Livre premier y Chapitre X L I L
ic ; T . ; . . . S’il advient d’avoir mal rencontré , s’être mécompte au choix & au marché, & que l’on ait pris plus d’or que de chair, l’on demeure miférable toute fa vie. Quelle iniquité & injulHce pourroit être plus grande que, pour une heure de fol marché, pour une faute faite fans malice & par mégarde, & bien fouvent pour obéir , & fuivre l’avis d’autruît ^ l’on foit obligé à une peine perpétuelle ? Il vaudroit mieux fe mettre la corde au col , Sc fe jetter en la mer, la tête la première , pour finir fes jours bientôt, que d’être toujours aux peines d’enfer, & fouffrir fans ceffe à fon côté la tempête d’une jaloufie , d’une malice , d’une rage & manie , d’une bêtife opiniâtre , & autres miférables conditions. Dont l’un a dit que qui avoit inventé ce nœud & lien du mariage, avoit trouvé un bel & fpécieux expédient pour
{e venger des humains , une chauffe-trapé gA un filet pour actiaper les bêtes , & puis les’ fa'ire langiih à petit feu.- L’autre a dit que marier un fage avec une folle , ou au rebours , c’eftoit - attacher le vif avec le mort ; qui étoit la plus cruelle mort inventée par. les tyrans, pour faire languir & mourir, le vif par U compagnie du mort^