EXPOSÉ
des circonstances scientifiques de la spoliation du savant étranger par le Jbureau des Longitudes de Londres.
Parmi les résnltaU Kicnüfiques que le savant étranger avait apportés en Angleterre, se tronvait, comme cela est déjà notoire, une nouvelle théorie des réfractions. Cette théorie se distinguait de toutes celles qu ’on avait tentées auparavant, par la circoiutanct /sndamentaU de et que la loi, sans doute trèt vanabUj que tuit la tem^ férature de ratmpoepkère à dicerui kauteure^ y était fixée dant toute ta généraiitéy et $ant aucune des hypothèses physiques, dont étaient entachées toutes les autres théories. De cette manière, les tables de réfractions qui résultaient de cette nouvelle théorie, étaient enfin rigoureusement vraies, parce qu*ellea étaient purement mathématiques.
Or, vers le temps où le Bureau des Longitudes de Londres disposait à la douane des instrumens du savant étranger, cet équitable Bureau publiait V Almanach Nautique pour rannée*lB2U. Et, dans cet Almanach, U produisait de nouvelles Tables de Héfraetions, déduites d’une nouvelle théorie de son actif secrétaire, laquelle, plus encore que les autres théories, était entachée d’une mauvaise hypothèse physique et de nombreuses conjectures tout-à-fait arbitraires. Mais, ce qui rendait remarquable cette production, c’était, d’après la Préface de cet Almanach Nautique, l’intentiun manifeste de remplacer, par ces nouvelles tables de rv'fracüons, les tables françaises, qui étaient adoptées dans tonte 1’ Europe, et qui, dans cette i*réface, étaient décUrées ineaactes.
11 devenait ainsi curieux pour le savant étranger de voir combien ces prétentions, si ridicules, de faire lutter un pauvre Docteur Young contre V illustre Laplace étaient fondées. Et pour cela, il suHUait
de comparer eee tables aof;Iaisea arec les tables matbftmatiqaes susdites, qui ne pouvaient errer. — Le résultat de cette comparaison fut que les tables du Bureau des Longitudes de Londres, et leur prétendue théorie, étaient entièrement fausses.
Ainsi, sachant qne, par le nouvel acte qui institue le Bureau ded Longitudes, (le du règne de George 111), le ParUment offre expressément, dans l’article VllI, des récompenses pour la correction d’anciennes tables erronées, le savant étranger rt*»olut de fournir ces corrections pour les tables anglaises que le Bureau venait de publier^ Il roulut, par là, se procurer les moyens da se tirer, en Angleterre, de reiubarras où l'avait jeté la disposilioa arbitraire que, dès son arrivée dans ce pays, on avait faite de scs instrumens, déposés à la douane de Londres.
En conséquence, croyant alors ne devoir attribuer cette disposition arbitraire qu’ à l’effet immoral de ngnorunce du Secrétaire, et conservant encore quelque foi dans la loyauté du Corps lui-méme du Bureau des Longitudes, le savant étranger présenta à ce Bureau «B Mémoire intitulé:
NntftUi TabUs de R/frattiongy fond/es eur Zs tobUiad garnie et rigoureuse du problème des réfractfnnsj qirf, Jusqu’ à ce jour, est demeuré non résotu; et précédée/ d'une PreietMhu eimtre le compétence scientifigue du docMit T. Keieng, SecréUtire dst Bkremi des Lcngihtden de Lcndrek.
A ce Mémoire purement scientiSque étaient jointes deux pièces documenCales, l’une intitulée:
Exposé de Ut spoliation de M. Hoené Wroiuki par suite de ses reUtions aeec U Bureau des Longitudes de Idtndret {
tti l’autre intiUüèe;
PérifÎM «dressés à San ExesUenee k Vicousta JHehÜkf Msnktreéel* Mmrmê et Président dst Bureau des Longitudes»
Jje tout Bit en voyé expressément I Lord Melville, le 17 Avril 1890, comme au Président du Bureau des Longitudes, et pour écarter l’influence du Secrétaire de ce Bureau, dont l’inoompètence scieatitique «e trouvait démontrée dans le Mémoire, et spécialement dans son Introâuetiony poiUant le titre:
J^estatiam MumteJil à fgom^r quê k éttUttf T. YtmMg, Stcrétmke du Bwnmt dtâ LongitHde$ dê Lmdrtâ^ m cowmM pot fêtai aetuil <U la aeiéncty ei par coiiWfiiMt ti pa$ rmpparitm vmpHtni daa itmaaux da M» Haènê Wrauêki, qm tout êounth d ce Bureau, ei qui tous emt fandét mm eei iiaà yrieeut ée la ecienee,
Ob noDtnit, duu cette Int7od«ctio», Ite erreum grofl&i^rM que o« Secrétaire a commiMe dani m prétendue tkéorie des rcfractieiu, et r<m y signalait onTertement le défaut mani^te de eoonaissaiicee mathématiques ches cet homme, si intrigant, qui, pour ainsi dire, gouverne le Bureau des Longitudes. Quant au corps lui>tnème du Mémoire, le savant étranger y présentait la grande théorie, purement mathématique, des réfractions astronomiques et terrestres, embrassant, dans toute leur généralité, toutes les lois possibles de la température de l’athmosphère, et offrant ainsi, pour la première fois, des tables rigoureusement vraies de ce phénomène des réfractions.
Pour de pareils résultats, le savant étranger, en te fondant anthentiqnement sur l'article Vlll de l'acte du Parlemeat, qui offre de 600 à 1000 lieree sterling de récompense, ne demandait que cinquante livres pour payer la dette qu'il avait été obligé de contracter à Londres, en s’y trouvant forcémsat retenn. Il c<mdwoeDdiait d'ailleurt à méconnaitre entièrement U ceuse des pertes qu il a essuyées en Angleterre, soit directement par la violation du secret de scs iostrumens, soit indirectement par son séjour forcé à l^ondres.
Enfin, an nombre des conclusions qui se trouvaient établies dans la Pétition à Lord MeUrük, et qui no deguisaieet que foiblement la méfiance du savant étranger dans la loyauté du 8eoréteire du Bureau dae Longitudea, se trouvait expressément celle-ci :
** Vu nncompétence scientifique du docteur T. Toung, ** que je prouve iiréfVagablement dans le Mémoire ostro- « Bomique cl-joint, Je dois supplier Votre Excellence de ** soustraire à l'infiuence de ce Secrétaire tout ce qui “ peut me concerner.”
Voici maintenant ce qui résulta de ce contnst entre tant de Mcrtfoes, de science, de déloyauté et d’ignorance.
Lord Melville fit acenser le lendemain, 18 Avril 18M, la réception de ce Mémoire astronomique et des deux ptcccs qui y étaient annexées, en déclarant ^ qn'il sentait le devoir de mettre ces propositions sous les yeux du Burean des Longitodes.** Mais, le même Jour, 18 Avril,
le Seer/taire du Bureau, qui derait être écarté de cette affaire, ao> Bonça au Mvaat étranger, avec une eapèce de triomphe, que toui» ces papiers venaient de lui être remia par Lord Melvüle. Heureusement, par un vertige ïncuncerable, ne pouvant, daaa le premier moment, ré-iuster à un choc si violent, et voulant jouer le grand homme, ce 2»ecrétaire avoua tout lui-même, et aon incompétence acientitique eu général, et ses erreurs dans sa prétendue théorie des rét'raciiuos. Voici cette déclaration authentique, telle qu’ello se trouve ctmsignée dans cette lettre du 18 Avril 1820, écrite au nom de rAmirauté, et portant le timbre du service de 2»a Majesté ( Un kiê Ütrvict)',
** Je no me permettrai d’émettre, auprès du Bureau, “aucune opinion sur vos productions, si ce n’est de “recunnaître que vous avea découvert une erreur ^^(biunder) dans ma théorie des réfractions.”
T. Yoükc,
Ainsi, l’erreur de cette prétendue théorie se trouvait aroaé«r authentiquement, par Tauteur lui-même et de cette théorie et des tables de rélraciions qu'il en a dérivées, et que le Bureau des Longitudes a sauclionnécs et produites, pour l'usage de la Marine Britannique, dans son Almunack Nautique pour 1883. Le droit à la récoroponse promise par l’arlide Vlil dn statut du Bureau, pour la correction d’anciennes tables ( Horrecliitn o/ former 7'a6ic« J, se trouvait donc établi avec évidence; et néanmoins, insensible aux malheurs qu'il avait causés, et manquant ouvertement à son devoir, et aux égards dus à la science, le Bureau des Longitudes de Londres fit écrire au savant étranger, le 88 Avril 1820, “ qu'il as peutait acerpter aurune proposition d* ce «iruat”, et lui rvnvoxa sca manuscrits après les avoir gardés dix jours en sa p.tssession.
Un pareil procédé, digne des saurages, était pre&que inexplicable de la part du Bureau des Longitudes de la Grande-Bretagne. La seule explication qui s’offrait, était de lui supposer le but de consommer à Londres la ruine du savant étranger, pour l’empêcher de retourner sur le Continent, et de produire à la connaisance du public l’accueil que, parmi les savans privilégiés, la science trouve dans ce pays. Mais, quelque plausible que pût être cette explication, elle était encore loin de la vcriié; il fallut attendre la révolution d'une année pour découvrir le secret de ce procédé, si inexplicable d'abord. Ce ne fut, eu effet, qu'eu Juillet 1621, que ce secret parut eolin dévoilé dans toute sa turpitude. — Uui le croirait sans la {Déposition solenneUe du HévciendM. ^olanl Le Bureau
ét% Longitudes de la Grande-Bretagne, ou do moina son Sceré» (aire, prodoisU alors, sou» son propre nom, dans le No. XXII du Journal o/ Sciencef Litrrature and the Arti^ (pagos 35S — S<>1 )ï nouvelle théorie mathématique des réfractions, ou du moins les raiNciPEs PONDAME?(TAUX DE CETTE THEoEiE, tcls que Ic savant étranger les avaient communiqués au Bureau des Longitudes, en se fondant sur la foi d’un acte du Parlement Britannique.
Nous accubona ici le Bureau des Longitudes lui-méme de cette nouvelle spoliation, parce que le savant étranger, qui en est la victime, a présenté la théorie dont on vient de le dépouiller, à lord Melville lui-même, comme au Président du Bureau des Longitudes, en récusant expressément, et en quelque sorte judiciairement, le Secrétaire de ce Bureau. Ainsi, dans le cas où ce Secrétaire aurait enlevé la théorie en question sans l'autorisation du Bureau des Longitudes, il demeurerait responsable de ce méfait envers le Bureau; mais, envers le savant étranger, qui n'a eu rien à démêler avec le Secrétaire du Bureau, et généralement envers le public, qui ne ronnait que l’institution où l’on s'est servi s» indignement de l’antorité politique pour ravir des découvertes ù un étranger, il n'exisie ni ne peut exister personne autre de responsable que le Bureau des Longitude» lui-ntême.
Quant au caractère spécial de cette nouvelle spoliation, il consiste manifestement, comme nous l'avons déjà dit ailleurs, en ce qu’elle forme un nouveau genre de concussion, inAniment plus aggravante que la ronenssion ordinaire, où l'on abuse simplement de l’autorité publique pour ravir la propriété de quelques particuliers. Jci, on n'abuse pas, mais on use de l’autorité publique, ou d’une institution politique elle-même, pour ravir des découvertes scientifiques, qui forment la pnrpriété la plus précieuse des nations. Kt c'est ce caractère si aggravant qui donne ù cette nouvelle spoliation la turpitude dont elle est couverte, et par laquelle elle révolte si fortement toute &me supérieure.
Voici le? i»reuves positives de ce méfait signalé, commis dans le Soin du Bureau des Longitudes de la Grande-Bretagne.
La nouvelle spoliation, celle dont il s'agit ici, consiste principalement en ce que l’on a ravi, au savant étranger, la découverte de la considération générale de la loi que suit la température et par çonsé'qucot la construction mécanique de l’atmosphère; découv'erte qui, non seulement dispense d'introduire, dans la détermination des phénomènes de l’atmosphère, des hypothèses sur cette loi inconnue, mais qui de plus sert à Axer, pour chaque état de l’atmosphère, 1a vraie loi de sa température et de sa construction mécanlqiîe, pette nouvelle spoliation consbte de plus acccMoiremcnt en çe que
Toii â nwif en MTnnt étranger, U correction nudité de U théorie nnglaice de» réfraction», d'aprè» laquelle le Secrétaire dn Burean • de» LoogiCude» a oonetroit le» tables que ce Burean a produite» dans rAlmaaach Nautique pour 1823$ corredion dont ce méœeSecré* taire fait actuellement un abus pour légitimer et pour faire considérer comme rraie» ces tables de réfractions, qui, dans leur principe, sont absolument fausses. — Nous allons donner séparément les prenres de •ette double spoliation $ preuves que, sans même avoir besoin de recourir au Mémoire manuscrit qui a été présenté en 1830 an Burean des Longitudes, non» pouvons tirer complètement des deux Mémoires du Secrétaire de ce Bureau, imprimés, Tun en 1819, dans les TrnaMcttoiu philosopkùfue»^ et Tantre en 1631, dans le N°*XXU du Journal of Sçitnct, lÀUrature and ihe Arii,
D'abord, pour ce qui concerne la considératioD générale de la loi de la température de l’atmosphère, aucune idée sur cette considération générale ne transpire dans le premier Mémoire du Secrétaire du Bureau des Longitudes, dans celui de 1819. Bien au contraire, ce Secrétaire y dit, au commencement du N«* 4«-, qu'il faut donner quelque détennination particulière à cette loi en question.’’ Mais, dans son deuxième Mémoire, dans celui de 1831, qui n’est qu’une copie altérée du premier Mémoire, après avoir reproduit, toujours au commencement du N<>- 4»- , l’expression de cette néceuiU d'une détermination particulière, il commet, à la fin de ce 4<*-, où commence l’altération du Mémoire, une inconséquence grave, qui le trahit, en prétendant, avec une contradiction manifeste, se dispenser de cette même nécessité : il j dit expressément ** qu’il sera ** pins satisfaisant d’étendre le théorème général un peu plus loin,
** sous le rssimiidre à une loi particulière de la température”. — Et alors, dans le No* de ce Mémoire de 1831, numéro qui n’exista pas du tout dans le Mémoire de 1819 (*), le Secrétaire du Bureau des Longitudes développe efifeedvement cette consûUratUn généraU de la loi de la tempérarare de ratmosphérey telle que le Bureau l'a ravie au savant étranger, dans le Mémoire manuscrit que ce savant lui a présenté en 1830.^
(*) !>•■■ U Mémoire orisiB«ir« 4e 1810, U 7 t une inmivertutee lUst U BUBMroUfe des articles, portost lei Duaréro* 1, 2. S, 4> 6, Aec.: et c'eet
moot de cette iiudvcrtMce que te Serrduire do Burew des Losfiiedee e profité deos le Kemoire de iBtl, pear y lutrodolie, toos le Ke.fio. q»*,! «Ta^t omis, la coaelddretioa fétMérol» qvll e rsv$e eo eeveat étraufer. — Il ^elnats, dans le Méneirt slldre, ssr ortie inadvsrtssee «tene le aaaiérete|e 4ee ertleice, en effretont de croira qoe c’Mt U le de/iiut tUt prantitru Ttoticm d'arühmeti^u* qœ lui evaii reproché le aevant étrasseri on comprendra maintraaDt, par le change qu’U donne ainsi é rattOBiioD do lecteur sur le fio,, que celte plaUantcHc n’est pas aoui Wts qo’elle es a l’atr.
£d effet, il ett cosstant, par VÀdrHU de itf. fioi né Wromkt tm Bureau du Longitudes, publiée en anglais à la fin de 1820, que li découverte de U considéraüoa générale en question de la loi de U température de Tatmosphèrc appartient cntièremenl à œ saVMt étranger: elle bc trouve déjà mentionnée dans le UomUeur éa If O^re. 1810, et elle ftc trouve surtout fixée poeUivement dans la Note des pages C14 et 616 de la Section de sa Phiioêopkic de k Teekuir, publiée en 1617. li est constant de plus, par la même Adresse au Bureau des Longitudes, que cette découverte en ques> tioo, de laquelle dépendait essentiellement le salut de la théorie des réfractions, et de toutes les autres théories concernant les phénomènes de Tatmosphère, formait Tobjet majeur, le principe lui-même du Mémoire manuscrit qui a été présenté au Bureau des Longitudes en Avril 1820. — Or, il est avéré authentiquement que le Secrétaire du Bureau a lu ce Mémoire manuscrit, puisqu’il g a appris à connaître l'enrear de sa prétendue théorie des réfractions, comme il l’avoue p«»sitivement dans sa lettre officielle du 18 AvtîI 1820, que nous avons citée plus haut.
Lorsque Ton confrontera, avec ce Mémoire manuscrit, le deu» xiàme Mémoire du Secrétaire du Bureau des Longitudes, c'est-àdire, son Mémoire altéré en 1821, on pourra reconnaître tous les vestiges de cette spoliation indigne. On découvrira surtout l’impudeur avec laquelle cette spoliation a été sffectuée, «n voyant que le Secrétaire du Bureau des Longitudes a copié, pour ainsi dire UtténAessent, au commencement du 6'^. de son Mémoire gltéré, l'exposition de la queetion générale, telle qa'elU se trouve, sous le marque (21)', dans le Mémoire manuscrit du savant étranger. Le Secrétaire du Bus«au des Longitndes n’a changé, dans sa copie de cette exposition, rien autre que la lettre ^ dont se sert le savant étranger, en la remplaçant par la lettre ^ Mais, ce qui décèle enfin le méfait, c'est que, dann cette c(^e si éhonté*, la Sncsétaiie du Bureau ne peut suivre le savant étranger qu’ausai long*temps que les calculs demeurent élémentaires; aussitôt que ce savant s’élève à de hautes coniidéralions, pour arriver è, la découverte de 1a loi qui régit les différentielles de cette quantité générale d Kt Secrétaire du Eurean Longitudes s’arrête; et U donne ainsi, par ce défaut de cunnalsi. sances, la preuve la plus positive de oe que ees idées ne sont pas Us siennes, paroe qu'il ^ouve, par là, qu’il ne les comprend nnllemeat, en méconnaissant cette loi fondameiitaie de U variation de la quantité générale ^ ou ^ qui est l'objet principal de la solution de cette question.
T] ett mü» grâces à son ignorance, que, de cette manière, le Secrétaire du Bureau des Longitudes n’a ravi, pour ainsi dire, que les principes de la décourerte fondamentale du savant étranger* Mais, ce qu’il en dit en gros dans ce N®. 6®. de son Mémoire de 1621, est déjà parfaitement suffisant pour que tout mathéma* tkien, un peu plus habile que ce Secrétaire, puisse établir la vraie théorie et en tirer tous les résultats, concernant les phénomènes de Tatmosphère, qui sont le fruit des travaux du savant étranger. Ce savant se trouve donc ainsi réellement dépouillé de cette importante découverte par le Bureau des Longitudes de Londres.
Ensuite, pour ce qui concerne la spoliation accessoire, consistant en ce que, par cette appropriation honteuse des travaux du savant étranger, le Secrétaire du Bureau des Longitudes a également ravi à ce savant le redressement de la théorie anglaise des réiVactioas, et par conséquent la correction des tables produites par le Bnrean dans l’Almanach cité plus haut; les preuves en sont de nouveau fournies, indépendamment du Mémoire manuscrit du savant étranger, par les deux Mémoires susdits du Secrétaire du Bureau, imprimés en 1819 et en 1821, et surtout par sa déclaration officielle du 18 Avril 1820.
En effet, à la tète du dernier de ces Mémoires, se tronvent, comme supplément du titre, les mots remarquables: ** Atec vne corrfcHon entrt parenihitet ( With a parcftlà/ricoi eorrectitm par lesquels le Secrétaire du Bureau annonce l'altération de ce Mémoire. — Mais, à qui appartient cette correction f C'est ce que ce loyal Secrétaire se garde bien de nous dire. Il est vrai que ce supplément du titre Une correciion entre parentkèêe»** f a quelque chose de si dréle que l’on y voit de suite l’embarras de ce Secrétaire, et que l’on y découvre que ce n'est pas à lui qu’apimrtient cette correction. Mais enfin, il ne te dit pas luimême expressément, et il cherche plntfit manifestement à ne pas le dire. Même à la fin du N®. 4®. de ce Mémoire corrigé, où ce Secrétaire commence à signaler les erreurs du premier Mémoire, U s’arrange de manière à faire croire au lecteur que c’est lui-roéme qui fait ces corrections. — Nous sommet donc obligés, pour rendre la mémoire et la probité au Secrétaire du Bureau des Longitudes de Londres, de lui rappeler ici son aveu officiel du 18 Avril 1820, que nous avons cité plus haut, et dans lequel il reconnaît expressément que c'est le savant étranger qui lui a Indiqué ses erreurs, et par coaséquent qui lui a appris à les corriger.
Lorsque l'on confrontera ce Mémoire corrigé et imprimé en avec le Mémctire manuiicrit que le «avant étrniiKer a préaenlé au Bureau dea Longitudes en 1S20, on découvrira de nouveau tous lea vesügca de ce» correcliona. 'Ainsi, l’on verra que les résultats définitifs qui se trouvent au N^. 7^. du Mémoire corrigé, de celui de 1821, et qui sont bien difiVrens de ceux obtenus dans le premier Mémoire, dans erlui de 1619, sont partniteiuent^ ideaiifaes avec les résullaU définitifs qui se trouvent, sous la marque (29), dans le Mémoire manuscrit du savant étranger.— Et c’est sans doute de cette manière, en manquant à toute loyauté, que les savâns du Bureau des Longitudes prétendent avoir euxmêmes redressé les erreurs de leur théorie des réfractions, et soutenu les tables qu'ils ont données h la Marine Britannique f — Heureusement, l’ignorance du Secrétaire du Bureau était encore lit pour faire do suite justice de cette déloyauté des sarans du Bureau des Longitudes. En efi*et, faisant même abstraction de la loi de la température, et par conséquent de rkypothése physique du Professeur Leslie, dont se trouve entachée la théorie des réfractions du Bureau des Longitudes de Londres, on voit, dans le Mémoire manuscrit du savant étranger, tel qn’ll fut présenté nu Bureau, que cette théorie anglaise des réfractions est entièrement fausse, sous le point de vue purement mathématique. Car, pour obvier à des difficultés insurmontables pour lui, le Secrétaire du Bureau admet ouvertement, comme principe de ses calculs, que, dans l'équation x* ^ u* <4* v*f la quamité o étant variable, les quantités x et « peuvent être considérées comme constantes. Cette supposition absurde, qui démas^^ue toutà-fait l’ignorance de ce Secrétaire, et donne In preuve irrécusable de ce que cet homme «’a réellemcni pas Ui première* notiomt de (s sctnice, est proprement le principe mathématiqtie de la théorie anglaise en question. Mais, noDobstant la facilité dans les calculs, qui résnltait de cette supposition absurde, des erreurs grossières d’algèbre furent entassées dans cette même théorie, et la rendait, pour ainsi dire, méconnaissable à elle-même. Pour s'en convaincre, il snfiit de comparer, dans les deux Mémoires de 1619 et de 1821, les résultets définitifs, tels qn'îls se trouvent respectircment, dans le N°, 6°. du premier Mémoire, et dans le N®, T^. du deuxième Mémoire: on trouvera ce» résultats respectifs tellement dissemblables qu’on aura de la peine à croire qu'il s’agit de 1a même question.— Ainsi, cette théorie des réfraction» du Bureau des longitudes, telle qu’elle fut produite en 1819, comme base des tables que ce Bureau a imposées à la Marine Britanuique dans l'Almanach Nautique de 1832, était «n tissu monr- »
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tfUeiiT d’hypothèse* physiques, d’âbsurditfs mathématiques, et de grossières erreurs de calcul. Voulant donc redresser cotte théorie anglaise, et offrir ainsi, conformément à l’article Vlll de l’acte du Parlement, la corr^tîon des tables qu’on a tirées de cette théorie, le savant étranger était obligé, d’abord, de corriger le* erreurs de calcul ; ensuite, de redresser l'absurdité malhémaUquc de cette théorie, en faisant varier, dans l’équation -f- e*, les
trois quantités x, a, e, à la fois; enân, de rendre celte mémo théorie indépendanto de U>ute hj'pothfcse. Tel est elTectivcmcut le grand travail, consigné dans le Mémoire manut^crit, que le savant étranger avait soumis au Bureau des Longitudes. — Or, le Secrétaire de ce Bureau ne parait avoir compris que le premier et le troisième de ces redressemens : en effet, à la fin du N®. 4®« de son Mémoire altéré en 1821, il alx>rdc bien les erreurs de calcul, qu’il a déjà avouées dans sa déclaration du 18 Avril 1820 ; et dans le N®. 5®, du même Mémoire, il se dégage au moins un instant de l’hypothèse de Leslie, quoiqu’il y retomba ensuite entièrement pour arriver à ses résultats définitifs ; mais, nulle part il ne donne le moindre signe d’avoir compris le défaut mathématique foDd<unt*ntal dv sa thé«>rie, consistant dans 1 absurdité de la manière dont il a fuit varier les quantités composant l’équation =; a* r*.
Il se trouve donc, grâces à cette ignorance du Secrétaire du Bureau des Longitudes, que lu conection qu’il a voulu appliquer à sa théorie, aux dépens du savont étranger, est insuifisante; et par conséquent que, malgré cette tentative de dépouiller ce savant, en lui ravissant le mérite de celte eorrection, et le droit qui y est attaché par l’article VIII du statut, 1a prétendue théorie des réfractions du Secrétaire du Bureau, telle qu’il la reproduit aujourd'hui altérée dans Iç SIémoire de 1821, est encore lout-à-faU fausüc.
Mais, ce qui met le comble à Tignoraiice de ce Secrétaire du Bureau des Longitudes de Londres, c’est qu’il a pu voir la vraie forme du ré-sullal final, tel que la donnent les corrections du savant étranger, non seulement dans lo Mémoire manuscrit de ce savant, sou* la marque (107), mais de plu* dans son Appellation au Parlement, publiée en 1820; et cependant, ce Secrélaire repro- Huit aujourd'hui son ancien résultat erroné, sans tenir nullement compte de ses propres corrections. En effet, dans cette Appellation au PnrUinent se trouvent consignés, aux pages 11 et 15, et en regard l’un de l’autre, le %rai résultat final, que donnent les corrections du sa'anl étranger, et le faux résultat du SecréUire du Bureau, qu'il a produit ori^inaireou nt, h la page 118 de VAlmanark
SI
Sautùjné de 182S) pour senir de fondement aux noavelîes table» anglaises; et c’est ideDliqoement le m^me résultat faux qu’il reproduit aujourd'hui, à la page Sti2 du N®. XXII. du Journal of •Sci^iurr, Atc.y pour soutenir ce» table.'i uffictelles.
N’y aurait-il pas même ou peu plus que de Tigiiorance dans cette obstination à reproduire l’ancien résultat, sans tenir compte de ses propres corrections ?-—Kn etfet, dans VApptUation au Parler menty le savaut étranger a signalé expressément, à la page 15, lu faus»)Cté du rapport numérique entre les coeflideDs des trois derniers termes de la formule Ünale du Secrétaire du Bureau des Longitudes; et cependant, ce Secrétaire reproduit aujourd’hui, à l’endroit que nous venons de citer, cette inCiiie formule hnaie, quoiqu'elle soit manifestement contraire à ses propres conections, telles qu’il les a obtenues au N^. 7°. de son Mémoire altéré en 1821, et Dommémeut à la page 3ü8 du XXII du Journal of ^tcicncty Uc.y où se trouve consigné ce Mémoire falsifié. — 11 y a là certaiuement plus que de l'ignorance.
Mais, quoiqu'il en soit, comble d'ignorance ou comble d'imposture, cette formule finale du Secrétaire du Bureau des Longitudes se trouve fausse, meme conformément à ses propres corrections. Et par conséquent, les tables de rèfractious, qui sont tirées de celte formule erronée, et que le Bureau des Longitude» a produites othciellement pour la Marine Biitannique, dans son Almanach yautique de 1822, demeurent rsessEs. — Ainsi, ces tables anglaises de rélractions otfreut, par leur fausseté, un document impérissable du méfait, commis dans le sein du Bureau de» Longitudes de la Grande-Bretagne, et dont le savant étranger, qui es est U victime, demande ici la réparation publique.