Ü4 PETITE HISTOIRE
Pendant les huit années qui suivirent la mort de Louis XIV, la régence du royaume fut confiée à son neveu Philippe d'Orléans, qui avait épousé une des bâtardes du roi et de la Montespan,
Avant la mort de Louis XIV, ce brave régent, qui avait été admirablement élevé par l'abbé Dubois, s’occupaitggle chimie et même d’alchimie, et,-chose étrange :—tous les héritiers de la couronne, le dauphin, le duc de Bourgogne, la duchesse sa femme, ainsi que leurs fils mouraient drus comme mouches, de maladies qu'on ne put jamais expliquer. tout haut.
On les expliquait tout bas, par exemple.
Il fut nommé régent par le Parlement, qui cassa le testament de Louis XIV, par lequel celui-ci avait laissé la gouverne du royaume au duc de Maine, un autre bâtard de la Montespan.
Première révolte de l'opinion publique !
Cette période de la régence fut marquée par une licence effrénée. C'était la décadénce qui commençait. C'était le trône pourri qui s'écroulait dans la fange.
La cour était devenue un lieu d'orgies, où le vice le plus révoltant s’étalait avec une impudeur inoufe.
Les petits soupers de la régence sont restés légendaires.
Les relations criminelles du régent avec ses propres filles n’étaierit un mystère pour personne,
L’ainée surtout, la duchesse de Berri, affichait ses horribles bonnes fortunes avec un sans-gêne qui n’a d'égal que le toupet de ceux qui osent nous donner la cour de France comme une école de morale et de reli-
ion.
. Et les journaux monarchistes détiodéent les mœurs des républicains |
Dernièrement, nous lisions les lignes suivantes dans l'Emancipateur de Cambrai :
‘* Pour peu que cette lèpre qui a nom Æépuélique tienne encore la France quelque temps, il sera nécessaire de s’en préserver--sinon de s’en débarrasser--par des »oyens spéciaux."
‘“ Je le répète, cette situation ne saurait être plus longtemps tolé rée ; et, Puisque les mœurs publiques et officielles deviennent à ce point immondes, il faut aussi que les habitudes des pères de famille se modifient.”
Elle est bonne !
Nous sommes à Louis XV,le plus lâche et le plus cynique des rois de France.
Oui, après tous ces monstres, tous ces sacrilèges, tous ces oppresseurs suant le sang et la luxure, tous ces bandits ravisseurs, tous ces égorgeurs de vieillards, d’enfants et de femmes, tous ces tyrans sans âme et sans entrailles, il appartenait à Louis XV de les faire regretter | D
La honte de ce vil pourceau a rempli l'univers entier. Il traîna la France dans toutes les humiliations. Et après l'avoir plongée dans le sang sur les champs de bataille, il la vendit lâchement au plus haut enchérisseur pour remplir le coffre des prostituées qui règnaient avec lui. "
Oh ! si nous avions un roi, s'écrient les légitimistes, la France serait glorieuse, puissante et respectée !
Oui, comme sous Louis XV, n'est-ce pas ?
Quand la guerre de sept ans coûtait à la France deux milliards de francs et un million d'hommes ;
Quand les généraux imposés par la Pompadour valaient au pays la défaite de: Rosbach et la déroute de Crefeld ; aoû 2
Quand les armées françaises étaient devenues la risée de l’Europe ;
Quand le commerce maritime de la France, si prospère autrefois, était complètement anéanti ;