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Quand elle perdait la moitié de son pouvoir dans l'Inde ;
Quand sa flotte était écrasée à Belle.Isle ;
Quand la France en banqueroute était réduite à offrir cinquante pour cent à ses porteurs de rente ;
Enfin, quand on lui faisait sacrifier la Guadeloupe et le Canada.
Car il ne faut pas oublier que c’est par cet #//wstre aïeul de M. de Chambord, que nos ancêtres ont été abandonnés seuls et sans ressources à toutes les horreurs d’une guerre qui a fait perdre à la France l’un des plus beaux domaines du monde, et à nous notre nationalité française ! |
Et où allait l'argent du peuple, pendant ce venpeé ?
Les chiffres suivants en donneront une idée.
C'est le relevé en gros, de ce que dépensait chaque année, à elle seule, cette guenon ’oyale qu’on appelle la Pompadour.
Pour ses colifichets, 1,300,000 !
Pour ses domestiques, 1,200,000 !
Pour sa table, 3,504,380 !
Pour ses fêtes, 4,000,000 !
Pour ses chevaux, 3,000,060 !
Sans compter deux millions de diamants.
Ces chiffres, publiés par Leroy, sont tirés des documents trouvés dans les archives de Versailles. Sans la révolution on ne les aurait jamais vus.
Et, si c'eût été là tout ce que coûtait la praillardise royale au peuple mourant de faim ! Mais n’y avait-il pas aussi lé fameux Parc-aux-Cerfs ?
On conçoit que des gens, habitués à entendre parler des rois de France par ces bons légitimistes, ne savent guère ce que c'était que le Parc-aux-Cerfs.
Eh bien, malgré la difficulté qu’il y a d'aborder délicatement un pareil sujet, je vais essayer de laisser au moins deviner un peu ce qu'était cette institution floris-
sant sous ce régime si saint, si religieux, si exemplaire, que nos faux dévots désireraient tant voir ressusciter en France, dans les intérêts de la religion.
En deux mots, le Parc-aux-Cerfs n’était rien autre chose qu’une espèce de h7:em que sa majesté le roi de France, Louis XV, s'était monté à Versailles, et que le fameux Lebel était chargé de peupler, pour la plus grande gloire de Dieu et l’'imusement de la royauté.
Ce harem était rempli de jeunes filles de Æwit à dix ans !
‘ Le nombre de celles qui y furent conduites fut immense, dit Lacretelle. Elles étaient ansuites dotées et mariées à des hommes vils ou crédules. Les dépenses au Parc-aux-Cerfs se payaient avec des acquis au comptant. Il est difficile de les évaluer ; mais il ne peut y avoir aucune exagération à affirmer qu’elles coûtèrent plus de
cent millions à l Etat ; dans quelques libelles, on les porte à ## milliard! ”
Voilà ce qu'était le Parc-aux-cerfs !
Applaudissez, saints hommes !
L'abominable lubricité maladive du tyran était telle que la plume la plus hardie s'arrête devant les détails.
Qu'il suffise de dire que ce monstre dégoûtant, la terreur de toutes les familles, était devenu tellement en horreur au peuple français que le bruit courait partout dans Paris que les nombreuses jeunes filles au-dessous de dix ans qu’on enlevait aux parents pour les jeter dans le lupanar royal, y étaient égorgées, et que le roi prenait des bains de sang d’enfants pour refaire sa constitution ruinée par la débauche.
C'était de l’exagération sans doute ; mais il fallait que le peuple eût une haute opinion du saint roi pour supposer de pareilles horreurs !
Et despote !
Qu'on en juge par sa réponse au parlement de Paris, le 3 mars 1766 :
‘ C’est en ma personne sem, dit-il, que réside l’autorité souve-
raine... C’est à moi seul qu'appartient le pouvoir législatif sans dépendance et sans partage. L'ordre public tout entier émane de moi ; j'en suis le gardien suprême. Mon peuple n’est qu'un avec moi ; les droits et les intérèts de la nation dont on ose ‘faire un corps séparé du monarque, sont nécessairement unis avec Îles miens, et ne reposent qu’emire mes mains !”
Et dire que cette pauvre France hésite à s'identifier de cette façon avec le comte de Chambord! Peut-on refuser ainsi son bonheur ? À
La parole est maintenant à Victor Hugo :
Ce quatrième-là, comment le raconter ?
Venu pour tout corrompre et pour tout éhonter, Il ne fut pas le roi du sang, mais de l’écume. L'autre était le soleil : il vint, et fut la brume; {1 fut l’impur miasme, il fut l’extinction
De la dernière haleine et du dernier rayon ;
El répandit sur l’âme humaine exténuée
Tout ce que le bourbier peut jeter de nuée.
Il s’appela Rosbach, il s'appela Terray ;
Adieu le pur, le grand, le saint, le beau, le vrai ! Corruption, débauche, impudeur, arbitraire,
Un sinistre appétit de faire le contraire
De ce que veut l'honneur, un satyre à l'affût, Boue et néant, voilà ce que cet homme fut.
D’autres rois ont été flairés par les orfraies ;
{ls ont été les pleurs, les tortures, les plaies, Les terreurs, les fléaux ; celui-ci fut l’affront. On vit sous lui le front de la France, ce front Où la lueur de Dieu s’épanouit et monte, Apprendre la courbure horrible de la honte ;
O deuil ! le drapeau franc et la peur mariés ; Deux vils sauve-qui-peut en même temps criés Ici par la faiilite, et là, par la déroute ;
La vieille honnêteté publique croulant toute ; L’honneur mort ; dans un siècle un seul jour : Fontenoy ; Ce règne est une cave, et sous ce lâche roi, Tout s’éclipse, grandeur, victoire, exploits célèbres ; Et de mille fils noirs traversant les ténèbres, Tout au fond, arrêtant dans leur vol vers l’azur La grâce, la beauté, la jeunesse au front pur, Son lit sombre rayonne en toile d’araignée;
ps Rois DE FRANCE 9)
Et cependant la terre est d’aurore baignée ;
Un jour se lève, on sent un souffle frisonner ;
La Éranos est une forge où l’on entend sonner
Le marteau du progrès et l’enclume du monde ; Tout monte à l'idéal, lui, plonge dans l'immonde ; La France marche au jour, lui dans l’antre s'enfuit : Auprès de la lumière il élè-e la nuit ;
En regard de Paris, ce roi bâtit Sodome,
Or on allait cherchant un surnom à cet homme,
Voyez ; instincts rampants, amours empoisonneurs, Toutes les lâchetés et tous les déshonneurs, Ignorance du bien et du mal, turpitude, Bon visage aux méchants, orgie, ingratitude, Soupir de delivrance à la mort de son fils ; Organisant ia faim, faisant d’affreux profits Sur les peuples hagards que la misère mine, S'engraissant de leur diète et mangeant leur famine, Roi vampire ; riant des sanglots, sourd aux cris ; Rampant, faisant règner l'Angleterre à Paris ; Laissant rouer Calas, laissant brûler Labarre ; Dur par indifférence et molesse, barbare Pour ne pas se donner la peine d’être bon ; Fumier fleurdelysé, Vitellius Bourbon ; Ayant sous ces plaisirs des prisons sépulchrales, Des pleurs dans la Bastille exécrée, et des râles Dans les cages de fer du vieux mont Saint-Michel : Petit-fils de cent rois, mais pas le plus cruel, Pas le plus oppresseur du peuple et de l'empire, Par le plus furieux ni le plus fou—le pire ;
Le plus vil ; exilant quiconque ose penser ; Débile, et par excès tâchant de redresser Quelque horrible pilier de l’antique édifice ; Au fond du Parc-aux-Cerfs rêvant le saint office ; Ayant le mal pour but, la fange pour chemin ; : Ténébreux, soupçonné de bains de sang humain ; Foulant aux pieds le droit et la vertu, chimères ; Infâme ; soulevant des émeutes de mères ; Froid regard, pied sali, front hautain, cœur fermé : Comment nommer ce roi, sinon le Bien-Aïmé ?
On le méprise tant ce maiheureux, qu'on pleure.
Monstre ! il suffit qu’un fou d’une épingl” l’effleure Pour que ce Pruüssias devienne un Busiris,
Pour qu’on voie au milieu de l'horreur et des cris, Cent tourments, plus d’enfer que n’en a rêvé Dante, Le feu, l’arracliement des membres, l'huile ardente, Le plorab fondu qui fait d’un coupable, un martyr, Toute une irruption de supplices sortir
De son égratignure élargie en cratère.
O misérable ! il est le dégoût de la terre ;
Il est l’éclat de rire insolent de vingt rois ;
Et l’histoire lui tend |” opprobe et lui dit : bois !
Est-ce donc une loi, nuit, cieux incorruptibles,
Dieu bon, que les abjets succèdent aux terribles,
Qu'on n’échappe au torrent que pour choir au ruisseau, Et que le sanglier soit suivi du pourceau !
La mort enfin souffla sur cette tête infâme ;
Ï1 rendit à la nuit ce qu’on nommait son âme ;
Et comme an Je portait, au glas sourd des beffrois, À Saint-Denis où dort le noir monceau des rois, Le lâche près du fort, l'impur près du féroce,
On vit, tandis qu’autour du funèbre carosse L’encens se répandait en odorant brouillard, Ruisseler de dessous le royal corbillard
On ne sait quelle pluie éclaboussant la roue
Qui suintait du char sombre et qui tachait la boue ; C'était ce roi, ce maître et cet homme d’orgueil Qui tombait goutte à goutte à travers son cercueil !
Enfin la mesure était comble. Après quatorze cents ans de torture et de persécutions, le peuple s’est levé dans sa colère, et avec. les: tours de la Bastille a réduit en poudre le trône déshonoré des Bourbons !
Était-il dans son droit ?
Qu'on mé pertette d'entrer dans certains détäils qui seront, je crois, âvec ce qui précède, une réponse suffsante à cette question.
D'abord donnons quelques détails sur l’état des populations en France avant la révolution.
Avant Louis X IV, on avait bien souffert sans doute. Sous le règne de ce grand roi, on commença à mourir de faim. Je dis : mourir de faim !
J'ai déjà cité ce que La Bruyère écrivait en 1689, juste cent ans avant la révolution. Je n'ai pas besoin de le répéter ici.
Plus tard, on arrache aux paysans, leur denier morceau de pain noir, et alors on les voit périr par centaines, par milliers, par millions.
Taine estime qu’en 1715, près d’un tiers de la population de la France, c’est-à-dire six millions, avaient péri de misère et de faim. Et le savant et impartial publiciste, cite nombre d’autorités à l'appui de ce qu'il avance.
D'après la correspondance des contrôleurs généraux, publiée par M. de Boislisle, on voit que beaucoup de districts et provinces ont perdu le sixième, le cinquième, le quart, le tiers, et même la moitié de leur population.
En 1725, dit Saint-Simon, au milieu des profusions de Strasbourg et de Chantilly, on vit en Normandie d'herbes des champs. Le premier roi de l’Europe ne peut être un grand roi, s’il ne l’est que de gueux de toutes conditions, et si son royaume tourne en un vaste hôpital de mourants à qui on prend tout en pleine paix !
Au plus beau temps de Fleury, suivant Rousseau, et dans la plus belle région de la France, le paysan cache son vin à cause des aides, et son pain à cause de la taille, persuadé “qu'il est un homme perdu si l'on peut se doute: qu'il ne meurt pas de faim.”
La disette, écrit d’Argenson en 1739, vient d’occasionner trois soulèvements dans les provinces, à Ruffec, à Caen et à Chinon. On a assassiné sur le chemin des femmes qui portaient du pain...
Dans mon canton de Touraine, il y a plus d’un an que les hommes mangent de l'herbe,
L'évêque de Chartres dit :
La famine et la mortalité y étaient telles que les hommes man-
geaient de l'herbe comme des moutons, et crevaient comme des mouches.
Voici ce que Massillon écrivait à Fleury en 1740 :
Le peuple de nos campagnes vit dans une misère affreuse, sans lits, sans meubles ; la plupart, la moitié de l’année, manqu uent du pain d’orge et d'avoine qui fait leur unique nourriture, et qu’ils sont obligés d’arracher de leur bouche et de cesie de leurs ‘enfants 2owr payer les impositions. (C'est à ce point que les nègres de nos Îles sont infiniment plus heureux ; car en travaillant ils sont nourris et habillés, avec leurs femmes et leurs enfants ; au lieu que nos paysans, les plus laborieux du royaume, ne peuvent, avec le travail le plus dur et le plus opiniâtre, avoir du pain pour eux et leur famille, et payer les subsides,
La quantité des pauvres, dit d’Argenson, surpasse celle des gens qui peuvent vivre sans mendier... ef les recouvrements se font avec une rigueur sans exemple ; on enlève les habits des pauvres, leurs derniers boisseaux de froment, les loquets des portes. etr :
On ne pouvait plus même ensémencer les terres. Citons encore Fénélon,-—Lettre à Louis XIV :
Cependant vos peuples que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été EN 5 Cie si passionnés pour vous, mewrent de faim. La culture des terres est presque abandonnée ; les villes et la campagne se dépeuplent ; tous les métiers languissent, et ne nourrissent plus les ouvriers, Tout commerce est anéanti... Au lieu de tirer de l'argent de ce pauvre peuple, il faudrait fui faire l’aumôre et le nourrir. Za France entière n’est plus qu'un grand hopital désolé et sans provision... C’est vous-même, sire, qi vous êtes attiré tous ces embarras.
C'est un archevêque qui parle ainsi, et un atcheveque qui s'appelle Fénélon !
Et le mal augmentait avec les années.
Dix ans plus tard, d’Argenson écrivait dans son journal :
Mon curé m'a dit que huit familles, qui vivaient de leur travail avant mon départ, mendiént aujourd’hui leur pain, Avec. cela on lève la taille avec une rigueur plus que militaire. Les collecteurs avec les huissiers, suivis de serruriers, ouvrent les portes, enlèvent les meubles et vendent tout pour le quart de ce qu'il vaut, & %s
frais surpassent la taille, Je me trouve °n ce moment en Touraine, dans mes terres. Je n’y vois qu’une misère effroyable ; ce n’est plus le sentiment triste de la misère, cest le désespoir qui possède les pauvres habitants : is ne souhaïtent que la mort et évitent de peupler..… On compte que par an le quart des journaliers va aux corvées, où il faut qu’ils se nourrissent ; et de quei? Je vois les pauvres gens y périr de misère... On leur paie quinze sous ce qui vaut ## éu pour leur voiture. On ne voit que villages ruinés ou abattus, et nullés maisons qui se relèvent... Par ce que m'ont dit des voisins, la diminution des habitants va à f/us du tiers... Mais ce qui va toujours son train, ce sont #s contraintes. Les receveurs des tailles et du fisc font chaque année des frais pour la moitié en sus des impositions.… Il ne se fait aucuns huariages ; ces gens répondent que ce n’est pas la peine de faire des malheureux comme eux... Une personne du Languedoc m'a dit que quantité de paysans désertent cette province et se réfugient en Piémont, Savoie, Espagne, effrayés, tourmentés de /4 poursuite du dixième en régie... Les maltôtiers vendent tout, emprisonnent tout... Un homme instruit dans les finances m’a dit qu’il était sorti cette année plus de deux cents familles de Normandie,
Et si l’on croit que le peuple des villes était plus heu-
reux que celui des campagnes, qu’on lise encore d’Argenson :
Un officier, dit-il, dont la troupeest en garnison à Mézières m’a dit que le peuple est si misérable dans cette ville que, dès qu’on avait servi le dîner des officiers dans les auberges, Æ Peuple se jetait dessus et le pillait... 1] y a plus de 12,000 ouvriers mendiants à Rouen, tout autant à Tours. On compte plus de 20,000 de ces ouvriers qui sont sortis du royaume depuis trois mois. A Lyon, il y a plus de 20,000 ouvriers en soie qui sont consignés aux portes : on les garde à vue, de peur qu’ils ne passent à l’étranger.
À Paris même, continue d’Argenson... un des vicaires de la paroisse Sainte-Marguerite assure qu’il à péri plus de huit cents personnes de misère dans le faubourg Saint-Antoine depuis le 20 janvier jusqu’au 20 février, que les pauvres gens expiraient de froid et de faim dans leurs greniers, et que des prêtres, venus trop tardÿ arrivaient pour les voir mourir sans qu’il y eût de remède.
Si je ur dit Taine, les attroupements, les séditions d’affamés, les pillages de magasins, je n’en finirais pas : ce sont les soubresauts convulsifs de la créature surmenée ; elle a jeûné tant qu’elle a pu ; à la fin l'instinct se révolte.
En 1747, il y a eu des révoltes considérables’ à Toulouse pour le pain ; en Guienne, il y en a à chaque marché.
En 1750, :ix ou sept mille hommes, en Bearn, s’assemblent derrière une’ rivière pour résister aux commis ; deux compagnies du régiment d'Artois font feu sur les révoltés, et en tuent une douzaine.
En 1762, une’‘sédition dute trois jours à Rouen et dans les environs ; en Dauphiné et en Auvergne, les villageois attroupés forcent les greniers et prennent le blé au prix qu’il veulent.
La même année, à Arles, deux mille paysans armés viennent demander du pain à l’hôtel de ville, et sont dispersés par les soldats.
Dans la seule province de, Normandie je trouve des séditions en 1726, en 1737, en 1739, en 1752, en 1764, en 1765, en 1766, en 1767 et en 1768, et toujours au sujet du pain.
Des hameaux entiers, manquant des choses les plus nécessaires à la vie, étaient obligés par le besoin de se réduire aux aliments des bêtes...
Encore deux jours et Rouen se trouvait sans provisions, sans grains et sans pain. Aussi la dernière émeute est terrible, et, cette fois encore la populace, maîtresse de la ville pendant trois jours, pille tous les greniers publics, tous les magasins des communautés.
En Auvergne, dit Gautier de Biauzat, les campagnes se dépeuplent journellement ; plusieurs villages ont perdu depuis le commencement du siècle, f/us d’un tiers de leurs habitants.
Dans tel village de Normandie, dit Hippeau, presque tous les habitants, sans en excepter les fermiers et les propriétaires, mangent du pain d’orge et boivent de l’eau, vivent comme les plus malheureux des hommes, a/fn de subvenir au paiement des impôts, dont ils sont surchargés.
A Rouen et en Normandie, dit Floquet, 4s plus aisés ont de la Peine à avoir du pain pour leur subsistances, le commun du peuple en manque totalement, et il est réduit, pour ne pas mourir de faim, à se former des nourritures qui font horreur à l'humanité.
Et c'est à ce peuple malheureux, mourant de faim, désespéré, que le saint roi Louis XV-le roi /rés-chrétien, —fait suer les soixante-douze millions que lui coûtait l’entretien de la Pompadour !.…..
Nous venons de voir dans quel état de fortune se trouvait le peuple de France avant la révolution, voyons maintenant ce que ces richards avaient à payer à ces
pauvres rois, pour l'entretien de leurs palais, de leurs cours, de leurs bourreaux et de leurs parcs-aux-cerfs. Cela nous donnera la clef de la situation.
Vers la fin du règne de Louis XV, dit Turgot, le roi, à lui seul, tirait à peu près autant de la terre que le propriétaire lui-même.
Suivant le même auteur, il y avait tel endroit de la France où le roi percevait 5614 pour cent sur les produits du sol!
En Champagne, suivant Boivin-Champeaux, sur cent livres de revenu, ie contribuable payait jusqu’à 71 livres et quinze sous.
Prenez un habitant, par exemple, qui possède vingt arpents qui sont évalués à ro livres de revenu par arpent.
On le suppose aussi, dit Taine, propriétaire de la maison qu’il habite et dont le prix de location est évalué à 40 livres, Ce taillable paie pour sa taille réelle, personnelle et industrielle, 35 livres 14 sous, pour les accessoirs de la taille 17 livres 17 sous, pour sa capitation 21 livres 8 sous, pour ses vingtièmes, 24 livres 4 sous, en tout 99 livres 3 sous, à quoi il faut ajouter environ cinq livres, pour le remplacement de la corvée, en tout 104 livres de taxe pour un bien qu’il louerait 240 livres, plus de cinq douzièmes de son revenu, |
Dans les procès-verbaux officiels cités par le même auteur, je trouve ceci :
Dans la Haute-Guyenne tous les fonds de terre sont taxés, pour la taille, les accessoirs et les vingtièmes, à 2/us du quart du revenu, réduction faite seulement des frais de culture, et les maisons 44 tiers du revenu, déduction faite seulement des frais de réparation et d'entretien ; à quoi il faut ajouter la capitation, qui prend environ un sixième du revenu, la dîme qui en prend un septième, les rentes seigneuriales qui en prennent un autre septième, l'impôt en remplacement de la corvée, les frais de recouvrement forcé, saisies, séquestres et contraintes, les charges locales ordinaires et extraordinaïires. Cela défalqué, on reconnaît que, dans les communautés moyentiement imposées, il ne reste pas au propriétaire la jouissance du #ers du revenu, et que dans les communautés lésées par la répar-
tition, les propriétaire sont réduits à la condition de simples fermiers qui recueillent à peine de quoi récupérer les frais de la culture,
Demandez aux habitants des campagnes canadiennes s'ils voudraient se soumettre à pareil régime !
En Auvergne, on collectait jusqu’à 14, 16, et 17 sous sur vingt /
Aussi les pauvres malheureux abondonnaïient leurs biens, et le fisc s’en emparait.
Voilà pour le propriétaire ; mais on ne lâchait pas le taillable non propriétaire pour cela. Le salaire était taxé comme le reste.
Sauf les vingtièmes, dit Taine, tous les impôts précédents attei-
gnent non seulement celui qui possède, mais celui qui ne possède as.
d En Toulousin, dit Théron de Montaugé, #le moindre journalier,
n'ayant que ses bras pour vivre, et gagnant dix sous par jour, paie huit, neuf, dix livres de capitation.
En Bourgogne, il est ordinaire de voir un malheureux manœuvre, sans aucune possession, imposé à dix-huit ou vingt livres de capitation et de taille. (Archives nationales).
En Limousin, tout l’argent que les maçons rapportent en hiver sert à payer les impositions de la famille (Ibid).
En Bretagne, c’est une vérité notoire que les neuf-dixième des artisans, quoique mal nourris, mal vêtus, n’ont pas à la fin de l’année un écu libre de dettes ; la capitation et le reste enlève cet unique et dernier écu. (Ibid).
Examinons un instant la loi sur le sel par exemple ; cela nous donnera une idée du reste. Je cite encore Taine ; qu'on lise attentivement :
Dans le pays de grande gabelie, le sel coûte treize sous la livre, quatre fois autant, et, si l’on tient compte de la valeur de l'argent, huit fois autant qu'aujourd'hui, Bien mieux, en vertu de l’ordonnance de 1680, chaque personne au-dessus de sept ans, est tenue d’en acheter sept livres par an ; à quatre personnes par famille, cela fait chaque année plus de dix-huit francs, dix-neuf journées de travail : nouvel impôt direct, qui, comme la taille, met la main du fisc dans la poche des contribuables, et les obligent, comme la taille, à se tourmenter mutuellement. En effet, plusieurs
DES ROIS DE FRANCE 1a7
d’entre eux sont nommés d'office pour répartir ce sel de devoir, et, comme les collecteurs de la taille, ils sont ‘‘solidairement responsa bles du prix du sel.” Au-dessous d'eux, et toujours à l'exemple de la taille, d’autres sont responsables,
Après que les premiers ont été discutés dans leurs personnes et dans leurs biens, le fermier est autorisé à exercer son action en solidité contre les principaux habitants de la paroisse,
On a décrit tout à l’heure les effets de ce mécanisme. Aussi bien, ‘en Normandie, dit le Parlement de Rouen (Floquet) chaque jour on doit saisir, vendre, exécuter, pour n’avoir pas acheté de sel, des mahleureux qui n’ont pas de pain.”
Mais, si la rigueur est aussi grande qu’en matière de taille, les vexations sont dix fois pires ; car elles sont domestiques, minutieuses et de tous les jours.—Dépense de détourner une vnce des sept livres obligatoires, pour un autre emploi que pour ‘pot et salière.” Si un villageois a économisé sur le sel de sa soupe, pour saler un porc et manger un peu de viande en hiver, gare aux commis! Le porc est confisqué, et l’amende est de 300 livres. Il faut que l’homme vienne au grenier acheter de l’autre sel, fasse déclaration, rapporte un bulletin, et représente ce bulletin à toute visite, ‘Tant pis pour lui s’il n’a pas de quoi payer ce sel suppléments re ; il n’a qu’à vendre sa bête, et s'abstenir de viande à Noël ; c’est le cas le plus fréquent, et j'ose dire pour les métayeurs à vingt-cinq francs par an, c’est le cas ordinaire.—Défense d'employer pour pot et salière un autre sel que celui des sept livres. ‘Je puis citer, dit Latrosne, deux sœurs qui demeuraient à une lieue d’une ville où le grenier n’ouvre que le samedi. Leur provision de sel était finie. Pour passer trois ou quatre jours jusqu’au samedi, elles firent bouillir un reste de saumure, dont elles tirèrent quelques onces de sel. Visite et procès-verbal des commis. A force d’amis et de protection, il ne leur en a coûté que 48 livres.”’--Défense de puiser de l’eau de la mer et des sources salées, à peine de 20 et 40 livres d’amende.—Défense de mener les bestiaux dans les marais et autres lieux où il y a du sel, ou de les faire boire aux eaux de la mer, à peine de confiscation et de 300 livres d’amende.-—Défense de mettre aucun sel dans le ventre des maqueraux, au retour de la pêche, ni entre leurs lits superposés. Ordre de m’employer qu’une livre et demie de sel par baril. Ordre de détruire chaque année le sel naturel qui se forme dans certains cantons de la Provinre, Défense aux juges de modérer ou réduire les amendes prononcées en matière de sel, à peine d’en répondre et d’être interdits. Je passe quantité d’autres ordres et défenses : il y en a par centaines. Cette législation tombe sur les contribuables comme un rets serré aux mille mailles,
et le commis qui le lance est intéressé à les trouver en faute, Làdessus, vous voyez le pêcheur obligé de défaire son baril, la ménagère cherchant le bulletin de son jambon, le ‘‘gabelou”” inspectant le buffet, vérifiant la saumure, goûtant la salière, déclarant, si le sel est trop bon, qu’il est de contrebande, parce que celui de la ferme, seul légitime, est ordinairement avarié et mêlé de grabats.
Voiià pour le sel. Les lois sur les vins et autres articles de consommation, étaient tout aussi insupportables.
Ainsi, ajoute Taine, que que soit la condition du taillable, si dégarni et si dénué qu’il puisse être, la main crochue du fisc est sur son dos. Il n’y a point à s'y méprendre ; elle ne se déguise pas, elle vient au jour dit s'appliquer directement et rudement sur les épaules. La mansarde et la chaumine, aussi bien que la métairie, la ferme et la maison, connaissent le collecteur, l’huissier, le garnisaire ; nul taudis n'échappe à la détestable engeance. C’est pour eux
u’on sème, qu’on récolte, qu’on travaille, qu’on se prive ; et si les liards épargnés péniblement chaque semaine finissent au bout de l'an par faire une pièce blanche, c’est dans leur sac qu’elle va tomber !
Mais, dira-t-on, ce n’est pas au roi que la responsabilité de ce triste état de choses doit remonter ; il faut s’en prendre à la dureté des percepteurs.
Pas du tout. D'abord, le trésor public, grâce aux extravagances des cours, était toujours vide ; il fallait bien le remplir. Et puis les collecteurs étaient choisis parmi le pepple et responsables personnellement, s'ils ne faisaient point payer jusqu’au dernier sou.
S'ils épargnaient la saisie à quelqu'un, c'est chez euxmêmes qu’elle arrivait.
C'était bien arrangé, allez !
Et, pendant que le peuple français, accablé d'impôts, rongé par la misère, se tordait ainsi sous le pied de ses persécuteurs, et que la France n’avait que la banqueroute pour tout espoir, que se passait-il à Versailles, c'est-à-
dire chez le roi, pendant les dernières années qui ont précédé la révolution ?
On n’a rien vu, dit Châteaubriand, quané on n’a pas vu la pompe de Versailles. C’est un fourmillement de ivrées, d’uniformes, de
costumes et d’équipages, aussi brillant et aussi varié que dans un tableau.
Voici quelques notes recueillies à la hâte :
Il fallait 4,000 personnes pour la maison civile du roi ; 9:000 à 10,000 pour sa maison militaire ; 2,000 au moins pour celles de ses proches ; en tout 15,000 personnes avec une dépense de 40 à 45 millions, qui vaudraient le double aujourd'hui, et qui étaient alors le dixième du revenu public.
Maison civile du roi, de la reine, de Madame Elisabeth, de Mes. dames, de Madame Royale, 2 $,700,000, Aux frères et bellessœurs du roi, 8,040,000. Maison militaire du roi, 7,681,000. (Necker, compte-rendu, 11,116.)
De 1774 à 1778, la dépense des maisons du roi et de sa famille flotte entre 32 et 36 millions, non compris la maison militaire. (La maison du rot justifiée.)
En 1789, la maison du roi, de la reine et du dauphin, des enfants de France, de Mesdames, coûte 25 millions ; celle de Monsieur et Madame, 3,656,000 ; celle du comte et de la comtesse d'Artois, 3,656,000 ; ducs de Berry et d'Angoulême, 700,000 ; traitement conservés aux personnes qui ont servi les princes, montant à 228,000. Total, 32,240,000.
À quoi il faut ajouter la maison militaire du roi et les 2 millions en apanage des princes, (Compte général des revenus et des dépenses fixes au ler mai 1780, remis par M. le premier ministre des finances à MM. du comité des finances de l'assemblée nationale.)
Il y avait à Versailles, trois divisions de bouche, comprenant 383 officiers de bouche, 103 garçons et 2,177,771 livres de dépenses ; outre cela 389,173 livres pour la bouche de Madame Elizaheth, et 1,093, 547 livres pour celles de Mesdames. Total, 3660,419 livres pour la table, (Archives nationales.)
Le compte du marchand de vin était de 300,000 francs, par an ; celui du pourvoyeur de viande, de gibier, de poisson, un million, Pour aller chercher l’eau à Ville-d’Avray, et pour voiturer les officiers, garçons et provisions, il fallait so chevaux loués 70, S91 franns par an. (ibid.)
Il faut lire dans l’almanach les titres et offices de cette solennelle hiérarchie de cuisine : grands officiers de la bouche, maîtres d’hôtels. contrôleurs, contrôleurs-élèves, commis, gentilshornmes, panetiers, échansons et tranchants, écuyers ét huissiers de cuisine, chefs, aides et maîtres-queux. enfants de cuisine et galopins ordinaires, coureurs de vins et hâteurs de rôts, potagers, verduriers, lavandiers, patissiers, serdeaux, porte-tables, gardesvaisselle, somtniers des broches, maître d'hôtel de la table du prèmier maître d'hôtel, toute une procession de dos amplement galonnés, de ventres majestueux et rebondis, de figures sérieuses qui, devant les casseroles, autour des buffets, officient avec ordre et conviction.— TAINE.
Pénétrons dans l'appartement du roi :
Deux dignitaires principaux y président, et chacun d'eux 4 sous ses ordres une centaine de surbordonhés : d’un côté le grand chambellan et les premiers gentilshommes de la chambre, avec les pages de la chambre, leurs gouverneurs et précepteurs, avec les quatre premiers valets de chambre ordinaires, avec les seize valets de éhambres par quartier, avec les porte-manteaux ordinaires et par quartier, avec les barbiers, tapissiers, horlogers garçons et porteurs de l’autre côté, le grand-maître de la garde-robe, avec les maîtres de la garde-robe ordinaires et par quartiers, avec les porte- malle, le porte-mail, les tailleurs, les lavandiers, l’empeseur et les garçons ordinaires, avec les gentilshommes ordinaires, les huissiers et secrétaires de cabinet, en tout 108 personnes pour le service intime, comme autant d’ustensiles domestiques pour tous les besoins de la personne où de meubles sorhptueux pour la décoration de l’apparterherit. 11 y en a pour aller chercher le mail et les boules, pour tenir fe manteau et la canne, pour peigner le roi et l’essuyer au bain, pour commander les mulets qui transportent son lit, pour gouverner les levrettes de sa chambre, pour lui plier, passer et nouer sa cravate, pour enlever et rapporter sa chaise percée.
(D'Hezecques. Soudentirs. 213).
Le roi est gentilhomme, le roi.est cavalier. H lui faut une écurie proportionnée.
Les deux écuries ont dépensé en 1782, la grande 4,207,606 la petite 3,509,402 livres. Total 7,717,058 livres, dont 486,546 livres en achat de chevaux. (Za pour maison du roi 1790 ; La maison du roi justifié 1786, d’après les comptes publiés par Gouvernement.)
Bon an mal an, les écuries contiennent 1857 chevaux, 217 voitures, 1458 hommes que le roi habille et dont la livrée coûte 540,- 060 francs par an ; outre cela, 38 écuyers de main, cavalcadours ordinaires ; outre cela, 20 gouverneurs, sous-gouverneurs, aumôniers, professeurs, cuisiniers et valets pour gouverner, instruire et servir les pages ; outre cela une trentaine de médecins, apothicaires, garde-malades, intendants, trésoriers, ouvriers, marchands bre- vetés et payés par ies accessoires de ce service : en tout plus de
1500 hommes. On achète pour 250,000 francs de chevaux par an, et il y a des haras en Limousin et en Normandie pour la remonte ; 287 chevaux sont exercés tous les jours dans les deux manèges ; il y a 443 chevaux de selle dans la petite écuric, 437 dans la grande et cela ne suffit pas à la ‘‘vivacité du service”. Le tout coûte He M livres en 1775 et monte à 6,200,000 livres en 1787!!! (Ibid.
La chasse coûtait au roi 1,100,000 à 1,200,000 francs par an, et occupait 230 chevaux, outre ceux des deux écuries. (Archives Na- Pipes Mémoires sur la vénerie de 1760 à 1792, et Rapport de 1786.)
Il y a meute pour le sanglier, meute pour le loup, meute pour le chevreuil, vol pour corneille, vol pour pie, vol pour émerillon, vol pour lièvre, vol pour les champs. En 1783, on dépense 179,194 livres pour la nourriture des chevaux et 53,412 pour celle des chiens. Tout le territoire à dix lieues de Paris est chasse-gardée. Joignez-y les capitaineries des princes jusqu’à Villers-Cotterets et Orléans ; cela fait, autour de Paris, un cercle presque continu, ayant trente lieues de rayon, où le gibier protégé, remisé, multiplié, fourmille pour le plaisir du roi. Le seul parc de Versailles est une enceinte close de plus de dix lieues. La forêts de Rambouillet comprend 25,000 arpents. On rencontre autour de Fontainebleau des bandes de 70 à 80 cerfs.
De 1743 à 1774, Louis XV force 6,400 cerfs, Louis XVI écrit le 31 août 1781 : ‘‘Aujourd’hui tué 460 pièces.” En 1780, il abat 20,534 pièces ; en 1781, 20,291 ;en 14 ans 189,250 pièces, outre 1254 cerfs ; les sangliers, les chevreuils sont en proportion, (De Luynes.)
Du reite la ville de Versailles même regorgeait des
i12 PETITE HISTOIRE
somptueuses prodigalités de cette cour sans frein et sans cœur. Partout des palais, des écuries, des hôtels, Voici quelques détails donnés par Taine :
Rue des Réservoirs,—l’ancien hôtel et le nouvel hôtel du gou verneur de Versailles, l'hôtel du gouverneur des enfants du comte d'Artois, le garde meuble de la Couronne, le bâtiment pour les loges et foyers des acteurs qui jouaient au palais, et les écuries de Monsieur,
Rue des Bons-Enfants,-—l’hôtel de la garde-robe, le lowement des fontainiers, l’hôtel des officiers de la comtesse dé Provence.
Rue de la Pompe,—l’hôtel du grand-prévôt, les écuries du duc d'Orléans, l’hôtel des gardes du comte d’Artois, les écuries de la reine, le pavillon des sources,
Rue Satory,—les écuries de la comtesse d'Artois, le jardin anglais de Monsieur, les glacières du roi, le manège des chevauxlégers de la garde du roi, le jardin de l’hôtel des trésoriers des bâtiments,
Par ces quatre rues, jugez des autres On ne peut faire cent pas dans la ville, Continue Taine, sans y rencontrer un accessoire du palais : hôtel de l’état-major des chevaux-légers, hôtel immense des gardes du. corps, hôtel des gendarmes de la garde, hôtel du grand-louvetier ! du fauconnier ! du grand-veneur ! du grand-maître! du rommandant du canal ! du contrôleur général ! du surintendant des bâtiments ! hôtel de la chancellerie, bâtiment de la fauconnerie et du vol de cabinet, bâtiments du vautrait, grand éhenil, chenil dauphin, chenil des chiens verts, hôtel des voitures de la cour, magazins des bâtiments et menus-plaisirs, grande écurie, petite écurie, autres écuries dans la rue de Limoges, dans la rue Royale et dans l'avenue de Saint-Cloud, potager du roi comprenant ving{-neuf jardins et quatre terrasses, grands communs habités par 2,000 tome maisons et hôtel dits des Zowis, où le roi assigne des
ogements à temps ou à vie!!!
Les deux écuries en face du château avaient coûté 15,000,000 !
Or tout cela n’était qu’une des résidences du roi. Il ÿ en avait une douzaine, outre Versailles,—Marly, les deux Trianons, la Muette, Meudon, Choisy, Saint-Hubert, Saint-Germain, Fontainebleau, Compiègne, Saint-Cloud, Rambouillet, le Louvre, les Tuileries ét Chambord ! avec leurs gouverneurs, inspecteurs, contrôleurs, conciérges, fontainiers, jardiniers, balayeurs, frotteurs, tau-
DES ROÏS DE FRANCE. 113 n ,
piérs, gruyers, gardes à cheval et à pied: plus de 1,000
personnes !
Naturellement le roi entretient, plante et bâtit ; à cela il dépense 3 ou 4 millions par année, Naturellement aussi il répare et renouvelle ses ameublements. En 1778, qui est une année moyenne, cela lui coûte 1,936,- 853 livres.
Naturellement aussi, il y mêne ses hôtes et les y dé fraye, eux et leurs gens. A Choisy, en 1780, outre les distributions, il y a 16 tables et 345 couverts. A Saint- Cloud, en 1785, il y 26 tables. Un voyage à Marly de 21 jours est un objet de 120,000 livres de dépenses extraordinaires. Le voyage à Fontainebleau a coûté jusqu'à 400,000 et 500,000 livres.
En moyenne ces déplacements exigent par an un demi million et davantage.
La multitude du service, qui suivait le roi dans es voyages, ressemblait à la marche d'une armée.
Des artisans, des marchands, les corps de métiers, suivaient la cour pour la fournir sur place. On aurait dit d’une cour d'Orient qui, pour se mouvoir, entraine tout un monde. Il y avait des apothicaires, des armuriers, arquebusiers, bonnetiers-vendeurs de bas de soie et de laine, bouchers, boulangers, brodeurs, cabaretiers. carreleurs de souliers, ceinturiers, chandeliers, chapeliers, charcutiers, chirurgiens, cordonniers, corroyeurs-baudroyeurs, cuisiniers, découpeur-égratigneurs, doreurs et graveurs, éperonniers, épiciers-confituriers, fourbisseurs. fripiers, gantiers-parfumeurs, horlogers, libraires, lingers, archands-vendeurs de vin en gros et en détoï!, menuisiers, merciers, joalliers-grossiers, orfèvres, parcheminiers, poulailliers-rotisseurs et poissonniers, proviseurs de foin, paille et avoine, quincailliers, selliers, tailleurs. vendeurs de pain d'épices et d’amidon, verduriers-fruitiers, verriers et violons. iWarroquier: Etat de la France 1789).
On voit que le peuple n'avait pas seulement les vivons à payer.
Voici maintenant quelques autres dépenses accidentelles :
Pour la naissance du duc de Bourgogne en 1761,— 604,477! Pour le mariage du dauphin, en 1770,— 1,267,770 ! Pour le marriage du comte d'Artois, en 1773, —2,016,221 ! Pour le sacre, en 1775,—835,862 ! Pour les comédies, bals et concerts, en 1778,—481,744 ; en 1779;—382,986. ‘Archives Nationales) |
Chaque prince, chaque princesse avait sa faculté, sa chapelle ; il ne convenait pas que l’aumônier qui leur disait la messe, que le chirurgien qui les. soignait füt d'emprunt. A plus forte raison fallait-il au roi les siens : pour sa chapelle, 75 aumôniers, chapelains, confesseurs, maîtres de l’oratoire, clercs, avertisseurs, sommiers de chapelle, chantres, noteurs, compositeurs de musique sacrée ; pour sa faculté 48 médecins, chirurgiens, apothicaires, oculistes, opérateurs, renoueurs, distillateurs, pédicures et spagyriques. :
Notez encore sa musique profane, 128 chanteurs, danseurs, instrumentistes, maîtres et surintendants ; son cabinet de livres, 43 conservateurs, lecteurs, interprètes, graveurs, imprimeurs ; le personnel qui ornait ses cérémonies, 62 hérauts, porte-épées, introducteurs et musiciens ; le personnel qui pourvoyait à ses logements, 68 maréchaux-des-logis, guides et fourriers !
Maison de la reine, chapelle 22 personnes, faculté, 6 ;: maison de Monsieur, chapelle 22, faculté, 21; maison de Madame, chapelle 20, faculté, 9 ; maison du comte d'Artois, chapelle 20, faculté, 28 ; maison de la comtesse d'Artois, chapelle 19, faculté, 17 ; maison du duc d'Orléans, chapelle 6, faculté, 19. (Wa:roquier, I, possim.)
Il faut croire que le duc d'Orléans était moins dévot que les autres.
La plupart des grandes familles aristocrates suivaient
l'exemple de la cour ; on y vivait dans l’abondance, la dissipation ét le libertinage. Et pendant ce temps-là, la misére était le partage du paysan, “ce mulet” de l’ancien régime, comme l’appelait le cardinal de Richelieu. En 1715, la taille et la capitation qu'il payait seul, ou presque seul, étaient de 66 millions ; elles sont de 93 millions en 1750, et de 110 millions en 1789. (Compte général des revenus et dépenses.)
En 1757, l'impôt est de 283,156,000 livres ; en 1789, de 476,294,000 !
Encore quelques chiffres avant de finir :
Etat des pensions payées aux personnes de la famille royale, en 1771 ; c’est-à-dire quand le peuple des campagnes se nourrissait de racines :
Duc d'Orléans, 300,000 livres! prince de Condé, 200,000 ! comte de Clermont, 140,000 ! duc de Bourbon, 120,000 ! Prince de Conti, 120,000 ! comte de Marche, 120,000 ! Douairière de Conti, 120,000 ! Duc de Panthièvre, 100,000 ! Princesse de Lamballe, 100,000 ! Duchesse de Bourbon, 100,000 ! (ARCHIVES NATIONALES.)
Soit, 1,420,000 livres !
Rien que $284,000 de notre argent pour les menus plaisirs de la famille d’un homme qui consommait déjà tant de millions à l'Etat.
Dès six ou sept ans, les enfants étaient dotés.
Ils n’avaient pas assez de leurs palais, de leurs trésors, de leurs revenus fabuleux amassés par le travail du peuple, de l'immense armée de serviteurs qui les entouraient, tous payés par l'Etat, des sommes énormes que tout cela coûtait, il leur fallait encore des centaines de mille dollars de gratifications annuelles pour payer leurs joujoux !
Faut-il s'étonner si, après cela les paysans vivaient de racines et d'herbe des champs ?
Enfin le peuple, poussé à bout, a exigé des réformes.
On les lui a refusées :
Alors il s’est révolté !
On a appelé les armes de l'étranger contie lui: .
Alors il a coupé des têtes ! |
Eh bien, après ?
Il a été trop loin, dit-on.
C'est vrai; mais à qui la faute ?
En tout cas, voici ce qui en est résulté. C’est Montalembert le grand catholique qui parle :
Notre société bourgeoise et Æihérale, sortie de la Révolution, et façonnée par trente-cinq années de liberté régulière, malgré ses misères, ses mécomptes, ses éclipses et sés inconséquences, a mieux valu que la société française il y a cinquante ans. Un» honnéte homme, un homme d'honneur, et un bon chrétien -a dû s'y érouver Plus à l'aise et marcher la téte plus haute.
Ce qui me reste à dire est bien peu de chose.
Nous touchons presque à notre temps, et l’histoire des derniers monarques qui ont gouverné Ia France est présente à l'esprit de tous. Quelques lignes suffiront pour chacun d’eux. |
Louis XVI, mal entouré, mal conseillé, caractère faible et bonasse, trahit la France dans les intérêts de sa couronne, et paya de sa tête les infamies de ses ancêtres, après avoir vu sa femme scandaliser Paris par ses intrigues, et son frère, qui fut plus tard Louis XVIII, essayer d'introduire sous son toit le deshonneur et l'inceste.
Napoléon Ier est venu après. |
La République avait annexé à la France, vingt-six nouveaux départements, avec 9,000,000 d'habitants ; Napoléon lui a tout fait perdre, après avoir fait tuer cinq millions d'hommes.
Par la faute de cet ambitieux, la France dut renoncer non seulement à ce que la République lui avait donné, mais elle perdit encore Landau, Philippeville, Mariembourg, et notre sœur, la Louisiane, qui fut vendue pour douze millions ! !
Il le reconnait lui-même, à Fontainebleau, au moment
de partir pour l'île d'Elbe. L'histoire a enregistré ses paroles :
La France sans frontières, dit-il, quand elle en avait de si belles ! C’est ce qu’il y a de plus poignant dans les humiliations qui s’accumulent sur matête, La laisser si petite après l'avoir reçue si grande !
Quant à ce qui est de la religion, on sait ce que le tyran corse fit subir au pape pour le forcer de consentir à son divorce avec Joséphine.
Après Napoléon, vint Louis XVIII, qui, comme je l'ai dit plus haut, avait essayé de déshonorer Marie- Antoinette, sa belle sœur.
Louis XVI disait de lui: “ Mon frère veut trôner !”
Il trôna ; mais par la vertu des baïonnettes étrangères.
Son règne fut l’abaissement de la France sous toutes ses formes.
Il avait pour principale maîtresse Mme du Cayla. Quelques journaux ont voulu réhabiliter cette femme.
Or les faits parlent par eux-mêmes.
C'était la fille d’un avocat, séparé de son mari par les tribunaux. Pendant plusieurs années, elle accapare tous les moments et toutes les bonnes grâces du roi, distribue les faveurs, les emplois, le patronnage public ; le monarque la comble de cadeaux et de richesses ; il lui donne le chteau de Saint-Ouen et cent propriétés importantes. et ell: ne permettait au petit fils de Louis XV, à l'inces-
ti$ PETITE HISTOIRE
tueux Louis XVIII, suivant les historiens cléricaux, que d'aspirer une prise de tabac placée sur sa gorge nue ! Les bonnes âmes qui le croient sont bien heureuses ! Si l’on veut connaître maintenant les idées libérales qu’entretenait ce bon roi, qu’on lise eeci c'est extrait d’un message qu'il adressait au parlement, en 1876 :
Le roi n'est comptable qu'à Diéu ; toute doctrine qui prétend qu’il est loisible de secouer le joug de leur obéissance, sors quelque. cause que ce soit, est IMPIE (!), détestable, et contre le rétablissement de l’état de la France. |
Quand ce saint monarque mourut, son corps était devenu un objet d'horreur tel, que, suivant Mme Adélaïde, les membres de la famille royale ne purent se décider à lui baiser la main, suivant l’étiquette ordinaire,
Après lui, vint son frère, Charles X, qui exila les jésuites, et inventa la fameuse loi sur l'éducation, qui a tant fait crier nos cléricaux.
Si l’on croit que j’exagère, voici le texte. Je l’extrais d’un décret daté de Saint-Cloud, le 16 juin 1828.
Lisez et dites-moi si ce n’est päs textuellerment l’art, 7 de la loi Ferry :
ART. 2—A dater du ler octobre, nul he pourra être où demeu rer chargé soit de la direction, soit de l’enseignement daris une des maisons d'éducation dépendante de l’Université, ou dans üne des écoles secondaires ecclésiastiques, s’il n’a affirmé par écrit 9
n'appartient à aucune congrégation religieuse non légalement établie en France.
Charles X, qui était la nullité même, avait courü tous tes les ruelles pour ameuter l'Europe contre sa patrie. Il méritait dé régner.
C'était un pingre sans vergogne qui ne rougit pas de vendre à des Juifs l'épée que Catherine de Russie lui avait donnée pour reconquérir un royaume.
Le général de Charette, écrivait un jour à Louis XVIII, en parlant du futur Charles X : “La lâcheté de votre frère à tout perdu.”
Il prit pour ministres Bourmont, un déserteur en face de l'ennemi, et Polignac, un halluciné. Puis suivirent les ordonnances de juillet. |
C’en était trop. Charles X devait être le dernier des Bourbons. Il fut reconduit poliment à la frontière, et la révolution libérale de 1830 mit sur le trône un roi bourgeois, Louis Philippe.
Dix-huit ans plus tard, on était obligé de le chasser à son tour. |
Enfin le honteux coup d'état du 2 décembre livre la France à Napoléon III, l'assassin de Boulogne-sur-mer, qui la livra à son tour au roi de Prusse.
Voilà !
Maintenant comme il ne faut pas oublier que ces notes historiques ont été compilées principalement, pour démontrer aux catholiques qu’il est faux que les rois de France aient été des enfants soumis de l'Eglise, récapitulons un peu, à ce point de vue.
Ont été excommuniés, Charibert, Robert, Philippe Ier, Philippe-Auguste, Philippe IV, et Henri III. Philippe [er l’a été six fois à lui seul!
Clodomir a fait mourir saint Sigismond dans un puits avec sa femme et ses enfants !
Chilpéric fit exiler l’évêque de Rouen !
Frédégonde fit massacrer saint Prétextat au pied de l'autel, et essaya d’en faire autant à l’évêque de Bayeux !
Brunehaut fit chasser de France saint Colomban, et lapider saint Didier, évêque de Vienne.
Dagobert Ier persécuta et éxila saint Pepin de Lauden, bannit saint Amand, l’apôtre des Pays-Bas, chassa
saint Arnould, évêque de Metz, et confisqua à son profit personnel la moitié des biens des couveñt,, monastères et autres institutions religieuses |
Charlemagne, au concile de Francfort, tit condamner le culte des images autorisé par la cour de Rome !
Louisie-Débonnair fit ve les Jees à deux éve-
Judith, sa femme, en fit assassiner un autre! :
La reine Constance fit rôtir son confesseur dans une chaudière, aprés lui avoir crevé les yeux de ses propres Mains! |:
Philippe IV persécuta le clergé, fit saisir les décimes du pape, fit brüler la bulle Awsew/fa Fili par la main du bourreau, et fit arrêter le saint Père Boniface VIE qui en mourut ! .
Louis-le-Hutin fit pendre un frére prêcheur !
Isabeau de Bavière, épouse de Charles V1, fit égorger, en un jour, les archevêques de Paris, de Rheims et de Tours, les évèques d'Evreux, de Senlis, de Laon, Saintes, de Lésieux et de Coutance, aïnsi que les abbés | de Saint-Denis, de Saint-Corneille, et de Compiègne !
Louis XI fit mourir l'évêque de Verdun dans une ou bliette de la Bastille, et garda le cardinal Ballue onze ans etifertné dans une cage de fer!
Henri III fit assassiner le cardinal de Guise, archevéque de Lyon, fit mourir à la Bastille l'abbé de Rosiëres, archidiacre de Toul, ainsi que l’abbé Poncet !
Henri IV fit mourir uni cardinal en prison, expulsa les jésuites de France, et fit pendre le R. P. Guignard !
Napoléon Ier mit un pape en captivité !
Charles X éxila les jésuites !
Et Louis-Philippe conseilla à ses ministres d'en faite autant !
Si l’on appelle cela protéger l'Eglise, le clergé et les communautés religieuses, on n’est pas dimicile.
Et pense-t-on que c’est seulement en France que la presque totalité des rois ont été des monstres de cruau té, des bourreaux atroces ?
Hélas, non !
Les annales du monde entier ne sont qu'une nomenclature horrible des crimes commis par ces êtres placés au dessus des lois et de l'humanité, qu'on appelle rois et empereurs.
Feuilletez un peu avec moi ; que trouvez-vous ?
Un Néron, tuant sa propre mère !
Un Valentinien, gardant auprès de sa chambre à coucher deux ourses féroces qu’il nourrissait de chair humaine vivante !
Un Domitien, comptart les soupirs de ceux qu'il faisait égorger par curiosité!
Un Caligula, assistant impassible au meurtre de sa mère et de ses deux frères, et faisant jeter à la mer des centaines de personnes pour s'amuser de leurs cris !
ustinien Rhinotmète, faisant couper le nez à ceux qui avaient le malheur de lui déplaire !
Vitiza tuant Favila d'un coup de bâton pour posséder sa femme, et faisant crever les yeux à Théodefredo !
Christine de Suède faisant poignarder son amant Monaideschi, sous ses yeux, à Fontainebleau !
Mathias le Sanguinaire, faisant arracher la langue à son père! |
Mézénce, faisant pourrir des vivants attachés à des cadavres |
Amurat, faisant massacrer ses cinq frères !
Achmet, égorgeant sa femme avec ses dents !
Périande, tuant la sienne à coups de pieds !
Charles’ III, faisant boucher la brèche d’une digue avec des têtes coupées !
Et cette reine d’Espagne, dont j'oublie le nom, faisant
122 PE1ITF HISTOIRE
décapiter un jeune homme qui refusait d’être son amant!
Sélim le Féroce, empoisonnant son père, ses frères et ses neveux !
Casme de Médicis, se débarrassant de la même fngon de sa femme et de ses ideux enfants !
Gengis-Khan, faisaut scier en deux ses praanniens de guerre |
Abbas Ier, faisant arracher le sein à la femme et à la fille d'un capitaine qui l'avait trahi! sd
Vlad, qui: faisait clouer les turbans sur les têtes à coups de marteaux |
Roderique, qui faisait arraqhes les ongles aux enfants de ses ennemis |
Alexis, faisant crever les yeux à son frère Iszac !
Andronic,.faisant périr sa femme et son fils dans de l'huile bouillante !
Timour, qui fait égorger des A de cinqans, ppur prendre des bains dans leur sang!
Aüreng-Zeb, qui empoisonne son père; et tue ses trois frères !
Boris Godounoff, . qui en fait autant à son beau-frère, à son neveu, et au Czar, son prédécesseur!
Sapor, faisant couvrir de sel une femme qu Al a fait écorcher -vive !
Pierre le Cruel, tuant son frère, sa slemere: sa tante et son cousin ! br
Henri de Transtaiaare, tuant son frère, et son successeur le tuant à, son tour!
Hippolyte ler (un des ancètres de Mme de "3 bord !:) faisant, ki aussi, crevér les yeux à son frère |
Richard III, empoisonnant son frère et sa femme, et poignardant ses deux neveux |,
Michél I, faisant , mutiler honteusement les quatre fils de son prédécesseur !
Michel IV, assassin de son prédécesseur: Argyret
Ramire II, encore un autre qui fait erever les dé à son frère |
Edouard IV, décapitant Tudor!
Henri VIII, qui, à part ses femmes, fait exécuter soixante mille personnes, pendant son règne !
Mainfroide Noir, empoisonnant Conrad IV !
Ethelred II, qui fait en une seule nuit égorger tous les Danois qui se trouvent en Angleterre |
nur Ier, faisant périr son fils de faim dans un cachot |
Cambyse, faisant égorger son frère Smerdis, et enterrer vifs douze seigneurs à la fois !
L’émpereur Rodolphe, faisant ouvrir les quatre veines à son fils ! |
Ezzelin IV, faisant massacrer presque toutes les familles nobles de Vérone et de Padoue !
Alexis V, faisant étrangler Alexis IV !
Bardas, faisant mourir le patriarche de Constantinople dans une oubliette !
Yvan III, faisant immoler son fils aîné dans un cachot, et tuant le cadet d’un coup de hache!
Michel III, arrêtant la procession du Saint-Sacrement par des spectacles révoltants d’obscénité !
Héliodore, volant les vases sacrés !:
Alaric, faisant saccager Rome !
Omar, brulant la biblihotèque d'Alexandrie |
Sybille, qui empoisonne son fils pour donner le trône de Jérusalem à son second mari !
Astarbé, qui empoisonne son mari, et l’achève en létranglant ! ‘|
Attila, fraticide, qui se fait appeler le Æ/é&u de Dieu /
Genséric, qui se fait nommer la Core du Très- Haut !
Et ceux dont les surnoms seuls donnent une idée des crimes et des vices :
Charles le Mauvais ! Jean le Mauvais / Jean le Barbare ! Dimitrile Zerrible ! Sélim l'Zurogne ! Philippe le Démon du Midi!
Quand on songe que Bagubert leret Jean II s labbelaient le Bo», Louis Ier le Débonnaire,; Robert Ier le Pieux, Philippe II Auguste, Charles Vile Sage: Louis XIII le Juste, et Louis XV le BIEN-AIMÉ, on peut juger de ceux qui se nomment le A/auvais,le Cruel, le Barba: re, le Terrible, VJvrogne, }e Sanguinaire et le Féroce !
Et ceux qu'il suffit d'indiquer :
Les Héliogabale, les Tibére, les Claude, les Dioclétien, les Justinien Ier, les Valens, les Julien, . les Hildebrarid, les Guy le Baveux, les Phocas, les Didier, les Caballin, les Macbeth, les Osiuan, les Rathhert, tes Ramisés, les Sañiche IV, des Darius, les Vittellius, et tant d’autres monstres qu'il serait trop long même d’énumérer !
Donc; depuis un temps immémorial, et däns tous /les
pays du monde réputés civilisés, la pauvre humanité a pleuré, gémi et saigné sous le talon de ces abominables tyrans. Et quand un peuple comme la France essaie de secouer le joug, c’est au nom du Dieu de paix et d'amour qu'on voudrait la ramener en arrière !
C'est avec cette aborminable cause de la royauté que lon voudtait identifier la religion !
Je ne prétends point que les républicains. soient impeccables ; mais, Sous une république, le crime se punit, ou au moins peut se punir, tandis que sous les saints rois de l’ancien régime, il restait non seulement impunis, mais encore on l’honorait ; et non seulement on l'honorait, mais la nation se ruinait pour le payer de son sang et de son argent.
Avec une république, on peut toujours tnettré: au pou: voir d’honnèêtes gens, si l’on veut ; tandis qu'avec une monarchie, comme celle dont j'ai fait l'historique, il faut