LA SALLE DE CLASSE
BoNJOXTB, mes amis. Vous voilà tous présents, dans la salle de classe. C'est ici, dans cette salle, que vous venez tous les jours. Pourquoi venez-vous ici ?.. . Répondez : vous venez dans cette salle de classe, près de moi, devant moi, pour étudier, pour apprendre. Qu'étudiez-vous ici? — Nous étudions le français. — Oui, vous étudiez, vous apprenez la langue française. Aimez-vous le français? — Oui, nous l'aimons beaucoup. — Le comprenez-vous ? . . . Vous le comprenez un peu, pas beaucoup. Vous commencez à le comprendre. Louise, as-tu compris la fable: Le Corbeau et le Renard? — Oui, je l'ai compris. — Tu l'as comprise^ mon amie. Prononce comme moi. Toi, Marie, l'as-tu comprise ? — Je l'ai comprise. — C'est bien. Vous avez tous compris, n'est-ce pas, l'histoire des deux Rats ? — Oui.
Courage 1 examinons la salle de classe. Est-elle grande ou petite? Plus grande que le vestiaire? Quelle forme a-t-elle? Est-elle ronde ou carrée? Voilà une boule : elle est ronde. La salle est-elle ronde? Es-tu rond, George? — Quelle question, monsieur 1 — Regardez la planche noire : je fais une
figure carrée. Quelle forme a la salle ? — Elle est carrée. — Est-elle claire ou obscure? Plus ou moins claire que le vestiaire ? Pourquoi est-elle plus claire que le vestiaire ? Combien de fenêtres y a-t-il ici ? Et dans la petite chambre ?
La lumière entre par les fenêtres. Voyez-vous le soleil? — Oui. — Il donne la lumière, il éclaire la salle et la rue. . • . Voilà la rue. N 'éclair e-t-il pas Boston ? Et toute l'Amérique ? Et l'Europe ? — Si, monsieur. — Oui: il éclaire tout, toute la terre. Voyez-vous le lustre au-dessus de vos têtes? Le soir il éclaire la salle de classe : éclaire-t-il aussi Boston et toute la terre ? — Non, certes.
Louis, monte sur la chaise. Voyons : je te prends par la main et je te fais monter sur la chaise. Es-tu monté sur la chaise ? — Oui. — Pourquoi ? — Je ne sais pas. — Prends cette allumette. Allume l'allumette. Tu ne comprends pas ? Vois : je frotte l'allumette sur cette boîte. La voilà allumée. Prends-la. J'ouvre un bec de gaz. — Aïe ! aïe ! monsieur. — Qu'y a-t-il ? pourquoi cries-tu ? — Mon doigt ! mon doigt! — Sot garçon! tu as brûlé ton doigt: pourquoi n'as-tu pas jeté l'allumette? Voyons: n'aie pas peur. Sois brave. Recommençons. Prends cette allumette et cette boîte. Frotte l'allumette sur la boîte . . . C'est ça. J'ouvre le bec de gaz : approche l'allumette. Voilà le gaz allumé. Descends de la chaise. Retourne à ta place et assieds-toi.
Le gaz éclaire-t-il la chambre? — Oui. — Pensezvous ? — Non, non. — Pourquoi ? — Parce que le soleil éclaire la chambre. — La lumière du soleil est-
elle plus brillante que celle du gaz? — ;Ouî: beaucoup plus brillante. — Pouvez-vous regarder fixement le soleil? Et le gaz? Et la chandelle? Je vous montre une chandelle. Que préférez- vous, la lumière de la chandelle, celle du gaz, ou celle du soleil ? — Nous préférons la lumière du soleil. — La nuit le soleil est absent. Il laisse la terre dans l'obscurité : nous sommes bien contents, bien heureux, la nuit et le soir, d'avoir la lumière du gaz ou celle de la chandelle.
Charles, lève-toi. Marche dans cette direction . • • Bien. Pourquoi n'avances-tu pas? Continue de marcher. — Je ne puis pas. — Pourquoi ? — Vous voyez, monsieur : il y a un obstacle. — Oui, certes, cher ami: tu as le nez sur le mur. Retourne-toi. Que fais-tu ? — J'obéis : je me retourne. — Viens ici. Regarde là. Marche dans cette direction. Continue, marche • • . Pourquoi ne marches-tu plus ? — Je suis près ... — Oui, tu es près du feu : tu as peur de te brûler. Tu as raison de ne plus marcher.
Combien de fenêtres y a-t-il ici? Combien de murs ? Combien de chaises ? Combien de fauteuils ? Combien de tables ? Comptez les livres qui sont sur la table. N'y a-t-il pas autre chose sur la table? Je montre : voyez-vous l'encrier ? Qu'y a-t-il dans l'encrier ? Quelle couleur a l'encre ? Et le papier ? George, prends la plume. Mets la plume dans l'encrier. Que fais-tu? — Je mets la plume dans l'encrier. — Ecris table sur cette feuille de papier . , . Petit étourdi, tu fais une tache I Tu as pris trop d'encre dans ta plume. Tu as gâté le papier, et tu
n'as pas écrit talle. ElBfaces-tu les taches avec tes doigts ? — Non : j'emploie cet objet. — Oui : c'est un grattoir, mes amis. On efface les taches d'encre avec le grattoir, et les taches de crayon avec la gomme, que voilà.
Mes amis, levez les yeux. Regardez en haut:
voilà le plafond au-dessus de vos têtes. Auguste, tu es le plus grand de tous : lève-toi et touche le plafond de ton index. — Je ne puis pas. — Non : tu es trop petit et tu as le bras trop court. Tu n'es pas Goliath, n'est-ce pas ?
Nous avons fini : George, lève les stores, je t'en prie, et ouvre les fenêtres . . . Que fais-tu? — J'obéis : je lève les stores et j'ouvre les fenêtres. — Merci, cher garçon.