Plutarquc. Vie de PélopiUas
tants à Paris que celui de Molière et celui de la troupe italienne. C'est alors que, pour les distinguer, on disait, en prenant les acteurs pour le théâtre, les Français et les Italiens. « La troupe de Molière joua d'abord sur ce théâtre * les jours qu'on appelait extraordinaires, les lundi, mardi, jeudi et samedi, et les Italiens jouèrent les autres jours. Molière et ses camarades eurent à leur payer la somme de 1,500 livres pour cet arrangement. En Juillet 1659, la troupe italienne retourna dans son pays, et Molière prit alors pour ses représentations les dimanche, mercredi et vendredi, jours appelés
ordinaires En Janvier 1662, quand Molière et
sa troupe étaient installés au Palais-Royal, les Italiens étant revenus à Paris, alternaient de nouveau avec eux, mais en prenant à leur tour les jours extraordinaires, et, sur l'ordre du roi, en restituant aux Français (c'est l'expression dont se sert La Grange, qui fait ainsi connaître l'origine par opposition de cette appellation) les 1,500 livres qu'ils avaient précédemment reçues, et cela pour moitié des frais d'établissement de la salle du Palais-Royal. (Registre manuscrit de La Grange *). »
1. I.e théâtre du Petit-Bouibon, situé vis-à-vis le cloître Saiiit- Gerniain-l'Auxerrois, dans la rue des Poulies, qui descendait alors jusqu'au quai.
2. Taschereau. Histoire de l<i rie et des ouvrages de Matière,
Avoir de la corde de pendu. — Quelquesuns ajoutent : dans sa poche. i>lais que ce soit dans la poche ou ailleurs, cela veut toujours dire avoir du bonheur. Le peuple a longtemps attribué à la corde de pendu la propriété de porter bonheur. Il ne paraît même pas qu'il soit complètement revenu de ce préjugé, car l'année dernière encore, on lisait le fait suivant dans un journal de province: Vincent fils, cordonnier, s'est pendu à Cany. La foule de curieux qui assiégeait le domicile de ce malheureux suicidé, et la fureur de posséder un petit bout de cette corde de pendu à laquelle on attribue tant d'influence, étaient telles qu'on en est venu aux mains, et que, pendant quelques instants, la circulation sur la voie publique a été interrompue. — Nous ajouterons comme preuve d'un autre genre que récemment encore, à l'Opéra, on trouva, dans le troisième dessous, le cadavre d'un machiniste qui s'était pendu. Lorsque la corde fut coupée, toutes les dames de l'endroit, sirènes et sylphides, se groupèrent curieusement autour du cadavre. Bientôt on chercha la corde pour faire constater le suicide, mais ce fut inutilement: dans l'espace de quelques minutes, la corde avait disparu.
Ainsi on croit encore aujourd'hui que ce qui a été falal à l'un doit être fa\orable à d'autres. Singulier raisonnement. C'est pousser bien loin la triste logique de Rousseau : « Le précepte de ne
jamais nuire à autrui emporte celui de tenir à la société humaine le moins possible; car, dans l'état social, le bien de l'un fait nécessairement le mal de l'autre. »
Rien n'est sauvage, au reste, comme certains préjugés: on a vu des malades tremper leur mouchoir dans le sang d'un supphcié , et le sucer avec ardeur dans l'espoir très-sérieux d'une guérison.
On dit aussi proverbialement : Cest un homme de sac et de corde , pour exprimer qu'il est capable de tout et qu'il mériterait de finir par le dernier supplice. Autrefois, on mettait dans un sac les]^criminels qui avaient été pendus et on les jetait à la mer.
Hez à la Ifioxclaiie. — Cette lloxelanc qui nous a laissé son nez a joué un certain rôle dans l'histoire ottomane du xvr siècle. — Sultane favorite de Soliman II, elle sut lui inspirer une telle passion qu'elle parvint, à force de luse et d'habileté, à échanger les noms d'esclave et de sultane contre le titre de femme légitime. Mettant alors tout en œuvre pour satisfaire son ambition, elle fit périr Mustapha , fils de Soliman et d'une autre femme, afin d'assurer le trône à Sélwij, son fils aîné. Déjà, quelques années auparavant, Roxelane avait contribué à la mort du grand-visir Ibrahim^ et elle n'a laissé, avec sa réputation d'esprit et de
l)caiiU', qu'un souvenir odieux. Voilà, en deux mots, la Uoxclanc de l'Iiisloire. Il en est une autre spirituelle aussi, mais beaucoup moins cruelle, qui, au mérite d'ctrc habile et jolie, joignait celui d'avoir un nez retroussé. C'est ce nez trop négligé par riiistoirc que Marmontel a relevé pour en faire l'instrument principal des faiblesses de Soliman le Magnifique. Le conte moral de Marmontel qu'on pourrait intituler : Soliman II, ou ce que peut un nez retrousse, tend à prouver, en effet, que Roxclane ne serait jamais arrivée peut-être à se faire épouser, si elle n'avait pas eu « un nez en l'air. » Telle est l'influence fascinatrice exercée par ce fameux nez, que, dans sa fureur même, l'empereur s'écrie : « Je l'avais bien prévu que ce petit nez retroussé aurait fait quelque sottise. » Enfin , quand Roxelanc triomphe, et qu'au mépris des mœurs de l'Orient, elle va devenir la femme du héros turc, Soliman se dit" tout bas en la conduisant à la mosquée : « Est-il possible qu'un petit nez retroussé renverse les lois d'un empire ! »
C'est ainsi que le nez de Roxelane est devenu assez célèbre pour donner son nom à la famille des nez retroussés.
Jetons, pour finir, un rapide coup d'œil sur l'intéressanlc variété des nez.
Nez cujuUùi. ]\ n'est pas rare d'entendre donner ce mm aux nei droits et effilés ; le mot aqui-
Un n'est là, cependant, que' pour éveiller l'idée d'aigle, et un nez aquilin est un nez courbé en bec d'aigle. — C'est plus particulièrement le corbeau qui sert à stygmatiser les nez crochus ; on dit, dans une intention critique, nez en bec à corbin.
Nez camus ou camards. Bien que ces deux mots rappellent aussi la courbe, ils s'appliquent invariablement aux nez plats et écrasés. Les nègres pour lesquels ce morceau de chair qui avance sur la figure n'est point une beauté, mettent leurs soins et leur coquetterie à se rendre camus.
Le nez droit et bien proportionné, c'est^ chez les femmes, le nez grec., et, chez les hommes, le nez romain. Ce sont les nez artistiques. — Il y a aussi, et nous ne devons pas l'omettre, le nez gaulois, qui nous a été révélé par Brillât-Savarin dans le portrait de 31"'^ Herminie de Borose : « La plupart de ses traits, dit-il, sont gros; mais son nez est gaulois : ce nez charmant fait un effet si gracieux, qu'un comité d'artistes, après en avoir délibéré pendant trois dîners, a décidé que ce type, tout français j est au moins aussi digne que tout autre d'être immortalisé par le pinceau, le ciseau et le burin. »
\]ïiQ dernière dénominaiiou enfin qui, toute vulgaire qu'elle est, nous paraît assez heureuse, c'est le nez en pied de mannite. Ce nom dit si
bien ce qu'il veut dire, qu'il est coiupris même par ceux qui n'ont jamais vu de marmites à pieds. Un nez ni petit, ni grand, large un peu à la base et qui n'a point de forme arrêtée, c'est un nez en pied de marmite,
y^inoiirciix des onze mille viergc$«. — •
Dans le sens où l'on entend ce proverbe, aimer les onze mille vierges, c'est aimer toutes les femmes, c'est croire, dans le feu de la première jeunesse, que toutes les femmes sont également dignes de notre amour. — Ce chilîre énorme de onze mille adopté ainsi pour terme de comparaison , a frappé les incrédules , et ils ont mis en doute ce que rapporte la tradition sur le martyre de sainte Ursule et de ses nombreuses compagnes. Les onze mille vierges étant venues, sous la conduite de sainte Ursule, fonder un monastère sur les bords du Rhin, auraient été mises à mort par les Huns, près de Cologne, vers l'an 38/; *. — Quelle que fût son ardeur chrétienne, sainte Ursule ne peut avoir réuni une telle armée de vierges, et (juelle
1. (I On ignore en qnel temps, en quel lieu sont nées les onze mille vierges, en quelle année elles ont souffert le uiartyrc. Sigebert fait de sainte Ursule la fille d'un irfis-noble prince de la Grande-Bretagne, nommé Notl m s ; mais Geoffroy de Saint- Asaph lui donne pour père un de Cornouailles, nommé DioiiocuSy et Pierre Noiil en fait une Ecossaise, fille de 3Iaunt$,
que fut leur barbarie, les Huns n'ont pas pu les tuer. Et puis,^onze mille personnes pour fonder un monastère, c'est beaucoup. On a donc fait des recherches pour expliquer ce chiffre impossible, et l'on a découvert qu'il était, selon toute apparence, le icsultatd'un malentendu. Une inscription portant : S. Ursula et XI M. V. avait été traduite : sainte Ursule et onze mille vierges, tandis qu'on pouvait tout aussi bien l'interpréter par les mots : sainte Ursule et onze martyres vierges. Cette dernière interprétation paraissait d'autant plus rationnelle qu'on lit dans un catalogue de reliques, tiré du Spicilcge du P. D. Luc d'Acheri : De reliquiis SS. undecim virginium. Reliques des onze saintes vierges. — D'après une autre version, sainte Ursule n'avait qu'une seule compagne nommée Undeciraille, et c'est de ce nom, pris pour une abréviation de undecim millia que sont sorties les onze mille vierges. Nous laissons aux personnes qui savent quelque chose sur le compte de sainte Undccimille le soin d'apprécier ce que vaut cette opinion.
puissant roi de ces contrées. Geoffroy prétend qu'elle fut promise en mariage à Commanus, l'un des petits souverains de la Grande-Bretagne, et Moël soutient que ce fut à Elcutherus, monarque suzerain de toute l'Angleterre. Sigebert fixe l'époque de son martyre à l'an ^53 et Baronius le recule à l'an 383 ; d'autres écrivains le mettent à l'an ftUO. » (Salgues.)
Ko|»ré*^eiil€M* îen armes de Uourj^ei». —
Cotte expression ne figure dans no're langue qu'à litre de quolibet; elle n'a aucun objet essentiel, et si elle n'élait pas encore très-usitée dans le langage familier, on pourrait la supprimer avec avanlagc. f.es armes de Bourges étant un âne dans un lauteuil, on dit à ceux qu'on voit assis nonchalamment dans un bon siège {\Vi Us reprêscntcni les armes de Bourges. Celle plaisanleiie, on le voit, n'est pas du meilleur goûl. — Il n'a élé donné jusqu'ici , sur l'origine de ces armes singulières, aucune explication plausible, et nous reproduirons, faute de mieux, celle qui remonte à César et qu'on a été chercher au Vatican. « L'origine de ce proverbe se trouve dans un manuscrit lalin de la bibliothèque du Vatican, plein de remarques curieuses sur les Commentaires de César. On y Ift que, l)endant le siège de Bourges, Vercingetorix, chef (les Gaulois, conimanda à un capitaine, nommé Asinius Pollio, de faire une sortie sur les troupes de César; celui-ci ne pouvant conduire lui-même ses soldais au combat, parce qu'il était incommodé de la goutte, envoya un lieutenant; mais une heure après, comme on vint lui dire que ce lieutenant lâchait pied, il se fit porter dans une chaise aux portes de la ville, et anima tellement ses soldats par ses discours et par sa présence, qu'ils reprirent courage, retournèrent contre les
Romains et en tuèrent un grand nombre. Une si belle action fit dire qu'Asinius, dans sa chaise, avait autant contribue à la défaite de l'ennemi que les armes de ses soldats. Quoique le mot armes ne signifie point ici armoiries, et qu'il y ait de la différence entre les mots Asinius et Asinus, on n'en a pas moins dit : Asinus in caikedra, un âne dans un fauteuil, et pris cet âne pour les armes de Bourges. «
$iatire méiiippéc. — Pamphlet politique contre la ligue, qui parut en 159Zi, et qui se compose du Catlwilcon d'Espagne par Leroy, et de V Abrégé de la tenue des éiats, par Passerai, Rapin, Gillot, Florent, Chrétien et Pierre Pithou '. — Celte satire, qui tournait les hgueurs en ridicule et dévoilait leurs manœuvres, servit beaucoup h cause de Henri IV. « La Satire menippee ne fut guère moins ulile à Henri IV que la bataille d'ivri. Jl s'en fit trois éditions eu trois semaines, et quelques mois après Paris ouvrait ses portes à ce bon prince, aux acclamations de tous les bons citoyens. » (Président Héuault.)
1. Passerai et Rapin fireiil k-s vers ; Gillot, la harangue du cardinal-légal ; Floicnl Cluéiien, celle du cardinal Pellevé, et Pierre Pithou, celle de M. d'Aubray. C'est aussi à Rapin que sont dues les harangues de l'archevêque de Lyon et du docteur Rose.
En désignant depuis deux siècles et dem sous le nom de mcnippée, la plus importante des satires auxquelles la Ligue ait donné naissance, on a un peu oublié que Satire mémppce est non-seulement le titre d'un livre, mais aussi et avant tout le nom d'un genre d'ouvrage. — Un esclave éloquent, iMénippe, élève de Ménédème le cynique, ayant fait, en vers et en prose, des railleries mordantes contre les hommes de son époque, on donna son nom à cette espèce de satire. C'est Ménippe que Lucien appelle le plus hargneux et le plus acharné de tous les dogues que sa secte ait enfantés.
Ménippe le satirique a eu pour imitateurs, chez les Latins, Varron, Sénèque et Pétrone. Les Césars de Julien, et la Consolation de la philosophie par Boëce, sont aussi des satires ménippées. — Ce mélange de vers et de prose qui caractérisait dans la forme les satires ménippées, ne fut pas observé dans la suite, et cette modification lit distinguer la ménippée en prose de la ménippée versifiée. VAne d'or d'Apulée, les Lettres des gens obscurs de Reuchlin et Hutten , le Tristram Shandy de Sterne, le Gulliver de Swift, sont des ménippées en prose. On cite, comme exemple de ménippées versifiées, le Voyage au Parnasse de Caporali, iUudibras de Butler , la Diinciade de Pope, le Lutrin de Boileau, et même le Temple du goût de Voltaire.
Veux de lynx. — Le lynx de la fable avait des yeux assez perçants pour voir à travers les murailles, et c'est à celui-là que notre mot fait allusion. Cet animal extraordinaire avait en outre la faculté de produire des pierres précieuses; son urine devenait un corps solide appelé lapis lùiciirius, que le lynx dérobait aux regards des hommes en le couvrant de terre.
L'espèce de chat que nous appelons Itjnx a aussi l'œil vif, brillant, et voit sa proie de très-loin. Il ne produit ni rubis, ni escarbouclcs, mais il a conservé les habitudes de propreté de la famille à laquelle il appartient, et il cache encore beaucoup de choses aux regards des hommes.
On voit qu'en dépouillant le lynx antique des exagéraiions qui en ont fait un animal merveilleux, on retrouverait aisément le nôtre, et l'on ne sait pourquoi Bulfon a voulu qu'il n'ait d'autre rapport avec le vrai lynx que celui du nom.
La comparaison de notre proverbe pourraitdonc, au besoin, ne pas remonter à la fable pour être juste. Les personnes qui ont une bonne vue ou qui, au figuré, ont un coup d'oeil pénétrant, ne perdraient rien de leurs avantages si on les comparait simplement au lynx de notre époque.
On retrouve un exemple du goût que les anciens avaient pour ce genre de merveilleux dans les qualités qu'ils attribuent aussi à la vue de Lyncce^
l'iin des iSrgonaïUos qui accoinpagiKTcnt Jason à Ja conquCle do la Toison d'or. Sa vue élail si perçante, dit-on, qu'il vo\ail ce qui se passait dans les cieux et dans les enfers. Il devait celte réputation à ses observations astronomiques et aux moyens qu'il avait employés pour découvrir les mines.
Faire four. — Cette expression que l'Académie n'a pas légitimée est très-usitée de nos jours pour exprimer la non-réussite, l'insuccès. Elle est particulièrement consacrée en style de théâtre. La Grange, dans son Registre, après avoir sorti hors ligne la somme très-faible que produisit chacune des trois premières représentations de la Zénolnc de Magnon , met comme résultat de la quatrième : tm four. — Le drame sifflé, le débutant mal accueilli, la chanteuse enrouée, le tragédien jmiusant et le comique plaisanterie à pai t, comme dirait llivarol, tout cela, sur la scène, se caractérise par le mot faire four. Il n'y a pas à revenir sur une pièce qui a fait un four complet.
Faire four se disait autrefois des comédiens qui renvoyaient les spectateurs avant la représentation, parce qu'il n'était pas venu assez de monde pour couvrir les frais. — C'est cette expression qui nous est restée avec une signification plus étendue et aussi un peu détournée, puisque aujourd'hui
les acteurs se résignent, quand la salle est vide, à jouer devant les banquettes.
Ce mot four, dit ainsi à propos des rares spectateurs qu'on renvoyait comme ils étaient venus, a été peut-être emprunté, dans le principe, aux usages de cette comédie italienne qui a longtemps occupé, personne ne l'ignore, une place importante dans les plaisirs de Paris. Le mot fuori (dehors) était fréquemment employé au théâtre; aujourd'hui encore, en Italie, quand le public veut rappeler tout le monde , c'est-à-dire faire sortir tous les acteurs des coulisses, il crie: Fuori'. fuori ! — Dehors est donc l'idée qui nous semble avoir donné naissance à l'expression usitée autrefois dans un sens restreint : faire /bwr c'était mettre dehors. — La prononciation italienne expliqu* les altérations que ce mot a dû subir pour prendre les allures françaises : de fuori prononcé en mettant l'accent sur la première syllabe et en laissant mourir le son i (fouor), on arrive presque naturellement et sans transition au mot four.
Payer en monnaie de !!»inj^-e. — Avoir recours, pour se dispenser de payer, aux belles paroles, aux caresses ou à toute autre grimace. — Cette expression a pour origine l'un des articles du livre des métiers d'Etienne Boileau , prévôt sous saint Louis, relatif au péage du Petit-Pont à l'en-
trée de Paris. Il est stipulé, en effet, dans cet article, que tout jongleur porteur d'un singe s'acquittera de ce qu'il devrait payer pour ce singe et pour les choses à son usage, en le faisant jouer et gambader devant le péager.
Lit de Procriistc. — 31ettre sur le lit de Procr liste, c'est réduire mal h propos les choses pour leur donner les proportions des objets auxquels on veut les adapter. « Si la belle et fière organisation de Corneille n'avait pas été misérablement assujettie par l'Académie de son temps aux dimensions de ce lit de Procruste, sur lequel tous les génies de la France devaient être torturés à leur tour, il aurait laissé plus de types qu'il ne l'a fait, car la nature lui avait donné au plus haut degré la puissance d'invention. » (Ch. Nodier.)
Le Procruste qui a donné lieu h cette expression remonte aux temps héroïques. C'était un brigand de l'Attique, qui, non content de dépouiller les voyageurs, leur faisait subir de cruelles tortures. Après les avoir étendus sur un lit, il leur faisait couper les jambes s'ils étaient plus grands que ce lit, et leur faisait tirer les membres par des cordes s'ils étaient plus petits. — On dit que Thésée le fit mourir par le même supplice ; mais on ne nous apprend pas s'il fut allongé ou raccourci.
Le lit (te Procruste ne se dit, au figuré, que
des choses réduites, élriquées; on ne l'emploie pas, comme l'histoire de notre brigand permettrait de le faire, en parlant des choses qu'on allonge sans raison ou sans utilité. On ne dirait pas, par exemple, qu'on met sur le lit de Procruste le roman qu'on délaie outre mesure pour lui faire remplir un plus grand nombre de feuilletons.
Rôtir le balai. — Rotù^ le balai se dit d'une femme qui a mené une vie licencieuse et désordonnée. C'est une allusion au balai enflammé que tenaient les sorcières en se rendant à ces assemblées du sabbat qui, selon la tradition populaire, avaient lieu à minuit sous la présidence du diable. Cette course nocturne des sorcières qui allaient au sabbat rappelle à l'esprit les femmes qui s'abandonnent aux plaisirs effrénés de la débauche, cl (jui ont toutes , comme celle de la satire de Régnier,
Un balet, pour brusler en allant au sabat.
L'Académie applique aussi cette locution aux hommes qui ont passé plusieurs années dans un emploi de peu de considération ; dans ce cas, le sens ne se rapporte plus à l'origine ; ce n'est que par extension que rôtir le balai peut se dire do? iiommes et avec cette signification.
Les t|iiiiize-%'iii^ts. — On clésigiio sous ce nom un hospice spécial pour les aveugles situé à Paris , rue de Charcnlon. Il doit ce nom des Quinze-Vingts j — que autant vaudroit nommer trois cents, comme dit Villon, — au nombre d'aveugles pour lequel il fut fondé par saint Louis, vers l'an 125^. Nous em\wuïilons SiU Dictionnaire des rues et monuments de Paris, de MM. Lazare frères, les détails qui suivent sur l'origine de la fondation de l'hospice des Quinze-Vingts :
« Parmi les grands établissements créés par le saint roi, V hospice des Quinze-Vingts figure au premier rang. Mais si tous les historiens se sont trouvés d'accord pour faire honneur de cette pieuse fondation à Louis IX, deux opinions diflérentesont été avancées sur la destination première de cet asile.
« Avant le treizième siècle, » — dit Jaiilot, dont l'avis est adopté par plusieurs autres écrivains — « les « pauvres de la ville de Paris s'étaient réunis dans (' le but de former une société ou congrégation, « dont les membres devaient vivre en commun « des ressources que leur procurait la charité des « (idèles. Mais souvent ces infortunés manquaient « de secours lorsque l'âge et les infirmités ne leur « permettaient plus de les aller chercher au loin. »
« Saint Louis, le premier, étabht un hôpital destiué à recevoir ces aveugles, qui devaient être au
nombre de troà cents, noorris et eulretenns aai frais de la commune.
■ Quelques historiens ont avancé qne saint Louis arait fondé cet établissement pour donner asile à trois cents chevaliers anxqoels les Sarrasins avaient fait crever les yeux. Les lettret>patentes données au mois de mai 15^6 par François I"^ semblent confirmer celte opinion. Ou lii dans ces lettres, portant règlement de l'bospice de> Quinze-Vingts : %
« François, par la grâce de Dieu, roy de France,
à tous présents et advenir salut et dilection
Comme de tout temps et ancienneté, pour la nourriture, hospitalité et entreteunemenl des povres mallades impuissans de gaigner leurs ^ies, affluans en notre rov anime, paiis, terres et l»eigneunes, aient été par nous et noz prédécesseurs roys, fondez plusieurs lieuï pitoiable>. Maison-Dieu et hospitaulz, ez quels lieux ils son: reçus, nourris et alimentez, selon les facultez du revenu, ordonnance et statutz diceulz, entre kquels heux pitoiables auroit esté, par feu nosire progéniteur le roy saint Loys, fondez en nostre iMMiDe ville et cité de Paris, la maison et hospitai des 15/20 de Paris ^ en mémoire et rccardation de trois cents chevaliers qui en son temps et règne eurent les yeulz crêtes pour soustenir la foi c atholique, etc >
Les bâtiments destinés 5 l'établissement des Quinze- Vingts furent élevés par le célèbre architecte Eudes de Montreuil, sur un terrain appelé Champ-Pourri et situé à l'endroit où l'on a vu depuis les rues de Rohan, de Montpensier, de Beaujolais, de Chartres, des Quinze -Vingts et de Valois. — En 1779, cet hospice fut transféré rue de Charenton où il est maintenant, dans un hôtel occupé anciennement par les mousquetaires noirs.
Le nom de Quinze- Vingts sert quelquefois aussi à désigner les aveugles de l'hospice :
0 nuict, jalouse nuict :
Car il seniblitit qu'on eust aveuglé la nature ; Et faisoit un noir brun d'aussi bonne teinture. Que jamais on en vit sortir des Gobelins. Argus pouvoit passer pour un des quinze-vingts.
(Régnier.;
Dès le potron-niiiiet. — Poiron est un vieux mot français qui se disait du petit d'une jument et qui s'est appliqué, par extension, aux petits de tous les quadrupèdes. 3/i>2é>f signifiant chat, dès le potron-tninet veut dire: aussitôt que le petit chat. Se lever dès le potron-minet^ se lever dès l'aube, de grand matin, en même temps que les chats. Cette expression correspond à l'ancien proverbe : Dès que les chats seront chaussés.
On emploie aussi dans la même phrase et avec
la même signification le mot potron-Jaquei. Nous demandons qu'on le supprime, non parce qu'il nous semble bas, comme aux auteurs de Trévoux, mais il est superflu puisqu'il ne dit rien de plus que potron-minet,
Fîl d'Ariane. — Quelques jeunes gens d'Athènes et de Mégare ayant tué Androgée, qui leur enlevait tous les prix aux jeux Olympiques, Minos II, roi de Crète, déclara la guerre aux Athéniens pour venger la mort de son fds. En même temps que ce roi mettait tout à feu et à sang, les dieux frappaient l'Attique de peste, do stérilité et de sécheresse. D'après l'oracle d'Apollon, les Grecs ne pouvaient apaiser la colère des dieux qu'en faisant la paix avec Minos. Ce roi \ consentit à la condition qu'on lui payerait, pendant neuf ans, — ou tous les neuf. ans, car c'est un point sur lequel on n est pas d'accord, — un tribut de sept garçons et de sept jeunes filles. Quand les députés de Minos vinrent demander ce tribut pour la troisième fois , Thésée était à Athènes. En entendant les murmures du peuple qui accusait Egée de son malheur et lui reprochait de n'avoir aucune part à la punition, Thésée s'oiïrit volontairement pour aller en Crète, el, malgré les supplications du roi, il partit avec les enfanls que le sort avait désignés. Ces enfants
étaient condamnés par Minos à errer toute leur vie, sans qu'il leur fût jamais possilile de s'échapper, dans le fameux labyrinthe de Crète, construit par l'architecte Dédale ^ La Fable dit même qu'ils devenaient la proie du minolaure^ enfermé dans le labyrinthe.
Lorsque Thésée arriva en Crète, Ariane, lille de Minos, le vit et l'aima. Elle conçut aussitôt le l)rojet de le sauver, et lui donna un peloton de (il qui devait le guider dans les détours du labyrinthe. Aidé par ce secours, Thésée tua le minotaure, revint sur ses pas, sortit du labyrinthe, et se sauva de Crète emmenant avec lui sa libératrice et les enfants dont il avait voulu partager le sort.
Faute d'un point llartin perdit son îine. — Ce proverbe a eu, selon les temps, des foriiies diverses^; toutes répondent à l'idée qu'on
1. C'est le nom de cet architecte qui nous est resté pour exprimer les complications, les embarras et les difiiculiés dont
[; on ne peut pas sortir. On fait aussi avec ce nom allusion au labyrinlijo.
2. Monstre au corps d'homme et à la tête de taureau, fruit des amours de Pasiphac^ femme de Minos, avec un taureau. Neptune avait inspiré cette passion à Pasiphaé pour se venger d'une oiïense de Minos. — Le Minotaure (Minos, Taurus) se
.nourrissait d(; chair humaine.
S. « Voici les différentes rédactions que l'on trouve de ce proverbe ; j'ai suivi l'ordre chronologique:
attache à l'expression, aucune ne rappelle exactement les origines qu'on a voulu lui donner. Pour escalader la difficulté, on a dit, — et c'était chose facile, — qu'un certain Martin ayant joué son âne aux dés, l'avait perdu au moment où il ne lui manquait plus qu'un seul point pour le gagner. Mais en bonne conscience, les savants ne pouvaient guère se contenter de cette origine improvisée ; ils ont pensé qu'il fallait demander à la science l'explication de ce proverbe, et voici la belle histoire qu'ils nous ont racontée :
Ijii abbé, nommé Martin, avait ordonné qu'on écrivît sur la porte de son abbaye d'Azello :
Porta patens esto, nulli daudaris honesto.
Au heu de mettre la virgule après e^/o^ on l'avait mise par erreur après ?mUi : Porta païens esto nuUi, daudaris konesto, ce qui avait donné à l'inscription un sens tout différent, puisque la
— Pour un point perdit Gibert son asne (Ane. Prov), XIII* siècle.
— Pour un seul point Gaubert perdit son église (Prov. Gallic), XV* siècle.
— Pour un point perdit Martin son asne (Prov. communs Goih.), fin du xv* siècle.
— Pour un point Baudet perdit son asne (Adages français), XVI* siècle. »
(le Roux de I.incy. — Le Livre des Proverbes.)
porte, loin d'être ouverte à tout le inonde, était fermée même à l'honnête homme, r- Le pape (il paraît que c'est le pape lui-même qui passa par là), le pape fut choqué de celte inscription, et il retira l'Abbaye à ce pauvre Martin. Le successeur fit remettre à sa place la malencontreuse virgule , et pour perpétuer le souvenir des malheurs qu'elle avait causés, on ajouta ce vers au premier :
Pro solo puncto caruit Martinus A%ello.
Aux personnes qui n'auraient pas encore aperçu d'âne dans cette histoire, on fait remarquer ^yx'AzeUo signifie âne, et qu'ainsi le vers ironique doit se traduire : Pour un point Martin perdit son rtwe, c'est-à-dire sonAzello^son abbaye ci' Azello.
On le voit, cette savante explication repose sur une virgule et sur un calembour. Elle a l'inconvénient de ne pas se rapporter beaucoup à notre proverbe, dans le sens où nous l'appliquons, mais elle a l'avantage de montrer à ceux qui méprisent la ponctuation quelle influence peut avoir sur les destinées humaines une virgule bien ou mal placée.
On est frappé, en y réfléchissant, des circonstances qui se sont fatalement réunies pour perdre l'abbé Martin : son abbaye s'appelle âne ou à peu près, il se nomme lui-même comme nos ânes, une
âuerie lui enlève son abbaye, et il passe à la posté-
rite, dans un proverbe, en compagnie d'un âne. Pour expliquer le proverbe au moyen d'un âne qui ne soit pas VAzello de l'abbé Martin, on a prétendu que poi?ît était une corruption du mot poil, et qu'autrefois on disait : Pour un poil Martin perdit son âne. On a raconté, à l'appui de cette opinion, une histoire aussi authentique que celle du Martin joueur de dés : Un nommé Martin ayant perdu son âne à la foire ou autrement réclamait un autre une qui avait été trouvé. Le juge du village ayant décidé qu'on devait rendre cet âne, Martin croyait déjà le tenir lorsqu'on lui demanda de quel poil il était. Il répondit gris, et connue c'était noir qu'il eût fallu dire, Martin perdit son âne. « Ainsi, conclut l'ingénieux auteur de celte explication, pour n'avoir pas sceu dire de quel poil estoit sonasne, il donna lieu à ce proverbe. » — Était-ce bien son âne, après tout, car enfin il est peu probable qu'il se fût trompé aussi grossièrement sur la couleur de sa propre bête? Et puis, un poil veut-il dire le poil dans le sens de la couleur? — Ce sont là des questions qu'il est permis de s'adresser. Mais les donneurs d'explications ne sont pas en peine pour si peu, et ils aplanissent tous les obstacles avec la variante que voici : Martin avait parié son âne que son âne était noir. Après avoir examiné attentivement l'animal, on lui trouva un j)oil blanc, et
l'ànc fut perdu pour Martin. — Il faut convenir que les tenants de Martin n'étaient guère de l)onne foi s'ils prétendaient qu'on n'est pas noir parce qu'on a un poil blanc.
Quoi qu'il en soit de ces histoires d'ànes et d'abbaye, et du fond plus ou moins solide sur lequel elles reposent, le proverbe a été jugé bon et il est resté. On dit communément, en parlant de ceux qui échouent après avoir été sur le point de réussir, Faute d'un point , Martin perdit son âne.
Calendes g-recques. — Renvoyer quetc/nun aux calendes grecques c'est l'envoyer à une époque qui ne viendra jamais, et par conséquent cela signifie refuser de faire ce qu'on désire ou ce qu'on exige de nous. — Cette expression vient de ce que les calendes, qui indiquaient le premier jour de chaque mois, n'existaient que chez les Romains. Il n'y avait pas de calendes chez les Grecs : la fête célébrée à la nouvelle lune en Grèce ainsi qu'en Egypte et en Syrie se nommait néoménie (nouveau mois). — Le payement des dettes à Rome était fixé aux calendes de chaque mois; c'est ce qui explique pourquoi le mot calende est venu figurer dans une expression qui veut dire qu'on ik; remplira jamais son engagement ou qu*on ne répondra pohit à une demande.
Peut-être irouvera-t-on que cette explication est superflue et qu'elle aurait dû prendre place plutôt dans un recueil de grosses ignorances. Nous pouvons assurer cependant qu'il est encore un certain nombre de personnes qui ne savent que trèsvaguement à quoi s'en tenir sur les calendes grecques. On nous a parlé d'un rédacteur de journal de théâtre qui croit consciencieusement que les calendes grecques sont un pays très-éloigné; quand il ne veut pas voir les gens de longtemps il les envoie sans remords aux calendes grecques, et il compte bien qu'ils n'en reviendront pas. C'est la confiance de ce digne journaliste qui nous a décidé — Il doit être parent d'un monsieur trèsvertueux de notre connaissance qui ne parle jamais d'une femme de mœurs dissolues sans s'écrier : C'est une messènienne !
llaiiger des poires d'angoîsse. — Etre dans l'inquiétude, éprouver quelque chagrin, quelque mortification sensible. Cette expression vient sans nul doute de cet instrument de fer, à ressort et en forme de poire, cjue les voleurs introduisaient dans la bouche de leurs victimes pour les empêcher de crier, et qu'on nommait poire d'angoisse. « Cet instrument était une sorte de petite boule, qui, par de certains ressorts intérieurs, venait à s'ouvrir et à s'élargir, en sorte qu'il n'y
avait moyen de la refermer ni de la remettre à son premier état qu'à l'aide d'une clef faite expressément pour ce sujet. » (Inventaire général de l'histoire des larrons.) L'invention de cette machine est attribuée à un nommé Gaucher, capitaine, servant du temps de la Ligue dans le parti espagnol. — On ne dit guère, dans le langage familier, manger des poires d'angoisse : l'expression plus usuelle, plus populaire, pour indiquer de même qu'on est inquiet, tourmenté, c'e^i avaler des couleuvres. La première expression nous semble cependant préférable pour peindre unélat d'angoisjic et d'anxiété.
K*arler franeai*»» comme une vaelie espagnole. — Nous ne voulons apprendre la géographie à personne, mais nous rappellerons à ceux qui pourraient n'y plus songer que les provinces basques baignées par les eaux du golfe de Gascogne avoisinent la Navarre et la France ; que les arrondissements de Bayonne et de Mauléon (Basses- Pyrénées), qu'on appelait aussi autrefois Basse- Navarre, ont fait partie de ces provinces, — et qu'enfin le nom du peuple qui habite ce pays vient du mot basque vaso^ qui signifie 7?ioma^/ie, et qui, pris adjectivement, s'est augmenté de la finale co, pour devenir vasocoj et, par contraction, vasco, montagnard. Les Français qui savaient peu l'espa-
giiol, et qui d'ailleurs n'y regardaient pas de si près, ont dit vacco^ei \m\svacce.
On voit où nous voulons en venir. Quand on a dit dans le principe : parle?' comme un vacce espagnoi^ on a voulu faire allusion aux habita iils des provinces basques de l'Espagne, dont l'idiome porte encore tous les caractères d'une langue primitive et qui étaient très-inhabiles à s'exprimer en français ; — mais vacce dans le temps où le laiin laissait partout des traces, se disait pour vache; les paysans ont même conservé ce mot dans beaucoup de nos provinces. — De là est venue la confusion : loin des Pyrénées, ce mot vacce pris pour basque n'était pas entendu de tout le monde, et comme, au contraire, il était très-usité dans le sens de vache, on a été amené insensiblement à consacrer ce non sens devenu proverbe : parler français comme une vache espagnole.
itiineau de Gy^ès. — Candaule, le dernier roi de Lydie, le plus inconséquent de tous peut-être, fit confidence à Gijgcs, son favori , des charmes de sa femme, et l'admit à les voir au moment où elle sortait du bain.
La reine, pour se venger de celte vanité maritale, proposa à Gygès de tuer Candaule, et de prendre sa place sur le trône de Lydie. Comme tous les maris indiscrets , Candaule fut puni de n'avoir
pas su cacher sou bouheur, et Gygès. devenu roi, fut moius heureux que le berger Aglaiis. Telles sont, d'après Hérodote, les circonstances réputées historiques dans lesquelles Gygès usurpa le trône de Lydie. Le merveilleux anneau dont parle Platon appartient à la fable et n'a dû être imaginé que pour remplacer avec honneur, dans les annales lydiennes, les erreurs de Candaule. La terre s'étant ouverte sous les pieds de Gygès, il descendit dans l'abîme; il y vit un monstrueux cheval, dans les flancs de ce cheval, un homme, et au doigt de cet homme, un anneau ayant la vertu de rendre invisible celui qui le portait. Gygès prit cet anneau et s'en servit pour ôter sans péril la vie à Candaule et s'emparer du trône. Si tout n'était pas permis à la fable, on pourrait désirer savoir à quoi Gygès reconnut les vertus de cet anneau et comment il s'en empara.
Cette vieille faiblesse humaine qu'on nomme curiosité et souvent indiscrétion a fait évoquer en tout temps le fameux anneau. De nos jours le souvenir s'en clîace : depuis que Balzac a révélé tous les mystères du cœur et que madame de Girardin a écrit une nouvelle qu'on n'oubliera pas, on a abandonné Vanneau de Gygès pour la canne de M. de Balzac.
Faire la flgue. —
Plusieurs se sont trouvés qui d'écharpe changeants Aux dangers ainsi qu'elle ont souvent fait la figue.
Le sage dit selon les gens,
Vive le roi ! Vive la Ligue !
(La Fontaine. — La chauve-souris et les deux belettes.)
On le voit par cet exemple, l'expression faire la figue est d'usage dans le sens de narguer quelqu'un, se moquer de lui. Elle nous vient d'Italie. La plus grande injure que l'on puisse faire à un Milanais c'est de lui montrer le bout du pouce serré entre deux doigts en lui disant : Ecco la fica. C'est, en effet, une allusion à un événement unique en son genre et qui a dû laisser dans le peuple des souvenirs humiliants. Voici l'histoire, telle que la raconte l'abbé Tuet; nous laissons à l'auteur des Matinées scnonaiscs le soin de lui donner des voiles : « Les Milanais s'étant révoltés contre Frédéric, avaient chassé de leur ville l'impératrice son épouse, montée sur une vieille mule nommée Tacor, et ayant le dos tourné .vers la tête de la mule et le visage vers la queue. Frédéric les ayant subjugués, fit enfoncer une figue sous la queue de Tacor et obligea tous les Milanais captifs d'arracher publiquement cette figue avec les dents, et de la remettre au même lieu sans l'aide de leurs mains, sous peine d'être pendus sur-le-cham]), et ils étaient
obliges (le dire au bourreau (jui était présent : Ecco lafica. »
« L'ung d'eulx, voyant le pourtraict papal (comme estoit de louable coustume publiquement le monstrer es iours de feste a doubles basions), luy feit la figue : qui est en icelluy pays signe de contemnement et de dérision manifeste. » (Rabelais. )
vtdieu. — Adieu est un de ces mots heureux inventés par le cœur. — ^ Je vous quitte, je ne serai plus là pour prendre ma part de vos joies et de vos peines, pour veiller sur vous, et pendant ce temps qui va nous séparer, je vous recommande à Dieu : qu'il vous protège et vous conserve à ceux qui vous aiment. Mais adieu veut dire : il faut nous éloigner; nous nous aimerons toujours, et peut-être nous ne nous reverrons plus. Aussi, celte parole , quoique bonne et consolante , est toujours une parole de tristesse.
Adieu ! mot qu'une larme humecte sur la lèvre; Mot qui finit la joie et qui tranche l'amour; Mot par qui le départ de délices nous sèvre ; Mot que l'éternilé doit elïacer un jour ! Adieu !.., Je t'ai souvent prononcé dans ma. vie. Sans comprendre, en quittant les êtres que j'aimais, Ce que tu contenais de tristesse et de lie, Quand l'homme dit : Retour! et que Dieu dit : Jamais '.
(Lamartine.)
On dit tous les jours, on écrit même souvent dans les romans et au théâtre ; Adieu, ou plutôt. . . au revoir ! Il semble que le mot adieu soit réservé pour les séparations éternelles. Pourquoi cela ? pourquoi ne pas dire adieu le soir à ceux qu'on doit retrouver le lendemain ?
Le mot au revoir nous rappelle qu'on se demande quelquefois si l'on doit dire au revoir ou à revoir. En considérant ces deux expressions comme elliptiques et comme voulant dire, l'une, au plaisir de vous revoir, l'autre, à L'avantage ou à Clionneur de vous revoir, elles pourraient être également adoptées et servir même à établir une distinction entre le congé du sentiment et celui du respect; mais la différence ou plutôt la nuance serait un peu délicate, et il vaut mieux, comme on l'a fait, s'en tenir à un seul mot. De l'avis des grammairiens, c'est l'expression au revoir qui est la bonne. La raison en est, selon toute apparence, que le verbe ?Tt?ozV était autrefois usi lé comme substantif; il y avait ainsi dans l'ancien français un grand nombre d'infinitifs qui s'employaient substantivement, et l'on disait le revoir comme nous disons encore Le manger, le boire, le parler.
ytUciidex-iiioi sous Toriiie. — On lit dans
le Diciionnaire citjmologùfue de MM. Noël et
Carpenlier :
Attendez-moi sous Torme, Vous m'attendrez longtemps.
(Regnard. — Attende%-moi sous Vorme, se. dein.)
« Celte petite comédie, représentée en 169/i, a probablement donné lieu à l'expression proverbiale. »
Il y a erreur : c'est le proverbe qui a inspiré la comédie, et non la comédie qui a donné naissance au proverbe.
Attendez-moi sous l'orme répond à cette idée : Le rendez-vous que vous me donnez m'est désagréable, et je ne m'y rendrai pas. Or le type des rendez-vous désagréables est une assignation qui vous appelle à comparaître par-devant les juges, et c'est à celui-là que, dans l'origine, on a fait allusion en disant : Attendez-moi sous l*orme, « Aux villages , disent les auteurs de Trévoux, on plante un orme devant l'église, dans le carrefour ; d'où sont venues ces phrases proverbiales : danser sous l'orme; juges de dessous l'orme : on appelait ainsi les juges pédanés qui rendoicnt leurs sentences sous l'orme; atlendezmoi sous l'orme, qui se dit pour donner un rendez-vous où l'on n'a pas dessein de se trouver. L'origine de ce proverbe vient de ce qu'autrefois
les juges tenoient leur jurisdiction à la porte des maisons des seigneurs, et d'ordinaire sous un arbre planté devant le manoir seigneurial. On les appeloit les plaids de la porte, comme témoigne Loiseau : et parce que d'ordinaire il y avoit un M orme, c'est pour cela qu'on a dit des premières assignations données en justice, Attendez-moi sous l'orme. »
De nos jours, on n'attend plus sous l'orme qu'au figuré. L'usage de planter un orme devant l'église ou à la porte des maisons seigneuriales a disparu depuis longtemps. Nous qui aimons les arbres, nous le regrettons, car nous aimerions à rencontrer souvent des ormes comme celui que l'on voit à Paris, rue Saint- Jacques, au milieu de la cour de l'établissement des Sourds-Muets : il a cinquante mètres de haut et cinq mètres de circonférence. Cet orme, le plus beau de France peut-être, est, dit-on, l'un des six mille pieds d'arbres qui furent plantés sous Henri IV, par les soins de François IMyron, et en partie au moyen de ses ressources personnelles.
Bas-bleu. — Si ce mot était de nous, s'il avait pris naissance à Paris au milieu de notre société élégante et de nos femmes bien chaussées, nous ferions peu de difficulté de lui trouver une explication raisonnable. Toutes les Parisiennes
sont élégantes: riches ou pauvres, belles ou laides, jeunes ou vieilles, toutes savent apporter dans leur toilette ce je ne sais quoi que le génie pourrait seul nonnuer, qui répare toutes les erreurs de la nature et qui constitue cette aisance, cette grâce, ce charme séduisant que bien des femmes plus jolies et mieux douées chercheraient vainement a surpasser. — Ce qui distingue surtout la femme de Paris, c'est la chaussure; elle possède au suprême degré le talent de se chausser et elle excelle dans l'art de marcher. Prenez une femme au hasard, donnez-lui des bas blancs et une paire de bottines, et lancez-la dans Paris par le temps que vous voudrez. Elle traversera les rues, les places, les boulevards, les voies le plus horriblement macadamisées, et après avoir légèrement rebondi par- L tout en posant la pointe de son pied avec autant de m souplesse que de sûreté, elle vous présentera une t, chaussure irréprochable : pas une marque à la Hfeottine, pas une tache au bas blanc. La bottine et le bas blanc sont les auxiliaires les plus puissants de la coquetterie parisienne. Aussi, il n'est pas de femme, si humble que soit sa position, qui ne porte des bas blancs. Pour que la femme de Paris portât des bas gris ou bleus, il faudrait qu'elle eût abdiqué toute coquetterie, qu'elle eût renoncé à briller par les attraits extérieurs, c'est-à-dire qu'elle eût compté pour plaire sur d'autres charmes
que la bcaïué. Les savantes et les femmes auteurs et beaux-esprits seraient de ce nombre : plongées dans les abîmes de la science ou transportées dans les célestes régions de la poésie, elles feraient peu de cas des futiles ornements de la toilette, et elles témoigneraient hautement de leur mépris pour ces choses de la terre, en renonçant même, les insensées, à l'irrésistible puissance du bas blanc.
Mais ce n'est pas nous qui avons inventé ce fameux nom que l'on donne assez mal à propos à toutes les femmes qui s'occupent un peu des choses de l'esprit : c'est en Angleterre qu'il paraît avoir pris naissance et avoir fait fortune. Le biuestocking existait avant le bas-bleu. On sait que lady Montagne tenait cercle de beaux-esprits, et que toutes les célébrités littéraires qui passaient à Londres lui étaient présentées. Un illustre étranger refusa, dit-on, de se faire introduire aussitôt après son arrivée, en s'excusant sur ce qu'il étaiu encore en habit de voyage, et lady Montague au-^ rait dit à ce sujet qu'il n'était pas besoin de tant de cérémonies, qu'on pouvait se présenter chez elle même en bas bleus. Telle est la vieille- explication qu'on a répétée jusqu'à ces derniers temps. — ]>L philarète Chasles, le spirituel professeur au Collège de France, en a trouvé une autre où les rôles sont un peu changés. M. Chasles, pendant les quelques semaines qu'il a passées à Berlin, a
beaucoup causé avec un baron allemand qui avait presque autant d'esprit que lui, et un jour que la conversation était tombée sur les femmes allemandes, ils se sont livrés au dialogue suivant :
M. Chasles. — « Ainsi , vous n'avez pas de femmes auteurs.?
Le baron. — « Si fait vraiment. L'éducation féminine est excellente chez nous, bien qu'un peu factice. On permet aux femmes d'écrire, et si elles ont du talent personne ne leur jette à la tête ce stupide mot de bas-bleu, tombé je ne sais d'où et que vous prodiguez! D'oii vient-il, par parenthèse, cet absurde sobriquet ?
M. Chasles. — « De la mauvaise humeur d'Alexandre Pope contre lady Montagne. Elle repoussait les hommages du poëte qui n'était pas beau quoique fort amoureux. Congédié, il s'aperçut de deux choses : que les mains de sa cruelle n'étaient pas toujours soignées et qu'elle portait souvent des bas bleus. Il fit à son endroit ce petit distique :
Mon adorée a l'art de charmer les humains ; Elle n'a p as celui de se laver les mains !
Puis il répandit le distique à droite et à gauche, et ne l'appela désormais que la dame aux bas bleus. Le monde adopta le sobriquet qui passa aux femmes auteurs. »
On a voulu faire remonter le bas-bleu à une so-
ciélé qui s'était formée à Venise en 1^00 et qui exista jusqu'en 1590. Cette société, où l'on s'occupait beaucoup de littérature et plus encore de plaisirs, avait nom Società delta calza (Société du bas) parce que l'usage était, quand on s'occupait de questions littéraires, déporter des bas bleus. On aurait bien dû nous dire aussi d'où venait cet usage, car on ne voit pas bien ce que la littérature a de commun avec des bas, même avec des bas bleus.
Le moi bas-bleu n'est pas ancien, et il est beaucoup plus probable qu'il ne date, dans la langue anglaise comme dans la nôtre, que de lady Montagne. Seulement, ce qui paraît assez plausible, c'est que la belle lady ait rapporté de Venise où elle a vécu longtemps, l'habitude de parler de bas bleus (pour le cas de la première version), ou de porter des bas bleus (pour la version de M. Chasles).
Chant du cygne. — Si aux dons qui font de notre cygne le roi des oiseaux aquatiques, — grâce, beauté, force et courage, — le cygne des anciens ajoutait le charme d'une voix harmonieuse et mélancolique, on comprend qu'il ait été l'oiseau d'Apollon, cher à Vénus et le séducteur de Léda. C'est pour son chant surtout que le cygne était en honneur dans l'antiquité. Nous
avons accepte comme expression et comme symbole ce cygne tel qu'il nous a été transmis, tout en sacliant fort bien que le cygne ne chantait pas. Nos poètes ont parlé des oiseaux de Méandre
comme s'ils les avaient .entendus: ils ont fait de Pinrinro In /-ys^^ dc Dircc, ÛG Virgiic le cygne
de Mantoue, de Fénclon le cygne de Cambrai. Cette dernière comparaison est celle qui est le plus d'accord avec nos idées modernes : ce n'est pas le chant de Fénelon qu'on a caractérisé par cette périphrase, c'est son âme, — blanche et pure autant que la robe du cygne. Comme le cygne, Fénelon avait tous « les litres qui fondent un empire de paix, la grandeur, la majesté, la douceur. » Et puis, le cygne n'a qu'un ennemi, et Fénelon n'avait qu'un adversaire ; il était naturel qu'à l'aigle de Meaux on opposât le cygne de Cambrai. Ce que nous avons conservé surtout dans notre langue poétique, c'est le chmit du cygne, ce chant, le plus mélodieux, le plus tendre de tous, qu'exhalait le cygne en mourant.
Son âme tout entière en ses écrits respire; Ses actions jamais n'ont dcmenli sa lyrc; li se conserva pur au milieu des méchants. Tel l'oiseau de Méandre, ornement du rivage, Au noir limon des eaux dérobe son plumage, Et saluant la mort de sons mélodieux, D'une voix plus touchante exhale ses adieux.
(Millevoye,)
Pline, et tous les savants après lui, ont crié h Terreur, au mensonge ; ils ont dit sur tous les tons que le cygne n'était pas un oiseau chanteur, que sa voix était rauque et sourde ; mais on ne les a pas écoutés. Chanter ses derniers adieux, saluer . , — ^.M^o ixjs pius sublimes, cette
pensée, personnifiée dans l'oiseau qui a toutes les grâces nobles et douces, est une belle fiction que la science ne pouvait arracher à la poésie.
Chantons, puisque mes doigts sont encor sur ma lyre ; Chantons, puisque la mort, comme au cygne m'inspire. Au bord d'un autre monde, un cri mélodieux. C'est un présage heureux donné par mon génie : Si notre àme n'est rien qu'amour et qu'harmonie, Qu'un chant divin soit ses adieux!
La lyre, en se brisant, jette un son plus sublime ; J.a lampe qui s'éteint tout à coup se ranime. Et d'un éclat plus pur brille avant d'expirer; Le cygne voit le ciel à son heure dernière : L'homme seul, reportant ses regards en arrière, Compte ses jours pour les pleurer.
(Lamartine.)
Le clia7it du cygne a été très-durcmcnt traité par des amis quand même de la vérité. « Je ne sais, a dit l'un d'eux, sur quel fondement les poètes, tant anciens que modernes, comparent l'harmonie métrique, ou le rhythmc, avec le chant du cygne. Il n'y a certainement aucune analogie ;
le chant du cygne, loin d'être niclodiciix, est fort désagréable, il est aigre et approchant du cri de l'oie.
Le cygne frappe l'air de ses rauques accents.
(Mollerant.)
<' L'esprit de justesse qui règne aujourd'hui, et qui, bien défini, n'est que l'esprit philosophi(iue, devrait exclure de la poésie toute comparaison qui blesse la vérité. »
Buffon, qui sait aussi que le cygne ne chante pas, est beaucoup moins sévère ; il fait en poète et en grand écrivain la part des erreurs qui charment : « Les anciens, dit-il, ne s'étaient pas contentés de faire du cygne un chantre merveilleux . seul entre tous les êtres qui frémissent à l'aspect de leur destruction, il chantait encore au moment de son agonie, et préludait par des sons harmonieux à son dernier soupir : c'était, disaient-ils, près d'expirer et faisant à la vie un adieu triste et tendre, que le cygne rendait ses accents si doux et si touchants, et qui, pareils à un léger et douloureux murmure, d'une voix basse, plaintive et lugubre, formaient son chant funèbre ; on entendait ce chant, lorsqu'au lever de l'aurore, les vents et les flots étaient calmés ; on avait même vu des cygnes expirants en musique et chantant leurs hymnes funéraires. Nulle fiction, en histoire naturelle, nulle fable chez les anciens n'a été plus
célébrée, plus répétée, plus accréditée; elle s'était emparée de rimagination vive et sensible des Grecs ; poêles, orateurs, pbilosophes même, l'ont adoptée comme une vérité trop agréable pour vouloir en douter. Il faut bien leur pardonner leurs fables, elles étaient aimables et touchantes ; elles valaient bien de tristes, d'arides vérités : c'étaient de doux emblèmes pour les âmes sensibles. Les cygnes, sans doute, ne chantent point leur mort; mais toujours, en parlant du dernier essor et des derniers élans d'un beau génie prêt à s'éteindre, on rappellera avec sentiment cette expression touchante : c'est le chant du cygne ! »
TABLE ALi '.ABBTIQUE.
Ahralmni ...... 37
Acadrmie. 31, 3'i, IIG , 1G3 , 172, 101. 234.
Achille 74
Adam 37
A demain les aHaiics sérieuses 2!S
Adieu 2'i9
Agar 37
Agramant 13'4
Aide-toi, le ciel l'aidera . 61
Aignant 95
A la queue Icu leu. . . 130
Alarcon Hi
Aléa jacla est OG
Alembert {d') . . . la, 104 Alexandre. . . 50, 150, 155 Alleinan (la famille des). 93 Allemands (les). ... 90
Aller au diable au vert
AinédéeVlII. . . .
Amoureux des onze mille
vierges
Amour (1') médecin.
Ampère
Ane de Buridan. .
Angclo Vergecio. .
Anguilles de Mclun.
Anneau de Gygfts. .
Anneau de Polycralc
Anne de Boulen. .
Annibal ....
Ariane
Arioste
Armes de Bourges. .
Artaban ....
Artémise ....
Aslréc (P). . . .
Atieiidcz-moi sous l'orme 250
Au revoir 250
Avaler des couleuvres. . 2U5 Avoir martel en tête. . 71
Ktabin [le jésuite). . . 8
Bas-bleu 252
Bâtonnier de l'ordre des avocats. ..... 62
Battre la breloque. . . 30 Battus (les) payent l'amende 185
Bawr [Mme de), .. . . 166 Beauté du diable ... 15
Benjamin 37
Bergers du Lignon (les). 27 Bertrand, ..... 59 Bcscherelle , . . . 7, lOi Bcugnot (Comte) . . G, ^9
Boïardo 13i
Boire à lirc-la-Bigault. . 21 Boire comme un musicien ....... 21
Boire comme un sonneur. 22
Boiste • . 96
Boniface lOft
Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée 161
Bossus (les) 51
Bradi (Comtesse de). . 192 Brebis comptées, le loup
les mange . . . . . 131 Brèche de Roland . . .125 Brillât-Savarin. . . . 22'4
Bucépliale 1^9
Bulfon 131, 259
Caïus-Popilius .... Wi Calendes grecques. . . 2fi3
CaU^li 101
r .nbronne 19
'âfcanapé de la doctrine. . 6
Candaule 2^6
Cape lia
Capon 115
Capoue \ixl
Caudium 171
Cayliis (Comte de) , . 206 Ceinture de vierge. . , 161 Ceinture dorée .... 161
Céladon 28
Cercle de Popilius. . . Mxk
César 65, 66, 67
Chamfort 5/i, ll^i
Cluimpollioii - Figeac
(Aimé) 20
Chant du Cygne . . . 256 Chanter pouille . . . .127
Chapons 55
Charbonnier est maître
chez lui 78
Charlcmagne 111
Charles le-Témérairc. . l'Jô Charretier (le) embourbé. 61 Cliasles [Vliilarèlc). . . 25U Chateaubriand .... 8 Châteaux en Espagne. . 186 Chercher midi à quatorze
heures 135
Chien (le Jean de Nivelle. 117 Clairon (Mlle) .... 181
Clotairc 157
Coliii-Maillard .... 26 Collin-d'llarleville . 70, 18o Colonnes d'Hercule. . . 133 Colosse de Rhodes . . . 20Q Comédies de cape et d'épée 116 Comme de cire. ... 97 Comme en revenant de
Pontoise 158
Copia sa
Coqueluche (la) du quartier. 171
Corde de pendu . . . .221
Cordon bleu 165
Couleur Isabelle. . . .113 Coup de Jarnac. . . . 191 Cour des miracles ... 86 Cour (la) du roi Pétaud . 1^2
Crapelct 81
Crinoline 181
Cris de Merlusinc . . . 216 Croquer le marmot. . .101 Cul-de-sac . . . . .211 Cyrano de Bergerac. . 136
Mtacier (J/nie) . . . .179
Daniel 37
Dans les petits pots les bons onguents . . . r>2
Debora 37
Dédale 239
Délices de Capoue . . .1/^7 Diamant le Uéuent. . . 169
Deux cent vingt et un
(les) 80
Dictionnaire de Trévoux 100
Dieu vous bénisse !.. 1 Diodorc de Sicile . . . 20ft
DiORène 156
Diseur de bons mots, mauvais caractère. ... 99
Doctrinaires 5
Dulaure 9, 161
Dupin aîné 7
Duquesne (l'amiral) . .1^5 Ducal 55
Ecrire comme un ange. 77
Eginliard 125
Eliézer 37
Entre chien et loup. . .130
Enfer (rued') 214
Erostrate 207
Eslienne {Henri) . , . IbU
Etre à quia 197
Etres de la maison ... 88 Etre sur un grand pied dans le monde ... 72
Eurybiade 117
Eve 37
Ezéchiel 37
l'aire Charleuiagnc . . 110 Taire de la poussière . . 95
Faire four 2ol
Faire la figue 2^8
Faire la mouche du toche 215
Faire le pied de grue . . 105 Faire le Rodomont. . .133
Fanfaron 13ft
Faute d'un point Martin " perdit son âne . . . 239 Ferrer la mule .... 100 Fesse-Mathieu (un). . . 82 Fier comme Artaban. . 1G8 Fier comme un Ecossais. 169
Fil d'Ariane 238
Fleuri) dcBellingen . . 125
Foi (la) du charbonnier. 167 Fourberies (les) de Scapin 13G Fourches caudines. . . 1*70
Français (les) 219
François I*"^ 19
69, 78, lfi5, 236.
Frappe , mais écoute. . 117 Frédéric II. . . . a0,92 Frédéric Guillaume l'"" . ^0 Frère de la ■Somaritainc. 59 Fruits sers 163
«liai comme pinson. . , 21fi Garder le mulet . . .105
Gazette 202
Gènin{F.). .'.... 22 30, l\U, 56, 71, 81, 102, 111, 127, 138, 16fi, 213.
Girnrdin (Mme de). . 6^ 110, 174, 181, 2fi7.
Gordium 50
Cournay {Mlle de). . . 29 Gradasse l'SU
Gregucs 38
Grève (faire). . . . .210
Grimm 212
Grisette 192
Gros- Jean comme devant 70 Gros- Jean qui veut en remontrer à son curé. . 69 Guelfes et Gibelins. . . im Gygès 2U6
Haricot de mouton . . 70 Hènault {Président). . 228 Henri III 143
Ilérode 60
Homme de sac et de
corde 222
Hugo (Victor). . . .188 Hugon (le roi) .... 108 Huguenots . . . . . 107 Uxirtaxit 115
Il est du bois dont on fait
les flûtes h
Il n'a que la cape et l'épée 110 Il n'y a rien de changé en France , il n'y a qu'un Français de plus. . . 47 Ils n'ont rien appris, rien
oublié 196
Ils sont égaux comme de
cire 97
Incilatus 153
]s:iac 37
Isabelle d'Aulriclic. . .113
ISaîe
Sacob {le bibliophile]. . 67 Jacquemont {Victor). . 98 Janin \Juics) .... 192 Jardins (les) suspendus . 20^»
Jarnac (coup de) . . . 191 Jean de Nivelle. . . , 118 Je m'en lave les mains . 36
Jéréniic 37
Jeter de la poudre aux
yeux 94
Jeler l'ancre sacrée. . . UZ
Jeux Floraux Û5
Juaas 37
Joubert {Laurent). . . 139
H.ummer (pipes de]
litt Bruyère 99
La commère la carpe et le
brocliet son compère .198 La Fontaine 61
70,96, 98, lia, 122,
198, 216, 2ii8.
La Grange (Resisire manuscrit de) 220
23ft
La Harpe 12
Lamartine 2fi9
Tm Monnaye 55
Lance d'Achille ou de Té-
lèphe ;...... 74
Lantorne de Démosthènos 7 Launuy {Mlle de). . . 180 Lazare { MM. ). . . . 235
Laz/.ari 71
Le bon billet qu'a la Chà
trc 153
Le Rrigant 38
Le Ducliat. . . . 102, 130
Legouvé 153
Le Roux de Lincy. . . 240
Le Sage 137
Les beanx jours d'Aran-
juez touchent à leur fin 201
Lia 37
Liard ..•.-.. 203
Lie-gregues 38
Lit de Procruste. . . . 233 Livres tournois. — Parisis 202 Loménie (de). . . . 6, 62
Longchamps 109
Lope de Vega. . . .116
Lorette 147
Louis XI 145
Louis XIV. ..... 145
Loups (les) ne se mangent
pas 131
Lyncée l'argonaute. . . 230 Lynx 230
Magasin pittoresque. 38, 144
Maille à partir 201
Maillolins 27
Malachie 37
.Malheur aux vaincus! . 175 Malin comme un bossu. 51
Malle-poste 123
Manger de la vache enragée 173
Manger des poires d'angoisse 2hU
Manuel des amateurs de
la langue française. . 102 Marée en carême (arriver
comme) 217
MarmontcL 223
Marmot 101
Afarot. 97
Martel .72
Mars en carême (arriver
comme), .<-... 217 Mât de cocagne. ... 82
Mathusalem 60
Mausolée 205
Mayeux 51
Médecin (le) malgré lui. 26
Melcliisédec 37
Mélusine 216
Ménage 21, 13i
Menippe. 229
Mercier 58
Mérimée 98
Merveilles du monde (les
sept) 203
Mettre au violon . . . Uh
Miellée 37
Michel 37
MilLcvoye 257
Minotaure (le) 239
Mirabeau 190
Molière. . 3, 25, 75, 112,
Mondricard, .■ . . . . i?>k i\Ionnaie de singe. . . 232 Mon siège est fait. . . 97 Montagne (lady). . . 254
Montaigne 186
Montesquieu 32
Morgue. 83
Mourir de la mon de Roland 124
Moutons de Panurge. . . 10 IMurs (les) de Babylone. . 204 Musset (Alfred de). . 51 Myron (François). 128, 252
m'avoir ni sou ni maille. 202 Ne m'est-il pas échappé
quelque sottise. . . 14 Nez à la Roxelane» . . 222 Ninon de Lenclos. . . 154 Nodier (Charles). 139, 233
Noé 37
Noémie '37
Nœud d'Hercule. . . .161
Nœud gordien 50
Notre ennemi, c'est notre
[maître,
Je vous le dis en bon fran-
[çais . 114 Nous dansons sur un volcan 105
Nous ne reculerons pas d'une semelle. . . . 106
Obermaiin,
Occasion (statue de I'). . 19.") (S'>>!f3 (le Pâques. . . . IG OicsduCapilole, . , . l'75
Olibrius 35
Oinasys 23
Onze raille vierges (les). 225
Oraete 24
Ordre du Saint-Esprit. . 165 Ordre de Saint-Michel. . 165 Orthographe de Voltaire. 138 Ote-toi de mon soleil. . 155 Ozanam l'4l
Vanat (chevalier de). . 197
Paniers 180
Panurge 10
Pantagruel 10
Par;;gante 137
Parler français comme une vache espagnole. 2-'»5
Pascal 99
Pasquier {Etienne) 72, 107, 132, 162, 163, 172 Passer le P.ubicon. . , 05 Paihelin (la farce de). . 126 Pays de cocagne. ... 81 Pédant joué (le). . . .136 Phare d'Alexandrie. . . 207
Philippe 1^9
Phocion. .* 15
Pied - plat 75
Pilate 36
Pipes d'écums de mer. . 34
Plantagcnet 73
Plutarquc. . . . 150,219
Point de quartier Poires d'angoisse Poisson d'avril .
Polichinelle .
Polycrate . . .
Pompeia . . .
Ponsard . . .
Pont aux ânes .
Pontius Cominius Pont-neuf. . .
Poric-poulets. .
Posidippe. . .
Potron- Jacquet.
PotronMinct. .
i'oulet ....
Prendre la mouche, Prendre l'occasior
cheveux. . .
Prendre sans vert Procruste . . .
Pyramides d'Egypte.
Quait-d'heure de Rabelais 67.
Que diable allait-il faire
dans cette galère? . . 135 Querelle d'Allemand. . 90 Qiiickerat (Jules). . . 94 Quinze-Vingts (les). . . 235
Wiabelais. . . . 11,62,249
Bacan 29
Rachel 37
Racine 12,140
Racine (Louis). ... 95
CO
Racine passera comme le
café 12
Rébecca 37
Régent (le diamant). . ,169 liegnier 62, 125, 139, 106, 198, 23ii, 237.
Réjouissance 128
Représenter les armes de
Bourges 227
Revenir à ses moulons. . 125 Bichard de Romagny. . 86 Rigault (Odon). ... 22
Ripaille 156
Rire comme un bossu, . 51 Rire sardonique. . . . 179 Rire sous cape. , . , 116
Bivarol 15,231
Roche Tarpéienne . . . 190 Roi (la qualité de), . , 1^3
Roi d'Yvclot 157
Roland 12^
Boqueplan ( Nestor ). , 16 Roscius. ...... 73
Rôtir le balai . . . . 23^»
Eousseau (J.-J.). , . 221
Roxelane 222
Boyer-CoUard .... 6 Rulh 37
jSacripan 13^
Soiiit- Simon (duc de) . 169
Saignes 225
Salomon. . . .37, 61, 163 Sidvandy (M. de). . . 105 Samaritaine (la). ... 57
Samos (île de). . . . 23
Sara 37
Sardanapale 195
Satire ménippée. . . . 228
Sauvai 87
Scliillcr 201
Se donner des gants. . 137 Sénancour (de). ... 76
Sénecé 37
Sept (le nombre). . . .208
Séraphins 37
Sévigné (Mme de). . . 12 Si je n'étais pas Alexandre, je voudrais être
Diogène 155
Sismondi. ... . . .13/»
Soliman II 222
Sort (le) en est jeté. . . 66 Souliers à la poulaine. . 73 Statue de Jupiter Olympien 206
Suétone 66, 152
Sybarite . . • ... 31 Sycophante 95
Tallemant des Beaux. 28, 29 Talleyrand .... û8, 196
Tarpéia 190
Tartufe (le). ... 3, lfi2
Tascliercau 220
Télèplie 74
Temple de Diane. . . .207 Temple de Guide (le). . . 33
Thainar 37
Théâtre Lazzari. ... 71
Tliémistocle. . . . 89, 117 Tli(5ocIore de bainos. . . 2^
Thésée 233, 238
Thurium 34
Tirer le diable par la
queue 188
Toast 6U
Tombeau de Mausole. . 203
Topffer 53
Toster . 65
Toulouse ?»5
Tùusscnei ( Alphonse). , 215 'J'out est perdu fors l'iion-
neur lU
Tout va de sire. ... 98 Trancher le nœud gordien 51
Travailler pour le roi de
Prusse 39
Tropiiées (les) de Miiliade ni'empôehent de dormir 89
Tiiet (l'ubbé). . . 105, 2^8 Tu portes César et sa fur-
tune 07
Turlupin 129
Tuiiupiiiade 129
Uriel 37
Ursule (sainte). . . .225
\(naabellc (M. de). . hO
Vaugdas 8'i
Veni, vidi, vici. ... 07
Vcrtot (l'abbé). ... 97
Vcspasien 100
Vieux comme IlOrode. . 63 Vieux comme Maihusa-
lem 60
Vilain XIUI 18î»
Villcmain 120
Villemcssanl (II. de). . W Voilà justement ce qui fait que voire fille est
muette 25
Voilure 1S9
Voltaire 13, ftO, 72, 138, 211 Vous èies orfèvre, monsieur Josse 111
Vous n'en aurez pas les
gants 137
Weibling \k2
Wclf. 142
Yeux de lynx. • ... 230 Yvetot 157
leacharie 37