‹ Petites causeries: suivies de devoirs et traductions pour les classesChapitre 13 sur 48 · LES YEUX · texte numérisé non relu

LES YEUX

Notre avons cinq sens, n'est-ce pas, Hortense ? — Oui. — L'ouïe, la vue, le goût, l'odorat, le toucher : voilà les cinq sens. La langue est l'organe du goût. Quel est l'organe de l'odorat? Quel est celui du toucher ? Vous savez déjà que l'oreille est l'organe de l'ouïe et l'œil l'organe de la vue.

Parlons de l'œil aujourd'hui et de la vue. L'œil est d'une forme plus ou moins sphérique. Voilà l'orbite de l'œil, les cils, les sourcils, les paupières. Le soleil brille au haut du ciel : regarde le fixement, Joséphine. — Je ne puis. — Non : tu fermes les paupières. Nous fermons aussi les paupières la nuit pour dormir.

Voilà le blanc de l'œil. La pupille ou la prunelle est au milieu. Rien de plus précieux que la prunelle de l'œil. Une mère aime son enfant comme la prunelle de ses yeux.

Tu as les yeux bleus,' Marie : George les a noirs. Aimes-tu les yeux noirs, Marie? — Je préfère les jeux bleus • • . — Moi, je préfère les noirs. — Ohl

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George, n'aimes-tu pas les doux yeux bleus de Marie ? — Si, monsieur, je les aime aussi. — A la bonne heure, mon garçon. Tu es vif comme tes yeux noirs, mais tu admires la douceur de ta petite amie, n'est-ce pas ? — Oui, monsieur.

Vois-tu bien, Charles? As-tu la vue bonne?

Connais-tu le lynx et l'aigle ? Ont-ils la vue bonne ? As-tu la vue aussi perçante que le lynx 2^ Vois-tu aussi loin que Taigle? Du haut du cielToù le roi des oiseaux vole majestueusement bien haut, bien haut, il aperçoit le pigeon, sa proie. Paavre innocente colombe, n'est-ce pas? L'aigle l'a vue: il descend du ciel, rapide comme une flèche • • • Je dessine une flèche sur la planche noire. La voilà, n se précipite sur l'oiseau, le saisit dans ses serres et l'emporte au sommet des Alpes.

L'aigle et le lynx voient mieux que nous, mais nous voyons mieux que le chien. Le chien n'est-il pas myope ? — Si. — Voit-il de loin ? — Non. — Non. certes : il ne reconnaît pas son maître à cent pas de distance. — Le chien est bien malheureux, monsieur. — Non, mon amie, il y a des compensations pour lui : n'a-t-il pas l'oreille extrêmement fine ? Et l'odorat ? Son odorat est merveilleux. H a foi dans son odorat.

Voilà un miroir au mur, et voilà un perroquet sur ce tableau. N'avez-vous jamais vu un perroquet en présence d'un miroir? — rSi: il croît voir un autre perroquet. — Oui : il s'approche de son image, cherche à la toucher ; il lève la patte pour gratter la tête de son camarade. Quelle illusion, n'est-ce paa l — OuL

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— Il est dans Tillusioii comme le jeune chat, qui va voir derrière le miroir pour jouer aveo l'autre petit chat. Le chien a-t-il aussi cette illusion devant le miroir? — Non. — Poiurquoi? — Nous ne savons pas pourquoi. — C'est parce qu'il a foi dans son odorat plus que dans ses yeux. Il flaire : ^* Cette image de chien n'a pas d'odeur, dit-il, donc c'est un faux chien, une ombre de chien," et il s'en va. Le voilà couche devant le feu, la tête sur ses deux pattes, les yeux femmes, l'oreille ouverte: il pense à son maître, il écoute après son pas.

Tous les animaux voient-ils?. — Non: Toyster ne voit ''pas . . . — Comment, Henri! , quelle langue parles-tu ? Ne sais-tu pas qu'il n'y a pas d'oysterê en France? — Non, monsieur? — Non, certesy ^-nous avons des huitres seulement, de petites huitres. L'huitre ne voit ni n'enteud, mes amis. Elle est privée de la vue: elle est aveugle. Elle est privée de l'ouïe : elle est sourde. — Comment vit-elle, monsieur? — La Providence a mis sa nourriture dans l'eau, et elle a dit à l'eau : ^* Nourris mon huitre, car elle n'a pas d'yeux pour chercher sa subsistance." Et l'eau obéit et fut la nourrice de l'aveugle. La Providence est bonne, n'est-ce pas ? -^ Ouï, et l'eau aussi. — Oui, toute la nature est bonne : elle exécute les ordres de Dieu.

N'y a-t-il pas des hommes privés de la vue coiQme rhuitre ? — Si, il y a des aveugles. — Avez-vous vu des hommes qui ont un seul œil? — Oui, beaucoup.

— Us sont borgnes. Lequel est le plus misérable de Taveugle ou du borgne ? — C'est l'aveugle. — Incom*

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parablement, car le borgne voit comme nous. Aveas* vous rencontré dans la rue Faveugle, sans guide, marchant seul ? — Oui. — Il marche avec précaution et grande prudence. Il écoute tous les bruits, il sent le chemin avec sa canne. Il a l'ouïe et le toucher plus fins que nous.

\/0n voit à Paris, dans la grande ville qui a tant de Mouvement, tant de bruit, une population innombrable dans ses rues, mille obstacles sur les chemins, on voit Taveugle seul, cherchant sa route • • • il connaît, il compte les rues. ^ Comment est-ce possible? — Il compte les courante d'air : une rue qui se présente à droite ou à gauche forme un courant d'air. Le sens du toucher avertit l'aveugle. — Qu'est-ce qu'un courant d'air, monsieur? — Ouvre la fenêtre, George, et la porte aussi. Place-toi là, entre la porte et la fenêtre : ne sens-tu rien ? — Si, monsieur : j'ai froid. — Ferme vite la porte et la fenêtre ; tu es dans un courant d'air. Les courants d'air sont mauvais. Évitez les courants d'air, mes amis, quand vous avez chaud f%rincipalement.

Voilà des lunettes. Les myopes portent des lunettes, les presbytes aussi. La vue du presbyte est affaiblie par l'âge. Le myope voit-il de loin ? Et le presbyte ? Avez-vous vu lire le myope ? Comment tient-il son livre, près de son nez ou à la longueur de son bras ? Et le presbyte ? Et toi, George ?

N'y a-t-il pas des sinimaux qui voient la nuit, dans les ténèbres? Le chat voit-il la nuit? Je vous montre des oiseaux. Regardez. Le hibou voit-il le jour? Et la chouette? Le hibou et la chouette

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vtQ|^t-ils la. nuit ? Aiment-ils l'obsourité ? Aiment- '^tra^e soleil et la lumière? Quand voyons-nous les chauves-souris voltiger dans Tair, le matin, à midi, ou le soir ? Où sont les chauves-souris et les hibous quand le soleil est au ciel ?

Vous aurez une fable demain. Adieu I

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