‹ Petites gensChapitre 19 sur 56 · LA BONNE, MADAME DEVAUX · texte numérisé non relu

LA BONNE, MADAME DEVAUX

MABAME DEVAix. - Bonjour, tout le monde.

LA Bo>Mi. — Bonjour, marne Devaux; je vous la souhaite bonne ethureuse.

MADAME DEVAiix. — Et toi pareillement, ma fille.

LA BO>>E. — Ainsi qu'une parfaite santé, manie Devaux.

MADAME DEVAi X. — Tiens, voilà les étrennes ; mets ça dans la poche.

LA BosxE. — Merci bien, manie Devaux.

MADAME DEVAtJX. — Et ICS pcUlS VOisiUS ?

LA BON^E. — Ils sont encorc couchés.

MADAME DEVAUX. — Dicu (Ic Dieu ! encore couchés! mais quelle heure donc est-ce qu'il est? Tiens, déjà dix heures!... Je vais comme la Ville... Comme le temps passe!

LA Box>"E. — Vous voilà en course de bonne heure, maine Devaux.

MADAME DEVAUX. — Ne m'en parie pas, c'est-àdire que je ne fais que rentrer; voilà au moins quatre heures que je suis à battre le pavé de Paris... J'ai passé chez les Dubourg, que je n'ai pas trouvés ; j'ai profité de ça pour aller dire un petit bonjour à ma nièce, lu sais, qu'a épousé un commissaire de police : j'ai été entendre une messe à Saint-Merry, et me voilà.

LA Bo.»E. — Et mamselle Sophie?

MADAME DEVAUX. — Elle cst encorc tout de son long dans son lit, mademoiselle Sophie; ça, c'est sur.

"•û LES PETITES GENS.

LA Bo.N^iE. — Elle ne se foule pas la rate, celle-là !

MADAME DEVAcx. — Qiiand l'auras son âge, ma Ulle, tu ne seras pas fâchée non plus de te gobergerunbrin aussi... Sais-tu combien voilà qu'elle est avec nous, Sophie?

LA BOXE. — Mais je pense qu'il y a du temps.

MADAME DEVACX. — Vingl-dcux aus, chèreamie, ne plus ne moins ; ce n'est pas un jour.

LA BOKNE. — On ne 7'esse plus ce temps-là dans les places, à l'heure qu'il est.

MADAME DE VAUX. — Et Cependant il y a bien meilleur que moi.'

LA BoxsE. — Faut pas dire ça, marne Devaux.

MADAME DEVAix. — ÉcoutB, je me connais, je suis vife, c'est la le fond de mon caractère.

LA BONNE. — Vous êtcs vife, c'est vrai, mais jiisse.

MADAME DEVAIX. — Ail ! domc, il faul bien s'en passer un peu dans la société ; mais j'ai ça de bon, moi, c'est que j"ai jamais été petite-maîtresse. - LA BONNE. — Et vous uc la scrcz jamais.

MADAME DEVAUX. — J'ai d'abord pas éié élevée à ça. Nous étions cinq demoiselles, dont madame Dubouioz, qu'est la dernière; mais y avait pas à broncher. Mon papa était très-bon, mais trèsjuste; il vous avait plutôt donné un revers de main à ses demoiselles qu'un pape sa bénédiction...

Aussi nous nous'sommes toujours tenues par rapport à ça... Ah çà, mais j'aurais bien aimé de les voir ce malin, les petits voisins... Y a-t-il pas moyen de les aller trouver dans leur lit. Où est-ce qu'est le petit?

LA BONNE. —Avec eux.

MADAME DEVAUX. — Alors, dès qu'ils l'ont avec eux, je ne risque rien d'entrer.

LA BONNE. — Je pense que oui.

MADAME DEVAux. — Tu vas uie faire le plaisir, avant tout, de monter à la maison.

LA BONNE. — Oui, mamc Devaux.

MADAME BEVAcx. — Tu diras à Sophie que, si parfois l'on venait à me demander, je suis chez les petits voisins.

LA BONNE. — Oui, manic Devaux.

MADAME DEVACx. — Tu mouteras en même temps ce paquet ici avec toi.

LA BONNE. — Celui-là?

MADAME DEVAi'x. — Non, ccIui-ci ; l'autre, c'est pour rester ici... Va, dépêche-toi ; tu devrais déjà être revenue.

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