‹ Petites causeriesChapitre 2 sur 56 · HUITIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

HUITIÈME ÉDITION

NEW YORK F, W. CHRISTERN BOSTON : CARL SCHŒENHOF

Lduc] 518.847 83

Nr UT TOLLUAF L PRARY

: Ci DF PRINCETCH LIN CSI TY LIBRARY MAY 3 1939

Kntered according to Act of Congress, in the year 1875, 0° | LAMBERT SAUVEUR, In the office of the Librarian of Congress, at Washington

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Les Causeries avec mes élèves ont ea tout le succès que j'en espérais. La troisième édition de ce livre est en ce moment sous presse. Pour en augmenter la valeur je l’ai fait illustrer.

L'enseignement que les Causeries reproduisent est décrit dans ma brochure: Zntroduction to the Teaching of Living Languages. J'y renvoie les lecteurs. Ils y verront comment mes livres doivent être employés dans les classes.

Ma méthode d'instruction est celle de l’École des langues vivantes de Boston.

Depuis le commencement du monde elle est pratiquée par les mères qui apprennent à parler à leurs enfants. Au 16e siècle, le père de Montaigne s’en est servi avec un merveilleux

succès pour faire enseigner à son fils la langue latine.

Cependant il restait à réduire en système cette méthode des mères, il restait à l'appliquer rigoureusement dans l’enseignement des langues étrangères. C’est ce que fit M. le professeur Th. Heness quand il établit son école à New Haven, en 1866. C’est à lui qu'appartient l'honneur d’avoir créé ce nouvel enseignement, aussi admirable qu’il est simple et naturel.

Je tenais à faire cette déclaration au moment où la méthode de notre école commence à s’introduire dans l’enseignement. J’avais à décliner une glorieuse paternité qui n'appartient qu’à mon collègue. | |

Pour ma part d'honneur, j'ai assez d’avoir compris cet enseignement, de l'aimer, d’en être enthousiaste, de l’avoir appliqué depuis six ans dans toutes mes lecons, et de consacrer mes forces à le faire pénétrer partout dans l'étude des langues.

C’est à cette fin que je donne un nouveau volume de Causeries au public.

Le premier était destiné à mes élèves. J'y

causals uniquement avec cette petite soriété, charmante et d'élite, curieuse de tout savoir dans le monde des idées, des choses et de la littérature. Cependant plus de quinze cents exemplaires de l'ouvrage ont été livrés à la circulation depuis huit mois qu'il a paru. Je savais bien que les personnes qui aiment à trouver dans un livre des idées, de la littérature et un peu de philosophie, sont nombreuses à Boston. Les Causeries avec mes élèves resteront destinées à ce public et à la classe supérieure des igh Schools.

Les Petites Causeries m'ont été demandées de tous côtés. Il fallait ce livre, plus simple, moins littéraire, pour les élèves qui ont de dix à quinze ans, et aussi pour ceux qui étudient la langue sans avoir ces loisirs qui permettent de cultiver les belles lettres.

Je les destine tout particulièrement aux premières classes des Écoles supérieures et aux établissements qui font de l’enseignement du français une portion importante de leurs études.

J'ai écrit un troisième volume sous le titre de Causeries avec les enfants. Il sera illustré.

J'espère pouvoir le publier dans quelques semaines. Ce sera le livre des mères, et des écoles qui enseignent la langue française aux petits enfants.

Enfin je prépare en ce moment avec mes élèves une grammaire que je publierai aussitôt que possible. Dans ma brochure, p. 34, j'explique comment j'entends l’enseignement de la grammaire. Il doit être profond, très-sérieux, et ne peut être commencé avant l'heure où les élèves comprennent la langue. Ce livre sera en conséquence écrit en français. Il aura pour titre: Entretiens sur la grammaire.

Il me reste à lever deux objections, ou plutôt à répondre à deux questions qui m'ont été faites par des chefs d'établissements publics.

Quand ils m'ont vu donner une lecon à leurs élèves, à des élèves entièrement ignorants de la langue, ils ont été assez bons pour admirer ma lecon et surtout mon enthousiasme. Mais, disent-ils, des lecons comme celle-là tueraient nos instituteurs en trois mois. Sans doute: elles me tueraient aussi. Mais ces lecons qui demandent un si rude travail au maître sont peu

nombreuses. Après quelques jours il ne lui reste guère qu'à enseigner comme il a ou l’habitude de le faire. Les élèves liront sous sa direction, ils écriront sous sa dictée, ils causeront avec lui: moins il parlera, plus les élèves parleront, d'autant meilleur sera son enseignement. Son esprit, comme celui de sa classe, sera toujours intéressé au travail commun, sans que ses forces physiques aient trop à souffrir.

Voici la seconde question. Ne permettezvous pas de traduire ? — Nous traduisons dans nos classes. La traduction est indispensable pour achever l'étude de la langue, tout autant que la grammaire, mais comme la grammaire elle doit venir à son heure.

Quand les élèves comprennent et parlent la langue, quand ils lisent un livre français avec facilité, quand ils ont acquis le génie de la langue nouvelle, le moment de traduire est venu. La traduction est une gymnastique intellectuelle, puissante et indispensable. J'y donne la plus grande attention dans mes classes, et je la recommande à tous les maîtres.

Un dernier mot. J’ai employé le tutofnent

dans ce livre. C’est la langue de l’amitié, langue si belle et si douce dans la bouche des Français. Les enfants en font usage dans les écoles. J’ai confiance que les jeunes Américains apprendront à l’'employer en étudiant les Petiles Causeries.

Boston, le 15 mars, 1876.

EPPCELPPELIR

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