‹ Petite histoire des rois de France [microforme]Chapitre 9 sur 17 · LS SE · texte numérisé non relu

LS SE

FRE es

FR

Sd

D rer SCANS

RC DE

ins

GE En

nee PERTE

Son frère lui laissait le trône de France ; cela faisait son affaire ; 1l accourut.

Ayant trempé dans les innombrables assassinats de la Saint-Berthélemy, il était digne de recevoir la couronne des mains de son abominable mère, et de la porter sans déroger.

Jusqu'à cette époque la cour de France n'avait été que débauchée ; elle devint crapuleuse, sale, dégoûtante.

On ne rougissait plus, même des crimes contre nature.

Des vices odieux, inconnus en France, y avaient été introduits par l’infäme Italienne ; et, encouragés par l'exemple et la sanction royale, ils s'étalaient hardiment sous le regard public.

On ne se donnait même plus la peine d’être poli ; la grossièreté des manières et du langage allait de pair avec la brutalité du libertinage. Les conversations ne roulaient que sur des sujets obscènes ; on ne lisait que les écrits les plus licencieux ; les femmes vivaient comme des ménades, et juraient comme des porte-faix.

Quant au roi, tout en affichant ses liaisons avec Lenée de Rieux et Marie de Clèves, il s'occupait principalement de ceux que l’histoire a nommés les wignons d'Henri III : Maugiron, Saint-Maigrin, d'Epernon, Joyeuse, Saint-Luc, Livarot, Villequier, Duguast, et surtout Caylus, intéressants personnages tout fiers de la posifion de confiance qu'ils occupaient auprès ‘lu bon roi.

Ils avaient formé ensemble une confrérie qui avait ses statuts, ses règles, ses emblêmes, et--comme de raison-—un costume particulier.

Quand Maugiron, Caylus et Saint-Maigrin moururent de la façon tragique que l’on sait, l’histoire dit que le saint roi les embrassa tenclrement, les fit raser et garda

précieusement leurs cheveux. Il défit lui-même les 4owcles d'oreilles qu’il avait données à Caylus.

Des boucles d'oreilles !

On assure que ce fut en refusant de faire partie de cette confrérie que le duc Henri de Guise encourut la haine de l’aimable rnonarque, qui devait lui ôter la vie.

Cet assassinat est l’un des plus célèbres de l’histoire de France.

Le roi attira de Guise aux états généraux de Blois, fit semblant de se réconcilier avec lui, et, pour détourner ses soupçons, &lla jusqu’à l'accompagner à la sainte table.

Deux heures après, le pauvre duc tombait sous le poignard de Loignac et de cinquante autres séides apostés par le roi lui-même.

Pendant le crimie, l'assassin roÿal, qui était à genoux sur un prie-dieu, à côté d’un moine, dans la chambre voisine, relevait la portière de temps en temps, pour demander si cela ne serait pas bientôt fini.

Quand de Guisé fut mort, le saint roi se leva et alla lui donner wx coup de pied au visage !

Le lendemain l’#//ustre aïeul du comte de Chambord faisait assassiner aussi, pour trois cents écus, le cardinal archevêque de Lyon, dans les oubliettes de la tour des Moulins.

Etces infâmes républicains qui persécutent l'Eglise au point d'exiger que les jésuites fassent inscrire civilement leurs maisons d'éducation !

Mais le cardinal de Guise n’est pas le setil des tnembres du clergé qui ait eu à souffrir par les ordres du dernier des Valois.

Un saint moirie du nom de Poncétavait, dans un ser-

mon prononcé à Notre-Dame, dénoncé les monstrueuses débauches du roi et de son entourage ; le lendemain il était jeté à la Bastille, et il n’en sortit jamais.

L'abbé de Rosiètes, archidiacre de Toul, s'étant permis certaines épigrammes sur le même sujet, fut enfoui dans un cachot souterain de la même forteresse.

‘ Ce cachot était si profond, dif Camille Reynadier, que lorsque les eaux du fossé étaient grosses, ellés ÿ peñétraient abondamment,

at

DR

RS Te ere = LIRE PRE

És

ER

ee

dt wi na

( fi Lu À )

et le malheureux n'avait alors d'autre refuge qu'une grosse pierre placée au milieu du souterrain ; les crapauds et les rats pullulaient, et il fallait que le captif tint le pain, seule nourriture qui lui fût accordée, caché sous ses vêtements, pour le soustraire à ses hôtes dégoûtants.”?

Ah ! si la république se payait le luxe de traiter ainsi ceux qui l’anathématisent !.…

Enfin, Henri III, après avoir empoisonné sa mère, meurt excommunié, SOUS le couteau d’un moine fanatique appelé Jacques Clément.

[1 fut frappé au moment où il donnait audience sur Sa chaise percée. Ce n'est pas le seul personnage de sa famille qui donnât audience sur ce trône-là.

Ces manières ne seraient pas considérées comme absolument polies chez des roturiers ; mais l'étiquette, C'est un peu comme la morale ; il y en a une pour les rois et une autre pour le vulgaire.

Page 1