‹ Petits chefs-d'œuvre de J.-J. RousseauChapitre 104 sur 116 · QUATRIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LETTRE

Il fait beaucoup de cas des cultivateurs de Montmorency , mais trèspeu des académiciens. Malgré son aversion pour les grands , il aime sincèrement le maréchal de Luxembourg , et donnerait sa vie pour lui.

28 janvier 1762. .

Je vous ai montré, monsieur, dans le secret de mon cœur, les vrais motifs de ma retraite et de toute ma conduite ; motifs bien moins nobles sans doute que vous ne les avez supposés , mais tels pourtant qu'ils me rendent content de moi-même , et m'inspirent la fierté d'àme d'un homme qui se sent bien ordonné , et qui , ayant eu le courage de faire ce qu'il fallait pour l'être , croit pouvoir s'en imputer le mérite. Il dépendait de moi , non de me faire un autre tempérament ni un autre caractère, mais de tirer parti du mien , pour me rendre bon à moi-même , et nullement médiant aux autres. C'est beaucoup que cela, monsieur, et peu d'hommes eu peuvent dire autant. Aussi je ne vous déguiserai point que» malgré le sentiment de mes vices , j'ai pour moi une haute estime.

Vos gens de lettres ont beau crier qu'un homme seul est inutile à tout le monde , et ne remplit pas ses devoirs dans la société i

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