Voix de sirène
Berthe au grand pied1, Bietris2, Allys3; Harembourges, qui tint le Mayne4, Et Jehanne, la bonne Lorraine5, Qu'Anglois bruslèrent à Rouen; Où sont-ilz, Vierge souveraine?...
Mais où sont les neiges d'antan!
Prince, n'enquerez6, de sepmaine Où elles sont, ne de cest an, Que ce refrain ne vous remaine7:
Mais où sont les neiges d'antan8!
La Ballade des seigneurs du temps Jadis } qui venait après, étaic conçue « suyvant le propos précèdent », et le refrain était :
Mais où est le preux Charlemaigne !
La ligue du bien public. — Alliance que formèrent contre Louis XI, en 1465, François II, duc de Bretagne; Pierre, duc de Bourbon; Charles de Berry, frère du roi; Jean de Calabre, fils de René d'Anjou; le duc de Nemours; les comtes de Dunois, d'Armagnac et de Dammartin ; ayant à leur
1. Berthe, fille de Caribert, comte de Laon, femme de Pépin le Bref et mère de Charlemagne, héroïne du roman de Berte aux grands pies.
a. D'après l'abbé Prompsault (édition de 1832), c'est Béatrix de Provence, mariée en 1245 à Charles de France, fils de Louis VIII.
j. Selon le même éditeur, c'est Alix de Champagne, mariée en nooau roi Louis le Jeune.
4. Selon le même, c'est Éremburge, fille d'Élie de la Flèche, comte du Maine, mort en 11 10.
5. Villon ne fut pas le seul des poètes du xvesiècle qui envoyèrent un salut à la bonne Lorraine. Christine de Pisan, âgée de soixante-dix ans, était retirée depuis vingt ans dans un monastère lorsqu'elle entendit parler de Jeanne d'Arc ; elle sortit de son silence pour faire, en l'honneur de la Vierge du triomphe, des vers qui furent sa dernière oeuvre et couronnèrent dignement sa vie. — Un autre poète, Martin Lefranc, composa, en 1441, un poème intitulé le Champion des Dames, qui contient quelques stances adressées à la libératrice.