniers et leurs geôliers.

Charles V fit presque entièrement rebâtir le Louvre qu'avait commencé Philippe-Auguste, le renferma dans l'enceinte de Paris en 1367, et l'entoura de vingt-huit tours, ayant chacune un capitaine et désignées par un nom particulier : la tour de X Horloge, de V Artillerie, du Bois, de la Fauconnerie, etc.; enfin la tour de la Librairie, où se forma le premier noyau de la Bibliothèque nationale.

225. Palais de la Cité. — Palais de Justice. — Le palais de la Cité, qui était situé sur remplacement de notre Palais de Justice actuel, occupait toute la pointe occidentale de l'île. Il est certain que dès la domination romaine, il y avait déjà en cet endroit une résidence royale, que les Mérovingiens habitèrent. Le roi Eudes l'occupa à la fin du neuvième siècle ; Robert îe Pieux la fit rebâtir dans les commencements du onzième siècle. Louis IX en fit son séjour habituel et Philippe le Bel l'augmenta de constructions considérables. C'est de ce temps que date, entre autres, la grand 'salle, si célèbre pendant tout le moyen âge. Après Charles V, le Palais cessa d'être la demeure royale et ne fut plus que le séjour des gens de justice, c'est-à-dire du Parlement et de la Chambre des Comptes.

En 1776, Louis XVI fit faire la façade que nous voyons avec ses quatre grandes colonnes doriques, les deux bâtiments en retour, et la belle grille en fer, qui forme l'entrée de la cour de Mai, ainsi appelée parce que les bazochiens avaient coutume

avec les draps de son lit, en forgeant des outils avec un ressort de montre, et avec ces outils, en descellant les barres de fer qui se trouvaient dans les cheminées et enGn en travaillant deux heures dans l'eau glacée à percer la muraille du fossé extérieur.

de planter devant les marches de l'ancien palais, un chêne vert au mois de mai de chaque année.

Depuis la Révolution, de grands changements ont bouleversé tout le palais: du côté septentrional, les bâtiments qui relient les trois tours ont été prolongés, sous Napoléon III, jusqu'à la place Dauphine,

Fig. 76. — Le Palais de Justice s'appelait autrefois Palais de la Cité et fut l'une des résidences des anciens rois. A partir de Charles V, il ne fut plus que le séjour des gens de justice. C'est de Louis XVI et du second Empire, que date le monument que nous voyons aujourd'hui.

et ont formé la monumentale façade occidentale du Palais, construite par Duc.

A l'angle du quai de l'Horloge est la tour carrée, célèbre par la première grosse horloge qui fut posée à Paris, en 1370, par un Allemand nommé Vie, que Charles V avait appelé en France. Sous Henri III, le cadran fut refait, doré et orné des jolies figures de Germain Pilon : il existe encore, restauré en même temps que la tour par MM. Duc et Daumet.

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