PRODUITS AGRICOLES
On est généralement porté à croire que la rigueur du climat canadien est peu propice à la culture des céréales et des plantes fourragères. Il n’en est rien, cependant, et peu de pays sont aussi favorisés sous ce rapport.
Un fait remarquable et qui semble au premier abord inexplicable, c’est que sous les latitudes septentrionales la végétation est plus vigoureuse et le
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32 PRODUCTIONS NATURELLES ET INDUSTRIELLES ne NA ni nine ee tie initier mets sol plus productif que dans les zônes tempérées. La terre inactive pendant l'hiver dégage, à l'approche du printemps, une exubérance de sucs des plus favorables au développement des végétaux.
‘La province de Manitoba et une grande partie des territoires du Nord-Ouest, qui sont appelés à devenir, à une époque prochaine, le grenier de l'Amérique, peuvent être cités comme une preuve irréfutable à l'appui de cette particularité ; car toutes les céréales et les plantes fourragères des climats tempérés y donnent des résultats exceptionnellement avantageux. Dans ces terrains d’alluvion inépuisables, le blé produit aisément trente à quarante boisseaux pour un, les navets atteignent des proportions colossales et la betterave à sucre y peut rivaliser sans désavantage avec les plus beaux spécimens récoltés dans les provinces de Québec et d'Ontario.
Voici, du reste, le rendement moyen, par acre, d de certaines productions agricoles, au Manitoba, d'après des statistiques officielles, pendant les cinq dernières années :
* L'acre égale 40 ares 47 centiares.
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Années Avoine Orge Pommes de terre 1877 594 40$ 304 1878 594 36 398 1879 58 37 302 1880 574 41 318 1881 594 43 321
Si on tient compte de ce que le Minnessota, qui passe pour l'état le plus fertile de la grande république américaine, ne produit en moyenne que 37 minots d'avoine et 27 minots d'orge par acre, il est permis de classer les territoires de l’ouest parmi les contrées les plus productives du monde,
Voici maintenant uneétat aproximatif de la récolte du blé dans les principaux pays agricoles, en 1881, qui établit que la production de ce grain, ‘quoique proportionnellement moins considérable, au Canada, que celle des autres céréales, est cependant suffisante, étant douné le chiffre de la population :
Etats-Unis... ....,..,50,000,000 minots, #
Indes nn erressseumd#2,000,000
Russie ,......,.... Fe ATOME 40,000,000 «
FTANCE sue scores eeseeses 28,000,000
Espagne...........,..18,000,000 “ |
+ La mesure employée pour les matières sèches est le minot qui équivaut à 36 Litres 34 centilitres.
Italie ......sssesonseus eee. 1D,000,000 minots. Allemagne... ….14,000,000 « Turquie sos. s.12,000,000 “ Grande-Bretagne .….......10,000,000 “ Autriche-Hongrie..…..…..10,000,000
CANATE eess ssdssdsder ere 4,000,000 “ Australie. host 3,500,000 « Hollande et Belgique... 2,500,000 «
On serait tenté Ge croire que la neige qui couvre le sol, pendant les mois d'hiver, doit, en intei. disant l’accès des pâturages aux bestiaux, présenter un obstacle presque insurmontable à l’élevage du bétail. Au contraire, malgré la nécessité où l'éleveur se trouve de nourrir ses animaux à l'étable durant cinq mois de l’année, il ne retire pas moins des revenus considérables de ce genre d'industrie. Les chevaux canadiens, doués d’une vigueur exceptionnelle, sont très recherchés sur les marchés américains, Les races bovine, ovine et porcine acquièrent aussi au Canada un développement tel, que souvent de grands éleveurs anglais viennent. y chercher les produits améliorés d’animaux dont ils ont, quelques années avant, fourni la souche aux fermiers canadiens. Les pâturages de certaines régions peuvent avantageusement être comparés avec les plus plantureux pacages de la | Suisse,
L'exportation des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons a produit en 1881 un assez fort montant, comme l'indique le tableau ci-dessous :
Nombre Valeur Chevaux 21,993 82,094.037 Bêtes à cornes 62,277 3,464,871 Moutons 354,155 1,372,127
Ces animaux ont été di:igés, pour la plupart, vers l’Angleterre. *
Pendant cette même année, le Canada a exporté .17,649,491 livres ** de beurre ayant produit $3,- 573,034 et 49,255,523 livres de fromage vendus pour $5,510,443.
L’aisance relative dont jouissent la plupart des cultivateurs canadienns leur donne la facilité de se procurer un confort domestique qui est loin de ressembler au genre de vie presque toujours restreint des populations rurales, en Europe. On peut même reprocher à la classe agricole une tendance au luxe assez prononcée pour entraver souvent sa marche vers une plus grande prospérité à laquelle elle pourrait facilement atteindre avec un peu plus d'ordre et d'économie.
* En 1881, le Canada a exporté en Angleterre 49,409 bêtes à eornes et 80,922 moutons.
* La livre égale 453 grammes 59 centigrammes.
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