‹ Petits contesChapitre 4 sur 37 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

les contes qu'il avait faits à cette époque en un recueil qui certes neût pas été indigne de lui.

« Paix aux morts ! répliqua-t-il. Nous sommes aujourd'hui des gens graves, collets montés, ennuyés et ennuyeux, qui est-ce qui lirait des contes sous la monarchie constitutionnelle ? C'était bon sous Louis XIV, oîi La Fontaine pouvait dire sans être ridicule :

Si Peau d'âne m'était conté,

J'y prendrais un plaisir extrême! »

Malgré l'oubli auquel Jules Janin semblait condamner ses œuvres de jeunesse, je me suis souvenu de sa passion pour les contes et j'ai recherché çà et là, dans les petits journaux et dans les petites revues, qui paraissaient à la fin de la Restauration et au commencement du règne de Louis-Philippe, quelques-unes de ces jolies nouvelles qu'il avait publiées sans se nommer, et dont la plupart sont à jamais enfouies dans les ténèbres de Vanonyme.

Le recueil que Jules Janin aurait pu faire luimême n'eût pas formé moins de huit ou dix volumes, et c'est à peine si je suis parvenu à découvrir de quoi en remplir deux ou trois.

En me livrant à cette recherche difficile et ingrate, à travers des feuilles et des revues périodiques tellement oubliées et tellement rares aujourd'hui qu'ion n'en retrouve plus que des fragments épars, f avais souvent sous les yeux cette excellente appréciation du talent de Jules Janin, à l'époque oh il était à la tête des petits

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