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Son nom rappelle le fossé de la muraille

Bournon. 2

Fig. 12. — La Porte Saint-Jacques 'Hait une des principales de l'enceinte de Philippe-Auguste ; elle s'ouvrait à l'angle des rues Saint-Jacques et Soufflot. Une inscription en indique l'emplacement.

de la Vieille-Estrapade et Descartes, longeait l'abbaye de Sainte-Geneviève et redescendait la colline dans le sens de la rue Clovis1.

Suivant ensuite le tracé de la rue du Cardinal- Lemoine - et longeant la rue des Fossés-Saint- Bernard, cette muraille venait aboutir à une grosse tour appelée la Tournelle3.

Plusieurs portes y étaient ouvertes (v. le plan, page 28) : celle de Nesle d'abord, sur la rivière ; puis la porte de Buci que Perrinet-Leclerc livra aux Bourguignons, en 1418 ; la porte des Cordeliers, à hauteur de la rue Racine; la porte Saint-Michel, au bas de la rue Soufflot ; les portes Saint-Jacques et Bordet sur la colline; la porte Saint- Victor, conduisant à la célèbre abbaye, et enfin la porte de la Tournelle qui, plus tard, s'appela porte Saint-Bernard.

Sur la rive droite, la muraille partait de la Tour Barbeau4, traversait les terrains où s'élève le lycée Charlemagne, gagnait la rue Saint-Antoine et longeait la rue actuelle desFrancs-Bourgeois5. L'enceinte passait ensuite dans le quartier Beaubourg, traversait la rue Saint-Martin à l'angle de la rue du Grenier- Saint-Lazare6, puis la rue Montorgueil et la rue

1. Dans cette rue, vers l'angle de la rue du Cardiual-Lemoine, existe encore un des fragments les plus importants qui soient restés de cette enceinte.

i. Autrefois appelée rue des Fossés-Saint-Victor.

3. A l'endroit où le boulevard .Saint-Germain vient déboucher sur le quai, en face du pont Sully.

4. Située en face de la Tournellc, à l'endroit où se trouve maintenant le quai des Cèlestins.

o. Dans la cour du grand Mont-de-Piété, en facedes Archives.se trouve figurée sur le sol une ligne de deux rangs de pavés qui indique letracéde l'enceinte sous Philippe-Auguste, et dans une autre cour existe encore une tour de forme bizarre, faite de pierre* et de tuiles, qui appartenait a la Poterne du. Chaume. C'était, lorsqu'on L'a découvert il y a quelques années, le plus important fragment du rempart du treizième siècle.

6. Ainsi nommée, dès le treizième siècle, d'une famille Garnier de Suint- Lazare, dont on changea le nom en Grenier.

Montmartre un peu au-dessus de l'église Saint- Eustache, arrivait au carrefour formé par la rue Jean-Jacques-Rousseau et la rue Coquillière, traversait l'emplacement de l'ancienne halle au blé, longeait l'église de l'Oratoire 1 et venait entin aboutir contre les murailles du Louvre en face de la tour de Philippe-Hamelin, plus tard la fameuse tour de Nesle.

Sur la rive droite s'ouvraient également plusieurs portes, parmi, lesquelles : la porte Baudet ou Baudoyer2, située rue Saint-Antoine; la porte du Chaume; la porte aux Peintres, dont le nom a été conservé à une impasse aboutissant rue Saint-Denis; la porte Montmartre ; la porte Coquillière, là où est la rue Coquillière, et la porte Sainl-Honoré.

Entre les deux rives, à chaque extrémité de l'enceinte, une lourde chaîne de fer, reliant les deux tours, barrait la rivière, car ne passait pas qui voulait, et il fallait, pour que la chaîne livrât passage, une permission du prévôt des marchands de l'eau.

24. Pavage des rues «le Paris. — A l'époque de Philippe-Auguste, Paris comptait déjà environ 120 000 habitants. Aussi la circulation était-elle assez active. Le roi fit paver sinon toutes les rues, du moins les principales.

Voici le récit d'un historien contemporain à ce sujet. « Le roi était un jour dans son château du Louvre, et se promenait, songeant aux affaires du royaume. A ce moment passa une lourde charrette dont les roues, en remuant la boue des rues, en firent sortir une odeur insupportable. Quand il sentit cette puanteur, Philippe eut une grande abomi-

\. Construite au dix-septième siècle.

i. Le nom a été conservé à une place voisine de l'endroit oïl était cette porte, place qui se trouve devant la mairie du quatrième arrondissement.

Fio. 13. — Sous Philippe -Auguste. Paris avait environ 120 000 habitants et comptait près de 300 rues, dont on commença alors à paver une partie; sa superficie (qui est maintenant de 7 800 hectares), était alors de 2;>0 hectares seulement. Une nouvelle enceinte entoura les faubourgs de la rive droite et de la rive gauche. Sous Philippe-Auguste, la Cathédrale et le vieux Louvre furent commencés ; la clôture du cimetière, des Innocents et les ancieunes Halles furent construites.

nation de cœur. Aussitôt il manda le prévôt et les bourgeois de la ville et leur donna ordre de faire paver les rues de pierres grosses et fortes, ce qui fut fait. » L'historien ajoute que ses prédécesseurs avaient reculé devant une si grande dépense. Philippe-Auguste n'hésita pas, et il fit bien, car cette entreprise intéressait la santé de tous les habitants.

En même temps qu'il s'occupait du pavage de Paris, Philippe-Auguste augmentait encore la salubrité publique en faisant conduire l'eau en abondance dans la capitale. De son temps, on commença à utiliser les sources de Belleville et de Romainville «mi les amenant à Paris, et plusieurs fontaines furent créées.

25. L«e style ogival naît dans l'Ile-de-France, au douzième siècle. — C'est sous Pbilippe-Auguste que s'accomplit une véritable révolution dans l'art de bâtir. Jusqu'alors les édifices avaient et»'' construits selon le style roman*. .Mais d'habiles constructeurs modifiant. des habitudes qui remontaient aux Romains, inventèrent le style ogival*, dont Notre-Dame et la Sainte-Chapelle sont d'admirables spécimens.

C'est dans l'Ile-de-France que prit naissance le style ogival, qui devait de là se répandre dans tout le monde civilisé. C'est donc un art essentiellement français.

26. Paris sous Louis IX <i22CÏ-i2?0). Prévôt de Paris, prévôt des marchands. — Louis IX réorganisa la prévôté de Paris et la confia à Etienne Boileau, homme intègre, « qui fit bonne et roide justice et n'épargna pas plus le riche que le pauvre. » Le prévôt de Paris représentait le roi par qui il était nommé; il était chargé de l'administration politique et militaire de Paris et siégeait au Châtelet, sorte de château fort situé sur l'emplacement actuel de la place qui rappelle son nom, et démoli en 1802.

Le prévôt des marchands, élu par le Corps de

ville, était chargé de la police intérieure et de l'administration de la ville; il siégeait au Parloir aux Bourgeois qui se trouvait alors non loin du Châtelet. Le prévôt des marchands était assisté par quatre échevins qui, réunis à vingt-quatre prud'hommes ou conseillers, formaient le Corps de ville. Des clercs spéciaux veillaient à l'expédition et à l'enregistrement

des actes de la municipalité, à la vérification des poids et mesures, etc.

Une garde appelée le guet avait pour mission de veiller à la sûreté des rues de la capitale.

27. Corporations et confréries. — Louis IX régularisa les corporaj/ tions et confréries, et les subordonna directement à l'administration de la Fia. i4. - Le costume des viile même. Par ses or-

Bourgeois du treizième siècle

se composait d'une tunique qui dl'eS, le prévôt de Paris, n'était autre chose que l'ancienne y,;. nnû R^iloon fît i»û saie et d'un haut-de-chaus.ses.Lhi- tienne BOlleaU, tlt lever, les hommes se couvraient d'un cueillir les règlements des

grand manteau appelé balandran. , -,

marchands, artisans, ouvriers de la ville ; c'est ce qu'on a appelé le Livre des Métiers. Désormais, chaque corps eut ses statutsofficiels, le livre de ses obligations et de ses privilèges.

Il y avait les tailleurs d'images, qui sculptaient les statues des cathédrales; les maîtres des œuvres de maçonnerie, qui construisaient d'admirables églises ; les talemeliers, qui taisaient la pâtisserie ; les cervoisiers, qui fabriquaient la cervoise, boisson assez semblable à la bière ; les crieurs de vin, qui annonçaient dans les rues la taverne où se buvait

le meilleur vin et le moins cher; les tréfiliers, qui travaillaient le fil de fer; les archers ou fabricants d'arcs et de flèches, les armes d'alors ; les étuviers ou maîtres d'établissements de bains; les potiers d'étain, qui sont nos chaudronniers actuels; les écuelliers, etc., etc.

Chacune des diverses branches d'industrie était groupée en corporations, en confréries ; tous les ans, un banquet était donné, où les confrères buvaient joyeusement à la prospérité de l'œuvre commune.

Pour entrer dans une corporation, il fallait s'engager par serment à en observer les règlements, puis on commençait par être apprenti. Après un stage* assez long, on était reçu compagnon. L'ouvrier était alors libre de s'embaucher sous certaines conditions, et prenait part à l'élection d'un conseil qui jugeait les différends qui surgissaient au sein de la corporation. Pour passer maître, il fallait produire un travail prouvant qu'on pouvait résoudre toutes 1rs difficultés du métier : c'est ce qui s'appelait le chef- (Tœuvre. Celui qui y avait réussi était admis parmi les maîtres, dès qu'une place se trouvait vacante, car le nombre en était limité. Ces catégories d'apprentis, de compagnons, de maîtres ou de patrons existent encore.

28. La Sorbonne. — La Sorbonne1 fut fondée, grâce aux libéralités de Louis IX, par son chapelain Robert de Sorbon, en 1257. Comme dans tous les collèges du moyen âge, le temps était employé en exercices religieux ou théologiques bien plus qu'en travaux littéraires et scientifiques.

29. L.es écoliers. — Les écoliers qui fréquentaient l'Université de Paris, — près de quinze mille, — habitaient tous la rive gauche. Ils avaient de nombreux privilèges, entre autres ceux de ne pouvoir être arrêtés par leurs créanciers et d'être exempts de la juridiction du prévôt de Paris. Parfois, ils

1. Ce fut d'aboi'd un collège destiné aux écoliers sans fortune.

Fio. 15. — Le Palais de la Cité était situé sur l'emplacement de notre Palais de Justicêr~€e fut, depuis l'époque mérovingienne, l'une des résidences royales; Charles V lui préféra l'hôtel Saint-Paul. — 1. Entrée du Palais; 2. La Sainte-Chapelle; 3. Pont Saint-Michel ; 4. Église Saint-Séverin ; 5. Pont au Change ; 6. Grand'Salle de Justice ; 1. Bâtiments du Palais.

envahissaient en masse la Cité, bousculant les bourgeois, rossant le guet*, et regagnaient ensuite leur quartier où ils étaient maîtres et où l'on ne pouvait les poursuivre. Ils se réunissaient souvent dans un vaste terrain appartenant à l'Université et qui s'appelait le Pré-aux-Clercs. Comme il était situé non loin des possessions de l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés, entre la Seine et la rue du Bac, le boulevard Saint-Germain et la rue Bonaparte, il y eut souvent à ce sujet de violentes querelles entre les religieux de Saint-Germain et les recteurs de l'Université, querelles auxquelles prenaient part les écoliers.

Le Petit Châtelet, à l'entrée du Petit-Pont, était la prison ordinaire où l'on enfermait cette bruyante jeunesse qui appartenait à toutes les provinces, à tous les pays.

30. L.» Saiute-ciiapelie. — La Sainte-Chapelle était enclavée dans le Palais. Cet admirable monument,édifié par LouisIX. était la chapelle particulière du roi, qui résidait souvent au Palais de la Cité. C'est là qu'il rendait ses arrêts, quand il ne les rendait pas sous le chêne, resté légendaire, de Vincennes.

Voici ce que raconte à ce sujet Joinville *, son fidèle historien, et en même temps son ami. « Maintes fois il advint en été qu'il allait s'asseoir au bois de Vincennes et s'accotait à un chêne, et nous faisait asseoir auprès de lui. Et tous ceux qui avaient affaire venaient lui parler sans empêchement d'huissier ni d'autres gens. Et alors il leur demandait de sa propre bouche : « Y a-t-il quelqu'un qui ait sa partie ? » Et ceux qui avaient leur partie se levaient. Et alors il disait: « Taisez-vous tous et l'on vous expédiera l'un après l'autre... » Je vis quelquefois que pour expédier ses jiens, il venait dans le jardin de Paris, vêtu d'une cotte de camelot, d'un surcot* de tire-laine sans

manches, un manteau de taffetas noir autour de son cou, très bien peigné et sans coiffe, et un chapeau de paon blanc sur sa tête. Et il faisait étendre des tapis pour nous asseoir autour de lui, et tout le peuple qui avait affaire par devant lui se tenait autour de lui debout. Et alor.s il les faisait expédier <!<• la manière que je vous ai dite avant pour le bois de Vincennes. »

Outre la Sainte-Chapelle, le roi fit faire à son palais de nombreux agrandissements; il fit construire, entre autres, la salle qui porte encore aujourd'hui le nom de Cuisines de Saint-Louis.

C'est dans la Grand1 salle de Justice du palais que se réunissait la Cour de Justice ou Parlement, qui, dès cette époque, commença à résider à Paris. Sous Louis IX, le Parlement n'étail guère qu'un Conseil auquel le roi déléguait son autorité judiciaire. Ce n'est que plus tard, en 1302, qu'on voit Philippe le Bel organiser régulièrement le Parlement et en faire la cour souveraine du royaume.

31. Couvents fondés |>ar S^oui». IX. — Louis IX a créé ou contribué à créer, à Paris, de nombreux couvents, comme celui des Jacobins, rue Saint-Jacques, où il faillit se faire moine1. L'un d'eux a une origine glorieuse; et martiale*. Pendant la bataille de Bouvines (1214), au moment le plus péril lej ix, les gens d'armes avaient fait le vœu solennel de fonder un couvent à Paris s'ils remportaient la victoire. Ils réalisèrent leur vœu en 1229 par la fondation du prieuré de Sainte-Catherine-du-Val-des-

1. Louis IX. par se Lar( contribua au développement du couvent

des Filles-Dieu. A.u quatorzième siècle, ce couvent, d'abord établi dans te faubourg Saint-Denis, vint s'installer dans la ville même, entre les

rues Saint-Denis et 1 1 1 1 Caire. C'était la route qui coiiiluisait au gibet de Mont Tau. mi. Lés religieuses avaient pour mission de donner un morceau de pain aux condamnés qui passaient là pour la dernière t'ois.

Écoliers1 qui était situé dans le quartier du .Marais. C'est à Louis IX que Paris doit, entre autres établissements ecclésiastiques,l'hospice des Quinze-Vingts* destiné dès l'origine aux aveugles.

C'est une légende que l'histoire de ces trois cents gentilshommes français auxquels les infidèles d'Egypte auraient crevé les yeux pendant la croisade, et qui, à leur retour en France, auraient trouvé un asile dans un hospice d'aveugles fondé par saint Louis. Il est prouvé que les premiers aveugles auxquels Louis IX donna l'hospitalité étaient de pauvres gens, abandonnés de tous, et vivant on ne sait comment. Jusqu'au dix-huitième siècle, leur hôpital était situé dans l'un de nos plus beaux quartiers d'aujourd'hui : il couvrait l'emplacement des rues de Rohan, de Rivoli, de l'Échelle, et s'étendait surlaplace du Théâtre-Français*.

1. La rue Culture-Sainte-Catherine, maintenant rue de Sêvigné, en a longtemps rappelé le souvenir.

2. En 1779, le fameux cardinal de Rohan. grand aumônier des Quinze- Vingts, vendit ce beau terrain six millions, pour acheter l'enclos actuel de la rue de Charenton qui coûta moins d'un demi-million.

Fig. 16. — La Tour de Nesle, qui s'appelait d'abord tour de Philippe- Hamelin, fut construite par Philippe-Auguste. Elle est célèbre par n m- légende populaire qui veut qu'uno reine do France y ail commis nombre de crimes affreux. Cette tour, qui était située tout près du pont des Arts actuel, a été détruite en 1661.

32. Influence <le rE«Iise au moyen âge. — On a vu combien les constructions d'édifices religieux étaient nombreuses au moyen âge ; c'est qu'au milieu des troubles politiques, des guerres incessantes, de l'ignorance générale, le clergé, obéissant à une tradition et à une discipline uniques, était devenu omnipotent. Rien ne se faisait sans lui ni en dehors de lui. On n'étudiait guère que dans les couvents et les communautés, et l'enseignement tout entier était dans les mains du clergé. Pas un collège à Paris ni ailleurs qui ne lui appartint1.

Lorsque les écoliers entraient dans la vie civile, ils n'étaient pas pour cela affranchis de la tutelle ecclésiastique qui les suivait partout et toujours.

Bien rares, en effet, étaient alors les esprits indépendants, et il était dangereux de professer une doctrine, même scientifique, qui ne fût pas conforme à l'enseignement religieux.

Cette puissance extraordinaire explique ces fondations incessantes d'abbayes et de couvents, et ces constructions de superbes cathédrales. Les rois, les grands seigneurs, la bourgeoisie, le peuple voulaient, à l'envi, se faire bien venir du clergé qui les aidait dans leurs entreprises en cette vie, et leur promettait le ciel dans l'autre.

Donc à Paris comme ailleurs, les monuments qu'on élèvera au moyen âge sont surtout des églises et des couvents, aussi riches que possible.

D'autre part, comme il faut se fortifier contre l'ennemi, on construit partout de solides forteresses.

1. C'est ainsi que la Sorbonne demeura, jusqu'en 1789, un établissement ecclésiastique. La Maison de Sorbonne, aujourd'hui chef-lieu de l'Université de France, condamnait autrefois à la destruction les écrits uon conformes à ses idées.

PAEIS SOUS LES CAPETIENS.

Tous les monuments de cette époque répondront donc à cette double préoccupation.

33. Paris au XIIIe siècle. — Supposons que, du haut des tours Notre-Dame, achevées sous Louis IX, nous jetions un coup d'œil d'ensemble sur le Paris d'alors, avec ses rues et ses édifices. Quatre ponts seulement traversent la Seine, dont l'un correspond au pont Saint- Michel et l'autre au Petit- Pont, et deux autres sur l'emplacement du pont au Change et du pont Notre-Dame.

Tous quatre relient donc l'île aux deux berges du fleuve, et pour aller de la Tour de Nesle au Louvre, il faut passer par la Cité, à moins d'employer les bateaux de passeurs.

En face de la cathédrale, se dressent les hauts bâtiments du Palais palais de Justice), habile par le roi, et la flèche aiguë de la Sainte-Chapelle ; plus loin, la grosse tour du Louvre, bâtie par Philippe- Auguste, et la série des tours crénelées*qui forment les remparts de la ville. Dans l'intervalle, un fouillis de maisons aux toits pointus, au milieu desquelles serpentent de petites rues étroites et obscures qui, par de nombreux zigzags, conduisent aux quatre ponts, au Palais et à Notre-Dame.

Fio. 17. — Les rues de Paris au moyen âge étaient étroites et malsaines. Beaucoup n'étaient pas pavées et elles étaient plongées la nuit dans une complète obscuritt'.

A Test, du côté d'où vient la Seine, c'est déjà presque la campagne que l'on a sous les yeux. L'île Saint-Louis, qui alors formait deux ilôts, ne se couvrira de maisons qu'au dix-septième siècle.

34. I\onis des rues. — Les noms des rues ont diverses origines. Beaucoup viennent des enseignes des maisons. A cette époque, en effet, où le numérotage des maisons n'était pas encore en usage, on ne les désignait d'ordinaire que par leurs enseignes, qui, le plus souvent, étaient, non pas écrites, mais peintes. 11 arriva souvent que l'enseigne d'une maison donna son nom à la rue où cette maison était située : telle est l'origine des rues de la Harpe, de Y Arbalète, de V Arbre-sec, de VHirondelle, de y Homme-armé, etc. D'autres prirent des noms d'habitants, telles que les rues Jean-Lantier, Simon-Le franc, Geoff'royl 'Angevin; d'autres enfin tirèrent leurs noms de couvents, telles que les rues des Blancs- Manteaux, du Temple, Saint- Victor. Un poète du xive siècle s'est amusé à mettre en vers les noms des rues du Paris d'alors ; il y en avait environ 400. Il en est qui existent encore et dont le nom est, par conséquent, vieux de cinq siècles. Sous Louis IX, Paris comptait environ 130 000 habitants et 300 rues.

Rappel des constructions du treizième siècle. — Notre- Dame de Paris. — Le Louvre. — Le Palais de Justice (restauré depuis). — La Sainte-Chapelle. — Saint-Julien-, le-Pauvre. — Chapelle du prieuré de Saint-Mari in-des- Ghamps. — Enceinte de Philippe-Auguste.

QUESTIONNAIRE

I. Que devint Paris sous Hugues Capet et V. successeurs? — 2. Où était situé le prieuré de Saint-Martin-des-Champs ? — 3. Quel établissement occupe aujourd'hui les anciens bâtiments de ce prieuré ? — 4.0Ù étaient situées l'église Saint-Jaeques- [a-Boucherie? — L'abbaye Saint-Victor?

5. Dans quel but Philippe-Auguste lit-il construire une nouvelle enceinte? — 6. Quels quartiers traversait-elle? — 7, Citez les principaux monuments sous Philippe- Auguste. — 8. A quelle occasion ce roi

fit-il construire le Louvre? — 9. Sous quel règne fut commencée Notre-Dame de Paris et sous quelle direction fut-elle continuée ? — 10. Qu'est-ce que les Quinze-Vingts?— La Sainte-Chapelle? —

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