‹ Petites méditations poétiquesChapitre 1 sur 10 · LA TERRE MATERNELLE · texte numérisé non relu

LA TERRE MATERNELLE

C'est pour vous, paysans, les meilleurs de ses fils, Que je chante aujourd'hui la terre maternelle : Vous ne la quittiez point, et vous puisiez en elle La santé de vos corps et de vos fiers esprits.

L'amour et le labeur fidèles de vos pères

Ont fait du sol la gloire et la fécondité.

Soyez ce qu'autrefois ces hommes ont été,

Pour que les champs détruits se relèvent prospères.

N'aimez-vous point ce sol d'un amour plus puissant Maintenant qu'il a bu le sang de vos blessures ? Car j'ai pieusement lavé sur vos chaussures Le mélange sacré de la terre et du sang.

La terre, paysans, votre immortelle épouse, Attend de vous le fruit de son flanc maternel. Gardez de suivre ailleurs un plaisir criminel Et de trahir jamais sa tendresse jalouse.

Nos livides cités fument sous un ciel noir ; Leurs plaisirs cherchent l'ombre et font baisser la tête. Nos champs sous le ciel bleu gardent un air de fête, Et leur âme s'épure à l'approche du soir.

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