‹ Petits châteaux de Bohême, La Bohême galanteChapitre 13 sur 72 · LA GRAND'MÈRE · texte numérisé non relu

LA GRAND'MÈRE

Voici trois ans qu'est morte ma grand’mère,

— La bonne femme, — et, quand on l’enterra, Parents, amis, tout le monde pleura D'une douleur bien vraie et bien amère.

Moi seul j'errais dans la maison, surpris Plus que chagrin; et, comme j'étais proche De son cercueil, — quelqu'un me fit reproche De voir cela sans larmes et sans cris.

Douleur bruyante est bien vite passée.

Depuis trois ans, d’autres émotions,

Des biens, des maux, — des révolutions, — Ont dans les cœurs sa mémoire effacée.

Moi seul j'y songe, et la pleure souvent; Depuis trois ans, par le temps prenant force, Ainsi qu'un nom gravé dans une écorce,

Son souvenir se creuse plus avant!

La Cousixe.

L'hiver a ses plaisirs; et souvent, le dimanche, Quand un peu de soleil jaunit la terre blanche,

Avec une cousine on sort se promener...

— Et ne vous faites pas attendre pour diner,

Dit la mère. Et quand on a bien, aux Tuileries, Vu sous les arbres noirs les toilettes fleuries, La jeune fille a froid... et vous fait observer Que le brouillard du soir commence à se lever.

Et l’on revient, parlant du beau jour qu'on regrette, Qui s’est passé si vite... et de flamme discrète :

Et l’on sent en rentrant, avec grand appétit,

Du bas de l'escalier, — le dindon qui rôtit.

PENSÉE DE Byron.

Par mon amour et ma constance J'avais cru fléchir ta rigueur,

Et le soufile de l'espérance

Avait pénétré dans mon cœur;

Mais le temps qu'en vain je prolonge M'a découvert la vérité,

L'espérance a fui comme un songe...

Et mon amour seul m'est resté!

Il est resté comme un abime

Entre ma vie et le bonheur,

Comme un mal dont je suis victime, Comme un poids jeté sur mon cœur!

Dans le chagrin qui me dévore,

Je vois mes beaux Jours s'envoler...

Si mon œil étincelle encore,

C'est qu'une larme en va couler!

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