‹ Petits contes à ma soeurChapitre 5 sur 21 · I.l''. ('.(Il 1)1. C III N I · texte numérisé non relu

I.l''. ('.(Il 1)1. C III N I

sur 1,1 ciiKiinc: l:i tiiiil i-l:iil lniiil)(-c (Icpiiis l(Mi;4lcin|»s, »l iiioii |>ci(' <•! mes lifics ne rcnti'aicnl |);is (Micoic. lùiliii |Ciilcii(lis liciiilci- à l;i I )(»!■!(', ci I <tii\ IIS. (ION ;inl Icii r 011 \ iir. ( !"('•tait lin \ (>\ :iL;(Mir(|iii solliriljiil . pour 11 11 iiisj.uil . un ;il)ri cl un l(»\cr. Il ciiti;!. Assise à Ion clu'Ncl. |»cn(l;iiil (|n'il l;iis;iil sceller ses ii.ihils (IcvnnI I ;"ilre. |e \is ;i\(m- snr|)iisc une doiiec et \;ii^iic linnicre courir sur si's eiieveux blonds. .1 ;ill I il)u;ii eel;i dahord au l'ellet du lover; mais le loNcr s'éleif^nil , cl le IroiiL du voyageur resta lumineux. Alors je reconnus Apollon; Apollon (|ui, chassé de lOlyinpe, courait dé<^uisé par le monde, mais qui n'avait pu ])arvenir à éteindre tout à fait son auréole.

— « Cîraïul Dieu, m écriai-je en joignant les mains, que voulez-vous de moi?

— « Rien, me répondit-il, rien qu'un abri, mais le temps va se faire beau et je pars : reçois ce baiser d'adieu. »

Alors je m'avançai tremblante au-devant

de mon oncle, et le conduisant par la main vers la couche où tu dormais encore :

— (( Caressez plutôt ce pauvre enfant, lui dis-je, car aucun dieu ne le caresse; touchez

ses joues pâles pour cpi'elles refleurissent, et soufflez sur ses lèvres pourqu'elles chantent. » Le dieu sourit à ma prière; il se pencha sur toi et souffla sur ta bouche; mais cette haleine ardente glissant jusqu'à ton cœur.

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Imis ICinluassa : r ('-hiif i(''|)<>iulrc.

<( ï'Ai liiiMi! proiivc-lc'-inoi dniic en suivant mos conseils. ImprucUMil! j)ai' (|U('I heureux prodige n'es-lu j)as mort de lai m et de soif sur le Ioiil;- cliemiii d Allieucs a hciplies.'

— Oh ! dit Ixus, j'avais lait, di's \v matin, nia chanson de voyage, (^)iiand je voyais sur une maison hi lu niée dun l)an(|uet, je frapj)ais à hi porte en chantant et 1 on m'ouvrait toujours.

— Chanson merveilleuse! dit Maearia en souriant; il faut me 1 apprendre, Ixus, pour que je hi chante aussi, moi, quand j'irai à Delphes ou à Olympie. »

Ixus, par une coquette modestie, commune, à ce qu'il paraît, aux faiseurs de chansons de toutes les époques, se fît prier quelque temps, puis céda.

CHANSON D'IXUS

Ouvrez! je suis Ixus, le pauvre gui de chêne qu'un coup de vent ferait mourir.

Un jour, il y a douze ans, un

pygraée tomba de la peau de lion

d'Hercule : ce pygmée, c'était moi.

jNIon père ne m'aimait pas parce que

j'étais faible et petit; et lorsque, enfant, je

-^^^ me heurtais à ses genoux, j'entendais sur ma

Z,^r-'7 tête une voix gronder comme l'orage. Mes frères

me battent quand je les appelle tout haut mes

frères, et pourtant je veux vivre, car j'ai une sœur,

une sœur qui m'aime.... Elle est si bonne, Macaina!

Ouvrez! je suis Ixus, le pauvre gui de chêne qu'un coup de vent ferait mourir.

Mes frères m'ont dit un jour : « Sois bon à quelque chose; apprends à élever des statues et des autels, car nous serons dieux peut-être. » Et j'essayai d'obéir à mes frères ; mais le ciseau et le marteau étaient bien

Il, (.1 I 1)1 ( IIINK. 33

liMiitl»! l'.l |iiiis (les visions l'-lriinm's |),iss,'ii(iil. ji.issaii'lil siiiis cesse entre inni el le Moe de l';ii<>- ; et iiKiii (loi^t (lislrait <'-( riv.iil sur la |t(iussi(M'<- un nom. toujours le uiènn-, le doux nom de Mac.'iria.

Ouvrez! je suis l\us, le pauvri; jçiii de cli/iiic (|u'un »'ou|» ili- vent leiail mourir.

Alors mes fr«M"«'s m'ont dit : « Nous avons pour liôle .11! palais un hlanc vieillard de la Clialdj-e, qui sait lire dans le ciel les choses à venir : t'-coulc ses leçons, et dis-nous si tu vois dans h-s nues venir dos tiV-sors ou des victoires. » l'U j'ai (''coul»' le vieillard, j'ai passé de longues nuits sereines à regarder le ciel; mais je n'ai vu ni victoires ni trésors, je n'ai vu que des étoiles humides et brillantes qui me regardaient avec amour... comme les yeux de Macaria.

Ouvrez! je suis Ixus, le pauvre gui de chêne qu'un coup de vent ferait mourir.

Alors mes frères m'ont dit : « Prends un arc et des flèches, et va chasser dans les bois. » Et j'ai couru par les bois avec un arc et des flèches; mais j'oubliai bientôt la chasse et mes frères. Pendant que j'écoulais chanter

les vents et les rossignols, une biche mangea mon pain dans ma robe; et un petit oiseau, fatigué d'un long vol, vint s'endormir dans mon carquois. Je l'ai porté à Macaria.

Ouvrez ! je suis Ixus, le pauvre gui de chêne qu'un coup de vent ferait mourir.

Alors mes frères m'ont dit : « Tu n'es bon à rien, » et m'ont battu; mais je n'ai pas pleuré, parce que je pensais à ma sœur. Et demain, on me prendra 'k

ma sœur, et demain, quand Macaria, assise au banquet nuptial, dira :

« Quelle est donc cette fumée bleue qui monte là-bas derrière ce bois de lauriers? — Oh! ce n'est rien, diront les convives.

« C'est le bûcher d'Ixus, le pauvre gui de chêne qu'un coup de vent a fait mourir. »

« Non, tu vivras ! s'écria la jeune fille attendrie. Je t'abriterai si bien dans mon cœur que toutes les tempêtes passeront sans que le

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