‹ Petits contesChapitre 3 sur 37 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

deux articles pour le Figaro, autant dire un ou deux contes.

« Mon histoire de l'homme au serpent était un de ces contes, mais elle devait avoir quinze ou sei^e petits chapitres. Or, dès le sixième chapitre, l'homme était déjà à demi dévoré, et le conte allait son train le plus gaiement, le plus philosophiquement du monde. Dieu sait si je me divertissais de ma petite folie : je l'avais lue à Burette, à Paul Lacroix, à Labat, et surtout à ma vieille tante qui demeurait avec moi, et qui trouvait mon conte par trop invraisemblable. Un matin je riais donc tout haut et tout seul en écrivant un des derniers chapitres, quand on frappa doucement à ma porte. Charles Nodier entra :

« Avec qui riiei^-vous donc de si bon cœur? me dit-il.

«. — Avec moi, répondis-je, et certes le sujet prête au rire. C'est un homme dévoré par un serpent boa, et qui pense et parle comme Socrate buvant la ciguë.

« Nodier voulut voir mon manuscrit à peu près indéchiffrable et me pria de lui en lire un chapitre. Ce fut entre nous im joli duo de fou rire, pendant lequel il m'escamota mon manuscrit et l'emporta comme Pathelin son drap, en répétant sur tous les tons : Ah ! le bon conte ! le bon conte ! le bon conte !

« Et voilà pourquoi je n'ai jamais publié /'Histoire

ÉDIFIANTE d'un HOMME DEVORE PAR UN SERPENT, qui

n'eût peut-être pas été un de mes plus mauvais titres académiques. »

Je conseillai alors à Jules Janin de réunir tous

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