‹ Petites et grandes misèresChapitre 39 sur 63 · I. 1.C» grives par un temps de brouillard · texte numérisé non relu

I. 1.C» grives par un temps de brouillard

Êtes-vous chasseurs, êtes-vous observateurs au moins? Si vous n’êtes ni l’un ni l’autre, interrogez les Nemrod de votre entourage ; demandez-leur pourquoi pendant le temps des grives , ils se réjouissent tant à la vue d un brouillard matinal, pourquoi ils s’empressent d’endosser la gibecière, pourquoi ils partent avec tant de zele, la poudrière bien pleine et le fusil tout armé. — C’est qu il fait humide; c’est qu’en deux ou trois jours l’humidite engraisse tellement les grives, qu’alourdies par ce rapide embonpolint, les grives ne peuvent qu’à grand peine se dérober au plomb meurtrier.

I/ART DE MAIGRIR

ll> — I.CN animaux carnassiers.

Je ne veux point vous envoyer en Afrique pour y chercher des tigres, des panthères et des lions ; mais entrons dans quelque ménagerie, allons tout simplement au Jardin des Plantes. — Voyez-vous ces bêtes magnifiques que l’on appelle bêtes féroces ; quel port, quelle stature, quels yeux? Eh bieni remarquez une chose ; c’est qu’aucun de ces animaux n’a d’embonpoint; leurs flancs sont caves, leurs croupes sont desséchées, et sous la peau qui les couvre on voit pointer çà et là la crête de leurs os, et pourtant ces animaux renfermés n’ont plus ni le grand air, ni l’exercice physique qui leur sont habituels. A l’état de liberté, ils étaient contraints d’errer longtemps, de courir beaucoup pour trouver pâture; esclaves, ils ont à manger sans prendre de peine ; comment se fait-il qu’aucun d’eux ne soit gras?

III. — I.C8 herbivorcN : bœuf.>i et moutons, cbevreuils et gazcllc.s.

Je ne sais si vous avez jamais assisté à ces grotesques cérémonies, à ces fêtes presque païennes que l’on célèbre aux jours du carnaval. D’ordinaire, le roi de la fête est un bœuf, dans les petites localités c’est un mouton ; or, ce bœuf et ce mouton doivent être difformes à force de graisse : il y a concours, pesage, jugement, la palme est au plus gras.

C’est dans les pâturages de la Normandie que l’on trouve ces énormes bêtes. Eh bien ! que mangent ces animaux, s’il vous plaît? de l’herbe, des feuilles, des plantes enfin. Ils en mangent tant qu’ils veulent, et plus les plantes sont vertes, plus l’herbe est temîrc.

KNCYCLOPEDIE DE I.A SANTÉ.

plus ils profitent , plus ils grossissent, plus ils engraissent. Mais aussi quelle démarche lente, quelle paresse dans les mouvements; ils broutent, s’accroupissent et ruminent, c’est-à-dire qu’ils remangent plusieurs fois le même aliment; puis ils rebroutent, se recouchent et ruminent encore. Rarement vous les verrez courir ou bondir dans la prairie.

Au contraire, le cerf, le chevreuil, la gazelle, gracieux animaux qui courent et bondissent sans cesse, qui vivent en plein air, ne prennent jamais d’embonpoint, et cependant ils sont herbivores , eux aussi ; cachés dans les bois, errant par les vastes montagnes, ils y trouvent de l’herbe et des feuilles tant qu’ils en veulent, ils en mangent tout leur content.

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