Principaux prévôts clés marchands
Les principaux personnages qui ont exercé la charge de prévôt des marchands sont : au treizième siècle, Etienne Barbette, qui a donné son nom à une rue ; au quatorzième siècle, le célèbre Etienne Marcel, le grand tribun de la révolution de 1357 ; puis, plus tard, Pierre Viole, sous François Ier; de Thou, François Miron, à l'époque d'Henri IV, Claude Le Peletier, et au dix-huitième siècle, Bignon, de la Michodière, Turgot, père du ministre de Louis XVI.
272. Échevins. — Au-dessous du prévôt des marchands venaient les quatre échevins1, élus, comme le prévôt, par la population, et qui, comme lui, devaient être nés à Paris.
273. Conseillers de ville. — Ces cinq administrateurs de la ville étaient assistés par un conseil composé de vingt-quatre prud'hommes appelés conseillers; leurs attributions étaient surtout judiciaires et s'exerçaient d'abord au Parloir aux Bourgeois, puis à l'Hôtel de Ville. Ils étaient désignés par le prévôt des marchands et les échevins. Notre conseil municipal, plus nombreux et avec des attributions plus étendues, rappelle cet ancien conseil de ville.
274. Agents de l'administration. — Le chef du personnel chargé d'expédier les affaires municipales était le greffier de l'Hôtel de Ville, anciennement
1. Ce mot vient du latin scabini, qui lui -même a été formé sur un mo$ d'origine germanique : scheffen, qui signifie ordonner, régler.
appelé clerc du Parloir; il était en même temps comptable des finances municipales; mais plus tard, on nomma un receveur chargé exclusivement de la caisse municipale. Il y avait aussi un procureur de la ville, qui avait mission de défendre les intérêts municipaux; enfin, des sergents du parloir, armés d'une baguette ou verge, qui les rendait inviolables dans l'accomplissement de leurs nombreuses fonctions.
Chaque quartier comptait, en outre, un certain nombre d'agents représentant le prévôt des marchands et faisant exécuter ses ordres. Leur chef était le quartenier; puis, au-dessous de lui, les cinquanteniers et les dizainiers. Leurs attributions étaient surtout militaires ; autrefois tous les habitants étaient enrégimentés dans la milice bourgeoise et veillaient eux-mêmes à la sûreté de la ville.
Le cinquantenier commandait à 50 hommes de cette milice et le dizainier à 10. Cette organisation dura jusqu'en 1789.
275. Prévôt «le Paris. — Il ne faut pas confondre le prévôt des marchands avec le prévôt de Paris, qui était un officier du roi, choisi par lui, et son représentant dans la ville. Il siégeait au Grand Châtelet, situé sur la place qui en a tiré son nom, et y représentait le roi au point de vue judiciaire. En outre, le prévôt de Paris avait des attributions militaires et administratives ; c'est lui qui convoquait le ban et l'arrière-ban de la noblesse, qui faisait construire les édifices propres à la défense de la ville ou à son utilité1, qui veillait à la police de la cité et délivrait les actes authentiques.
1. On se souvient qu'Hugues Aubriot, prévôt de Paris, bâtit, entre autres monuments, la Bastille.
ADMINISTRATION MUNICIPALE
Plus tard, en 1498, un édit retira l'administration de la justice au prévôt pour la confier à deux lieutenants, appelés l'un civil, l'autre criminel, suivant là nature des affaires qu'ils avaient à juger. Ces magistrats siégèrent au Châtelet comme le prévôt dont ils étaient les subalternes.
La dignité de prévôt de Paris ne fut plus guère que
Fig. 111. — Le Grand Châtelet, dont on fait remonter l'origine à Charles le Chauve, était le siège de la justice municipale de Paris, dont le chef était le prévôt de Paris. Reconstruit en 1684 par Louis XIV, qui en fît en même temps une prison, il fut démoli en 1802. Il était situé sur l'emplacement du théâtre et de la place du même nom.
nominale lorsque Richelieu eut créé les Généralités, ayant chacune à leur tête un intendant. Alors la généralité de Paris constitua un vaste département, correspondant à peu près à la province appelée Ile-de-France, et l'intendant eut les attributions du prévôt.
Si nous cherchions une analogie entre les fonctions des prévôts de Paris et celles d'un de nos
magistrats actuels, c'est au préfet de police qu'il faudrait comparer ces officiers royaux.
276. Administrations municipales tic Paris depuis la Révolution. — La Révolution française plaça à la tète de la municipalité parisienne, loi du 21 mai 1790, un maire assisté de 16 adjoints, 30 conseillers et 96 notables. Tous ces personnages étaient librement élus par les citoyens répartis en 48 districts ou sections.
La constitution de l'an VIII (1800) institua un préfet de la Seine remplissant les fonctions de mairç de Paris et d'administrateur du département, et un préfet de police, tous deux nommés par le gouvernement. Les habitants n'avaient aucune part à cette nomination et il n'y avait pas de conseil municipal.
Louis-Philippe créa un conseil municipal composé de trente-six membres nommés au suffrage restreint, c'est-à-dire par des électeurs choisis par un autre groupe d'électeurs.
La seconde République donna à Paris un maire central et deux adjoints, mais le second Empire rétablit l'autorité des deux préfets en y adjoignant une commission municipale nommée par l'Empereur.
277. L-es Armoiries de Paris. — Chaque ville, au moyen âge, possédait des armoiries, un blason. C'était le symbole de son existence, de sa personnalité : elle le faisait sculpter au fronton de ses monuments, broder sur ses oriflammes et les étendards de sa milice; ses actes en étaient revêtus.
Le blason de Paris date au moins du treizième siècle. Quand la corporation des marchands de
ADMINISTRATION MUNICIPALE
Fin. 112.- Armoiries de la Ville de Paris sous Charles V.
l'eau concluait un traité, un accord, elle scellait de son sceau la charte en parchemin sur laquelle était rédigé l'acte. Or ce sceau ou cachet de cire représentait un bateau.
C'étaient les armes qui sont devenues par la suite les armes mêmes de la Ville.
Après l'assassinat d'Etienne Marcel, en 1358. et la rentrée de Charles V dans Paris, celui-ci, voulant sans doute indiquer la suprématie de la royauté sur la capitale de la France, ordonna qu'on ajouterait sur le blason de Paris, au-dessus du bateau, un semé de fleurs de lys, emblème du pouvoir royal.
Par la suite, on oublia L'origine historique de ces armoiries, et on en modifia le sens historique, sinon la représentation.
La vieille barque des marchands de l'eau devint un navire flottant sur une mer agitée, et, au-dessous, on inscrivit cette devise : Fluctuât nec mergitur. « Il vogue sans jamais être submergé. »
QUESTIONNAIRE
Fio. 113. — Armoiries actuelles de la Ville de Paris.
1. Quelle fut l'origine de l'administration parisienne? — 2. Parlez du prévôt des marrhands. — 3. Citez les principaux prévôts des marchands. — 4. Qu'était-ce que les éehevins? — les pruduummes ? — 5. Parl-z des agents de
l'administration. — 6. Qui choisissait le prévôt de Paris et quelles étaient ses attributions? — 7. Que savez-vous de l'administration parisienne depuis 1789? — 8.
Qu'appelle-t-on armoiries?— 9. Quelles sont les armoiries de Paris ?