AVIS
paraissait absurde; et ce n’est qu' aujourd’hui, dans le «lix-neuvième siècle, que les deux principales institutions scientifiques de I' Empire Britannique, savoir, le Bureau des Longitudes et la Société Royale de Londres, viennent enfin de conliriner positivement l’étrange soupçon de Hobbes.
C’est la détermination authentique de ce point, si important pour l' humanité, qui résultera de la décision du Parlement Britannique sur la Pétition qui lui est soumise dans ce moment. En effet, faisant abstraction des intérêts pereonnel.s du pétitionaire, et des intérêts nationaux impliqués dans les deux institutions que nous venons de nommer, la question présente, étant considérée sous un point du vue universel, se réduit à savoir:
“ Si les vérités mathématiques peuvent “ être récusées publiquement, c'est-à-dire, “ si leur établissement public peut être “ empêché par des corporations ou des “ hommes puissans?”
Nous pouvons nous dispenser de signaler ici r importance infinie de cette question :
tout homme éclairé concevra facilement que c’est de sa réponse que dépendront peutêtre les destinées ultérieures de l’ humanité. En effet, si les vérités mathématiques avaient
• réellement perdu déjà leur toute-puissance parmi les hommes, aucune autre vérité, ni religieuse, ni morale, ni philosophique, ne saurait plus se soutenir; et l’espèce humaine marcherait évidemment, avec dessein, vers un chaos d’erreur et de destruction, et par conséquent vers sa ruine totale.
L’honneur de la décision solennelle de cette grande question, du moins dans son initiative présente, appartient ainsi à la Nation Anglaise. Et ce choix accidentel nous fait heureusement augurer bien du résultat.
Déjà tous ceux des Anglais auxquels s’est étendu la connaissance de cette affaire, se sont indignés à son récit. Un ecclésiastique de cette illustre Nation a bravé toutes les convenances pour fournir un document propre à la répression d’ une si funeste injustice. II a même manifesté, dans une de ses conversations avec le pétitionnaire, la résolution pénible de quitter pour toujours sa patrie si, après ce grand et solennel essai, on devenait certain que la vérité n’ y trouve plus le respect qui seul peut constituer la dignité d’une nation.
Nous 8omrae.s loin de redonter ce triste résultat. Nous craignons même qne, dans r appréciation des causes secrètes de cette affaire, nous n’ayons donné trop de réalité à nos pressentimens, en fixant, pour la principale de ces causes, une tendance pro-
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