PARIS
AUX BÜRIÎAUX DE I/ENCYCLOPÉDIE , BOK nr nEGAitT), 1. — iiotei, hécamif.k.
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https://archive.org/details/b281 1 5752
QUELQUES MOTS, D’ABOM!
Je prévois des interrogations, des récriminations et des critiques.
— Pourquoi ce mot de misères?
— Pourquoi cet amalgame de misères grandes et petites? Est-ce par recherche du contraste? nar amour du pittoresque? Est-ce de la logique ou de la fantaisie ?
— Puisque vous prétendez que des notions de médecine sont nécessaires h tout le monde, quelle obligation de vous limiter? Qui vous empêche de nous renseigner sur la médecine tout entière.
— Ceux qui ont écrit la Médecine domestique, les glorieux auteurs de la Médecine sans Médecin n’ont-ils pas été plus hardis et à peu près complets? — A quoi bon des restrictions et des réticences? Ou vous avez peur, et alors il ne faut point avancer davantage sur le terrain glissant où vous vous êtes engagé trop inconsidérément; OU vous ne craignez •’ion et, dans ce cas, il faut
marcher sans trembler, et parcourir bravement tout votre chemin...
Mon Dieu, j’ai intitulé Misères les maladies dont je veux vous entretenir, parce que ce ne sont point des affections ordinaires, parce que les unes sont des fléaux, des catastrophes, c’est-à-dire bien plus que des maladies, parce que les autres ne sont que des difficultés journalières, des embarras habituels, de simples indispositions.
Non, je ne pousse point l’amour des contrastes jusqu’à la sottise, et je jie suis point de ces écrivains qui préfèrent le pittoresque à la raison.
Je le déclare bien catégoriquement, je ne veux perdre ni mon temps ni le vôtre à aligner devant vous des renseignements sur la médecine tout entière. Malgré mon admiration pour Tissot et mes sympathies pour Buchan, je trouve que ces messieurs ont dépassé les limites de l’utile, et je me garderai bien de les recommencer...
Au lieu d’établir ici une longue discussion, permettez-moi de renvoyer à ce que j’ai dit dans mon Cours d’hygiène sur les dangers du specticisme médical et sur la difficulté de la médecine proprement dite...
A mon avis, il n’est point prudent, il n’est même point raisonnable de vouloir d’une laçon absolue la médecine sans médecin. Je préférerais bien souvent le médecin sans la médecine, c’est-à-
dire des conseils sans drogues, des avis sans ordonnances pharmaceutiques. — Quand on désire un verre d’eau bien pure, il faut aller la puiser dans une source limpide. Et d’ailleurs à chacun son métier, dit un axiome, c’est-à-dire à chacun son rôle, son emploi, sa spécialité. Pour diriger convenablement un navire lance en pleine mer on ne saurait réclamer le travail des gens qui n’ont pas quitté la terre ferme, et pour bâtir solidement une maison on ne prendra jamais les avis d’un savetier...
Dans les douze volumes qui composeront cette Encyclopédie, j’en donnerai un certain nombre qui traiteront de la médecine, ou, si vous l’aimez mieux, des remèdes et des moyens à employer pour obtenir la guérison de certaines maladies, mais il est des maladies et beaucoup dont je laisserai la médicamentation aux hommes spéciaux aux médecins. ’
Telles sont la plupart des maladies aiguës et le plus grand nombre des accidents qui demandent es soins intelligents d’un chirurgien expérimenté, — De bon compte, voyons ! Est-ce qu’avec quelques explications et quelques conseils je pourrais jamais vous mettre à même de soigner une Iluxion de poitrine, une inflammation de cœur ou vous mettre a même de couper une jambe malade et de remettre un bras cassé?
Mil
Donc, il faut se borner et rester dans le territoire du possible; donc, il faut choisir et ne traiter que les sujets indiqués par la sagesse et par la nécessité.
Vous avez pu le voir dans les sous-titres de ce volume, je veux aujourd’hui vous parler d’abord de la Rage, du Choléra, de la Suette et de la Fièvre typhoïde : pourquoi? parce que ce sont des fléaux qui surviennent d’une façon épidémique ou contagieuse. Or, quand arrivent ces terribles catastrophes, quand l’épidémie avec sa tête de mort se dresse au milieu des masses, et lugubre moissonneuse tente de faucher toute une nation , les médecins ne sont ni assez nombreux, ni assez proches, et il faut pouvoir suppléer à leur absence et savoir au moins ce qu’on doit faire en les attendant.
En second lieu, et, comme pour nous reposer de ces émouvantes instructions, nous nous occuperons de misères bien peu terribles : l’Obésité, la Migraine, la Constipation ; mais ces misères sont si communes, si taquinantes, que l’on me saura g^é, je pense, d’indiquer les moyens de les adoucir et de les modifier.